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"Protéger la nature"
Pour préserver des patrimoines naturels Il est certain que beaucoup d'excès
ont été commis au XIXe siècle dans le
domaine de la nature. Je pense que le XXe
siècle a accéléré considérablement le processus
d'extinction des espèces. Au XXIe siècle, il
faut souhaiter aller dans l'autre sens. On n'en fera
jamais trop pour préserver des patrimoines naturels.
Aujourd'hui, même si le rythme de désignation d'espaces
naturels à protéger s'est amplifié, on est bien loin
d'avoir atteint des limites dans ce domaine. Établir des règles du jeu et les faire appliquer Un équilibre peut se trouver entre la
nécessité de protection et la liberté pour le plus
grand nombre d'accéder à ces lieux merveilleux. La mise
en place de structures d'accueil pour informer et
profiter des espaces, de leurs richesses écologiques, de
leur rareté ou de leur vulnérabilité, s'impose. Le bon
exemple est celui des parcs nationaux aux États-Unis ou
au Canada. On peut y accéder et faire pas mal
d'activités, mais tout n'y est pas permis. On a le
sentiment de rentrer dans un territoire inviolable. La valeur économique de la nature en hausse Les enjeux éthiques, scientifiques et
économiques sont importants. Mais je ne pense pas qu'ils
soient incompatibles. Les patrimoines naturels devenant
rares, prendront plus de valeur économique avec donc
plus d'attraits. Cela vaut surtout pour les pays à forte
densité démographique où il y a eu une coupure entre
l'homme et la nature. Dans les pays à plus faible
démographie, les enjeux sont autres et tout aussi
sérieux. Pour eux, il s'agit de cumuler les objectifs de
rentabilité économique et de protection. Il est
impensable que la nature vive dans des petites parcelles
isolées les unes des autres. Il faut lui concéder des
territoires qui soient suffisamment vastes. Les
autochtones y sont chez eux, leurs droits sur leurs
ressources sont absolus, même si l'expérience montre
qu'ils ont parfois du mal à les faire appliquer dans la
pratique. Par ignorance, employons le principe de précaution " Il faut protéger l'inconnu pour
des raisons inconnues ", disait un scientifique. Ne
serait-ce que pour cette formule, il faut protéger la
biodiversité. On constate souvent trop tard la
disparition d'un certain nombre d'espèces qui auraient
pu jouer un rôle clé en médecine ou en pharmacie. Et
qui sait si demain on ne va pas se priver de principes
actifs qui auraient été déterminants pour soigner des
grandes maladies ou qui pourraient avoir des
conséquences écologiques que l'on ne soupçonne pas.
Edito Ma Planète n°27 - Dossier thématique "Les Espaces Naturels"
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| Dernière mise à jour : le 9 avril 2001 | |||