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Transports : "La mobilité à l'heure des choix"
Refuser la fatalité "Je me bats pour infléchir les comportements "L'écologie est aussi et surtout un problème culturel. Le respect de l'environnement passe par un grand nombre de changements comportementaux. Dieu sait que nos sociétés ont du mal à modifier et bouleverser ce qui apparaît souvent, dans notre inconscient, comme immuable. En décrétant la circulation alternée en région parisienne, Dominique Voynet s'est attaquée à ce que l'on croyait être un bastion intouchable du comportement individuel. Et, ô miracle, non seulement chacun a fait preuve de civisme mais, à en croire un sondage, les usagers en redemandent. Je me bats pour infléchir tous ces comportements, utiles hier, mais qui font aujourd'hui payer à l'environnement un tribut excessif et souvent injustifié. Le transport routier fait partie de ces problèmes qui ne constituent pas une fatalité. Son mode de fonctionnement actuel correspond à une époque économique révolue. C'est une technique d'échanges qui, dans ses rythmes et dans ses flux, est proche de la saturation. Elle est maintenant totalement inappropriée en terme de sécurité et en terme environnemental, sauf à la combiner avec le transport ferroviaire. Là aussi, le transport routier ne doit plus apparaître comme une logique irréversible : conducteurs de camion, entreprises de transport et commanditaires doivent accepter de nouvelles pratiques. Il est essentiel de ne pas le faire brutalement mais de définir des objectifs précis et radicaux. A l'État et aux collectivités de donner des impulsions contre la promotion du "tout camion". De ce point de vue, le trafic dans le tunnel du Mont-Blanc, responsable d'une pollution déjà bien au-delà des normes, est un peu un cas d'école de l'outrance. Il suffit d'aller à Chamonix, d'y passer quelques jours, pour se rendre compte que la ville et tout le massif autour de l'entrée du tunnel du Mont-Blanc sont parmi les endroits les plus irrespirables de France. C'est quand même une aberration que ce lieu, sensé être dans l'imaginaire des gens l'un des plus préservés d'Europe, soit pour finir l'un des plus pollués. Cela n'est pas acceptable. Chamonix reçoit les particules polluantes à chaque dégazage du tunnel. Et, quand on sait que les refuges des montagnards sont au-dessus de l'entrée... Le projet d'un tunnel transalpin, pour le train et des camions sur les trains, semble être la seule voie valable. Il faut commencer à donner une lisibilité sur l'avenir pour que chacun des acteurs comprenne qu'à l'échelle de dix ans, ce qui est toléré aujourd'hui ne le sera plus demain. Il faut que chacun s'y prépare et s'y conditionne. Le ferroutage existe ailleurs, il pourrait se pratiquer en France et évidemment à l'échelle européenne".
Edito Ma Planète n°17 - Dossier thématique "Les Transports"
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| Dernière mise à jour : le 9 avril 2001 | |