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Jury et palmarès des Actions Éducatives pour
la Nature et l'Homme 1997-1998
Le recensement effectué chaque année depuis 1992, donne
lieu à la publication et à la diffusion en septembre du
Guide des Actions Éducatives pour la Nature et l'Homme
de l'année scolaire écoulée. La promotion 97/98 porte
à 421 le nombre d'expériences disponibles sur le site
de la Fondation. Issues des milieux scolaire et
associatif, elles concernent des thèmes et des tranches
d'âges variés, allant de la maternelle au troisième
âge.
Ce travail est désormais reconnu par
l'Education nationale comme un inventaire de référence,
précieux dictionnaire des idées et des initiatives
prises les années précédentes pour les enseignants
désireux de s'engager dans cette voie ou pour ceux
souhaitant renouveler leur démarche et l'enrichir. Ce
recensement est enfin la mémoire de l'éducation à
l'environnement en France.
Pour la quatrième année consécutive, un
jury a décidé de distinguer 15 projets présentant un
niveau global satisfaisant et un ou plusieurs points
forts particulièrement intéressants à mettre en
lumière.
UN JURY,
DES CRITÈRES D'ÉVALUATION
Pour effectuer cette sélection, la Fondation Nicolas
Hulot pour la Nature et l'Homme a réuni un Jury.
Celui-ci, présidé par André-Jean GUÉRIN (Directeur de
la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme),
était composé de :
Pierre ANTHEAUME (Professeur
de Biologie-Géologie à l'IUFM de Livry-Gargan),
Michel ARDOUIN (ancien
Directeur du Centre Permanent de Classes de Mer du
Château-d'Oléron, 17480),
Guy BRISÉ (Délégué
national des PEP -Pupilles de l'Enseignement Public-),
Maryse CLARY (Maître de
conférences à l'IUFM d'Aix-Marseille, 13000),
Philippe COGOLUÈGNES
(Directeur du Domaine du Bec de Jeu, 48000),
Isabel DE BARY (Directrice
de l'Association "Ne pas plier", 94200),
Vincent DERKENNE (Chef du
bureau de l'OASD à la Direction de l'Eau du ministère
de l'Environnement),
Christian DUMONT (Conseiller
pédagogique à l'Inspection Académique de Paris),
Régine GÉRARD (Directrice
d'Ecole d'Application, 93110),
Pierre GIOLITTO (Inspecteur
Général Honoraire de l'Éducation nationale),
Ginette JOLLIVET (Directrice
adjointe de l'IUFM de Paris, 75016),
Thomas JOLY (Directeur de
l'Office français de la FEEE, vice-Pdt de la FEEE,
75014),
Bernard LAJOUANIE (ADEME,
DRHC, 49004),
Éric LEPRINCE (Agronome,
ANHNH, Belgique),
David MELBECK (Fédération
nationale des Clubs CPN),
Gil MELIN (Bergerie
nationale de Rambouillet, 78120),
Joël MONTI (Chargé de
mission pour l'Éducation à l'Environnement, Maison de
l'Environnement de Chalon-sur-Saône, 71100),
Sylvette PIERRON-HOUEL (CRAC
du Rectorat de Versailles),
Lilian PILLET (Vice-Pdt
national développement de la JECF - Jeune Chambre
Économique Française -).
Le Jury a analysé et évalué les actions selon les
critères suivants :
- Conduite du projet / Animation du groupe
- Démarche pédagogique / Conception
- Part d'initiative et de prise de
responsabilité des jeunes dans la conduite
du projet
- Qualité du partenariat
- Optimisation des ressources
- Reproductibilité de la démarche
- Observation, rêve et émerveillement
- Interdisciplinarité
- Humanisme et responsabilité (place centrale
de l'homme au coeur du système)
- Mise en évidence de la complexité des
phénomènes
- Approche globale de l'environnement
- Réflexion sur les solutions et les
décisions alternatives
- Modernité
- Articulation et diversité des thèmes
abordés.
LA
PROCÉDURE DE SÉLECTION
Une procédure en deux étapes a permis de
retenir, parmi près de 120 réponses parvenues dans les
délais à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et
l'Homme, 30 actions qui ont fait l'objet d'une
évaluation plus approfondie.
Les délibérations du Jury ont eu lieu le 13
mai 1998.
La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et
l'Homme a, comme prévu lors de l'annonce du recensement,
décidé d'attribuer une récompense de 2 000 francs aux
15 actions retenues.
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LE CADRE POSÉ PAR LE
JURY
La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et
l'Homme a décidé de réunir un Jury composé,
pour l'essentiel des personnalités ayant siégé
l'année dernière, lors de l'évaluation des AE
1996/1997.
Ainsi, un certain nombre de remarques
préliminaires formulées en 1997 par les membres
du Jury sur leur mission, avant de présenter
leurs évaluations et de procéder à la
sélection, restent valables :
Les dossiers sont jugés
"au milieu du gué", avant l'expiration
de l'action engagée et préalablement à toute
opération d'évaluation. C'est le parti pris par
la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et
l'Homme de présenter des actions récentes,
correspondant aux préoccupations du moment des
porteurs de projet et des enfants.
Le Jury n'effectue pas un
classement : il peut privilégier un dossier en
raison d'un ou plusieurs aspects qui lui
paraissent justifer que le projet fasse
référence, mais il s'interdit de retenir un
projet globalement trop faible ou présentant une
faiblesse ou une lacune rédhibitoire.
Le Jury doit être
vigilant sur l'appréciation des frontières à
donner au terme "environnement", des
projets constituant effectivement des actions
d'éducation à l'environnement.
Les précautions prises -
l'importance du dossier de recensement, la
précision des explications demandées, les
témoignages exigés... - constituent un certain
nombre de garanties sur la validité de ces
projets, mais la procédure ne peut pas
totalement éliminer le risque de décalage entre
déclarations et réalisations. Compte tenu du
coût d'une procédure permettant des
vérifications sur le terrain et de l'ampleur des
opérations présentées, il ne peut être
envisagé de procéder autrement.
Le Jury a souligné qu'il
y avait une part de subjectivité dans le choix
final des dossiers jugés à caractère
exemplaire et qu'un coup de coeur pour une action
éducative pouvait amener à surmonter quelques
réticences et à oublier quelques faiblesses
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REMARQUES
GÉNÉRALES DU JURY
1 - Des dossiers moins
nombreux mais globalement plus solides
Un nombre moins important de dossiers de recensement
d'actions éducatives réalisées au cours de l'année
scolaire 1997/1998 est parvenu mi-avril à la Fondation
Nicolas Hulot. Mais le Jury, travaillant sur les 30
meilleurs dossiers présélectionnés, a relevé que la
qualité d'ensemble des dossiers retenus s'était
sensiblement élevée. L'amélioration a également été
sensible pour l'ensemble des dossiers retournés : il n'y
a pas eu cette année de dossiers incomplets, de dossiers
hors sujet ou d'actions éducatives ne présentant pas
les garanties de qualité demandées. Il faut peut-être
voir là le signe que l'exigence de la présélection de
la Fondation et que l'évaluation du Jury sont connues et
reconnues au sein de l'Education nationale et dans
l'univers associatif.
2 - Une persévérance
remarquable
L'attention a été portée sur quelques actions
entreprises depuis plusieurs années, qui mobilisent de
nombreuses compétences et qui s'enrichissent avec le
temps. Certaines ont été saluées même si elles ne
figuraient pas dans le palmarès final.
3 - La
pluridisciplinarité gagne du terrain
La progression de la mise en oeuvre de la
pluridisciplinarité est très sensible depuis les 4
années de fonctionnement de cette évaluation des
Actions Éducatives pour la Nature et l'Homme. Les
"capitaines d'équipe" sont toujours bien
entourés, les compétences mobilisées sont très
variées et appartiennent à des univers (établissements
scolaires, collectivités, entreprises, organismes
publics) qui semblent prendre l'habitude de travailler
ensemble pour proposer aux enfants une approche complète
du sujet abordé.
4 - Les clubs scolaires
se multiplient
Le crû 1997/1998 de ce recensement a vu
la part des actions éducatives portée par des clubs
scolaires se développer nettement. Cette évolution
accompagne le mouvement en faveur de la
pluridisciplinarité. C'est le professeur de la
discipline la plus concernée ou souvent la
documentaliste qui prend l'initiative de telles actions
dans le cadre de clubs scolaires fonctionnant toute
l'année le mercredi ou lors des pauses prévues pour le
déjeuner.
5 - Le non-scolaire
reprend aussi du poids
Les actions menées en dehors de
l'école, qui étaient au cours des trois premières
années, nettement minoritaires, ont été cette année
beaucoup plus nombreuses. Toutefois, on a constaté la
difficulté des associations à expliciter les aspects
pédagogiques de la démarche.
6 - De nouveaux thèmes
apparaissent
La Fondation lors de la présélection et
le Jury lors de la sélection des actions lauréates ont
tour à tour constaté l'apparition de nouveaux thèmes
d'actions éducatives : "Cuisiner Bio" pour
amener les élèves de classe de 2de en section
hôtellerie d'un lycée professionnel à s'informer sur
la culture biologique et sur sa signification ; "la
Fête du chemin" pour sensibiliser la population des
plateaux du Limousin à la richesse paysagère et
patrimoniale de ce territoire et pour susciter un regard
positif chez les jeunes sur leur lieu de vie ;
"Abécédaire du toucher et des odeurs pour voyants
et non-voyants" ; "l'Amoco Cadiz, 20 ans
après" pour revenir sur une catastrophe écologique
et pour anticiper et décrypter un anniversaire
médiatique ; la reconquête écologique d'une gravière
pour s'intéresser à un sujet plutôt méconnu, les
carrières. La diversité et le renouvellement des
thèmes - aux côtés des classiques et toujours utiles
actions menées sur les thèmes de la rivière, de l'air,
des déchets, des arboretums et des jardins potagers -
ont été salués et appréciés par le Jury.
7 - Des méthodes
nouvelles ont été recensées
Les méthodes n'échappent pas non plus
à un certain renouvellement ou tout au moins à un
enrichissement. Le renforcement des équipes de pilotage
de ces actions explique certainement cette évolution.
L'imagination des "capitaines" y est aussi pour
beaucoup. Signalons l'action "Les déchets,
comprendre, débattre, agir", pilotée par une
documentaliste, qui a vu les enfants se documenter sur le
sujet à partir de modules pédagogiques puis organiser
des séances de formation à destination des enfants puis
des enseignants. Signalons aussi l'action
"Protection et réhabilitation des rivières de la
région Lorraine" à l'occasion de laquelle, autour
d'un thème déjà abordé par de nombreuses équipes
pédagogiques, les enseignants proposent aux jeunes de
réaliser, simultanément aux travaux effectués en
extérieur, des travaux en laboratoire à partir d'un
aquarium de 6 m3 placé dans la classe, permettant de
reconstituer le milieu naturel des rivières de Lorraine.
8 - Les faiblesses
rédhibitoires
L'impossibilité de dupliquer et la place
réelle des jeunes trop réduite ou difficile à évaluer
constituent les deux faiblesses principales mises en
avant par le Jury pour écarter quelques projets
pressentis pour être lauréats. Le projet concernant la
réhabilitation d'une gravière ne permettait pas de
distinguer l'implication de l'entreprise partenaire de
celle effective des jeunes. Une action de très grande
qualité technique menée par le Club de Télédétection
du Lycée du Parc Impérial à Nice a été écartée au
motif que le rôle des jeunes par rapport au professeur
capitaine d'équipe était difficile à discerner,
d'autant que le sujet extrêmement technique semble
demander des équipements scientifiques spécifiques et
des compétences appartenant plutôt au professeur qu'aux
élèves. Les explications avancées n'ont pas suffi à
convaincre certains membres du Jury. Un autre projet
(vide-ordures trieur), qui ne présentait aucune
précision à ce sujet, a été écarté pour ce même
motif. Un Chantier Nature, dont les mécanismes de
financement n'ont pas été expliqués (le budget était
de 151 000 F pour 12 jeunes), a été jugé non
reproductible et n'a, pour cette raison, pas été
primé. Une autre action très intéressante, visant à
créer un arboretum et un conservatoire d'essences de
milieu humide en zone naturellement inondable, a été
également écartée : le dossier faisait apparaître une
coopération très originale entre un enseignant et une
collectivité locale qui confiait à ce seul enseignant
un budget de 800 000 F pour la réalisation du projet,
mais ne précisait ni les modes d'attribution et de
gestion de ces fonds, ni la limite entre le rôle de
l'enseignant et celui des jeunes. Il faut bien comprendre
que lorsque l'action semble disposer de moyens
extraordinaires, le Jury est demandeur de plus amples
précisions pour s'assurer que le projet est
"duplicable" et que les jeunes sont réellement
placés en situation d'acteurs. Cette exigence vise,
notamment, à protéger les actions mises en oeuvre avec
des méthodes traditionnelles, sur des sujets plus
classiques, à partir de budgets limités voire très
limités (parfois moins de 5 000 F).
9 - Le recensement a eu
une faiblesse : le volet "financement"
Il a été convenu que le dossier de
recensement pouvait être amélioré pour donner au Jury
des éléments plus clairs, moins ambigus, quant au
financement et à la gestion des fonds mobilisés pour un
projet. Les questions sur le financement, l'origine des
fonds et la part d'autofinancement ne permettent pas
d'obtenir des éléments suffisamment précis pour
permettre à la Fondation lors de la présélection et au
Jury lors de la sélection de prendre réellement en
compte ce critère pourtant important, notamment pour ce
qui concerne la possibilité de dupliquer le projet et la
place réelle des jeunes dans la conduite de l'action
éducative.
10 - Des
caractéristiques non discriminantes
Avoir déjà été primé à d'autres
occasions ou bénéficié d'un label attribué par
d'autres instances (projet 1000 Défis, projet déjà
aidé par la FNH, lauréat lors de Science en fête...),
être ou non un Club Fondation Nicolas Hulot, travailler
dans tel département ou dans tel pays, proposer des
actions pour telle classe d'âge ou pour tel public...
voilà autant de caractéristiques qui ne sont pas
discriminantes pour la Fondation au moment de la
présélection et pour le Jury au moment de l'attribution
des prix. Il n'y a pas de quota par classe d'âge.
L'action éducative doit avant tout être de qualité. Le
Jury a voulu tout de même souligner que l'intégration
des handicapés est aujourd'hui une vraie difficulté qui
mérite une attention et un soutien particuliers.
TYPOLOGIE
DES ACTIONS RETENUES
Parmi les 15 lauréats 1997-98 :
- 13 sont issues de différents départements
français et deux d'entre eux, le Finistère et
la Meurthe-et-Moselle, hébergent chacun 2
actions,
- les actions éducatives primées s'adressent aux
enfants d'écoles maternelles et primaires (1/3),
aux jeunes de collèges et de lycées
(1/2) ; 2 projets sont tout public et 1
projet s'adresse à des handicapés,
- deux actions sur trois ont été menées en
milieu scolaire, le plus souvent en club ou à
l'échelle de l'établissement,
- un tiers des projets concerne les végétaux et
un autre tiers est lié à la rivière et à
l'eau,
- l'équipe des adultes encadrants réunit plus de
5 personnes dans plus d'un projet sur deux ;
parmi les dossiers primés, un seul projet n'a
été porté que par un adulte,
- 1 fois sur 2, le budget est inférieur à
30 000 F ; une seule fois, il
dépasse 50 000 F,
- une moitié des actions a été menée au cours
d'une année scolaire ; l'autre moitié
fonctionne sur deux ou trois années.
LES
ACTIONS RETENUES
Voici la liste complète des 15 actions retenues
(classées par ordre croissant de code postal) :
"Abécédaire
du toucher et des odeurs pour voyants et non-voyants"
par l'association Les Jardins de l'Espérance de La
Ciotat (Bouches-du-Rhône),
"Fête
du chemin" par l'association Pays Sage de Flayat
(Creuse),
"L'Amoco-Cadiz,
20 ans après" par le Collège Edouard Queau de
Ploudalmezeau (Finistère),
"Nutrition
des animaux marins" par l'Inspection académique
de Landivisiau (Finistère),
"Cuisiner
bio" par le Lycée professionnel Marie Curie de
Saint-Jean-du-Gard (Gard),
"Chemin de
découverte adapté aux malvoyants " par
l'association Caminarem de Clermont-le-Fort
(Haute-Garonne),
"Un
étang qui vaut de l'or" par les Jeunes
Reporters Européens pour l'environnement du Lycée Louis
Feuillade de Lunel (Hérault),
"Acclimatation
des végétaux" par l'École Primaire publique
d'Areines (Loir-et-Cher),
"Reéalisation de
deux potagers et d'un verger" par l'École Primaire publique Julien Bodin de Marigny (Manche),
"Ecole
et nature, l'espace boisé Chopin" par le
Collège Frédéric Chopin de Nancy (Meurthe-et-Moselle),
"Un
aquarium pour les rivières de Lorraine" par le
Lycée Stanislas de Villers-les-Nancy
(Meurthe-et-Moselle),
"Action
intergénération" par l'association Airel de
Cadéac (Hautes-Pyrénées),
"Les déchets,
comprendre, débattre, agir" par le Club FNH du
Collège des Allobroges de La Roche-sur-Foron
(Haute-Savoie),
"Création et
exploitation d'une station météorologique" par
l'École Primaire publique de Monclar-de-Quercy
(Tarn-et-Garonne),
"Et
au milieu coule la Briance" par le Club CPN le
Hérisson de Solignac (Haute-Vienne).
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