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Gestion d'une ressource halieutique
Année
1998-99Académie
ou région
Rennes
Inspection
académique
Ille-et-Vilaine
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Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, 1000 défis pour ma planète,
Club Fondation Nicolas Hulot.
Thèmes dominants
1) Faune (inventaire, pêche).
2) Ecologie générale (biologie, biodiversité).
3) Société (développement économique).
Initiateurs du projet
Mme Mortevieille, Professeur de Sciences physiques, M.
Guillerme, Professeur de SVT, M. Meillat, Chercheur à
l'IFREMER, M. Malidin, CCSTI.
Objectifs pédagogiques
Sensibiliser à la notion de développement
durable.
Etude d'une ressource vivante sauvage et
exploitable.
Etude de la gestion d'un stock (aspects
biologiques).
Etude des composants d'un chalut (aspects
physiques).
Etude des forces (aspects physiques).
Etude de la filière pêche (aspects
géographiques).
Développer la solidarité entre élèves.
Amener les élèves à se surpasser dans des
secteurs extrascolaires.
Fabriquer quelque chose (un chalut).
Résumé et étapes
Des élèves sensibilisés par les problèmes de la
pêche, de la faim dans le monde, du gâchis de
nourriture ont contacté leurs professeurs de SVT et de
Sciences physiques. 32 élèves de la 6è à la 3è
mèneront l'enquête sur la filière pêche. Comment
capture-t-on les poissons ? Comment les
vend-on ?
Fabrication d'un chalut qu'ils testeront au bassin
d'Ifremer. Réalisation de coupes d'otolites pour
connaître l'âge des poissons. Mise en place d'une
solution (gestion du stock). Visite d'un chalutier, le
port de pêche, un aquarium de poissons atlantiques.
Réalisation d'une exposition et d'un CD-Rom.
Actions entreprises
1) Observations et expériences scientifiques
(inventaires écologiques, microscopie).
2) Travaux manuels et techniques (conception et création
d'objets divers).
3) Exposition (CD-Rom, panneaux d'information).
Méthodes
pédagogiques
Activités de recherche en salle,
expérimentations, exposés |
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55 % |
| Activités de terrain en extérieur (études
de milieu, sortie nature) |
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30 % |
| Visites d'exposition, musées, centres de
recherche |
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15 % |
Prolongements
Etude des autres peuples et de leur façon de capturer
des poissons.
Partenaires extrascolaires
IFREMER (Organisme de recherche) : aide
technique et logistique
CCSTI (Association) : aide technique et
logistique
MENRT (Organisme public) : participation
financière
Mairie de Oueven (Collectivité locale) :
participation financière
Conseil Général du Morbihan (Collectivité
locale) : participation financière
Fondation Nicolas Hulot (Association) :
participation financière
Classes ou tranches d'âges
Collège, 6è à 3è.
Effectif
32 élèves.
Durée
2 ans à raison d'une moyenne de 2 heures par semaine
pendant 64 semaines à partir de septembre 1998 jusqu'à
juin 2000.
Budget
De 10 000 à 20 000 FF.
Origine et part de
l'autofinancement
10%.
Structure d'accueil
Collège de Queven
Route de Gestel
56530 Queven
Tél : 02 97 05 08 58
Fax : 02 97 05 08 75
Responsable
Monsieur Jean-Pierre GUILLERME
4, rue des Rhodendrons
56530 Queven
France
Tél : 02 97 05 38 22
Fax : 02 97 05 38 22
Email : jpgg@club.internet.fr
Fonction
Professeur de SVT

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À
Quéven, près du port de pêche de Lorient, des élèves
du collège se préoccupaient des grandes quantités de
poisson rejeté à la mer. En partenariat avec l'IFREMER,
ils ont formé un club FNH qui tente de mettre au point
des améliorations techniques pour diminuer cette
destruction inutile. 
"Pourquoi jeter du poisson à la mer alors que le
problème de la faim dans le monde n'est pas réglé
?" Telle est la question posée par les élèves du
collège de Quéven, dans le Morbihan, à leurs
professeurs de Sciences Physiques et de Sciences de la
Vie et de la Terre. Les enseignants ont alors proposé la
création d'un club
FNH pour étudier la filière pêche et comprendre
les raisons du rejet à la mer de grandes quantités de
poisson (30 à 40 % des prises). Un solide partenariat
avec l'IFREMER a tout de suite été noué et les
élèves, après avoir étudié en classe et au cours de
sorties la pêche et ses problèmes, se sont penchés
avec les chercheurs sur la gestion d'une "ressource
halieutique" (c'est-à-dire un type de poisson
pêché), la lotte. Une des questions soulevées concerne
la sélectivité des chaluts, qui capturent petits et
grands poissons de différentes espèces. Les membres du
club FNH "Le Chalut" se sont alors attelés à
un ouvrage ambitieux : mettre au point avec l'IFREMER un
filet plus sélectif, qui ne capturerait que des poissons
suffisamment grands pour être commercialisés.

Entretien avec Jean-Pierre Guillerme,
professeur des Sciences de la Vie et de la Terre.
Comment est né le
projet d'étudier une "ressource halieutique" ?
Quéven est situé à côté de Lorient, qui est un grand
port de pêche. Nous connaissons tous ici les problèmes
récurrents de la pêche : il y a trop de pêcheurs, qui
pêchent trop, ce qui provoque un épuisement de la
ressource. Cette sur-pêche a pour conséquence de faire
diminuer le nombre de prises commercialisables. Et donc,
également, de faire diminuer le revenu des pêcheurs. Un
autre problème, également connu de tous ici, est que 30
à 40 % des prises sont rejetées, soit qu'elles ne sont
pas de la bonne espèce, soit que leur taille est
insuffisante.
L'année dernière, les élèves nous ont demandé
pourquoi il y avait tant de poisson rejeté à la mer
alors que le problème de la faim dans le monde est loin
d'être résolu. De cette discussion est née, avec le
professeur de Sciences Physiques, l'idée de monter une
action pédagogique autour de ce thème. Un collègue
chercheur de l'IFREMER a tout de suite été intéressé.
À la rentrée, nous avons passé une petite annonce au
collège pour la création d'un club qui étudierait les
problèmes de la pêche. Les demandes ont rapidement
afflué !
Vous avez choisi la
lotte : pourquoi ce poisson ?
Nous avons étudié de nombreux aspects de la pêche, en
classe et au cours de sorties. Mais très vite, notre
partenariat avec l'IFREMER nous a incités à nous
pencher sur une espèce en particulier, la lotte, aussi
appelée baudroie. L'IFREMER a mis au point une
amélioration technique qui permet une meilleure
sélectivité des poissons pêchés. Ce type de chalut a
été testé, avec succès, sur des crevettes
sur-pêchées en Guyane. Mais pour adapter le filet à la
lotte, il faut connaître la biologie de l'animal :
comment sa taille varie avec l'âge, et à quel rythme
elle se reproduit, entre autres. De plus, étudier une
espèce, son stock, son renouvellement et la manière
dont elle est pêchée nous permettait d'aborder de
nombreux thèmes, de la biologie (âge des poissons) à
la physique (fonctionnement d'un chalut) en passant par
la géologie (étude des fonds sous-marins).
À quoi ressemble un
chalut sélectif ?
Il faut déjà comprendre comment fonctionne un chalut.
Il y a deux sortes de chaluts, les chaluts pélagiques,
pour pêcher en pleine mer, et les chaluts benthiques,
pour pêcher au fond. Les baudroies sont des poissons
presque plats qui vivent sur le fond de la mer, c'est
donc d'un chalut benthique qu'il s'agit. Il y a ensuite
plusieurs parties du chalut : le dos au-dessus, le ventre
en dessous, les bras sur les côtés, et le panneau, qui
conditionne l'écartement des bras. La partie qui nous
intéresse est le cul de chalut, ou chaussette, c'est la
partie où s'amasse tout le poisson, et qui est remontée
sur les chalutiers. Un chalut sélectif est doté d'une
grille au niveau du cul de chalut pour laisser passer les
plus petits et ne garder que les individus suffisamment
grands.
Ce chalut
fonctionne-t-il ?
Pas encore ! Nous avons travaillé une bonne partie de
l'année dessus. Après la phase d'étude sur le
fonctionnement du chalut, les élèves ont dessiné,
découpé, cousu et assemblé le modèle de chalut. C'est
une phase qui nous a pris beaucoup plus de temps que
prévu. Début juin, nous l'avons testée dans les
bassins de l'IFREMER. Nous avons présenté notre travail
à Exposcience 99 : la victoire nous a échappé, alors
les élèves étaient un peu déçus. Mais nous avons eu
de nombreux autres reconnaissances externes : nous sommes
lauréats de la Fondation Nicolas Hulot, notre stand avec
l'opération Mer Propre a eu un beau succès à
Exposciences, et nous avons reçu une bonne couverture de
la presse sur nos activités. De toute façon, les
élèves restent motivés, et l'année prochaine le
projet continue : nous nous pencherons sur les problèmes
concrets de la sélectivité, et donc sur la biologie des
baudroies.
Avez-vous rencontré des
difficultés particulières au cours de votre projet ?
Au départ j'avais monté ce projet avec ma collègue de
Sciences Physiques qui, au hasard des mutations, est
partie en début d'année. J'ai heureusement été
rejoint par deux autres collègues, dont son remplaçant.
Par ailleurs, notre club compte une trentaine d'élèves
de la 6e à la 3e, et ce n'est pas toujours facile de
créer des liens entre ces différents niveaux. Enfin,
toutes les démarches ont été longues,
particulièrement pour organiser les visites.
Qu'avez-vous visité
avec les élèves ?
Nous avons visité des chalutiers, ce qui a ravi les
élèves. Nous avons en projet de faire une sortie en
mer, mais c'est compliqué à mettre en place ! Nous
avons aussi visité la criée. Là encore ce n'était pas
simple : la criée commence à 4h du matin ! Mais tous
ont fait des efforts et ce fut très riche
d'enseignements. Nous avons aussi été au sémaphore, la
station météorologique de Lorient. Et nous sommes
allés deux fois à l'IFREMER. Nous avons d'autres
projets de sorties : les chalutiers en mer bien sûr,
mais aussi l'aquarium des poissons atlantiques de Brest,
Océanopolis, et une forge de précision, impressionnante
industrie qui a réalisé le panneau de notre chalut.
Ces nombreuses sorties
et rencontres ont dû être riches d'enseignements ?
Oui, tout d'abord d'un point de vue pédagogique, nous
avons pu faire de nombreux réinvestissements en classe,
sur la poussée d'Archimède ou la géologie. Par
ailleurs, les élèves ont été confrontés à la
complexité des choses. Il y a bien sûr la complexité
du chalut, mais aussi la complexité de la recherche
scientifique. De même pour la protection de la ressource
halieutique : ils ont compris que cela ne se décrète
pas, qu'il ne suffit pas de simplement regretter ou de
jeter l'opprobe sur une catégorie socio-professionnelle
pour que les problèmes soient résolus. En début
d'année, nous souhaitions aussi étudier la pêche en
Côte d'Ivoire. Nous avons appris que les filets bretons
étaient recyclés là-bas : les problèmes d'ici sont
exportés là-bas ! Protéger une ressource, cela se
gère. Au-delà, je pense que ce seront des adultes
sensibilisés, défenseurs de l'environnement.
Et quelle suite
envisagez-vous pour votre projet ?
Le lien que nous avons créé entre la recherche et le
monde de l'éducation est satisfaisant pour tous.
Peut-être même que ce sont les élèves qui auront les
idées pour rendre la sélectivité opérationnelle :
c'est une dialectique souhaitée par le chercheur de
l'IFREMER. Nous souhaitons aussi communiquer, par CD-Rom
et Internet, sur ce que nous faisons, et trouver des
contacts avec des clubs ou des classes qui ont des
expériences similaires. C'est important pour les
élèves.
Ce qui a surtout séduit
le jury
Le projet est parti d'un questionnement des
élèves.
Les jeunes ont découvert des métiers et des
hommes qui aiment leurs métiers.
Le programme pédagogique est structuré,
cohérent, progressif, et ce malgré le départ d'un
membre clé pour cause de mutation.
Les partenariats et soutiens sont nombreux.
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