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Arboretum
Année
1998-99Académie
ou région
Bordeaux
Inspection
académique
Dordogne
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Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, Recherche-Action.
Thèmes dominants
1) Flore (Les arbres).
2) Aménagement du territoire (paysage).
3) Faune (inventaire).
Initiateurs du projet
Tous les enseignants de l'école soit 20 personnes.
Objectifs pédagogiques
Les objectifs pédagogiques du projet
"Arboretum" sont multiples : faire connaître
les arbres à 350 enfants scolarisés et, à partir d'une
approche scientifique sur les arbres, leur faire aborder
les aspects biologiques, écologiques, technologiques et
économiques de ce végétal. Aménager le parc des
Izards abandonné depuis plusieurs années et l'embellir
à des fins de promenade ; sensibiliser les jeunes à
l'environnement, au respect du patrimoine collectif, au
rôle vital de l'arbre sur la planète.
En cela, ce projet a constitué véritablement un
investissement de la part des jeunes pour l'avenir.
Résumé et étapes
L'action éducative se passe au sein du parc du château
des Izards, propriété de la commune de
Coulounieix-Chamiers. Le château des Izards est un
centre culturel (expositions diverses, réunions...) qui
se trouve à proximité immédiate des écoles. Les
activités s'inscrivent dans une démarche d'éducation
à l'environnement, savoir être, savoir-faire et mener
toute une pédagogie transdisciplinaire.
Enorme travail préparatoire en classe
(recherche de documents sur les arbres, réalisation de
dessins et de fiches techniques...)
Plantation des arbres (préparation du
terrain ; méthode de plantation, période de
plantation...)
Suivi des arbres (observer l'arbre;
étiquetage ; rôle de l'arbre, connaissances
scientifiques...).
Actions entreprises
1)Aménagements extérieurs (réhabilitation de site,
sentiers pédagogiques).
2)Observations et expériences scientifiques (inventaires
écologiques).
3)Exposition.
Méthodes
pédagogiques
Plantation des arbres |
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40 % |
| Activités de recherche en salle,
expérimentations, exposés |
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30 % |
| Activités de terrain en extérieur (études
de milieu, sortie nature) |
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30 % |
Prolongements
Créer un espace original et concret qui permettra aux
enfants de créer, d'avoir une approche scientifique,
d'expérimenter, d'observer la vie des arbres.
Partenaires extrascolaires
Mairie de Coulounieix-Chamiers (Collectivité
locale) : animation scientifique, aide technique et
logistique
Association Espace Vie Nature (Association) :
aide technique et logistique
A l'école de la forêt (Organisme public) :
participation financière
Commission extra municipale environnement
(Organisme public) : aide technique et logistique
Classes ou tranches d'âges
Maternelle, primaire.
Effectif
350 élèves.
Durée
2 à 3 ans
Budget
41 768 FF.
Origine et part de
l'autofinancement
A lécole de la forêt : 21,5% - commune: 78,5 %.
Structure d'accueil
Ecole Eugène Le Roy
Rue Eugénie Cotton
24660 Coulounieix-Chamiers
Tél : 05 53 53 25 88
Responsable
Monsieur Jean-Pierre GARCIA
Ecole Eugène Le Roy
24660 Coulounieix-Chamiers
France
Fonction
Directeur d'Ecole

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Pour
savoir vraiment ce qu'est un arbre, rien de tel que d'en
planter un soi-même et de suivre son évolution. C'est
ce qu'ont fait, pour leur plus grand plaisir, les
élèves de l'école Eugène Le Roy à
Coulounieix-Chamiers (Dordogne). 
À l'origine de l'arboretum : la décision municipale
de reboiser le parc du château des Izards. Un espace
culturel qui accueille expositions et spectacles
artistiques. Dans un souci pédagogique, Jean-Pierre
Garcia, directeur de l'école maternelle et primaire de
la commune, a pensé qu'il serait très enrichissant
d'impliquer tout son établissement dans le projet (soit
près de 350 élèves au total). Un professeur de
biologie en IUFM, les services techniques de la commune
et l'association Nature-Environnement se sont joints à
eux. Après une mini-étude d'impact réalisée par les
enfants, le choix des espèces à planter (une par
classe) a pu être déterminé. Dans celle de Monsieur
Garcia, c'est un cognassier qui a été sélectionné. Un
cognassier qui, on s'en doute, sera particulièrement
choyé par les enfants.

Entretien avec Jean-Pierre Garcia, directeur
d'école à Coulounieix-Chamiers :
Etait-ce votre premier
projet lié à l'environnement ?
Des chantiers et des études de réhabilitation avaient
déjà été organisés par les jeunes élus du Conseil
Municipal des enfants (réflexion sur les déchets,
restauration d'abri-bus, etc.). L'an dernier, notre
établissement avait travaillé sur le thème de l'eau à
travers les arts plastiques, l'expression corporelle et
des sorties pêche. Parallèlement, nous avons mis en
place un système de tri sélectif des ordures pour une
approche moins théorique des notions d'écologie et de
citoyenneté. À une autre échelle, nous avons
participé au projet Socrate avec l'Italie et le Portugal
sur le thème de l'environnement et des nouvelles
technologies.
Quel était votre
objectif pédagogique avec l'arboretum et quelles ont
été les différentes étapes pour l'atteindre ?
Au-delà d'un enseignement purement scientifique, j'ai
cherché à sensibiliser les enfants à la protection de
l'environnement, au respect du patrimoine collectif et à
l'importance du rôle joué par les arbres à l'échelle
de la planète. Je pense qu'une telle expérience leur
apprend également à travailler en équipe, à faire
preuve d'initiative, de sens pratique et à adopter une
démarche scientifique et technique. Pour moi, ce projet
représente un véritable investissement sur l'avenir.
Dans les programmes scolaires classiques, il y aurait des
progrès à faire en matière d'écologie ;
l'environnement est un vaste problème qu'il faudrait
considérer plus sérieusement, une fois pour toutes.
Avant de planter quoi que ce soit, nous avons étudié
différentes espèces d'arbres en classe. J'ai demandé
aux enfants quelle était celle qu'ils préfèreraient
planter, leur expliquant bien que toutes ne pouvaient pas
survivre dans notre région. Ils ont opté pour le
cognassier. Nous avons alors entrepris des recherches
documentaires, réalisé des dessins, des maquettes, et
préparé une exposition. Puis, après avoir étudié le
terrain, les différentes méthodes et les meilleures
périodes de plantation, nous sommes passés à la mise
en terre. Parallèlement, nous avons participé au
balisage du sentier de l'arboretum et à l'étiquetage
des arbres. L'intérêt maintenant, est de suivre
l'évolution de notre cognassier à travers les saisons.
Quel a été l'impact de
l'arboretum sur les enfants, leurs parents et les
enseignants ?
Je pense qu'il faut attendre encore une
année pour faire un bilan global de l'opération. Mais,
nous pouvons constater que les enfants sont d'ores et
déjà très sensibilisés, à leur intérêt sur le
terrain ou à leurs reflexions collectées dans le
journal de l'école. Cette expérience à également
été très riche pour nous. Nous avons parfois été
surpris par les questions et les besoins des enfants et
nous nous sommes rendu compte que, souvent, ils voient
des choses que ne voient pas les adultes.
Progressivement, ils comprennent, en s'occupant de leur
arbre, en allant lui rendre visite (parfois en dehors des
cours, avec leurs parents), qu'il est vivant, qu'il a
besoin de soins et de respect. J'ai pu également
constater que le travail en équipe leur avait appris à
développer une certaine solidarité.
Pour ce qui est des retombées "médiatiques",
plusieurs articles ont été écrits sur nous dans la
presse régionale, et nous avons participé, sur la
chaîne de télévision locale, à une émission
consacrée à l'environnement.
Quelle part de
responsabilité laissez-vous à vos élèves pour ce type
d'opération ?
Je reste toujours très à l'écoute des enfants. Si,
dans tous les domaines, au lieu de "pondre" des
projets entre adultes sans se soucier de leur
adaptabilité, on avait une oreille plus attentive aux
véritables besoins de nos jeunes, on vivrait peut-être
mieux. Il ne faut pas oublier que les enfants
d'aujourd'hui seront les citoyens de demain ; il faut les
aider à préparer leur propre société. Dernièrement,
nos élèves ont émis le souhait d'avoir un lieu où ils
pourraient jardiner. Nous sommes en train d'étudier dans
quelle mesure nous ne pourrions pas récupérer et
réhabiliter d'anciens jardins ouvriers à proximité de
l'école. Par ailleurs, alors que nous sommes en pleine
restructuration de l'établissement, nous avons proposé
aux enfants de participer à l'aménagement de leur cour
et de soumettre leurs éventuelles propositions à
l'architecte.
Comment se fera le suivi
de "l'Arbre", une fois les élèves passés en
classe supérieure ?
Nous avons pensé à ce problème. À partir de l'année
prochaine, au lieu d'aller voir un seul arbre lors de
leurs sorties au parc, les enseignants devront faire
systématiquement le tour de l'arboretum pour que chaque
enfant puisse voir l'espèce qu'il a plantée. En
revanche, pour les CM2, nous ne savons pas encore comment
établir le lien entre le primaire et le collège... mais
nous y réfléchissons. Nous ne voulons pas que les
enfants soient frustrés. Ils sont attachés à leur
arbre ; c'est un peu une partie d'eux-mêmes qu'ils
regardent grandir.
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Jessica (11ans), Léa (9
ans), Thomas (9ans), Sébastien (12ans)
et leur chêne de Hongrie (quelques mois)
Est-ce que ça
vous a plu de planter un arbre ?
- Léa : Oui, beaucoup. C'était bien car on peu
vivre avec l'arbre.
- Sébastien : J'étais content, c'était la
première fois. J'avais déjà planté des
haricots, mais jamais un arbre.
- Thomas : On s'est beaucoup amusé. J'aimerais
bien recommencer l'année prochaine mais je ne
sais pas si c'est possible.
Allez-vous le voir
souvent ? Est-ce qu'il grandit ?
- Sébastien : Moi, j'aimerais bien le voir plus
souvent avec mes parents mais j'habite trop loin.
- Jessica : Il grandit de plus en plus mais je ne
sais pas combien il mesure car je n'ai pas de
mètre. Nous vivons avec l'arbre parce qu'il
respire comme nous.
Qu'auriez-vous
envie de dire aux gens qui ne respectent pas la
nature ?
- Jessica : Il faut leur expliquer que la nature
est importante pour vivre
- Thomas : Il faut leur dire qu'ils n'ont pas le
droit de détruire les arbres, car après, s'il
n'y en a plus, on ne pourra plus respirer.
Pensez-vous que,
lorsqu'ils seront adultes, les enfants de votre
génération respecteront plus la nature?
- Jessica : Oui, mais il faudrait qu'ils plantent
un arbre comme nous.
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Ce qui a surtout séduit
le jury
L'ampleur de l'opération : 350 élèves
concernés.
L'intervention de partenaires compétents.
La diversité des tâches pour les enfants.
La mise en valeur de l'action par la
réalisation d'une exposition, d'un album photographique
et ses répercussions médiatiques (presse et
télévision).
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