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Chantier n°5: "Sport, nature et
environnement"
Année
1998-99Académie
ou région
Montpellier
Inspection
académique
Pyrénées-Orientales
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Nature de l'action éducative
PAE, 1000 défis pour ma planète, travaux d'intérêt
collectif.
Thèmes dominants
1) Aménagement du territoire.
2) Eau.
3) Société.
Initiateurs du projet
M. Alain Vava, Professeur de Maths, M. Denis Rives, ATOS,
M. Philippe Bertein, Instituteur spécialisé, M. Benoît
Frou, Douannier, M Leroux, Parent d'élèves, M. Socias,
Parent d'élèves, M. Darner, Parent d'élèves, M.
Franck Bobo, Professeur d'école, D. Baussard, Médecin,
Mme Fabienne Cava, Professeur d'école, M. Daniel
Plisson, Professeur CDI, Mme Liliane Ibanez, Professeur
de Biologie, Mme Noëlle Imbern, Directrice LEPA.
Objectifs pédagogiques
Education à l'environnement (actions de
sensibilisation et de responsabilisation à
l'environnement proche) au travers de travaux d'intérêt
collectif en faveur de l'environnement montagnard :
chantier n°5 (1998/99) : Réhabilitation d'une source de
montagne en forêt communale d'Osseja (66340) en
Pyrénées catalanes.
Suivi du projet initié en 1995.
Résumé et étapes
Travaux réalisés par les jeunes et les adultes du Grup
Excursionista de Cerdanya participant aux sorties.
Entrainement de l'activité "randonnée pédestre en
montagne" (15 sorties annuelles) : groupe de 52
jeunes âgés de 9 à 16 ans (du CM1 à la 3è, classe de
3è et 2è BPA du LEPA de Bourg-Madame) encadrés par les
adultes bénévoles de l'association ayant déjà
effectué les divers chantiers depuis 1995.
Chantier n°5 1998/1999: Réhabilitation d'une source de
montagne en forêt communale d'Osseja (66340).
Actions entreprises
1)Aménagements extérieurs.
2)Travaux manuels et techniques.
3)Exposition.
Méthodes
pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de
milieu, sortie nature) |
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60 % |
| Rencontres avec des professionnels, des
spécialistes |
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30 % |
| Rencontre avec des collectivités locales |
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10 % |
Prolongements
Débroussaillement et balisage d'un sentier en forêt
communale d'Osseja.
Partenaires extrascolaires
Mairie d'Osseja (Collectivité locale) : aide
technique et logistique
Association Chasseurs Osseja (Association) :
aide technique et logistique
Services techniques ville Osseja
(Collectivité locale) : aide technique et logistique
Services techniques collège Bourg-Madame
(Organisme public) : aide technique et logistique
Classes ou tranches d'âges
Collège, lycée, du CM1 à la 2nde.
Effectif
52 élèves.
Durée
1 an à raison d'une moyenne de 5 heures par semaine
pendant 6 semaines à partir de mai 1999 jusqu'à juillet
2000.
Budget
Moins de 5 000 FF.
Origine et part de
l'autofinancement
Associaiton: 50%.
Structure d'accueil
Grup Excursionista de Cerdanya
Collège mixte
Route nationale
66760 Bourg-Madame
Tél : 04 68 04 51 50
Fax : 04 68 04 97 94
Responsable
Monsieur Claude MARTINEZ
12, Traverse de Poujals
66340 Osseja
France
Tél : 04 68 04 66 13
Fonction
Professeur d'EPS

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Quel
plaisir pourrait-on prendre à randonner dans un site
complètement dégradé ? Aucun, vous répondront
sûrement les membres de la section
montagne-environnement du Collège de Bourg-Madame
(Pyrénées-Orientales) qui, depuis 5 ans, s'évertuent
à coupler activités sportives et chantiers de
réhabilitation. 
Sensibiliser à l'environnement par le sport, les
loisirs et des travaux d'intérêt collectifs en faveur
de la montagne : tel est l'objectif de Claude Martinez,
professeur d'EPS à Bourg-Madame. Les premiers chantiers
ont été programmés en 1995 à l'initiative de la
section montagne-environnement de son collège qui,
depuis presque 20 ans, coordonne des randonnées
pédagogiques. Cette année, une cinquantaine de
participants (du CM1 à la 3e) a travaillé à la
réhabilitation d'une source de montagne en forêt
communale d'Osseja (Pyrénées catalanes) pour
l'agrément des promeneurs et le financement d'une partie
de leurs randonnées. Au menu : débroussaillage,
déblaiement et nettoyage de l'ancienne source et de son
aire de pique-nique. Puis, travaux de maçonnerie, de
plomberie, de signalétique... Avec, au final, la
réalisation d'un reportage photos et d'un compte-rendu.

Entretien avec Claude Martinez, professeur
d'EPS au collège de Bourg-Madame
Quels sont vos rapports
avec les principaux acteurs locaux ?
Critiqués lors de notre premier chantier pour notre
inexpérimentation, nous sommes maintenant largement
complimentés lors de nos interventions. Les communes
environnantes qui font appel à nos services commencent
à nous considérer comme des partenaires à part
entière, de vrais petits professionnels. En plus de leur
confiance, elles nous offrent une aide technique. Je dois
reconnaître que la labellisation de la Fondation Nicolas
Hulot a été un grand plus. Cette estampille a
contribué à nous crédibiliser. Pour concrétiser nos
projets, nous bénéficions des conseils du service
environnement de Bourg-Madame, de la régie municipale de
tourisme, des artisans, des groupements pastoraux et des
associations de chasseurs (importantes dans notre
région!).
Sur quelles
réalisations une telle confiance repose-t-elle ?
Nous avons déjà travaillé à la restauration d'une
source en Vallée du Galbe, au nettoyage d'un orry
(cabane de berger pyrénéenne), ainsi qu'au
débroussaillement et au balisage de sentiers de
randonnée. Par ailleurs, nos activités sportives
extra-scolaires nous ont menés loin : de nos proches
montagnes à la Baie James (Canada), en passant par les
Ecrins, la Finlande, le Maroc, etc. Nous projetons
maintenant de partir trekker et étudier les populations
andines à la frontière Chili-Argentine.
Pour les chantiers comme
pour les grandes randonnées, comment sélectionnez-vous
les enfants ?
Nous formons de véritables commandos qui sortent en
montagne dix à quinze week-ends par an ; tous
volontaires et enthousiastes (car nos activités sont
péri-scolaires, et donc facultatives). Lors de notre
sortie en Finlande, le premier jour, notre guide s'était
montré sceptique quant à la réelle autonomie des
enfants qui devaient faire entre 120 et 150 kilomètres
sac au dos. Le deuxième jour, ils étaient tous prêts
à partir dès 6 heures du matin. Le guide s'est alors
ravisé, déclarant que tout compte fait, on était en
bonne voie pour réussir.
Pour les chantiers, tous adhèrent facilement et
consciencieusement. Sollicités par leurs enfants,
certains parents se proposent même de participer. Nous
essayons de prendre autant de garçons que de filles dans
les programmes. Mais pour l'année prochaine, on se
demande s'il n'y aura pas une majorité de filles. Elles
se montrent en général plus solidaires, prennent plus
d'initiatives que les garçons et sont plus résistantes
qu'eux. Ces filles là, plus tard, pourront voyager
partout, seront armées pour la vie.
Nous changeons de recrues tous les 2-3 ans, au plus grand
désarroi de certains qui nous confient qu'ils aimeraient
redoubler rien que pour continuer à nous suivre. Une
telle passion peut entraîner des vocations.
Dernièrement, lors d'une sortie, j'ai rencontré un de
mes anciens volontaires qui venait d'entamer une
formation d'accompagnateur de moyenne montagne. J'ai
été très heureux de l'apprendre.
Appliquez-vous une
méthode pédagogique particulière ?
A 9 ans, les enfants écoutent. Nous échangeons en
douceur. Notre enseignement est loin d'être livresque et
nous essayons de faire passer nos messages par de petits
mots. Et tout ce qui peut faire plaisir peut nous y aider
(d'où l'importance des voyages!). Ma volonté est,
certes, de leur apprendre la montagne, mais en plus, de
leur montrer qu'ils peuvent être acteurs avec leurs
mains. Du CM1 à la 3e, les élèves peuvent avoir eu
jusqu'à 70 sorties organisées en montagne et, de fait,
ont acquis certains réflexes. Dans la pratique, certains
sont presque plus motivés et meilleurs que nous.
L'équipe encadrante est bénévole et très
hétéroclite ; c'est ce qui fait sa force ! Professeurs,
garagistes, pharmaciens,... tous très compétents et
affectueux envers les gosses, transmettent chacun à leur
façon leur propre sensibilité à l'environnement. Il
faut non seulement être passionné, carré, bien dans sa
tête, mais, en plus, respecter les jeunes et leur donner
le goût du rêve et de la fête bien menée. A la fin
d'un travail, il y a toujours un repas de fête ou une
grosse glace...
Quelle est votre part
d'investissement dans ces programmes ?
Je m'investis beaucoup dans ces programmes. Ils me
demandent énormément de travail, de suivi (sur papier
comme sur le terrain). Il faut savoir répondre aux
besoins et aux attentes de tous. Mais c'est une grande
satisfaction lorsque tous nos projets sont menés à
bien. Nous avons démarré petit et nous prenons de
l'ampleur, c'est une grande jouissance intellectuelle,
une grande satisfaction morale. J'ai un rapport
privilégié avec les participants, c'est formidable!
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Philippe et Julien, 15
ans : une passion partagée
Depuis combien de
temps participez-vous à ce programme ? Pourquoi
?
- Philippe : Environ 6 ans. Depuis le CM1. Pour
moi, marcher est une passion depuis des années.
- Julien : Depuis 5 ans. J'adore marcher avec les
copains.
Qu'avez-vous
appris ?
- Philippe : On apprend qu'on a rien sans rien.
Qu'il faut faire des efforts pour réussir ce
qu'on veut entreprendre. Il nous a fallu beaucoup
d'investissements pour pouvoir, par exemple,
partir en voyage au Canada.
- Julien : J'apprends à regarder la nature,
comment on fait les chemins...
Faites-vous
partager votre passion autour de vous ?
- Philippe : Dans ma famille, on marche beaucoup.
Mes parents comprennent ma passion, j'essaye de
les faire participer.
- Julien : Je fais des randonnées avec ma
famille. Quant aux copains, ce n'est pas toujours
facile car il faut se lever tôt...
Dans quelle mesure
est-il important de sensibiliser à la protection
de l'environnement ? Le fait-on assez ?
- Philippe : Il faut penser à l'environnement
car si chaque fois on laisse ses poubelles... Sur
les chemins de randonnée, il y a des panneaux
qui nous rappellent de faire attention.
- Julien : Il est très important d'avoir un
environnement sain, ne serait-ce que pour la
santé. Il faut inciter les gens à faire
attention. Au niveau des médias et des cours, on
nous en parle un peu mais pas trop. C'est surtout
quand on est sur le terrain qu'on nous le
rappelle.
Pourquoi, d'après
toi, certaines personnes n'ont aucun scrupule à
dégrader l'environnement ? Qu'aurais-tu à leur
dire ?
- Philippe : Je les engueulerais un peu. Il n'y a
pas beaucoup de régions en France qui soient
bien tenues.
- Julien : Souvent, les gens dégradent car ils
n'habitent pas là. Si je vois quelqu'un en train
de jeter des déchets à terre, je lui dirais de
les ramasser.
Est-ce que cette
expérience a des répercussions sur vos projets
d'avenir? Pourriez-vous, un jour, vivre en ville
loin de la montagne ?
- Philippe : Plus tard, j'aimerais être prof de
sport. Je me vois mal vivre dans une grande
ville. J'ai besoin de la montagne.
- Julien : Mes projets professionnels n'ont pas
grand chose à voir avec cette expérience, je
veux être pilote de ligne. Mais si je ne vis
plus à la montagne, il faudra que j'y revienne
souvent...
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Ce qui a surtout séduit
le jury
La volonté de faire marcher
simultanément "la tête et les jambes" : le
sujet choisi pour la tête est bien adapté au programme
prévu pour les jambes.
La préparation avisée du chantier.
L'expérience de l'équipe.
Le budget limité.
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