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Et au
milieu coule la Briance |
Couverture de la plaquette
réalisée par le Club CPN
Le Hérisson
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Un groupe de
jeunes amoureux de la nature a, sans encadrant, sans
professeur, rien qu'avec une tenace bonne volonté,
décidé de mettre en valeur la vallée où ils habitent.
Après deux ans de gestation, le club CPN Le Hérisson de
Solignac est heureux de vous annoncer la naissance de Et
au milieu coule la Briance, une fort jolie plaquette de
24 pages toute en couleur. Un résultat dont la qualité
a surpris plus d'un adulte.

Le scintillement des paillettes d'or au fond de ses
eaux aurait autrefois inspiré son nom à la Briance.
Connaissez-vous cette rivière ? Elle prend sa source au
mont Gargan, dans le Limousin, et va se jeter dans la
Vienne quelque 60 kilomètres plus loin. Son eau pure
alimente des milliers des foyers, et ses berges
préservées accueillent de nombreux hôtes... dont la
loutre, qui a presque disparu de France. Un petit coin de
paradis ? Les membres du club CPN (Connaître et
Protéger la Nature) Le Hérisson le pensent sans doute.
Ils ont souhaité partager les plaisirs qu'offre ce riche
milieu et se proposent de susciter la curiosité et
l'envie de découvrir la nature limousine. Parce que
l'émotion est sans doute le meilleur moyen de convaincre
les hommes qu'il faut "maintenir cet équilibre
naturel préservé en agissant de manière
responsable".

Entretien avec Bénédicte Ségard,
étudiante, présidente du club CPN Le Hérisson.
Comment est née l'idée
de publier une plaquette sur la Briance ?
Collectivement. L'ancien président avait initié
l'idée, et nous avions tous envie de faire quelque chose
pour valoriser la vallée où nous habitons. Nous avons
organisé de nombreuses réunions, et chaque adhérent
s'est investi, a apporté ses idées, son savoir-faire...
Le projet a été coordonné par les membres du conseil
d'administration de l'association, mais tout le monde a
participé à son niveau. Même une jeune fille de 12
ans, qui a réalisé la bande dessinée de la dernière
page !
Concrètement, comment
avez-vous fait ?
Chaque année, nous partons ensemble une semaine dans un
site naturel pour profiter d'un lieu préservé. En 1996,
nous avons loué un gîte rural au mont Gargan, là où
la Briance prend sa source. Nous avons alors réalisé
des relevés d'eau et observé la faune et la flore.
Ensuite nous avons analysé les résultats et effectué
une recherche documentaire sur le patrimoine naturel et
culturel de la vallée. Puis nous nous sommes répartis
l'écriture des articles de la plaquette, et enfin il y a
eu l'édition et la diffusion... C'est vite résumé,
mais cela a pris deux ans.
Le résultat est d'une
grande qualité, et personnellement j'y ai appris des
choses !
Merci... Pour commencer nous avons choisi de présenter
la Briance au fil des saisons. Par exemple pour l'hiver,
nous avons dessiné les traces que l'on peut découvrir
dans la neige, pour le printemps un herbier... L'été,
même si rien ne semble bouger en pleine canicule, on
peut épier le ballet des libellules. En automne, enfin,
les animaux constituent leurs réserves de nourriture,
notamment le ragondin, un animal importé d'Amérique et
qui prospère en France. Même si nous avons
délibérement choisi l'angle naturaliste pour présenter
notre vallée, nous donnons aussi des informations
touristiques et une carte détaillée.
On y apprend même
comment évaluer la qualité des eaux !
Nous avons utilisé des tests qui mesurent la qualité
biologique de l'eau à partir de la présence des
invertébrés polluo-sensibles. C'est un peu
"barbare" exprimé ainsi, mais dans la
plaquette nous l'expliquons simplement. Pour prendre un
exemple, s'il y a beaucoup de larves de sangsues, ce
n'est pas bon signe. Au contraire les larves de
libellules indiquent que l'eau n'est pas polluée. L'eau
de la Briance est dans l'ensemble d'une excellente
qualité biologique, et c'est pourquoi nous trouvons en
amont des poissons exigeants comme la truite fario. Mais
plus on descend, moins la qualité de l'eau est bonne,
surtout en aval des agglomérations.
Quelles sont les
difficultés auxquelles vous vous êtes heurté ?
Nous venons dans notre association essentiellement pour
nous faire plaisir. La réalisation de cette plaquette a
représenté un véritable travail. Il a fallu écrire,
réfléchir à l'organisation, faire preuve de rigueur et
surtout impliquer tout le monde dans le projet.
Avez-vous eu des
partenaires pour vous aider dans cet effort ?
Heureusement, car 40 000 F c'est un gros budget ! Il nous
a fallu du temps pour les réunir mais maintenant c'est
terminé. Nous avions un peu l'habitude des dossiers de
subvention, habitude acquise à l'occasion des
expositions et des activités que nous avions organisées
précédemment. Mais rien de très grande envergure. En
fait, c'était un énorme travail compte tenu de la
taille de notre association. Les mairies de Solignac et
du Vigen nous ont aidé, ainsi que le conseil général
et le conseil régional : en échange, chaque foyer et
chaque école de la vallée a reçu un exemplaire de la
plaquette. Nous avons également reçu l'aide de
"1000 défis pour ma planète" et de la
Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme...
Quelle suite
envisagez-vous ?
Rien dans l'immédiat ! La plaquette achevée, nous avons
reçu de nombreuses félicitations. Je crois que les
habitants de la vallée étaient assez touchés que nous,
des jeunes, nous intéressions au patrimoine. Mais ce
projet a fatigué l'association, c'était un énorme
investissement au niveau humain. Nous ferons encore des
choses, mais moins conséquentes.
Avez-vous une conclusion
?
Nous avons retiré une grande satisfaction personnelle et
collective de ce projet. Ce projet en particulier, mais
aussi la vie du club d'une manière générale,
représente une expérience extraordinairement formatrice
: les jeunes se prennent en charge. A leur niveau, ils
valorisent, comprennent et protègent. Pour le reste
c'est un peu plus personnel...
Allez-y !
Je ne crois pas que l'éducation à l'environnement
consiste à transmettre des valeurs dogmatiques, des
savoirs, des classifications... il s'agit plutôt d'avoir
des sensations et de les faire partager. Autrement dit,
il ne s'agit pas de montrer une pie grièche ou
d'expliquer que la libellule fait partie de l'ordre des
odonates, mais plutôt de s'asseoir et d'essayer de
retrouver des sensations que l'on a perdu en ville. Et
c'est avec ces sensations que l'envie de connaître et de
protéger la nature reviendra. Mais au CPN Le Hérisson,
nous ne parlons pas de cela entre nous : nous le faisons
!
Ce qui a surtout séduit
le jury
Cette action est le fruit d'un
véritable travail d'équipe, pensée et menée par des
adolescents et des jeunes adultes.
La démarche est à retenir : passage d'une
action spontanée et intuitive à un constat scientifique
(apprentissage et suivi d'un protocole d'étude) et enfin
à une réalisation concrète : un livret d'information
(fort bien réussi).
La communication n'est pas laissée de côté
: tous les habitants des communes concernées ont reçu
la publication.
Bonne participation des partenaires
financiers.

Les AE
Dans
le département
En
France
Dans le
monde.

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