Actions Educatives pour la Nature et l'Homme
Espace vert : protection et amélioration du cadre de vie
Année
1998-99

Pays
Madagascar

Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, PAE, Jumelage, création d'un site touristique, Club Fondation Nicolas Hulot.

Thèmes dominants
1) Aménagement du territoire.
2) Déchets.
3) Patrimoine.

Initiateurs du projet
Mme Philiberthea Raketarilako, Professeur de Français, M. Aimé Rafanomezana, Professeur de Français, M. Georges Randrianotoandro, Surveillant général, M. Philémon Rakotonirina, Professeur de Français.

Objectifs pédagogiques
Formation de citoyen libre responsable et conscient de ses droits et de ses devoirs, connaissant l'importance de son environnement.

Résumé et étapes
L'activité est toujours axée sur l'éducation et l'amélioration du cadre de vie. Aussi le club participe à la valorisation de l'éducation environnementale. Il fait connaître la nature à travers des activités d'observation et de découverte, sa beauté, les bienfaits qu'elle procure (la vie).
Il participe également à l'embellissement du domaine scolaire et d'autres lieux publics (Alliance Française). Il collabore avec les autres ONG et OG en tant que partenaire ayant les mêmes buts.

Actions entreprises
1) Aménagements extérieurs (jardinage, réhabilitation de site).
2) Nettoyage (compostage).
3) Activités sportives et ludiques (1er prix au concours "Espace vert").

Méthodes pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de milieu, sortie nature)
      60  %
Rencontres avec des professionnels, des spécialistes       20  %
Activités de recherche en salle, expérimentations, exposés       10 %
Visites d'exposition, musées, centres de recherche       10 %

Prolongements
Transformation du collège en site touristique.

Partenaires extrascolaires
Fondation Nicolas Hulot (Association) : participation financière
ANAE (association nationale d'action environnementale) (Organisme parapublic) : participation financière
ANGAP (Organisme parapublic) : aide technique et logistique, participation financière
PEM (Organisme parapublic) : aide technique et logistique, participation financière

Classes ou tranches d'âges
Collège, 4 niveaux.

Effectif
375 élèves.

Durée
Permanente

Budget

Origine et part de l'autofinancement
Vente magazine Vinisy (environnement à Madagascar), quête et thé concert: 10%.

Structure d'accueil
CEG Mahazengy
Club FNH "Varibolomena"
BP 1062
30100 Fionarantsoa
Madagascar
Tél : 002617551571

Responsable
Monsieur Minahisoa RAMAHAZOMANANA
BP 1293
301 Fionarantsoa
Madagascar
Email : affianar@dts.mg

Fonction
Enseignant

 

Espace vert : protection et amélioration du cadre de vie

  Dans le sanctuaire naturel qu'est Madagascar, un club FNH s'est formé dans le collège de Fianarantsoa afin d'éduquer les élèves à l'environnement et faire d'eux des citoyens responsables. Après trois années d'actions, sans beaucoup de moyens mais toujours avec de l'enthousiasme, le bilan est impressionnant.

Le club FNH Varibolomena, du nom d'un petit lémurien menacé, agit pour la nature de Madagascar. Dans un cadre certes enchanteur mais parfois avec très peu de moyens, ce club FNH concourt, avec de nombreux partenaires, à la formation de citoyens responsables qui seront les premiers défenseurs de cet environnement unique au monde. Plantations d'arbres dans le collège, expositions ou sorties dans les parcs naturels malgaches, émissions de radio et pièces de théâtre, formation des adultes à la fabrication du compost... sont autant d'actions menées par ces défenseurs de l'environnement enthousiastes.

Entretien avec Minahisoa Ramahazomanana, professeur de français et responsable du Club FNH Varibolomena

Comment est né votre club FNH ?
L'origine du projet a été l'exposition "Merveilles Malgaches en péril", faite par Madame Françoise Payen à l'Alliance Franco-Malgache de Fianarantsoa. Alors nous lui avons posé pas mal de questions. Et à la fin de la séance elle nous a proposé de monter un petit projet avec un club en bénéficiant de son aide. C'est ainsi que nous sommes nés.

Pourquoi avoir choisi ce nom ?
Varibolomena est le nom d'un lémurien qui est unique au monde, endémique de la région de Fianarantsoa et plus particulièrement du Parc de Ranomafana. Varibolomena veut dire en français "Lemur doré" car cet animal a le pelage doré. Notre club a été lauréat d'un concours organisé par le WWF, qui nous a offert une sortie nature au Parc Ranomafana. C'est là-bas que nous avons su qu'il y avait un mignon lémurien appelé Varibolomena, menacé à cause de la déforestation abusive. C'est non seulement son habitat, mais aussi sa nourriture qui sont mis en danger. Pourtant, il est unique au monde et mérite d'être protégé, comme le panda ! C'est pour ces raisons que nous avons décidé de le prendre comme nom du club, en souvenir de notre sortie et pour montrer aux gens que cet animal mérite d'être protégé.

Pouvez-vous expliquer aux internautes où se situe Fianarantsoa ?
Fianarantsoa est une ville des hauts plateaux de Madagascar, au Sud-Est de l'île. C'est un chef-lieu de province qui se trouve à 400 km d'Antananarivo, la capitale.

En quelques mots, quelles ont été les grandes étapes de votre action ?
Nous agissons beaucoup... depuis 1996, quand nous avons créé le club FNH. Une de nos principales préoccupations est l'embellissement du collège. Je pense que l'établissement doit être aussi un endroit où l'enfant se plaît, se sent chez lui, où il a envie de rester, de devenir acteur ; un endroit où il peut s'épanouir naturellement et trouver ce qu'il ne peut pas trouver chez lui, autant sur le plan intellectuel que culturel et même physique. Nous avons baptisé le Club FNH Varibolomena en 1997, et avons été reconnus par le WWF la même année. En 1998, nous avons été lauréats du WWF International, nous sommes devenus membres de Planet Society, et avons visité le parc national Isalo. Cette même année 98, nous avons donné une représentation d'une pièce théâtrale à Ambositra et avons obtenu le premier prix du concours "Espace Vert" organisé par le ministère de l'Environnement.
En 1999, nous avons animé l'émission "Flash Environnement" à la radio FM 96, réalisé une exposition au sein de notre établissement à l'occasion de la journée des écoles et une autre à l'Alliance Franco-Malgache de Fianarantsoa. Enfin, nous avons fait un Camp Nature au parc national de Ranomafana.

J'ai lu que grâce aux actions menées, votre collège a pu bénéficier de l'adduction d'eau. Y a-t-il eu d'autres améliorations ?
Oui. Un exemple ? Après le vernissage de notre exposition au collège, en février 1999, le Préfet de la région nous a doté d'une installation électrique. Donc maintenant, nous pouvons utiliser des appareils électriques et les salles sont éclairées même s'il fait sombre dehors.

Avez-vous rencontré d'autres difficultés tout au long de cet impressionnant parcours ?
Pour le bon fonctionnement du club j'étais dans l'obligation de payer de ma poche puisque tout se fait d'une manière bénévole... Et ce, bien que les fonctionnaires malgaches soient très mal rémunérés ! Parfois, par exemple pour la visite du parc Isalo, nous avons nettoyé le centre d'accueil en échange de notre séjour. Par ailleurs, au collège, notre sol est très pauvre et nous rencontrons beaucoup de difficultés à faire pousser les plantes. Nous avons aussi eu un problème d'eau, maintenant en partie résolu. Enfin, les gens croient souvent que la Fondation FNH distribue beaucoup d'argent, et ce n'est pas facile de les convaincre que ce n'est pas tout à fait vrai, et qu'il faut quand même nous aider.

Vos émissions de radio et vos pièces de théâtre contribuent-elle à populariser la nécessité d'une éducation à l'environnement ?
A Madagascar, il y a d'autres collèges et clubs, par exemple le club Vintsy. Je ne pourrais pas être en même temps juge et partie. Donc je crois que c'est au ministère de notre environnement ou à d'autres ONG comme l'ANGAP, l'ANAE... de donner cette appréciation. Bien sûr, il y a des collèges et des étudiants envoyés par leur directeur de mémoire qui sont venus nous contacter. Et il y a aussi d'autres radios qui nous ont interviewés (Radio Mampita, Radio Catholique...). Enfin j'ai été invité à prendre part à l'Atelier international vers la mise en place effective du Droit de l'Environnement à Madagascar (18-21 mai 1999). On m'a également convié à participer aux comités d'organisation de célébration de la journée mondiale de l'Environnement de Fianarantsoa. Tout ceci pour dire que, d'une certaine façon, nos émissions ont des retombées certaine !

Que pensez-vous de l'apport pédagogique de votre action ?
Le club est là en tant qu'initiateur et sensibilisateur. Ce travail pédagogique permet à ses membres de prendre conscience de l'utilité des plantes, du compost et de l'eau dans l'environnement. De plus, cette éducation constitue pour les enfants une fenêtre sur le monde. Les élèves ont préféré surtout les déplacements et les activités sur terrain, le côté pratique.

Quelle suite envisagez-vous ?
Nous avons planté des fleurs, des arbres fruitiers et des arbres d'ornements, et maintenant j'aimerais faire de l'apiculture. De plus, aux alentours de notre collège, il y a beaucoup d'eucalyptus. Le miel de Madagascar est reconnu pour son goût. En dehors de cela, nous comptons l'année prochaine faire beaucoup de sensibilisation, de publicité et de déplacements pour populariser nos réalisations.

 

Trois questions à Françoise Payen,
coordinatrice des clubs FNH à Madagascar

Le club FNH Varibolomena semble accorder une place importante à l'embellissement du collège, pourquoi ?
Pour au moins deux raisons. La première est que les responsables du club sont très concernés par la déforestation, problème crucial à Madagascar, et que planter des arbres fruitiers, par exemple, montre aux jeunes l'utilité que peut avoir un arbre. Ensuite, à travers l'ornementation et l'amélioration, se pose le problème de l'hygiène. A Madagascar les latrines sont taboues, les besoins se font n'importe où. Cette pratique est notamment à l'origine de l'épidémie de choléra qui sévit actuellement. Dire "allez aux toilettes", "ramassez les ordures", là-bas ce sont des discours... démentiels !

Quel est votre rôle sur place ?
J'ai 50 ans et je suis professeur de Sciences naturelles à la retraite. J'essaye de faire le lien, bénévolement, avec la FNH, d'aider les clubs à se monter (il y en trois et bientôt peut-être quatre)... et je les soutiens. Ils n'ont pas de moyens. Pas même pour envoyer une lettre en France. Je leur donne aussi des conseils, parce que rien n'est évident. Ils n'ont pas l'idée de ce qu'est un club. Je peux, par exemple, leur suggèrer d'organiser une boum ou de vendre des petits pains pour collecter l'argent de leurs actions. Heureusement, ils sont plein de bonne volonté !

Et ils réalisent beaucoup d'actions ! Que faire pour eux ?
Je souhaite qu'il y ait d'autres clubs nature à Madagascar. Ce n'est pas facile pour eux. Ils ont besoin de beaucoup d'encouragements, et avec des encouragements ils font beaucoup de choses !
Pour connaître les coordonnées d'un club nature FNH à Madagascar, n'hésitez pas à contacter la Fondation.

Ce qui a surtout séduit le jury
Trop peu de dossiers nous parviennent d'aussi loin !
L'enthousiasme des participants ne doit pas nous faire oublier les difficultés, inhabituelles pour nous, auxquelles ils sont confrontés.

Les AE… Dans le départementEn FranceDans le monde.


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Dernière mise à jour : le 28 septembre 1999