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Le milieu forestier
Année
1998-99Académie
ou région
Amiens
Inspection
académique
Oise
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Nature de l'action éducative
Projet d'établissement, PAE, 1000 défis pour ma
planète.
Thèmes dominants
1) Ecosystème.
2) Flore.
3) Faune.
Initiateurs du projet
Mme Cécile Pequery, Professeur d'Enseignement général
SEGPA, Mme Maryvonne Varrault, Documentaliste, Mme
Marie-Madeleine Gomez, Directrice adjointe de la SEGPA,
Mme Sylvie Dumont, Présidente de la société de chasse.
Objectifs pédagogiques
Les objectifs de cette action sont variés. Ils vont de
la visée d'une meilleure cohésion du groupe à la
maîtrise de la langue française, à l'initiation à la
recherche, acquisition de savoirs et de savoir faire. A
travers les différentes études menées, les élèves se
responsabiliseront face à leur environnement
(discussions, courriers, panneaux, expositions...) Ils
mèneront à bien leur projet, tiendront un cahier de
bord. Ils seront revalorisés à travers leur exposition
(fin juin 1999).
Résumé et étapes
Mise en place du projet : sept-octobre
1998 : recherche de documentations, de financement,
1ère sortie au bois de Boulaines
Novembre: actions coopératives, étude et
cueillette de champignons, questionnaire sur la chasse.
Décembre 98 : étude des forêts,
exploitation, fabrication du papier.
Janvier-février 99 : sortie en forêt,
moulage des empreintes d'animaux.
Mars 99 : étude de la respiration et de
la nutrition des végétaux, sortie en forêt à la
recherche des bourgeons, des essences, des arbres.
Avril-mai 99 : visite guidée en forêt
à la Neuville-en-Hez, étude des essences des arbres,
confection d'un herbier - visite d'une scierie sur Méru.
Juin 99 : réalisation des panneaux pour
l'exposition, visite d'un musée , exposition au CDI.
Autres actions: relevé d'empreintes
d'animaux, gestion de la forêt: nettoyage, panneaux de
signalisation, courriers à la mairie.
Actions entreprises
Méthodes
pédagogiques
Activités de terrain en extérieur (études de
milieu, sortie nature) |
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50 % |
| Activités de recherche en salle,
expérimentations, exposés |
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37 % |
| Rencontres avec des professionnels, des
spécialistes |
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8 % |
| Visites d'exposition, musées, centres de
recherche |
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5 % |
Prolongements
Protection de la nature.
Partenaires extrascolaires
Société de Chasse (Association) :
documentation, animation scientifique
ONF (Organisme public) : encadrement
ADEZEP (Association) : participation
financière
Inspection académique (Organisme public) :
participation financière
Classes ou tranches d'âges
Collège, 5è.
Effectif
15 élèves.
Durée
1 an à partir de septembre 1998 jusqu'à juin 1999.
Budget
Moins de 5 000 FF.
Origine et part de
l'autofinancement
24%.
Structure d'accueil
Collège du Thelle - SEGPA
2, rue Jules Ferry
60110 Meru
Tél : 03 44 22 11 52
Fax : 03 44 22 19 29
Responsable
Madame Cécile PEQUERY
Collège du Thelle
2, rue Jules Ferry
60110 Meru
France
Fonction
Professeur des écoles

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Une
jeune institutrice volontaire pour encadrer une classe de
5e en difficulté au collège du Thelle à Méru, dans
l'Oise, a réussi à mobiliser ses élèves autour d'un
projet d'éducation à l'environnement. Malgré de
sérieuses difficultés, la liste des réalisations est
impressionnante, et les élèves ont fait un "pas
vers l'avenir". 
Aux jeunes professeurs des écoles qui n'ont pas de
poste, l'Éducation nationale propose de passer un an ou
deux à encadrer des élèves en difficulté dans des
classes adaptées. C'est ainsi que Cécile Péquery a
passé un an dans la Section d'Enseignement Général et
Professionnel Adapté (SEGPA) du collège du Thelle à
Méru, dans l'Oise. Seize jeunes de cinquième, malgré
les tracas causés par cinq élèves perturbateurs, ont
réussi à mener à bien un projet d'éducation à
l'environnement autour du milieu forestier. Après le
travail de documentation, les élèves se sont
passionnés pour les champignons, ont vendu des
calendriers pour financer leurs activités, demandé et
obtenu auprès de la mairie le nettoyage d'un bois, puis
ont réalisé un herbier, créé des terrariums, moulé
des empreintes d'animaux, et enfin réalisé une
exposition.

Entretien avec Marie-Madeleine Gomez,
directrice adjointe du collège du Thelle, responsable
des SEGPA.
Pourquoi un projet
d'éducation à l'environnement dans une SEGPA ?
Je ne conçois pas une année en SEGPA sans projet autour
duquel fédérer les énergies des élèves. Cela les
dynamise, les motive, et scolairement parlant cela permet
d'aborder de nombreux sujets dans toutes les matières.
C'est aussi un fil conducteur pour l'enseignant. Chaque
année, des professeurs des écoles, qui ont vocation à
enseigner dans les écoles primaires, se voient offrir
des postes d'enseignement dans diverses filières de
l'enfance inadaptée, car il n'y a pas assez de postes
disponibles pour eux à l'école. C'est le cas de Cécile
Péquery, qui a donné pour un an toute son énergie à
une classe de SEGPA.
Comment est né le
projet d'étude du milieu forestier ?
Tout d'abord du besoin qu'ont les élèves de sortir de
l'établissement, mais aussi grâce à la formation de
Cécile Péquery, licenciée de biologie et passionnée
par cette matière. Enfin, beaucoup d'élèves souhaitent
s'orienter vers les métiers du bois et suivre notre
filière "menuiserie-charpente", que nous
proposons en plus des filières "structures
métalliques" et "agents d'alimentation".
Concrètement, quelles
ont été les étapes du projet ?
La recherche de partenaires et de documentation a permis
de progresser en français (courriers, recherches et
classification des documents, analyse et synthèse de ces
documents, acquisition de savoirs et de savoir-faire,
construction et présentation des textes, etc.). L'ONF,
la mairie et la société de chasse ont accepté de les
aider. Ensuite, la saison des champignons, avec
cueillette et identification, a passionné les élèves.
Ils sortaient même en dehors des jours de classe pour en
rapporter à l'école ! Les élèves ont ensuite eu une
idée : vendre des calendriers et des cartes de voeux
pour financer les activités liées au projet. Ce fut une
expérience fructueuse. Puis, tout au long de l'année,
les élèves sont partis à la découverte de la forêt,
de la faune et de la flore. Ces sorties ont été suivies
de nombreuses activités : les élèves ont ainsi
réalisé un herbier, créé des terrariums pour
l'observation de la petite faune des insectes, et moulé
des empreintes d'animaux : surtout des empreintes de
chiens, mais aussi de chevreuils... Pour finir, ils ont
réalisé une exposition au CDI, avec des panneaux
explicatifs sur les champignons, l'herbier, les
terrariums et un carnet de bord de l'année écoulée.
Les autres élèves ont particulièrement apprécié le
terrarium, parce que ça bougeait là-dedans ! Ils ont
même eu droit à la transformation d'un lézard !
Quel programme !
Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
Les principales difficultés venaient de cinq élèves
perturbateurs, des élèves assez difficiles. Ils
pouvaient tuer les limaces ramassées, casser des
branches quand les autres venaient de poser un panneau
qui le déconseillait... et avoir des réactions assez
vives. La présidente de la société de chasse, qui
s'était présentée une fois pour répondre aux
questions que les élèves avaient préparées, n'est pas
revenue. Elle était injoignable, mais sans doute
appréhendait-elle de rencontrer à nouveau les élèves.
Les autres jeunes ont été très déçus. Sinon, il n'y
a pas eu de difficulté particulière.
Que pensez-vous de
l'apport pédagogique de ce projet pour les élèves ?
En terme purement scolaire, les progrès sont très
importants dans toutes les matières et pour l'ensemble,
je souligne, des élèves. Ils ont aussi découvert
l'intérêt pour le CDI et la documentation en général.
Ensuite, le groupe a progressé dans sa relation à
l'autre. Grâce aux réalisations concrètes qu'ils ont
dû faire ensemble, ils s'écoutent. Ce qui, vu le
tempérament de leader, voire de dominateur, de certains,
n'était pas évident. Ils ont appris un certain respect
de l'autre. L'ambiance était bonne, et malgré quelques
problèmes de discipline, Mademoiselle Péquery a réussi
à faire passer sa passion pour la biologie. Dans le
domaine de la protection de la nature aussi des progrès
ont été réalisés : les élèves ont été choqués
par l'état de dégradation du bois de Boulaines. Ils ont
fait un courrier à la mairie et obtenu une action de
nettoyage. Ils ont en plus apposé des panneaux sur la
sécurité dans la forêt (cigarette barrée, dangers des
allumettes...).
Quelle suite aura ce
projet ?
Les élèves sont orientés sur la voie professionnelle :
les filles en "agent d'alimentation", et les
garçons se répartissent entre
"menuiserie-charpente" et "structures
métalliques". Le thème sera différent : l'année
prochaine, ce sera sans doute "l'eau, un besoin
vital". Cécile Péquery, quant à elle, va
enseigner dans une école primaire.
Quelle conclusion
souhaitez-vous tirer de cette année ?
Je suis au collège du Thelle depuis 1982, et je m'occupe
des SEGPA depuis... pour moi c'est un peu une vocation !
Ma conviction est que le travail sur projet en classe
adaptée est la meilleure solution. C'est même une
nécessité. Cela revalorise les élèves, leur apprend
à communiquer, à avoir confiance en eux...
A partir du moment où ils sont responsabilisés, les
jeunes ont fait un pas vers l'avenir, ils comprennent
qu'il faut faire quelque chose de sa vie. S'ils ont la
chance d'avoir du personnel dynamique, ce qui était le
cas de Cécile Péquery, c'est gagné pour eux. Ils ont
un pied dans la vie.
Ce qui a surtout séduit
le jury
Un programme cohérent, inscrit sur
l'ensemble de l'année scolaire, avec de nombreux
intérêts : sciences, expression, histoire et
géographie...
Les enfants sont placés en situation
d'acteurs : ils prennent confiance eux.
La situation n'est pas évidente pour la
jeune professeur des écoles, qui ne s'est pas
démotivée.
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