Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
Et au milieu coule la Briance
Année
1997-98

Académie ou région
Limousin

Inspection académique
Haute-Vienne

Nature de l'action éducative
1000 défis pour ma planète, Club CPN.

Thèmes dominants
1) Eau.
2) Ecologie générale.
3) Faune.

Initiateurs du projet
Nicolas Patureau, Administrateur de l'association, David Naudon, Administrateur de l'association, Jim Cartier, Administrateur de l'association, Alix Segard, Administrateur de l'Association, Bénédicte Segard, Administrateur de l'Association.

Objectifs pédagogiques
- Découverte active d'un environnement proche.
- Utilisation d'un protocole scientifique pour l'étude d'une rivière (IBGN).
- Recherche documentaire et sélection d'information.
- Rédaction d'une plaquette d'information.

Résumé et étapes
1) Stage d'une semaine à la source de la Briance (87) auquel 25 jeunes de l'association ont participé, en avril 1996.
2) Recherche documentaire et coordination des informations recueillies concernant les caractéristiques du patrimoine naturel et culturel de la vallée de la Briance.
3) Ecriture individuelle des articles contenus dans la plaquette "Et au milieu coule la Briance".
4) Edition et diffusion de la plaquette en septembre 1997, plaquette tirée à 3 000 exemplaires.

Actions entreprises
1) Publication.
2) Séjour de découverte en France.
3) Exposition.

Méthodes pédagogiques
Recherche documentaire
      60  %
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)       40  %

Prolongements

Partenaires extrascolaires
Mairie de Solignac (Collectivité locale) : aide technique et logistique
Mairie de Vigen (Collectivité locale) : aide technique et logistique

Classes ou tranches d'âges
Minimes, cadets, juniors, seniors.

Effectif

Durée
Plus d'un an à partir d'avril 1996 jusqu'à septembre 1997.

Budget
De 30 000 à 40 000 FF.

Origine et part de l'autofinancement

Structure d'accueil
Club CPN Le Hérisson
Mairie de Solignac
57, avenue St-Eloi
87110 Solignac
Tél : 05 55 00 50 09
Fax : 05 55 00 57 08

Responsable
Mademoiselle Bénédicte SEGARD
Ligoure
87110 Le Vigen

Fonction
Etudiante

 
Et au milieu coule la Briance Couverture de la plaquette
réalisée par le Club CPN
Le Hérisson

Un groupe de jeunes amoureux de la nature a, sans encadrant, sans professeur, rien qu'avec une tenace bonne volonté, décidé de mettre en valeur la vallée où ils habitent. Après deux ans de gestation, le club CPN Le Hérisson de Solignac est heureux de vous annoncer la naissance de Et au milieu coule la Briance, une fort jolie plaquette de 24 pages toute en couleur. Un résultat dont la qualité a surpris plus d'un adulte.

Le scintillement des paillettes d'or au fond de ses eaux aurait autrefois inspiré son nom à la Briance. Connaissez-vous cette rivière ? Elle prend sa source au mont Gargan, dans le Limousin, et va se jeter dans la Vienne quelque 60 kilomètres plus loin. Son eau pure alimente des milliers des foyers, et ses berges préservées accueillent de nombreux hôtes... dont la loutre, qui a presque disparu de France. Un petit coin de paradis ? Les membres du club CPN (Connaître et Protéger la Nature) Le Hérisson le pensent sans doute. Ils ont souhaité partager les plaisirs qu'offre ce riche milieu et se proposent de susciter la curiosité et l'envie de découvrir la nature limousine. Parce que l'émotion est sans doute le meilleur moyen de convaincre les hommes qu'il faut "maintenir cet équilibre naturel préservé en agissant de manière responsable".

Entretien avec Bénédicte Ségard, étudiante, présidente du club CPN Le Hérisson.

Comment est née l'idée de publier une plaquette sur la Briance ?
Collectivement. L'ancien président avait initié l'idée, et nous avions tous envie de faire quelque chose pour valoriser la vallée où nous habitons. Nous avons organisé de nombreuses réunions, et chaque adhérent s'est investi, a apporté ses idées, son savoir-faire... Le projet a été coordonné par les membres du conseil d'administration de l'association, mais tout le monde a participé à son niveau. Même une jeune fille de 12 ans, qui a réalisé la bande dessinée de la dernière page !

Concrètement, comment avez-vous fait ?
Chaque année, nous partons ensemble une semaine dans un site naturel pour profiter d'un lieu préservé. En 1996, nous avons loué un gîte rural au mont Gargan, là où la Briance prend sa source. Nous avons alors réalisé des relevés d'eau et observé la faune et la flore. Ensuite nous avons analysé les résultats et effectué une recherche documentaire sur le patrimoine naturel et culturel de la vallée. Puis nous nous sommes répartis l'écriture des articles de la plaquette, et enfin il y a eu l'édition et la diffusion... C'est vite résumé, mais cela a pris deux ans.

Le résultat est d'une grande qualité, et personnellement j'y ai appris des choses !
Merci... Pour commencer nous avons choisi de présenter la Briance au fil des saisons. Par exemple pour l'hiver, nous avons dessiné les traces que l'on peut découvrir dans la neige, pour le printemps un herbier... L'été, même si rien ne semble bouger en pleine canicule, on peut épier le ballet des libellules. En automne, enfin, les animaux constituent leurs réserves de nourriture, notamment le ragondin, un animal importé d'Amérique et qui prospère en France. Même si nous avons délibérement choisi l'angle naturaliste pour présenter notre vallée, nous donnons aussi des informations touristiques et une carte détaillée.

On y apprend même comment évaluer la qualité des eaux !
Nous avons utilisé des tests qui mesurent la qualité biologique de l'eau à partir de la présence des invertébrés polluo-sensibles. C'est un peu "barbare" exprimé ainsi, mais dans la plaquette nous l'expliquons simplement. Pour prendre un exemple, s'il y a beaucoup de larves de sangsues, ce n'est pas bon signe. Au contraire les larves de libellules indiquent que l'eau n'est pas polluée. L'eau de la Briance est dans l'ensemble d'une excellente qualité biologique, et c'est pourquoi nous trouvons en amont des poissons exigeants comme la truite fario. Mais plus on descend, moins la qualité de l'eau est bonne, surtout en aval des agglomérations.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous vous êtes heurté ?
Nous venons dans notre association essentiellement pour nous faire plaisir. La réalisation de cette plaquette a représenté un véritable travail. Il a fallu écrire, réfléchir à l'organisation, faire preuve de rigueur et surtout impliquer tout le monde dans le projet.

Avez-vous eu des partenaires pour vous aider dans cet effort ?
Heureusement, car 40 000 F c'est un gros budget ! Il nous a fallu du temps pour les réunir mais maintenant c'est terminé. Nous avions un peu l'habitude des dossiers de subvention, habitude acquise à l'occasion des expositions et des activités que nous avions organisées précédemment. Mais rien de très grande envergure. En fait, c'était un énorme travail compte tenu de la taille de notre association. Les mairies de Solignac et du Vigen nous ont aidé, ainsi que le conseil général et le conseil régional : en échange, chaque foyer et chaque école de la vallée a reçu un exemplaire de la plaquette. Nous avons également reçu l'aide de "1000 défis pour ma planète" et de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme...

Quelle suite envisagez-vous ?
Rien dans l'immédiat ! La plaquette achevée, nous avons reçu de nombreuses félicitations. Je crois que les habitants de la vallée étaient assez touchés que nous, des jeunes, nous intéressions au patrimoine. Mais ce projet a fatigué l'association, c'était un énorme investissement au niveau humain. Nous ferons encore des choses, mais moins conséquentes.

Avez-vous une conclusion ?
Nous avons retiré une grande satisfaction personnelle et collective de ce projet. Ce projet en particulier, mais aussi la vie du club d'une manière générale, représente une expérience extraordinairement formatrice : les jeunes se prennent en charge. A leur niveau, ils valorisent, comprennent et protègent. Pour le reste c'est un peu plus personnel...

Allez-y !
Je ne crois pas que l'éducation à l'environnement consiste à transmettre des valeurs dogmatiques, des savoirs, des classifications... il s'agit plutôt d'avoir des sensations et de les faire partager. Autrement dit, il ne s'agit pas de montrer une pie grièche ou d'expliquer que la libellule fait partie de l'ordre des odonates, mais plutôt de s'asseoir et d'essayer de retrouver des sensations que l'on a perdu en ville. Et c'est avec ces sensations que l'envie de connaître et de protéger la nature reviendra. Mais au CPN Le Hérisson, nous ne parlons pas de cela entre nous : nous le faisons !

Ce qui a surtout séduit le jury

Cette action est le fruit d'un véritable travail d'équipe, pensée et menée par des adolescents et des jeunes adultes.

La démarche est à retenir : passage d'une action spontanée et intuitive à un constat scientifique (apprentissage et suivi d'un protocole d'étude) et enfin à une réalisation concrète : un livret d'information (fort bien réussi).

La communication n'est pas laissée de côté : tous les habitants des communes concernées ont reçu la publication.

Bonne participation des partenaires financiers.

Les AE… Dans le départementEn FranceDans le monde.


Haut de la page - Le Recensement des AE - Les Actions Educatives - Agir ! - Sommaire

Dernière mise à jour : le 04 septembre 1998