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"À la recherche de la nature"
L'immense machinerie qui orchestre la vie Quand on me demande ce qu'est la nature, une double réponse me vient spontanément à l'esprit. D'abord, il y a la nature au sens "rousseauiste" : ce sont les grands espaces, les animaux, les végétaux toute cette organisation parallèle à l'homme et dont on a une image un peu idyllique et bucolique. Mais en fait, je crois que dans le mot "nature", il faut englober tous les êtres vivants, c'est-à-dire la biosphère, et l'ensemble des mécanismes, qu'ils soient géologiques, physiques ou cosmiques. Donc, en ce qui me concerne, la nature c'est l'immense machinerie qui orchestre la vie et son évolution. Mais comme je l'ai souvent dit : " il n'y a pas d'un côté l'homme et de l'autre la nature ". Il y a la nature avec ce que l'on connaît et plus encore ce que l'on ignore d'elle, à l'intérieur de laquelle il y a l'homme qui essaie de faire sa place au soleil. La part de divin Peut-être que la nature est une représentation divine, je ne sais pas. Peut-être que justement on englobe sous le mot "nature" ce qui nous échappe. Quand on dit " ça, c'est la nature ", ceux qui sont croyants y voient la main du divin et les autres y voient un mécanisme qui s'auto-alimente de ses propres évolutions et de ses propres perditions. Pour moi, tous les mécanismes physiques sont la nature. Ce sont eux qui génèrent mais aussi interrompent. Il suffirait qu'une météorite nous tombe sur la tête pour que tout s'arrête. Ça fait aussi partie de la nature. Une nostalgie charnelle et spirituelle Notre civilisation induit des types de
relations nouvelles avec la nature. Il y a des gens qui
s'accommodent d'une rupture totale et qui vivent dans une
espèce de ghetto électronique : vidéo, télévision,
cinéma, ordinateurs, etc. C'est pour l'instant leur
univers et leur sphère d'évolution. Jusqu'où cela ira,
je n'en sais rien. Peut-être qu'une partie de la
société mutera dans ce sens-là. Personnellement, je
pense que cela a tendance à restreindre l'esprit plutôt
qu'à l'épanouir. Un langage qu'il faut décoder Ma prise de conscience a été progressive. J'ai pu me rendre compte peu à peu de l'impact, positif comme négatif, de l'homme et de ses activités sur l'environnement. J'ai pu également réaliser les bénéfices spirituels, physiques et psychologiques du contact avec la nature. Sans pour autant, encore une fois, avoir une vision angélique de la nature, c'est une source sans fin d'émotions, d'excitations et d'émerveillement. Tout dépend de l'écoute qu'on lui donne. Il y a des gens qui peuvent s'appuyer contre l'écorce d'un chêne sans rien ressentir, il y a des gens qui peuvent se mettre au bord de l'océan sans rien ressentir. Il faut s'ouvrir à elle. C'est comme un langage, il faut le décoder et pour cela se donner à elle. Ce sont des vibrations qui viennent petit à petit, il faut s'imprégner, passer du temps, l'observer. La nature ne se traverse pas à 300 km à l'heure, on doit se mettre à son rythme pour entendre ses vibrations. Après on peut entrer dans la contemplation ou l'admiration jusqu'à une relation quasi spirituelle ou religieuse, c'est une autre démarche, à chacun de choisir. La variété est indispensable Dans la nature, comme dans la société des hommes, les différences qui existent sont respectables et admirables. Dans nos civilisations, on essaie de tout uniformiser, c'est contre nature. La nature a horreur de l'uniformisation, elle en meurt : la biodiversité est indispensable, la variété est indispensable, conditions de survie et d'adaptation. À mon avis, c'est une bonne modélisation de ce que doit être la société humaine.
Edito Ma Planète n°23 - Dossier thématique "Les Espaces Naturels"
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| Dernière mise à jour : le 9 avril 2001 | |||