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L'Amoco Cadiz, 20 ans après
Année
1997-98Académie
ou région
Rennes
Inspection
académique
Finistère
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Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, 1000 défis pour ma planète.
Thèmes dominants
1) Ecologie générale.
Initiateurs du projet
Sylvie Apprioual, Documentaliste, Yann Le Louarn,
Professeur de Technologie, Bruno Plougastel, Professeur
d'Histoire-Géographie, Michel Lescop, Jean-Jacques
Saillour, Professeurs de Français.
Objectifs pédagogiques
Faire connaître et partager les moments de
grande intensité dramatique liés au naufrage du
pétrolier, le 16/03/78.
Examiner les diverses incidences générées
par la catastrophe durant ces 20 ans et faire le bilan de
la situation actuelle.
Eveiller les jeunes générations à la
notion de risque technologique et de la fragilité de
notre littoral.
Eduquer les comportements.
Résumé et étapes
En 96-97, les élèves de 5e font la connaissance de leur
environnement immédiat, le littoral. Encadrés par des
animateurs de la SEPNB, ils vont une demi-journée par
mois sur le terrain faire des relevés et des
observations.
En 97-98, l'opportunité du 20e anniversaire du naufrage
de l'Amoco au large de Portsall est saisie pour
intéresser tout l'établissement à un projet global sur
ce thème majeur décliné par niveau de différentes
façons.
Les élèves de 6e écrivent 2 ouvrages sur une marée
noire (BD + roman).
Les élèves de 5e effectuent des observations et des
travaux pratiques sur le terrain.
La classe de 4e crée une comédie musicale
"L'Amocomédie".
La classe de 3e produira sur la tragédie, le pétrole
dans le monde, le procès, l'année 78, etc...(expo,
revue de presse...).
Actions entreprises
1) Exposition.
2) Spectacles (organisation de).
3) Publication.
Méthodes
pédagogiques
Activités de recherche en salle,
expérimentations, exposés |
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40 % |
| Activités de terrain en extérieur (études
de milieu, sortie nature) |
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20 % |
| Rencontres avec des professionnels, des
spécialistes |
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20 % |
| Visites d'exposition, musées, centres de
recherche |
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20 % |
Prolongements
Partenaires extrascolaires
SEPNB (Association) : animation scientifique,
encadrement
CEDRE (Organisme de recherche) : animation
scientifique, documentation
Institut universitaire européen de la mer
(Organisme de recherche) : animation scientifique,
encadrement
Le Télégramme (Entreprise) : aide technique
et logistique, participation financière
CMB (Organisme public) : participation
financière, aide technique et logistique
Fondation CM lecture (Association) :
participation financière, aide technique et logistique
Classes ou tranches d'âges
Primaire, collège, 5e.
Effectif
228 élèves.
Durée
1 an pendant 35 semaines à partir de septembre 1997
jusqu'à juin 1998.
Budget
93 000 FF.
Origine et part de
l'autofinancement
29% Fonds propres.
Structure d'accueil
Collège Edouard Queau
29830 Ploudalmezeau-Portsall
Tél : 02 98 48 62 04
Fax : 02 98 48 64 98
Responsable
Madame Sylvie APPRIOUAL
193, An Ode Bri
29870 Landeda
Fonction
Documentaliste
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L'Amoco
Cadiz, vingt ans après |
Couverture de la bande
dessinée
réalisée par les élèves de 6e A.
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Le 16 mars
1978, le pétrolier Amoco Cadiz s'échouait sur le rocher
de Men-Goulven, à moins d'un kilomètre des côtes de
Bretagne. Quelques mois plus tard, à quelques encablures
de là, le collège Edouard Quéau de Portsall ouvrait
ses portes. Vingt ans après, dans cet établissement
très mobilisé en faveur de l'éducation à
l'environnement, ce double anniversaire restera sans
doute lui aussi dans les mémoires...

Le collège Edouard Quéau de Portsall est situé au
bord de la mer, là où, il y a vingt ans, les premiers
habitants ont été reveillés par une odeur
nauséabonde. Les côtes étaient recouvertes d'une
couche noirâtre et gluante : la marée noire. Plus de
200 000 tonnes de pétrole échappées de l'Amoco Cadiz
se sont ensuite répandues et ont pollué le littoral
breton du Conquet (Finistère) à Tréguier
(Côtes-d'Armor). Le village de Portsall est devenu
emblématique de la catastrophe. Mais les plus jeunes
élèves du collège ignoraient souvent l'histoire. A
l'occasion des 20 ans de la catastrophe, toutes les
classes ont participé à la commémoration : les enfants
ont écrit une bande dessinée et un roman, étudié
l'histoire du procès, les conséquences écologiques
dramatiques, réalisé des expositions, et enfin conçu
et joué un spectacle, l'Amocomédie, qui rassemblait
plus de 70 jeunes acteurs sur scène. ... Toute l'équipe
pédagogique du collège, avec le concours de partenaires
motivés, a participé à cette exemplaire action
éducative.

Entretien avec Sylvie
Apprioual, documentaliste au
collège Édouard Quéau de Portsall.
Comment est venue
l'idée de célébrer ces deux anniversaires ?
Célébrer n'est pas tout à fait le mot, quand il s'agit
d'une catastrophe... Disons plutôt que nous avons choisi
de lier les deux événements pour inciter à la
réflexion. Notre collège est impliqué depuis deux ans
dans des actions pour l'environnement. Un projet Calypso
II a échoué en 1996 suite au décès du commandant
Cousteau. En 1997, nous avons signé un accord avec la
SEPNB (*) : les élèves de 5eme sortent un vendredi par
mois sur le terrain, accompagnés de naturalistes ou de
scientifiques de l'Ifremer. Ils étudient
l'environnement, les paysages, les oiseaux ou les
déchets. Ce partenariat est reconduit chaque année.
Mais pour l'anniversaire, nous souhaitions impliquer tous
les élèves.
(*) SEPNB : Société pour l'étude et la protection de
la nature en Bretagne.
Je crois savoir qu'il y
a eu un grand spectacle en fin d'année...
Oui, et tout le monde y a participé. Lors de la
représentation qui a eu lieu le 12 juin, 73 élèves
étaient sur scène ! La dernière semaine, il y a eu des
répétitions tous les jours. Nous étions accompagnés
d'une troupe de théâtre professionnelle qui dispose de
gros moyens techniques. Le résultat était spectaculaire
: bruits, fumées, éclairages... Certes, l'apprentissage
était plus important que l'aspect artistique, mais
c'était un bon succès.
Tous les élèves
ont-ils travaillé à l'Amocomédie ?
Pour les acteurs, nous avons recruté des élèves de
tous âges, mais le scénario et la mise en scène sont
l'oeuvre des élèves de 4e. Les élèves de 6e ont
écrit un roman avec le concours de Michel Girin,
directeur du CEDRE(*) et auteur pour la jeunesse.
D'autres ont réalisé une bande dessinée, intitulée
Alerte à Men-Goulven. Elle raconte les aventures de Long
John Silver le goéland, dans les jours qui suivirent le
drame. C'est un vrai goéland unijambiste, fréquentant
souvent la cour de notre collège, qui a servi de
modèles aux enfants. Dans l'histoire, ce goéland a tout
vu et tout vécu, il radote un peu, mais la marée noire
survient et c'est lui qui devient le héros : Long John
Silver organise les secours, sauve les petits macareux et
tous les oiseaux mazoutés. Les élèves ont été aidés
par Serge Monfort, l'auteur des aventures de Toutpoil, le
chien écologiste.
(*) CEDRE : Centre de documentation, de recherche et
d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des
eaux.
Avez-vous vendu ces
oeuvres lors de la fête ? Cela vous a peut être aidé
à boucler le budget ?
Oui, il y a eu des ventes, mais sans réel profit...
Heureusement, nos partenaires financiers ont été
suffisament généreux, et nous n'avons pas eu trop de
problèmes pour équilibrer notre budget, qui atteint
presque les 100 000 F !
Pensez-vous que les
élèves ont été sensibilisés aux problèmes
d'environnement ?
Ce qui est certain, c'est que maintenant ils savent tous
ce qu'a été la catastrophe de l'Amoco Cadiz ! En début
d'année, nous avions mené une enquête : parmi nos 180
élèves, 120 savaient que l'Amoco-Cadiz était un
pétrolier, et 58 seulement connaissaient l'année du
naufrage. A l'époque leur réaction pouvait se résumer
en un mot : "bof". L'enthousiasme est venu sur
la fin, quand les différentes réalisations prenaient
tournure. L'intérêt des élèves a pu être éveillé
par une des activités. Depuis la catastrophe la
navigation est strictement réglementée et surveillée.
La visite du Cross Corsen, une tour remplie de radars qui
s'élève à 120 mètres au-dessus de la mer, en a
impressionné plus d'un. Certains élèves ont appris à
démazouter les oiseaux, sur des cas réels. Car même
s'il n'y a plus de marées noires, il y a encore des
bateaux qui dégazent (*) en mer. Enfin, l'exigence du
projet d'ensemble, l'obligation de fournir un résultat,
a stimulé les élèves. Finalement... oui, je pense que
les enfants en retirent énormément.
(*) Dégazer : se dit d'un bateau qui nettoie ses soutes
à carburant avec l'eau de la mer. Le résidu expulsé
est une nappe de mazout dans laquelle les oiseaux peuvent
plonger accidentellement. Le mazout des plages provient
du dégazage. Le dégazage est interdit et sévèrement
réprimé, mais difficile à surveiller.
Avez-vous rencontré des
difficultés particulières ?
Pas réellement... si ce n'est que ce type de projet est
très lourd à mener dans le cadre de l'Education
nationale. J'y ai presque consacré tout mon temps cette
année ! Nous ne pouvons pas assumer des projets si
importants plusieurs fois de suite. Même si la dynamique
créée a été extraordinaire, pour les élèves comme
pour les professeurs... et alors que les enfants étaient
manifestement heureux.
Avec le recul, quel
bilan tirez-vous de ce projet ?
Personnellement, je trouve regrettable qu'il n'y ait pas
de liens suffisants entre les matières. Les enfants ont
besoin d'une vision globale, de comprendre les problèmes
dans leur ensemble. A l'école primaire, l'instituteur
joue ce rôle. Dans le secondaire, il faut ce type de
projet pour réussir à créer des passerelles entre les
disciplines. En ce qui concerne l'éducation à
l'environnement, je ne saurais dire si les comportements
quotidiens vont évoluer... mais je suis sûre que les
élèves ont compris des choses essentielles, que la
nature est fragile, que les déchets mettent du temps à
se dégrader, que les animaux doivent être protégés...
Ce qui a surtout séduit
le jury
Le travail sur la mémoire d'un
accident écologique qui fait date, sur le lieu même où
il s'est produit. Avec le recul absolument nécessaire,
les jeunes étudient les événements du passé : la
dimension temps est abordée. Ce travail sur la mémoire
a permis d'impliquer la population de Portsall et de
prendre en compte l'affectif et l'émotionnel.
En partant du local, les élèves maîtrisent
les éléments globaux liés aux pollutions, aux déchets
et aux conséquences écologiques.
La réelle interdisciplinarité et la grande
qualité des partenariats, scientifiques ou avec des
professionnels.
Les productions très diversifiées et la
progression suivant les niveaux. La comédie musicale est
une approche originale à encourager.

Les AE
Dans
le département
En
France
Dans le
monde.

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