Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
Réalisation de deux potagers et d'un verger
Année
1997-98

Académie ou région
Caen

Inspection académique
Manche

Nature de l'action éducative
Club Fondation Nicolas Hulot.

Thèmes dominants
1) Agriculture.
2) Ecologie générale.
3) Santé.

Initiateurs du projet
M. Aumont, Mme Hommet, Mme Vildier, Mme Bataille, Mme Aumont, M Desert, Mme Viry, Instituteurs, M. Lerosier, M. Le Huby, M. Eury, M. Lemonnier, M. Marie, M. Ozouf, M. Perrette, Mmes Mesnilgrente, M. Letourneur, Jardiniers amateurs.

Objectifs pédagogiques
Verger : A partir du pommier, faire découvrir l'amour de l'arbre, les bienfaits qu'il peut procurer, la nécessité de l'entretenir et de le protéger.
Potager : Redécouverte d'une activité abandonnée. Apprentissage de techniques de base (écologie végétale). Education du goût.

Résumé et étapes
Verger : Plantation par les enfants de jeunes arbres qui seront ensuite greffés à partir de greffons de variétés locales anciennes fournies par des propriétaires partenaires du projet. Initiation à l'entretien du verger.
Potagers : culture de légumes, entretien. Produire et voir pousser ce que l'on a semé ou planté.
Echanges de savoir entre les générations.

Actions entreprises
1) Aménagements extérieurs.
2) Exposition.
3) Publication (panneaux, plaquette).

Méthodes pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)
      50  %
Visites d'exposition, musées, centres de recherche       30  %
Rencontres avec des professionnels, des spécialistes       20  %

Prolongements
Phase opérationnelle pour le verger 98/99.
Continuité des potagers sur plusieurs années.
Inciter des adultes disposant de terrain à planter quelques pommiers.

Partenaires extrascolaires
Association parents d'élèves (Association) : participation financière
Association "Marigny je t'aime" (Association) : aide technique et logistique, encadrement
Mairie de Marigny (Collectivité locale) : participation financière

Classes ou tranches d'âges
Primaire.

Effectif
138 élèves.

Durée
De 3 à 6 mois.

Budget
De 10 000 à 20 000 FF.

Origine et part de l'autofinancement
Ecole primaire Julien Bodin (600F).

Structure d'accueil
Ecole publique Julien Bodin
9, Rue des Sports
50570 Marigny
Tél : 02 33 55 15 93

Responsable
Monsieur Jacques AUMONT
9, Rue des Sports
50570 Marigny
Tél : 02 33 05 23 14

Fonction
Directeur d'Ecole

 
Réalisation de deux potagers et d'un verger La récolte des fraises est abondante.
Merci à la lune !

Les anciens tenaient souvent compte de la lune et du ciel pour entretenir leur jardin. A Marigny, dans la Manche, des bénévoles perpétuent cette tradition du règne de la nature et la transmettent aux enfants.

"Il est temps de semer les petits pois !" annonce parfois un membre de l'association "Marigny, je t'aime". A ces mots, instituteurs et élèves de l'école primaire Julien Bodin abandonnent livres et cahiers pour gagner leur potager... et semer des petits pois. Un apprentissage du jardinage qui permet aux jeunes d'affiner leur goûts, et aux plus anciens de transmettre un savoir-faire oublié des programmes scolaires.

Entretien avec Jacques Aumont, instituteur et directeur de l'école Julien Bodin.

Pourquoi avez-vous souhaité transformer vos classes de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 en école de jardinage ?
Elevé à la campagne, j'ai eu envie de donner aux enfants le goût du jardinage, de leur montrer qu'ils étaient capables de cultiver des fruits et légumes, de les préparer et de les déguster. Ils ont ainsi récolté, ensemble, des fraises, avant de les laver, de les compter et d'y goûter. Au préalable, tous avaient recherché des recettes chez eux ou avec leurs instituteurs. En fait, les élèves se rendent compte que l'école ce n'est pas seulement en classe, c'est aussi au jardin et à la maison.

Comment vos petits jardiniers troquent-ils livres et cahiers contre râteaux et arrosoirs ?
Dès qu'il est temps de semer, d'arroser ou de récolter, un membre de l'association "Marigny, je t'aime", créée pour fleurir le village, nous prévient. L'école adapte alors son emploi du temps, avec six instituteurs, tous volontaires, pour des séances de jardinage de quarante-cinq minutes environ, par semaine et par classe. Nous disposons de deux jardins de 400m2 et de 700m2. Certains jardiniers de "Marigny, je t'aime" enseignent les bons gestes aux enfants ; d'autres les aident à les mettre en pratique. Tous sont là pour comprendre les lois de la nature, pour expliquer par exemple pourquoi, sur quarante glaïeuls semés, trente seulement ont poussé.

Votre démarche ne va-t-elle pas au-delà du jardinage ?
Nous voulons, en effet, donner aux élèves le sens des responsabilités, les inciter à prendre leur avenir en main. Sur les 125 élèves, 63 sont passionnés - à la belle saison, ils n'hésitent pas à aller au jardin, un samedi sur deux, de 10h à 12h -, 31 suivent le mouvement et les autres ne sont pas intéressés par le projet. Tous ont, au moins, la chance de sortir de l'école et de rencontrer des gens d'une autre génération. Une chance que les membres de "Marigny, je t'aime", retraités le plus souvent, saisissent pour établir de nouvelles relations. Par ailleurs, en cultivant leur propre jardin, les enfants respectent ceux des autres et s'attirent la reconnaissance des habitants de la commune.

Elargissez-vous leurs connaissances et expériences à d'autres domaines ?
Nous privilégions toujours l'enseignement par l'expérience et l'échange de savoir. Nous avons ainsi rendu visite à un horticulteur spécialisé dans le chrysanthème et les plantes de massifs. En quittant l'horticulteur qui leur avait, entre autres, montré comment fonctionnait un semoir, tous les enfants voulaient exercer son métier !

Leur enthousiasme ne vous incite-t-il pas à élaborer de nouveaux projets ?
Notre plus belle réussite - s'entendre dire : "dans le jardin de papa, j'ai mon coin !" - nous invite, en effet, à envisager d'autres expériences, comme la réalisation d'un verger conservatoire de pommiers normands. Les enfants mangent peu de fruits. Les variétés proposées sont sans goût ou inadaptées aux conditions climatiques et parasites de notre pays, alors que par des greffes de variétés locales et anciennes, nous pourrions rééduquer petits et grands au goût.
Cette année, nous comptons planter, avec l'aide des jardiniers de "Marigny, je t'aime" et l'association "Croque la pomme", douze pommiers greffés à partir de greffons de variétés locales et anciennes, avant d'en replanter une douzaine d'autres en l'an 2000 et encore une douzaine en l'an 2002, dans le champ du presbytère. Il s'agit d'un terrain de 6000m2 mis à notre disposition par la commune et proche d'un sentier de randonnée, en conséquence facile d'accès.
Promeneurs, habitants de Marigny, enfants pourront alors découvrir ou redécouvrir le verger normand d'hier et d'aujourd'hui !

Ce qui a surtout séduit le jury

Une implication locale très marquée avec une dynamique humaine qui semble très pertinente.

Un projet d'éducation à l'environnement qui ne s'adresse pas qu'aux enfants : jardiniers, associations locales, parents.

Un lieu collectif au coeur du village qui développe les liens intergénération et le maintien des traditions

Le jardinage, le goût, la mémoire vivante : trois beaux outils pour un projet d'éducation durable.

 

Au terme d'une année scolaire ponctuée de travaux de jardinage, les élèves de CM1 de l'école Julien Bodin ont interviewé l'un de leurs jardiniers préférés de "Marigny, je t'aime". Pour tirer un premier bilan de cette expérience et obtenir quelques derniers tuyaux avant l'été.

Etes-vous content d'apprendre aux enfants les bases du jardinage ?
Certainement. Je le fais avec grand plaisir.

Qu'est-ce que vous apprenez aux enfants ?
Comment utiliser un outil de jardinage, comment nettoyer les allées, comment retourner la terre en cassant les grosses mottes et en prenant soin d'enlever toutes les mauvaises herbes, comment planter des pommes de terre, comment arroser, comment semer les petits pois en les enfonçant suffisamment dans la terre pour que les oiseaux ne viennent pas les picorer...

Etes-vous content de vos élèves ?
Assez bien. La seule petite difficulté que j'ai rencontrée c'est lorsque vous étiez trop nombreux le samedi matin. C'était pour moi difficile de vous garder concentrés sur le sujet.

Vos petits jardiniers ont-ils progressé ?
Un peu... les filles me semblent plus attentionnées !

Peuvent-ils seuls, chez eux, repiquer une salade, semer des haricots ?
Certains peuvent tout à fait y arriver. D'autres ont besoin de réviser la question ! Mais, c'est normal car on n'apprend pas en une seule fois. A chaque fois, il faut se demander pourquoi cela n'a pas marché et recommencer en suivant d'autres idées.

Comment avez-vous appris à jardiner ?
Avec mon père. Pendant la guerre, nous devions cultiver un jardin pour vivre. Aujourd'hui, je le cultive toujours pour manger mais aussi pour me changer les idées au grand air, me faire plaisir et retrouver le goût des choses simples et naturelles.

Avez-vous quelques conseils à nous donner ?
Pour bien jardiner, il faut avant tout y trouver du plaisir, et rester un minimum attentif. C'est en écoutant bien les recommandations de mon père que j'ai appris à retourner la terre, fin octobre-début novembre s'il ne pleut pas trop, avec une fourche-bêche pour qu'elle respire, à attendre le printemps et une certaine température pour semer les oignons, l'ail, puis les petits pois, les pommes de terre, les haricots... et à arroser suffisamment mais pas trop en sachant que remuer la terre une fois équivaut à l'arroser deux fois.
Pour beaucoup d'autres choses, j'apprends sur le terrain ou en consultant des guides !

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Dernière mise à jour : le 02 septembre 1998