Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
Jardin botanique interactif virtuel
Année
1998-99

Académie ou région
Orléans-Tours

Inspection académique
Loir-et-Cher

Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, PAE, 1000 défis pour ma planète, Club Fondation Nicolas Hulot.

Thèmes dominants
1) Flore.
2) Ecologie générale.
3) Santé.

Initiateurs du projet
Mme Augier, Enseignante, Melle Bidault, Enseignante, Mme Deneuville, Enseignante, M. Richard, Intervenant aquariophilie, M. Montanaro, Bibliothécaire, M. Ortemann, Directeur d'école enseignant.

Objectifs pédagogiques
Prendre conscience de la diversité des végétaux et de leur spécificité, besoins et conditions de culture (trophismes).
Comparer le monde végétal et animal.
Expérimenter et analyser des pistes nouvelles autour des végétaux (clônes, hybrides, hydroculture, greffe, analyse de la terre), biotechnologies.
Réaliser un site virtuel du Jardin Botanique 99.
Appliquer et affiner les programmes d'acclimatation arretés depuis 98.

Résumé et étapes
Bilan et prise de représentations (dégager des pistes de recherche et des axes de travail).
Mise en place des programmes d'acclimatation.
Correspondance et recherche de partenaires.
Travail de recherche sur les grands axes dégagés et expérimentation.
Travail sous forme de missions par groupe.
Elargissement des pistes à des thèmes généraux (trophisme, déforestation, chaîne alimentaire, progrès).
Mise en place des sites avec des nouveaux (plantes carnivores, broméliacés, site expérimental).
Travail de reformulation et de visites animées et conçues par les enfants.

Actions entreprises
1)Aménagements extérieurs (jardinage, sentiers pédagogiques).
2)Informatique (conception d'un logiciel, site web).
3)Observations et expériences scientifiques (inventaires écologiques, microscopie).

Méthodes pédagogiques
Activités de recherche en salle, expérimentations, exposés
      50 %
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)       30  %
Rencontres avec des professionnels, des spécialistes       20  %

Prolongements
Site web, jeux-ateliers ouverts au public.

Partenaires extrascolaires
INRA Bioclimatologie (Organisme de recherche) : documentation, aide technique et logistique
Jardiland (Chaîne de distribution) : participation financière
Muséum d'histoire naturelle (Organisme public) : documentation, aide technique et logistique
IRD (ex ORSTOM) (Organisme de recherche) : documentation, aide technique et logistique
CIRAD Montpellier (Organisme de recherche) : aide technique et logistique, documentation
Fondation Nicolas Hulot (Association) : participation financière, documentation

Classes ou tranches d'âges
Maternelle, primaire.

Effectif
80 élèves.

Durée
A raison d'une moyenne de 2 heures par semaine pendant 30 semaines à partir de septembre 1996 jusqu'à juillet 2000.

Budget
De 5 000 à 10 000 FF.

Origine et part de l'autofinancement
Coopérative scolaire : 30%.

Structure d'accueil
Ecole publique d'Areines
35, rue de l'Ecole
41100 Areines
Tél : 02 54 77 91 17
Fax : 02 54 77 54 16
Email : ecole.elementaire.areines@wanadoo.fr
Web : http://www.multimania.com/jfortemann/Ecolareines/ecole.htm

Responsable
Monsieur Jean-François ORTEMANN
35, rue de l'Ecole
41100 Areines
France
Tél : 02 54 77 25 06
Email : xortemann@aol.com

Fonction
Instituteur directeur d'école IMF

 

Jardin botanique interactif virtuel

  Dans leur jardin botanique, les élèves de l'école élémentaire d'Areines (Loir-et-Cher) ne se contentent pas d'étiqueter de noms savants les plantes qu'ils ont semées. De nombreuses activités et jeux conçus autour du site leur permettent de mieux appréhender la vie et l'utilité des végétaux.

Pourquoi l'eau du robinet abime-t-elle les feuilles ? Comment multiplier les plantes ? Jean-François Ortemann, le directeur de l'école d'Areines, a voulu répondre aux nombreuses questions de ses élèves à travers toute une série d'activités ludiques. Refusant de leur faire "subir l'austérité" de certains jardins botaniques, il a mis en relief, par la création de sites à thèmes, la vie des plantes et tous les facteurs qui entrent en jeu dans leur culture. Toute une connaissance de la diversité des végétaux, de leurs spécificités et de leurs liens avec le monde animal, que les enfants sont chargés, ensuite, de partager avec d'autres écoles en visite dans leur jardin. Une démarche pédagogique qui, non seulement, les oblige à maîtriser parfaitement leur sujet, mais qui, de surcroît, les pousse à communiquer et à prendre des initiatives.


Entretien avec Jean-François Ortemann, directeur d'école à Areines

Quelles sortes de jeux proposez-vous ?
Nous avons conçu, entre autres, des jeux de 7 familles à partir des différentes espèces de plantes, des jeux de rôles basés sur les grandes découvertes végétales à travers le monde, un quizz électrique pour apprendre à bien situer géographiquement un certain nombre d'espèces, etc.
Sept ateliers interdisciplinaires sont proposés. Nous en avons un sur l'étude des climats, indispensable à maîtriser dans le cadre d'un jardin botanique. Les enfants sont amenés à comparer trois types de plantes, une locale, une méditerranéenne et une tropicale, en fonction des conditions d'acclimatation de leur pays d'origine. Nous leur demandons, mis à part le rayonnement du soleil, ce qui influe sur la variation des climats (boisement, eau...). Ensuite, nous choisissons plusieurs villes de même latitude et étudions l'importance de ces différents facteurs sur la végétation.
Un autre atelier a pour thème le cycle annuel des plantes. Nous demandons aux enfants ce qu'ils pourraient bien planter, mois par mois, et mettons à leur disposition des documents dans lesquels ils peuvent trouver la réponse.

Dans quelle mesure le projet est-il interdisciplinaire ?
À travers nos différentes activités, nous abordons les autres matières de façon moins superficielle. J'essaye d'intégrer le jardin à tout le programme. Pour entrer en contact avec des intervenants et des partenaires extérieurs, les enfants doivent rédiger des lettres et des E-mail sans faute d'orthographe et les différentes mesures des plantes relèvent des mathématiques. Lorsque je propose deux échantillons d'eau qui ont l'air identique, un du robinet et un de pluie, l'étude de leur différence entre dans le cadre des cours de physique, etc.

Que trouve-t-on dans votre jardin botanique ?
Nous possédons actuellement cent vingt espèces de plantes réparties sur différents sites en fonction de leur origine géographique : un site américain ; un site africain sur lequel poussent notamment des baobabs du Burkina Faso, ridiculement petits comparés à ceux qu'on peut trouver là-bas ; un site "préhistorique", retraçant l'histoire des végétaux à leur origine, etc.

Comment vous est venue cette idée ?
Je me suis juste inspiré des programmes et des envies des élèves. Leurs questions constituent le principal moteur de nos projets. Chaque début d'année, je fais la chasse aux idées. Les meilleures sont retenues et, dans la mesure où elles sont réalisables avec nos moyens et qu'elles ne sont pas incompatibles avec le programme, je mets tout en oeuvre pour les concrétiser.

Avez-vous rencontré des difficultés ? Lesquelles ?
Nos difficultés résident surtout dans la perte de certaines plantes, due aux variations climatiques. Au mois de novembre, notamment, le thermomètre a chuté jusqu'à -10º pendant une semaine. Nous avons mis du temps avant de réagir, ce qui nous a valu de grosses pertes. Nous avons également un problème de place. Les classes sont envahies de toutes sortes de plantes. Par ailleurs, il n'est pas toujours évident de trouver des lieux adaptés pour toutes les espèces, à la fois chauds, humides, lumineux, etc... C'est pourquoi la plupart de nos plantes sont en pot, susceptibles d'être déménagées d'un jour à l'autre en fonction du temps : une bonne occasion de faire de la gymnastique...! La dernière difficulté concerne la serre. Comme nous n'avons pas trouvé de chauffage suffisamment économique, elle n'est pas chauffée.

Vos premiers projets remontent à quatre années. Avez-vous constaté une évolution ?
Au départ, c'était un peu l'aventure. Aujourd'hui, les enfants communiquent de mieux en mieux. Ils ont l'habitude de recevoir des groupes et des rites se sont installés. Notre système de tutelle des plus petits par les plus grands y est pour beaucoup. On ne laisse jamais partir un CM2 sans qu'il ait transmis tout ce qu'il sait à un plus jeune élève. Et pour que rien ne se perde, tout est conservé par écrit, sur papier et sur un CD-Rom que nous avons réalisé.

En dehors d'une connaissance plus approfondie des plantes, quel est le bénéfice de votre opération pour les enfants ?
Tour à tour concepteurs et animateurs du jardin, les enfants ont appris à se responsabiliser. Lorsqu'ils arrivent en 6e, il n'est pas rare qu'ils se proposent spontanément comme délégués de classe et leurs nouveaux professeurs se disent satisfaits de leur degré de participation et de leur dynamisme. Une telle expérience a également aiguisé leur curiosité. Nos récentes plantations africaines, par exemple, nous ont amenés à nous intéresser à la musique de ce continent.... Dans ce cas précis, les plantes n'étaient qu'un prétexte pour se rapprocher de la culture d'autres peuples.

Avez-vous retenu quelques anecdotes représentatives de l'impact de votre opération ?
J'en ai quelques-unes effectivement ! La décoration des sites, par exemple, se limitait au départ à quelques nains de jardins disséminés ci et là. Peu à peu, les élèves ont fait preuve de plus d'originalité. Sur le site préhistorique, des dinosaures en plastique ont détrôné les nains...
Tout n'est pas toujours compris du premier coup. Lors de nos premières expériences météorologiques, les enfants avaient relevé les températures en degrés Fahrenheit. Le pire est qu'ils ne se sont pas étonnés qu'il puisse faire aussi chaud.

Quelle est la prochaine étape de votre éducation à l'environnement ?
Parmi nos grands projets, nous avons celui de virtualiser le jardin. Nous allons créer un site Internet à partir de nos centaines de photos déjà chargées dans l'ordinateur. Il sera possible, sur chaque photographie, de cliquer sur les plantes pour connaître leurs caractéristiques. Cela demande un gros travail d'écriture mais nous sommes très motivés...

 

Promenons-nous dans le jardin botanique avec
Liliana (11 ans), Camille (9 ans) et Audrey (7 ans et demi)

Comment avez-vous réagi lorsque Monsieur Ortemann vous a proposé de faire un jardin botanique ?
- Liliana : J'ai tout de suite aimé l'idée, et maintenant j'adore jardiner.
- Audrey : C'était cool !

Aviez-vous déjà jardiné ?
- Liliana : Non, jamais.
- Camille : Moi non plus car je n'avais pas de jardin. Mais maintenant, j'en ai un et je plante des haricots et des légumes.
- Audrey : J'avais déjà planté des géraniums

Que préférez-vous faire dans le jardin ?
- Liliana : J'aime créer de nouveaux sites. Surtout le site africain. Nous l'avons décoré avec des cases que nous avions construites nous-mêmes. J'aime aussi le bananier.
- Audrey : Tout !

Qu'avez-vous appris ?
- Liliana : J'ai appris à jardiner et à connaître des plantes que je ne n'avais jamais vues.
- Camille : J'ai appris plein de choses ; à connaître tous les insectes qui ne me font plus peur. Sauf les araignées...
- Audrey : J'ai appris le nom des plantes et je suis moins impressionnée par la nature.

Que pensez-vous des gens qui détruisent la nature ? Que voudriez-vous leur dire ?
- Liliana : Ce n'est pas trop bien. Ça ne sert à rien ; les animaux aussi ont le droit de vivre. Je leur dirais d'arrêter.
- Camille : Ce n'est pas bien car si on détruit les plantes, il n'y aura plus d'oxygène. Il faut respecter la loi et ne pas détruire les forêts.
- Audrey : Ce n'est pas gentil. Ils doivent respecter la nature car s'ils tuent les animaux, il n'y en aura plus.

Ce qui a surtout séduit le jury
Le dynamisme de l'équipe pédagogique
La préoccupation de bien écouter les enfants, leurs questions et leurs premières perceptions
L'utilisation de l'outil informatique et la constitution d'un réseau de partenaires via Internet
La mise en place du système de tutorat.


Les AE… Dans le départementEn FranceDans le monde.


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Dernière mise à jour : le 10 novembre 1999