Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
Action intergénération
Année
1997-98

Académie ou région
Midi-Pyrénées

Inspection académique
Hautes-Pyrénées

Nature de l'action éducative
PAE, Projet d'Action Sociale.

Thèmes dominants
1) Société (mouvements associatifs).
2) Patrimoine (architecture).
3) Aménagement du territoire (collectivité locale, paysage).

Initiateurs du projet
Rachel Beisson, Animatrice coordinatrice de l'action jardins.

Objectifs pédagogiques
- Créer des relations, établir des liens entre des enfants et des adultes, personnes âgées par le biais d'une activité de jardinage.
- Instaurer un sentiment d'entraide et mettre en valeur un savoir-faire.
- Apprendre à organiser un jardin.
- Valoriser le patrimoine naturel et architectural.
- Entrer en contact avec la nature.
- Arriver à une production.

Résumé et étapes
- L'activité de jardinage se déroule dans le cadre du périscolaire sur la commune d'Arreau. Les enfants sont accueillis les jours scolaires entre 12h30 et 13h30 ainsi qu'entre 16h30 et 18h00 mais aussi le mecredi de 15h à 17h30.
- Activité réalisée en compagnie de personnes âgées, horticuleurs... ponctuée de travail collectif (participation des parents).
- Le lieu est favorable à un travail d'observation, d'inventaire, de valorisation du travail de l'homme et va amener à une action de remise en valeur avec des adolescents.
- Toutes ces étapes impliquent des rencontres de personnes de tout âge, de toute origine (nées ici, nées ailleurs) et un recherche de l'histoire, de la compréhension d'un lieu.

Actions entreprises
1) Aménagements extérieurs (jardinage).
2) Enquêtes (recueil de mémoires).
3) Audiovisuel.

Méthodes pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)
      60  %
Rencontres avec des professionnels, des spécialistes       30  %
Activités de recherche en salle, expérimentations, exposés       10  %

Prolongements
Associer des adultes à l'entretien des parcelles sous une forme adaptée au projet de jardins familiaux. Mettre en place un chantier jeune pour réhabiliter les murets des jardins.

Partenaires extrascolaires
Association Loisirs Amitié (Association) : encadrement
Mairie d'Arreau (Collectivité locale) : participation financière, aide technique et logistique
Horticulteurs (Entreprise) : participation financière, aide technique et logistique
Pyrenées Petite Enfance (Association) : aide technique et logistique

Classes ou tranches d'âges
Tout public.

Effectif
40 personnes.

Durée
Plus d'un an à raison d'une moyenne de 12 heures par semaine pendant 10 semaines à partir d'avril 1998.

Budget
De 5 000 à 10 000 FF.

Origine et part de l'autofinancement

Structure d'accueil
Association Airel
Quartier Ste-Luce
65240 Cadéac
Tél : 05 62 98 63 82

Responsable
Mademoiselle Rachel BEISSON
La Seoube
65710 Campan

Fonction
Animatrice



 
Action intergénération Les jeunes s'initient à la nature et
entretiennent les jardins d'Arreau.

Comment faire pour que les personnes âgées d'un village et les enfants, dont plusieurs arrivent de la ville, se parlent et se retrouvent autour d'une même activité ? Et si l'on plantait des fleurs...

Dans le village d'Arreau, dans les Hautes-Pyrénées, des jardins étaient depuis plusieurs années laissés à l'abandon. Jusqu'à ce que l'association Airel décide d'en faire un lieu de rencontre entre les personnes âgées et les jeunes. Pour beaucoup d'enfants, c'était l'occasion de se découvrir des grand-parents adoptifs, capables de leur enseigner les plaisirs du jardinage mais aussi la mémoire du patrimoine de ce village de 1000 habitants. Et les personnes âgées ont saisi là l'opportunité de se doter d'une nouvelle jeunesse...

Entretien avec Hélène Sahuc directrice d'Airel et Rachel Beisson, animatrice.

Depuis quand travaillez-vous sur le projet ?
Hélène : Depuis l'origine, c'est-à-dire 1996, mais l'histoire est plus ancienne que cela. Je suis arrivée ici il y a 20 ans, avec d'autres personnes qui venaient de toute la France. Il n'y avait aucune structure d'accueil. Nous avons voulu monter une Maison de la Jeunesse, mais ici, les enfants restent chez eux lorsqu'ils n'assistent pas aux cours et sont gardés par la famille. Notre projet paraissait incongru. Aujourd'hui, des familles continuent d'arriver des villes environnantes. Ce sont souvent des personnes en situation de précarité, des mamans qui élèvent seules leurs enfants. Du coup, certains gamins sont isolés à l'école ou sont un peu mis à l'écart par les écoliers d'ici qui, eux, se connaissent depuis la maternelle. Ils ne peuvent pas non plus compter sur leurs grands-parents. D'un autre côté, beaucoup de personnes âgées du village ont rarement l'occasion de voir leurs petits enfants, partis en ville pour étudier ou chercher du travail. Le président d'Airel, qui est instituteur, aidé de l'association Pyrénées petite enfance, a alors décidé de monter un projet pour aider ces enfants à s'intégrer et pour créer des liens avec les anciens du village. Nous voulions aussi utiliser notre patrimoine architectural et naturel. Il y avait ces Jardins du Calvaire, autrefois bien entretenus, mais laissés en friche. Nous avons pensé que le jardinage était un bon moyen.

Qui vient aux Jardins du Calvaire ?
Rachel : Des enfants, du CP au CM1, intéressés par le jardinage. Ils sont 21 au total, répartis en groupe de 4 à 6. Certains viennent à midi, d'autres le soir. Au début, nous fonctionnions avec des groupes de 7 à 8 enfants, mais c'était trop. Avec des enfants de cet âge, il faut être d'une disponibilité de tous les instants. Je vais moi-même chercher les enfants à l'école. Les jardins sont à 10 minutes à pied. Quand nous traversons le village, il n'est pas rare d'entendre les habitants s'exclamer : "Ah, ce sont les petits jardiniers du calvaire !" Viennent aussi régulièrement deux horticulteurs locaux. Ils nous donnent des graines... et des conseils. Et puis il y a les personnes âgées du village. Ils passent quand ils en ont envie et s'attardent quelques temps pour discuter. Certains font preuve de beaucoup de motivation. Madame Roidor nous a réservé un petit coin de son jardin pour que les enfants viennent faire des plantations. Le portail du Jardin des calvaires était abîmé. Monsieur Lopez, un retraité toujours extrêmement actif dans le jardin, s'est proposé de le refaire entièrement, puis a laissé les enfants le peindre.

Comment se passent les échanges entre les personnes âgées et les enfants ?
Rachel : Au début, ils ne communiquaient pas beaucoup. Il a fallu que je fasse les présentations. Quand par exemple les enfants cherchent à connaître le nom d'un insecte, ils viennent d'abord me trouver. Et je leur conseille plutôt de s'adresser à Monsieur Lopez. C'est long à mettre en place, ça se fera progressivement. Je crois que les enfants ont besoin d'être rassurés. Dernièrement, Monsieur Lopez a commencé à désherber et les enfants se sont rapidement groupés autour de lui pour l'observer. Ils ont commencé à faire comme lui, alors qu'a priori ils n'aiment pas désherber à la main. Manier un outil est tellement plus valorisant... De temps à autre, nous organisons une "journée collective". C'est l'occasion pour les parents de venir donner un coup de main et, pour tous, de se retrouver autour d'un grand repas.

Qu'est-ce vous plantez dans les Jardins du Calvaire ?
Rachel : Il y a trois jardins. Dans le grand, chaque enfant dispose d'une petite parcelle, individuelle ou partagée à deux. Il y plante ce qu'il désire. Le reste du terrain est cultivé par tous. Nous avons semé des petits pois, des pommes de terre et des haricots. Dans le deuxième, nous avons planté des salades, des radis et des aromates. Enfin, le dernier jardin est réservé aux fleurs. Récemment, nos jeunes jardiniers ont mangé les fraises qu'ils avaient plantés ; ils étaient ravis. Il est essentiel que les petits ne viennent pas dans le jardin pour se tuer à la tâche mais bien davantage pour prendre leur temps, jouer, parler et se détendre.

Quels sont les autres projets de l'association ?
Nous voudrions valoriser les connaissances que les enfants acquièrent au jardin, en les intégrant dans les programmes d'AEPS*. Par exemple, lorsqu'on leur demande de planter en ligne, ils apprennent à organiser l'espace, à suivre des règles. Et en hiver, quand il fera trop froid pour aller aux jardins, nous mènerons une action autour de la mémoire des lieux, interviewer des personnes âgées par exemple. Cela se fera avec l'aide de l'école, qui dispose d'une bibliothèque et d'ordinateurs. Nous voudrions créer un lien plus soutenu avec l'école et les instituteurs. Et puis ce ne sont pas les idées qui manquent : remettre en état les murets en pierre des jardins, avec des adolescents et des adultes, créer des jardins familiaux...
(*) AEPS : Actions éducatives péri-scolaires

Ce qui a surtout séduit le jury

L'objectif précis d'une meilleure relation intergénération.

La variété des thèmes - société, architecture et jardinage -, et des publics concernés - les enfants, les personnes âgés et les parents.

 

Des jardiniers en herbe enthousiastes

Hugo, Ugo, Jordi et Michaël sont quatre des petits jardiniers du Calvaire. Voici quelques-unes de leurs impressions cueillies sur le vif :

Hugo, 9 ans
Qu'est-ce qui te plaît dans le jardinage ?
Tout, voir pousser les fleurs, planter, tout me plaît.
Et quel est ton meilleur souvenir de jardinier ?
C'est quand on a fait le goûter ! On avait récolté des courgettes, des oignons. C'était la fête. Et les parents avaient amené plein de bonnes choses à manger...

Michael (9 ans 1/2)
Quel jardin préfères-tu ?

J'aime celui du Calvaire parce que je préfère les fleurs.
Et tu aimes le jardinage ?
Oui, j'aime bien, sauf retourner la terre et enlever l'herbe parce que ça me fatigue. Je préfère planter les fleurs.


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Dernière mise à jour : le 04 septembre 1998