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Nutrition des animaux marins
Année
1997-98Académie
ou région
Rennes
Inspection
académique
Finistère
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Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, Recherche-Action, partenariat
avec le CNRS.
Thèmes dominants
1) Ecologie générale (chaînes trophiques).
2) Faune.
3) Eau (milieux aquatiques).
Initiateurs du projet
Jean-Luc Despretz, Conseiller pédagogique, 12
enseignants en école rurale, Secteur de Landivisiau, 5
enseignants-chercheurs, Station biologique de Roscoff,
Ann Andersen, Coordinatrice du projet.
Objectifs pédagogiques
- Assurer les enseignements (biologie, technologie) dans
des conditions optimales
- Rapprocher les élèves "citoyens" des
savoirs et des techniques en découvrant le monde de la
recherche
- Aider les élèves à comprendre le monde, en
s'appuyant sur leur représentation
- Produire des outils pédagogiques (fiches illustrées)
- Sensibiliser les enfants à la nature, s'émerveiller
devant sa diversité, apprendre à la connaître, la
respecter et la protéger.
Résumé et étapes
10/12/97 : Conférence par les
enseignants-chercheurs : nutrition des animaux
marins et chaînes trophiques.
14/01/98 : Sortie sur l'estran : Recherche et
récolte en milieu rocheux et sableux, puis observation
à la loupe binoculaire en laboratoire.
01/98 : Déplacement des élèves sur le littoral
(récolte, tri, observation, mise en aquarium dans les
classes).
Février à juin : Travail des élèves en classe
visant à mettre en place des processus expérimentaux
(observation, expérimentation, déduction) et la
production de fiches illustrées sur les animaux
recueillis.
20/05/98 : Exposition de l'avancement des
travaux : quinzaine de la culture.
06/98 : Exposition et saisie des travaux d'enfants
sur le site internet de la station.
Actions entreprises
1) Observations et expériences scientifiques
(inventaires écologiques, microscopie).
2) Exposition (panneaux d'information, photographique).
3) Informatique (internet).
Méthodes
pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de
milieu, sortie nature) |
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60 % |
| Activités de recherche en salle,
expérimentations, exposés |
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20 % |
| Rencontres avec des professionnels, des
spécialistes |
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10 % |
| Visites d'exposition, musées, centres de
recherche |
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10 % |
Prolongements
Autres sorties sur le terrain (pêche, récolte, liaison
avec le milieu).
Musée océanographique de Brest (Océanopolis).
Partenaires extrascolaires
Station biologique de Roscoff (Organisme de
recherche) : animation scientifique, encadrement
Ministère de la Recherche (Organisme public)
: participation financière
Communes (Collectivité locale) :
participation financière
Education nationale (I.A) (Organisme public)
: documentation, participation financière
Classes ou tranches d'âges
Maternelle, primaire, Tous niveaux.
Effectif
264 élèves.
Durée
De 3 à 6 mois à partir de décembre 1997 jusqu'à juin
1998.
Budget
De 30 000 à 40 000 FF.
Origine et part de
l'autofinancement
Associations de parents d'élèves 50%.
Structure d'accueil
Inspection de Landivisiau
4, rue de la Citadelle
BP 148
29406 Landivisiau
Tél : 02 98 68 48 71
Fax : 02 98 68 93 41
Responsable
Monsieur Jean-Luc DESPRETZ
4, rue du Butou
29670 Locquénolé
Tél : 02 98 72 23 93
Fax : 02 98 72 23 93
Fonction
CPAIEN
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Nutrition
des animaux marins |
Les élèves de l'école de
Plouescat à la recherche
des animaux marins sur l'estran.
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"Qui mange
quoi dans la mer ?" Voilà la question, toute simple
en apparence, sur laquelle se sont penchés de jeunes
Bretons du Finistère. De la maternelle à l'école
primaire, grâce au partenariat avec l'Observatoire
océanologique de Roscoff, l'émerveillement s'est
conjugué avec la découverte de la nature et
l'apprentissage scientifique...

L'estran, la partie de la côte découverte à marée
basse, est riche en animaux marins, particulièrement en
coquillages et en crustacés. Afin d'enrichir
l'apprentissage des sciences à l'école par la démarche
expérimentale, des enseignants du Finistère ont
souhaité partir à la découverte de ce milieu proche
avec leurs élèves. Les chercheurs de l'Observatoire
océanologique de Roscoff (qui comprend une Station
biologique et un aquarium ouvert au public) ont quand à
eux vocation à enseigner. Un partenariat fructueux a
ainsi été conclu, qui comprend des sorties
d'observation et de collecte des animaux, puis leur
étude dans des aquariums placés dans les écoles. Cette
découverte du milieu marin a été un succès dans une
zone classée ZEP rurale : une fois les travaux des
élèves exposés, même les parents ont eu un regain
d'intérêt pour l'école !

Entretien avec Jean-Louis Despretz, conseiller
pédagogique à l'inspection de Landivisiau, coordinateur
du projet.
Comment est né ce
projet de découverte de l'alimentation des animaux
marins ?
Tout part d'un constat des enseignants quant à la
pauvreté pédagogique des sciences à l'école. Il y a
deux ans, à l'occasion de la journée Sciences en Fête,
un premier contact fut noué entre les instituteurs, à
la recherche d'un appui logistique et scientifique, et
les chercheurs, désireux de remplir leur obligation
d'enseignement. Les termes du partenariat furent vite
trouvés. La première année, nous avons travaillé sur
les thèmes de la reconnaissance et de la reproduction
des animaux. Ensuite la Station biologique nous a
proposé comme thèmes la nutrition et la respiration des
animaux. Nous avons choisi la nutrition, c'est plus
simple pour de si jeunes enfants et cela rentrait dans le
cadre des programmes.
De quels animaux
s'agit-il, et comment avez-vous organisé l'observation ?
Grâce au soutien financier de nos partenaires, les cinq
établissements scolaires concernés ont pu acquérir des
aquariums. Nous avons organisé des sorties d'observation
et de collecte avec les chercheurs de Roscoff, suivies de
séances de tri dans les bassins de la Station
biologique. Il y a beaucoup d'animaux sur l'estran, des
bigorneaux, des crevettes, des moules, des oursins, des
anémones de mer, ou encore des patelles, parfois
appelées bernicles ou chapeaux chinois. En milieu
sableux, il y a aussi les arénicoles, des vers qui
digèrent le sable. Les plus faciles à observer, et ceux
que les enfants préfèrent, ce sont les crabes. Crabe
vert, étrille, bernard l'ermite... et aussi des petits
tourteaux et des araignées. A l'issue des sorties et du
tri, les animaux prélevés ont été placés dans les
aquariums des écoles.
Quelle a été la
réaction des élèves ?
Dans l'ensemble, les élèves des douze classes
concernées ont adoré : tout ce qui est
"déscolarisé" a du succès... Ils ont
particulièrement apprécié le tri dans les bassins de
la Station biologique. Grâce au matériel sophistiqué,
entre autres des loupes électroniques qui permettent une
projection sur écran, les enfants ont pu voir des choses
extraordinaires. Il y a eu des moments de silence
émerveillé, par exemple lorsque le bigorneau sort sa
radula, ou langue rapeuse, pour racler les algues et s'en
nourrir. Ils ont aussi vu des choses qu'ils ne
soupçonnaient pas, comme les cils vibratoires des
balanes. Les balanes sont de minuscules coquillages
collés sur les moules : pour se nourrir, ils sortent des
filaments hérissés de petits poils, les cils
vibratoires, qui filtrent l'eau. L'enfant se rend compte
alors de tout ce qu'il ne voit pas à l'oeil nu.
Et comment s'est
déroulée l'étude de la nutrition des animaux ?
A l'école, avec les instituteurs. Les élèves
entretiennent eux-mêmes les aquariums, voire les
alimentent de leur propre initiative avec des animaux
qu'ils trouvent sur la plage. Avec l'aide des
enseignants, ils ont réalisé l'année dernière des
panneaux qui ont été exposés l'été à l'aquarium de
l'Observatoire océanologique. Beaucoup de parents sont
venus, ce qui a été pour eux l'occasion de découvrir
l'Observatoire et d'être informés tant sur l'école que
sur la diversité écologique de leur milieu naturel.
C'était un véritable succès : alors que nous sommes
dans une zone assez défavorisée classée ZEP rurale,
les parents se sont montrés attentifs à ce que
faisaient leurs petits à l'école.
Préparez-vous une
exposition pour cette année ?
Chaque école a réalisé des fiches sur les animaux,
ainsi qu'un album qui sera gravé sur cédérom. Nous
ferons un gros travail de reprographie, afin que chaque
école dispose des fiches réalisées dans les autres
établissements. Enfin, une sélection des meilleurs
travaux sera transférée sur Internet, grâce à la
Station biologique.
Si je comprends bien,
vous êtes plutôt satisfait de ce partenariat !
Plus que satisfaits ! Les chercheurs ont tout d'abord mis
à jour les connaissances des enseignants. Ensuite, leur
aide technique et matérielle s'est avérée
indispensable pour le projet. J'espère que nous
reconduirons le partenariat, mais sans doute avec
d'autres écoles, afin de faire bénéficier d'autres
établissements de cette dynamique positive.
Est-ce si important que
cela ?
Ce projet a créé une dynamique très importante dans
une zone défavorisée. Il constitue en plus une
véritable éducation civique et écologique. Quand, pour
les prélèvements, nous soulevons un rocher pour trouver
un crabe, nous leur apprenons à remettre soigneusement
le rocher en place. Pour que dans dix, vingt ou trente
ans, il y ait encore une vie sur les rivages. Nous
souhaitons aussi poursuivre cette approche expérimentale
dans l'enseignement des sciences, plutôt que d'assèner
des connaissances qui, pour la plupart, seront périmées
dans quelques années. Enfin, l'émerveillement, si
important pour sensibiliser les enfants, doit rester
essentiel.
Ce qui a surtout séduit
le jury
Le partenariat scientifique de
haut niveau.
L'ampleur de l'action : 264 enfants en
direct, plus les retombées induites.
L'approche scientifique du milieu à travers
la pédagogie du projet et le tatonnement expérimental
guidé.
Enthousiasmant et séduisant.

Les AE
Dans
le département
En
France
Dans le
monde.

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