Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
"Cuisiner Bio"
Année
1997-98

Académie ou région
Montpellier

Inspection académique
Gard

Nature de l'action éducative
PAE, 1000 défis pour ma planète.

Thèmes dominants
1) Santé.
2) Agriculture.
3) Législation de l'environnement.

Initiateurs du projet
Marguerite Benedetti, PLP2 de Maths/Sciences, Roger Travier, Production culinaire.

Objectifs pédagogiques
S'informer sur les méthodes de culture biologique (soins des sols, engrais verts).
Recherche des critères de qualités des produits bio (absence de nitrates, de pesticides, vitalité, qualités organoleptiques).
Aspect juridique européen (label AB, cahier des charges).
Recherche de filières d'approvisionnement.
Production d'un repas biologique à tous les niveaux de l'établissement (cantine, brasserie, restaurant pédagogique et applications).

Résumé et étapes
Connaissance du produit bio par ses critères de qualité et respect de l'humain par son alimentation et son environnement. Suivre la filière du sol à l'assiette (santé et écologie). Rencontre de cultivateurs et transformateurs bio sur leur lieu de production (légumes, fruits, vins, huiles) ou de transformation (traiteurs, conserveries bio). Rencontre des partenaires techniques : Civam agrobio du Gard ; Ecocert : certification internationale label AB, juridiction européenne.
Préparation de fiches techniques, comparaison des coûts matière des denrées label bio et conventionnés. Analyse gustative de fruits bio. Réalisation de repas à base de produits bio ou issus d'agriculture biologique. Production d'une cassette vidéo d'exposition.

Actions entreprises
1) Travaux manuels et techniques.
2) Visite d'entreprise, de musée, de site.
3) Audiovisuel.

Méthodes pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)       30  %
Réalisation de repas bio       30  %
Rencontres avec des professionnels, des spécialistes       30  %

Prolongements
Participation aux journées de l'environnement (stand d'exposition, video, presse)

Partenaires extrascolaires
Civam agrobio du Gard (Collectivité locale) : aide technique et logistique
Ecocert (Entreprise) : aide technique et logistique, documentation

Classes ou tranches d'âges
Lycée, 2de.

Effectif
12 élèves.

Durée
A partir d'octobre 1997 jusqu'à mai 1998.

Budget
De 5 000 à 10 000 FF.

Origine et part de l'autofinancement
50% Production et vente de repas bio au restaurant d'application.

Structure d'accueil
LP Marie Curie (sections hôtellerie)
Route de Florac
30270 St-Jean-du-Gard
Tél : 04 66 85 30 85
Fax : 04 68 65 18 22

Responsable
Madame Marguerite BENEDETTI
Les Olivettes
30270 St-Jean-du-Gard
Tél : 04 66 85 33 76
E-mail : Marie.Curie30.41G@wanadoo.fr

Fonction
Professeur de Maths et Sciences

 
Cuisiner bio Les jeunes cuisiniers bio
devant la marmite !

Sensibilisés aux bienfaits d'une alimentation saine et équilibrée, un professeur de mathématiques et de sciences et un professeur de production culinaire ont initié leurs élèves de seconde hôtellerie à la cuisine bio. De la culture des légumes, des fruits et des vins à la préparation d'un repas complet, douze garçons et filles se sont mis avec appétit au régime de la bio-diététique.

Il a suffit d'une conférence du professeur Nègre, spécialiste en écologie de l'alimentation, pour que Marguerite Benedetti se décide. Professeur de mathématiques et de sciences au lycée professionnel Marie Curie de Saint-Jean-du-Gard, elle a choisi de transmettre à ses élèves l'art et la manière de cuisiner bio. Epaulée par Roger Travier, professeur de production culinaire, elle a mené une enquête sur les habitudes alimentaires des élèves de seconde hôtellerie, organisé des rencontres avec des spécialistes, dirigé des visites sur des lieux de production et de transformation, avant de programmer, en 1994 et 1998, deux journées bio. Au menu : la préparation de deux repas par les élèves et la dégustation de mets pour les invités.

Entretien avec Marguerite Benedetti, professeur de mathématiques et de sciences.

Comment ce projet "cuisiner bio" est-il devenu pour vous une priorité ?
Personnellement, j'ai toujours veillé à avoir une alimentation saine et équilibrée. Professionnellement, j'ai longtemps déploré la suppression des cours de sciences dans la section hôtellerie. Une conférence du professeur Nègre, spécialiste en écologie de l'alimentation, m'a amenée à m'intéresser de plus près à la question bio, puis à agir.

Quels furent les étapes initiales du projet ?
Dans un premier temps, en 1994, Roger Travier et moi-même avons demandé à 340 élèves et adultes du lycée : "Que signifie pour vous manger bio ?" Les résultats de l'enquête ont fait apparaître que, parmi la population bio, un tiers consommait bio par souci de santé, un tiers par souci de goût et un autre tiers par souci de l'environnement. Plus généralement, 56 % des personnes interrogées voulaient être informées et 37,5 % spécialement par le milieu scolaire. Nous ne pouvions qu'encourager les élèves à rechercher des premières informations dans les journaux, sur les lieux de vente, pour commencer à discerner le vrai du faux. Puis, l'opération "1000 défis pour ma planète", le parrainage du professeur Nègre, la collaboration de monsieur Launay, inspecteur international à Ecocert - un organisme de certification du label bio -, et le concours du Civam* agrobio du Gard, qui se lançait dans un projet d'écoles de la santé pour faire évoluer les habitudes d'alimentation, nous ont permis d'organiser, avec les douze élèves de seconde hôtellerie, plusieurs conférences : sur les méthodes de culture biologique, les aspects juridiques européens, les filières d'approvisionnement...
(*) Civam : Centre d'information et de vulgarisation pour l'agriculture et le milieu rural.

Alliez-vous vous contenter d'informations théoriques ?
Non, bien sûr. Les élèves devaient se faire une opinion par eux-mêmes, sur le terrain. Une première visite chez un viticulteur bio des coteaux de Cèze a ainsi été prévue. Quelle ne fut pas la surprise des garçons et filles de découvrir un vignoble en apparence mal entretenu car non désherbé et "envahi" par les vers de terre ! Au final, en lieu et place du Coca, ils ont trouvé le jus de raisin et le vin délicieux ! Une visite dans une huilerie leur a ensuite permis de contrôler la qualité des courges, olives, pépins de raisin et autres sésame et colza bio utilisés, ainsi que la qualité de la pression à froid et le conditionnement en bouteilles de verre. De l'huilerie, nous sommes passés à la conserverie pour suivre la préparation et la conservation de la ratatouille, du pistou...

Autant d'expériences et de connaissances qui ont dû vous inciter à vous mettre au fourneau ?
Le projet "Cuisiner bio" avait effectivement pour objectif, en 1994 comme en 1998, l'organisation d'une journée bio avec à la clé une exposition "Manger bio" et la préparation de deux repas, l'un pour la cantine et l'autre pour le restaurant pédagogique du lycée. En 1994, le repas était composé à 84 % de produits bio et en 1998 à 100 %, y compris le sel bio de Guérande !

En dehors des bienfaits caloriques, qu'est-ce que ce projet a apporté aux élèves ?
Des apports scientifiques à partir notamment d'analyses sur l'absence de résidus toxiques - insecticides et herbicides - sur les produits bio, et la présence en plus grande quantité de vitamines et de sels minéraux. Des apports juridiques sur les conditions à remplir pour obtenir le label AB (agriculture biologique), sur le cahier des charges à respecter, sur les filières d'approvisionnement à suivre... Des apports gustatifs : en bouche, les volailles sont plus fermes, les carottes plus sucrées, les asperges plus savoureuses, les fraises plus parfumées... Autant d'informations que les élèves ont notées sur des fiches techniques où figurait également le prix des denrées bio. Les produits bio coûtent il est vrai plus cher que les aliments conventionnels mais il faut mettre dans la balance les retombées positives sur la santé et l'environnement.

Les opinions, les habitudes des élèves, ont-elles pour autant changé ?
Ce projet a, au moins, permis aux jeunes de parler de la cuisine bio entre eux. Ils ont découvert la filière bio, du sol à l'assiette, et les responsabilités qui incombent aux producteurs comme aux consommateurs. Ils ont le sentiment de participer à une évolution dans l'air du temps, même si en Europe la production bio ne représente que 1 % de la production agricole totale. Enfin, ils ont développé leurs compétences dans leur métier.

Pour "Cuisiner bio" en 1999, utiliserez-vous les mêmes méthodes ?
Nous programmerons sans doute la journée bio avant les vacances de printemps pour laisser aux jeunes, avant qu'ils ne partent en stages ou en examens, le temps de la réflexion et de l'appréciation. Cette journée sera également organisée avec l'école primaire et le CES de Saint-Jean-du-Gard, enchantés par l'opération 1998. Au sein du lycée Marie Curie, des professeurs de restauration, d'économie, de droit et de comptabilité mettront la main à la pâte. La visite d'une ferme bio complètera nos connaissances du terrain de même qu'une journée au salon Marjolaine à Paris. Il en va de notre équilibre personnel et de la sauvegarde du patrimoine naturel !

Ce qui a surtout séduit le jury

Le thème est original et novateur.

Le sujet est en adéquation avec la formation des futurs restaurateurs.

Le projet débouche sur une action - la préparation et la distribution de repas bio dans un restaurant - et entraîne donc une responsabilisation des jeunes.

 

Roger Travier livre les secrets du menu bio préparé pour le restaurant pédagogique

Au menu : Quiche aux asperges vertes, pintadeau rôti sur canapé, garniture fleuriste-pommes fondantes, cocktail de fruits au vin rouge des coteaux de Cèze.

Quiche aux asperges vertes
Ingrédients pâte brisée : 250 g de farine, 125 g de beurre, 1 oeuf, eau, sel.
Ingrédients garniture : 1,2 kg d'asperges vertes, 80 g de beurre, sel, poivre blanc.
Ingrédients appareil à flan : 25 cl de lait, 25 cl de crème fraîche, 2 oeufs entiers, 2 jaunes d'oeufs, sel fin, poivre blanc, muscade.
Préparation : Préparer la pâte brisée. Beurrer un cercle de dix-huit centimètres de diamètre. Y étaler la pâte. Couper les pointes des asperges (5 cm de long) et les étuver au beurre. Cuire les tiges restantes à la vapeur. Mixer, passer au tamis pour obtenir une purée. Préparer l'appareil à flan. Incorporer la purée d'asperges dans l'appareil. Garnir le fond de tarte de pointes d'asperges et d'appareil à flan. Cuire à four chaud (200 ºC), trente minutes. Retirer le cercle à mi-cuisson.

Pintadeau rôti sur canapé
Ingrédients : 5 pintadeaux de 600 g, 200 g de bardes de lard, 1 dl d'huile d'arachide, sel, poivre, 5 dl de fond de volaille.
Ingrédients farce à gratin : 150 g de lard gras, 30 g d'échalotes, 250 g de foies de volailles, 5 cl de Cognac, 4 épices, thym, laurier, sel fin, poivre gris.
Ingrédients canapés : 500 g de pain de mie, 5 cl d'huile d'arachide, 100 g de beurre.
Préparation : Habiller les pintadeaux, les barder et les brider pour rôtir. Dorer au beurre cinq canapés. Faire fondre le lard gras haché. Faire suer les échalottes finement ciselées. Faire raidir les foies en les gardant saignants. Assaisonner. Laisser refroidir, piler, passer au tamis, parfumer au Cognac. Cuire les pintadeaux au four, trente minutes. Pour le jus, pincer les sucs, dégraisser, déglacer le fond de volaille, laisser réduire. Assaisonner. Passer au chinois. Réserver au bain-marie. Garnir les canapés de farce chaude.

Garniture fleuriste
Ingrédients : 800 g de grosses tomates, 800 g de carottes, 800 g de navets, 400 g de petits pois cassés, 400 g d'haricots verts, 150 g de beurre, sel fin et gros, poivre blanc.
Préparation : Réaliser une jardinière de légumes avec des carottes et des navets coupés en bâtonnets, des haricots et de petits pois cassés. Cuire à la vapeur ou à l'anglaise séparément, rafraîchir, égoutter. Lier au beurre. Assaisonner. Tomates évidées et cuites au four durant vingt minutes. Garnir de jardinière et dresser.

Pommes fondantes
Ingrédients : 2 kg de pommes de terre, 0,75 g de fond blanc, 150 g de beurre, thym-laurier.
Préparation : Tourner les pommes en forme de savonnettes (8x3 cm). Les placer dans un récipient beurré. Mouiller à mi-hauteur de fond blanc. Assaisonner. Couvrir de papier sulfurisé. Au début, cuire sur une plaque, porter à ébullition, puis une heure au four. Arroser fréquemment.

Cocktail de fruits au vin rouge des coteaux de Cèze
Ingrédients : 1 kg de fraises, 1 kg d'abricots, 75 cl de vin rouge, 250 g de sucre, 150 g d'oranges, 100 g de citrons.
Préparation : Préparer un sirop au vin rouge. Laver les fruits, équeter les fraises, dénoyauter les abricots. Pocher les fruits séparément. Les garder fermes. Faire réduire le sirop à une consistance sirupeuse. Dresser le cocktail nappé de sirop.

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Dernière mise à jour : le 08 octobre 1999