Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
Ecole et nature : espace boisé Chopin
Année
1997-98

Académie ou région
Nancy-Metz

Inspection académique
Meurthe-et-Moselle

Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, PAI, 1000 défis pour ma planète.

Thèmes dominants
1) Ecosystème (forêt).
2) Faune (inventaire).
3) Flore (forestière, aquatique).

Initiateurs du projet
Mme Besset, Mme Boué, M. Herbuvaux, Professeurs de SVT, M. Lilbert, Professeur d'Anglais, Mme Galand, Professeur d'Arts plastiques, Mme Batoz, Professeur de Français, Mme Joly, M. Derruau, M. Grandclaude, Professeurs d'Histoire-Géographie.

Objectifs pédagogiques
Mieux connaître la nature pour mieux la protéger
- Initier les élèves à une démarche scientifique d'approche de la nature,
- Mise en place d'un parcours de découverte de la nature,
- Travailler en interdisciplinarité,
- Fournir aux élèves des informations de qualité par l'intervention des scientifiques et de chercheurs,
- Apprendre aux élèves à retransmettre les connaissances.

Résumé et étapes
Avec l'aide d'organismes scientifiques (INRA-Jardins botaniques-ENGREF), d'associations de protection de la nature et de l'environnement (LPO-EDEN) et de collectivités locales (ville de Nancy, Conseil Général), les élèves et les professeurs aménagent un parcours de découverte de la nature dans un environnement urbain.
Ils étudient un milieu forestier, en réalisant un inventaire illustré (herbiers, photos, dessins, textes documentaires), élaborant des dossiers et des panneaux pédagogiques.
Ils invitent des élèves des classes élémentaires à venir découvrir un milieu forestier, sa faune, sa flore et son passé historique.

Actions entreprises
1) Aménagements extérieurs (réhabilitation de site, sentiers pédagogiques).
2) Observations et expériences scientifiques (inventaires écologiques).
3) Exposition (panneaux d'information).

Méthodes pédagogiques
Rencontres avec des professionnels, des spécialistes
      50  %
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)       40  %
Activités de recherche en salle, expérimentations, exposés       10  %

Prolongements
Interdisciplinarité : histoire (recherche du passé historique), Arts plastiques (expositions), Français (animation théatrales et poétiques).

Partenaires extrascolaires
INRA (Organisme de recherche) : animation scientifique
Rectorat (Organisme public) : participation financière HS
DIREN (Organisme public) : participation financière
Conseil Général (Collectivité locale) : participation financière

Classes ou tranches d'âges
Collège, 6e, 5e, 4e.

Effectif
350 élèves.

Durée
3 années à raison d'une moyenne de 2 heures par semaine pendant 12 semaines à partir de septembre 1995 jusqu'à juin 1998.

Budget
De 20 000 à 30 000 FF.

Origine et part de l'autofinancement
Cité scolaire Chopin : 30%

Structure d'accueil
Collège Frédéric Chopin
39, rue Blandan
54000 Nancy
Tél : 03 83 40 20 42
Fax : 03 83 28 07 06

Responsable
Monsieur Serge HERBUVAUX
8, rue Erckmann-Chatrian
54000 Nancy
Tél : 03 83 27 29 02

Fonction
Professeur de SVT

 
Ecole et nature : l'espace boisé Chopin Grand nettoyage de printemps :
tout le monde participe !

Un bonheur pédagogique : quelle meilleure définition donner à ce parcours de découverte de la nature, situé dans le parc du collège Chopin ? A quelques kilomètres de la place Stanislas de Nancy, dans un environnement urbain, l'espace boisé a pour objectif de "mieux connaître la nature pour mieux la protéger". Objectif atteint, et même dépassé...

Depuis trois ans, grâce au concours de nombreux partenaires, à l'énergie de quelques professeurs et à la bonne volonté des élèves, l'espace boisé du collège Chopin sert de catalyseur à de nombeuses activités. Au départ, il s'agit de mettre en valeur un bois laissé à l'abandon. Depuis trois ans, la liste des réalisations est particulièrement longue : un parcours pédagogique de découverte de la nature qu'accompagnent de nombreux documents pédagogiques, des inventaires de la faune et de la flore, la réhabilitation d'une mare pour la reproduction des crapauds et des tritons, la pose de nichoirs pour les oiseaux... Sans oublier les fructueuses recherches dans les archives, qui relient le lieu à son histoire, les visites des élèves des écoles primaires, et la fête de la Nature, où l'aspect scientifique a été complété par une démarche culturelle pluridisciplinaire.

Entretien avec Serge Herbuvaux, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre au collège Chopin

Comment est née l'idée d'un parcours de découverte de la nature dans le collège ?
Un espace boisé était laissé à l'abandon, dans l'enceinte même de l'établissement. Un chercheur de l'INRA(*) nous a contacté, parce qu'il était intéressé par une action scientifique avec un établissement scolaire. J'ai fait une proposition d'aménagement de cet espace, et, progressivement, l'idée d'un parcours pédagogique, utile à nos enseignements, à pris forme. En juin 1995, suite à diverses réunions, nous avons pris la décision de modifier l'emploi du temps d'une classe de 5e : laisser le vendredi libre pour participer au projet. Nous avons obtenu l'accord des élèves et des parents, plutôt favorables. Il a fallu commencer par la remise en état du parc. Le déblaiement en lui-même a eu lieu lors d'un "grand nettoyage de printemps", où plus de 80 personnes étaient présentes, élèves, parents d'élèves, membres d'associations... Un repas avec des brochettes et les honneurs de la presse ont suivi, c'était plutôt sympathique.
(*) INRA : Institut national de la recherche agronomique.

Ce "grand nettoyage" était-il vraiment indispensable ?
La quantité de déchets était telle que la benne que nous avait prêté la municipalité de Nancy a rapidement débordé. Nous avons trouvé des poutrelles métalliques, des pierres, des papiers, du plastique, des vieux outils... C'était un préalable à la réalisation dans de bonnes conditions des inventaires de la faune et de la flore. Nous avons ensuite travaillé à de nombreux documents pédagogiques, que ce soit comme support des cours de Sciences de la Vie et de la Terre, ou tout simplement pour mettre en valeur l'écologie du parc.

C'est beaucoup pour une classe de 5e !
Nous avons eu de nombreux partenaires pour nous soutenir, et tout n'a pas été fait dès la première année. Ce projet est en route depuis maintenant trois ans. Depuis, la LPO (*) nous a aidé a réaliser l'inventaire des 22 espèces d'oiseaux. C'est une bonne diversité pour une zone urbaine. Elle s'explique par la présence d'autres espaces verts à proximité, le parc du musée de l'Ecole de Nancy (*), mitoyen, et le parc Sainte-Marie. Ce réseau naturel permet la survie d'espèces qui ont besoin de territoires importants comme les geais, les troglodytes mignons ou les verdiers. Pour l'inventaire des insectes, un étudiant de l'université de Nancy a effectué un stage parmi nous. Et bien sûr, nous avons bénéficié du concours de l'INRA et d'associations nancéennes de protection de la nature. Il est vrai aussi qu'à la fin de la première année, certains les élèves trouvaient que nous leur en demandions beaucoup. Mais ils ont eu des compensations, comme le temps aménagé ou la visite d'une briquetterie.
(*) LPO : Ligue de protection des oiseaux.
(*) Ecole de Nancy : Courant artistique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, autour du verrier et céramiste Gallé et des frères Daum, qui avait pour but de renouveler les arts décoratifs en s'inspirant de la nature (faune et flore). Une cinquantaine de bâtiments à Nancy témoignent de son influence.

Pourquoi une briquetterie ?
Lors des observations topographiques, nous avons découvert une anomalie : un talus en demi-cercle qui ne pouvait être naturel. Avec leur professeur d'histoire-géographie, les élèves ont mené des recherches dans diverses archives, et ils ont découvert l'histoire du lieu. La première mention d'un briquetterie date de 1519, puis elle aurait été détruite lors du siège de Nancy en 1633, reconstruite, puis définitivement abandonnée au milieu du XIXe siècle.

Cet espace recèle de nombreux trésors !
Oui, et il y a aussi une mare. Mais elle était en mauvais état, d'une profondeur insuffisante pour la reproduction des crapauds et des tritons alpestres. Nous avons obtenu de la Ville de Nancy sa remise en eau à 50 cm de profondeur. Dorénavant nos Tritons Alpestres peuvent se reproduire dans de meilleures conditions mais les Crapauds ont impérativement besoin des bassins du parc voisin du musée de l'Ecole de Nancy où ils sont nés et qui sont plus profonds.

Toutes ces opérations doivent être coûteuses, vous n'avez jamais manqué de moyens ?
Non, au contraire, les partenaires nous ont bien aidés et les subventions accordées nous ont permis de fonctionner dans de bonnes conditions et de produire des réalisations de qualité.

Qui s'occupe de l'entretien du bois ?
L'expérience du temps aménagé de la classe de 5e n'a duré qu'un an. Dès la deuxième année, nous avons créé un atelier optionnel, en dehors des cours, avec une présence minimale requise d'un mercredi après-midi et d'un samedi matin par mois. Nous avons eu trop de volontaires ! Un noyau dur de passionnés a pu se constituer. Mais cela ne suffit pas. J'y consacre beaucoup de temps, alors que je quitte l'Education nationale dans trois ans et que j'ai des horaires diminués, en théorie pour cesser progessivement mon activité. Nous avons demandé la création d'un emploi-jeune, ce qui serait vraiment parfait car il y a beaucoup de travail d'entretien, de gestion administrative et de préparation des animations.

De quelles sortes d'animations s'agit-il ?
Par exemple, lorsque les petits des écoles primaires viennent visiter leur futur collège. Ce sont toujours des moments forts. Lors de l'une de ces visites, j'ai vu un élève de 4e expliquer aux jeunes de nombreuses choses sur la nature, les insectes ou la mare, avec les mots qu'il fallait. Pour un professeur, c'était un vrai bonheur pédagogique. Mais la préparation de cette visite est exigeante en temps : une bonne journée de travail. Ce qui n'est pas évident à glisser entre les heures de cours.

Quelle suite envisagez-vous ?
Nous avons organisé cette année une fête de la Nature, avec le concours des professeurs d'arts plastiques, d'anglais, de français et d'histoire-géographie. Tous les élèves qui se sont pas scientifiques ont pu s'exprimer à travers la création d'une mini-pièce, inventée pour l'occasion, des fables et des poèmes, ou la création d'objets d'une tribu imaginaire, réalisés à partir de ce que la nature offre dans ce bois. Pour l'année prochaine nous souhaitons limiter le travail sur la biologie, dont nous avons fait le tour, et nous concentrer sur les aspects culturels. C'est le centenaire de l'Ecole de Nancy, et nous essayerons d'en profiter. Le premier moteur, c'est la motivation des élèves et des collègues. Nous aviserons en fonction des réunions de préparation et du soutien des partenaires.

Ce qui a surtout séduit le jury

La réelle volonté d'une démarche interdisciplinaire (arts plastiques, français, histoire...) couronnée lors de la Fête de la Nature.

La durabilité de l'action : ce projet classique d'action pédagogique a l'avantage de pouvoir développer un large travail éducatif, faisant appel à de nombreuses disciplines, dans un espace naturel en propriété et relativement riche.

La qualité du partenariat scientifique.

La part d'initiative et de responsabilité prise par les jeunes.

Les AE… Dans le départementEn FranceDans le monde.



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Dernière mise à jour : le 17 septembre 1998