Les actions éducatives de la FNH
Jury et palmarès des Actions Éducatives pour la Nature et l'Homme 1998-1999

Le recensement effectué chaque année depuis 1992, donne lieu à la publication et à la diffusion en septembre du Guide des Actions Éducatives pour la Nature et l'Homme de l'année scolaire écoulée. La promotion 98/99 porte à près de 500 le nombre d'expériences disponibles sur le site de la Fondation. Issues des milieux scolaire et associatif, elles concernent des thèmes et des tranches d'âges variés, allant de la maternelle au troisième âge.

Ce travail est désormais reconnu par l'Education nationale comme un inventaire de référence, précieux dictionnaire des idées et des initiatives prises les années précédentes pour les enseignants désireux de s'engager dans cette voie ou pour ceux souhaitant renouveler leur démarche et l'enrichir. Ce recensement est enfin la mémoire de l'éducation à l'environnement en France.

Pour la cinquième année consécutive, un jury a décidé de distinguer 11 projets présentant un niveau global satisfaisant et un ou plusieurs points forts particulièrement intéressants à mettre en lumière.

UN JURY, DES CRITÈRES D'ÉVALUATION

Pour effectuer cette sélection, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme a réuni un Jury. Celui-ci, présidé par André-Jean GUÉRIN (Directeur de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme), était composé de :

Pierre ANTHEAUME (Professeur de Biologie-Géologie à l'IUFM de Livry-Gargan),
Fabienne BOSC (Vice-présidente chargée de l'International de la JCEF - Jeune Chambre Économique Française -),
Guy BRISÉ (Délégué national des PEP -Pupilles de l'Enseignement Public-),
Joël CHABOT (Directeur du Centre Permanent de Classes de Mer du Château-d'Oléron, 17480),
Maryse CLARY (Maître de conférences à l'IUFM d'Aix-Marseille, 13000),
Isabel DE BARY (Directrice de l'Association "Ne pas plier", 94200),
Vincent DERKENNE (Direction de l'Eau - Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement),
Régine GÉRARD (Directrice d'Ecole d'Application, 93110),
Pierre GIOLITTO (Inspecteur Général Honoraire de l'Éducation nationale),
Ginette JOLLIVET (Ancienne Directrice adjointe de l'IUFM de Paris, 75016),
Thomas JOLY (Directeur de l'Office français de la FEEE, vice-Pdt de la FEEE, 75014),
Éric LEPRINCE (Agronome, ANHNH, Belgique),
Gil MELIN (Bergerie nationale de Rambouillet, 78120),
Joël MONTI (Chargé de mission pour l'Éducation à l'Environnement, Maison de l'Environnement de Chalon-sur-Saône, 71100),
Patrice RAVENEAU (Fédération nationale des Clubs CPN, 91150),

Le Jury a analysé et évalué les actions selon les critères suivants :

  1. Conduite du projet / Animation du groupe
  2. Démarche pédagogique / Conception
  3. Part d'initiative et de prise de responsabilité des jeunes dans la conduite du projet
  4. Qualité du partenariat
  5. Optimisation des ressources
  6. Reproductibilité de la démarche
  7. Observation, rêve et émerveillement
  8. Interdisciplinarité
  9. Humanisme et responsabilité (place centrale de l'homme au coeur du système)
  10. Mise en évidence de la complexité des phénomènes
  11. Approche globale de l'environnement
  12. Réflexion sur les solutions et les décisions alternatives
  13. Modernité
  14. Articulation et diversité des thèmes abordés.

LA PROCÉDURE DE SÉLECTION

Une procédure en deux étapes a permis de retenir, parmi 75 réponses parvenues dans les délais à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme, 22 actions qui ont fait l'objet d'une évaluation plus approfondie.

Les délibérations du Jury ont eu lieu le 12 mai 1999.

La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme a, comme prévu lors de l'annonce du recensement, décidé d'attribuer une récompense de 2 000 francs aux 11 actions retenues.

 

LE CADRE POSÉ PAR LE JURY

La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme a décidé de réunir un Jury composé, pour l'essentiel des personnalités ayant siégé l'année dernière, lors de l'évaluation des AE 1997/1998.

Ainsi, un certain nombre de remarques préliminaires formulées en 1998 par les membres du Jury sur leur mission, avant de présenter leurs évaluations et de procéder à la sélection, restent valables :

Les dossiers sont jugés "au milieu du gué", avant l'expiration de l'action engagée et préalablement à toute opération d'évaluation. C'est le parti pris par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme de présenter des actions récentes, correspondant aux préoccupations du moment des porteurs de projet et des enfants.

Le Jury n'effectue pas un classement : il peut privilégier un dossier en raison d'un ou plusieurs aspects qui lui paraissent justifer que le projet fasse référence, mais il s'interdit de retenir un projet globalement trop faible ou présentant une faiblesse ou une lacune rédhibitoire.

Le Jury doit être vigilant sur l'appréciation des frontières à donner au terme "environnement", des projets constituant effectivement des actions d'éducation à l'environnement.

Les précautions prises - l'importance du dossier de recensement, la précision des explications demandées, les témoignages exigés... - constituent un certain nombre de garanties sur la validité de ces projets, mais la procédure ne peut pas totalement éliminer le risque de décalage entre déclarations et réalisations. Compte tenu du coût d'une procédure permettant des vérifications sur le terrain et de l'ampleur des opérations présentées, il ne peut être envisagé de procéder autrement.

Le Jury a souligné qu'il y avait une part de subjectivité dans le choix final des dossiers jugés à caractère exemplaire et qu'un coup de coeur pour une action éducative pouvait amener à surmonter quelques réticences et à oublier quelques faiblesses

REMARQUES GÉNÉRALES DU JURY

1 - Des dossiers moins nombreux en raison d'une méthode de recensement modifiée
Un nombre moins important de dossiers de présentation d'actions éducatives réalisées au cours de l'année scolaire 1998/1999 est parvenu début avril à la Fondation Nicolas Hulot. La Fondation a, cette année, modifier sa méthode de recensement et il en a résulté un nombre de dossiers moins important. Au cours des cinq dernières années, nous recevions entre 120 et 150 dossiers et la pré-sélection en retenait 30 qui étaient soumis au Jury. L'année dernière, il y en avait eu 130. Et le Jury avait constaté ensemble le très bon niveau des 30 derniers dossiers retenus. En amélioration constante depuis 5 ans. Cette année, nous en avons reçu 75. Et nous avons décidé de n'en soumettre au Jury que 21 pour conserver un niveau d'exigence homogène et ne pas interrompre la progression enregistrée.

2 - La proportion de bons et de très bons dossiers est stable
Au delà des apparences des chiffres, nous retenons que :
- il y a toujours des porteurs de projet passionnés qui imaginent et donnent vie à des actions de grande qualité ;
- le recensement permet de les identifier et de les faire connaître pour faire naître de nouvelles vocations ; 500 actions ont été identifiées et présentées sur le site Internet à disposition de ceux qui veulent lancer une action éducative ;
- la distinction par un Jury de professionnels, le label Fondation et le prix de la Fondation nous paraissent être toujours appréciés. Quelques jours avnt la réunion 1999 du jury, nous avons rencontré un lauréat 19998 - Cuisiner Bio en Corrèze - qui nous a dit tout le bien que la distinction par la Fondation leur avait apporté.
La règle s'est cette année confirmée : il faut 4 dossiers pour en sortir 1 bon qui peut à un titre ou a un autre avoir valeur d'exemple. Il faut entre 6 à 8 dossiers pour en sortir 1 très bon.

3 - Un enseignement majeur : les projets simples sont les meilleurs
Le jargon éducatif qui fleurit dans les dossiers de moins bonne qualité n'est pas un indicateur de qualité. Au contraire. Le contenu devient moins clair à comprendre, la progression pédagogique est moins compréhensible.
Un exemple : en école primaire - où les intervenants, quand il s'agit des seuls enseignants, n'ont pas de spécialité - faut-il parler d'interdisciplinarité ou de projet collectif ?
Le jargon n'apporte rien de bon qui ne puisse être dit simplement. Il mène parfois tout droit à des erreurs de sens voire à des contresens. Un autre exemple relevé dans un dossier : à la question, quel type d'actions avez-vous mises en oeuvre, le responsable du projet répond : " la prise de conscience des conséquences des négligences de l'homme sur la nature ". Nous sommes-nous bien compris ?
Il n'y a pas que des bons dossiers mais il y a beaucoup de bons dossiers.
Et le bon dossier est :

  • clair : l'action est détaillée en 3 à 8 étapes qui concernent le contenu du thème abordé
  • le vocabulaire est simple, les objectifs sont à la mesure du projet et des enfants
  • il contient un petit historique personnel ou professionnel, proposé par le chef de projet
  • il est accompagné de quelques pièces utiles (articles, parrainages) qui apportent des précisions complémentaires, un avis extérieur sur le projet
  • il est vite rempli par le chef de projet.

4 - Quelques aspects remarquables : l'informatique bien utilisée, des thèmes nouveaux
Un projet de jardin botanique complète son action par un volet consacré à l'informatique : l'informatique est bien utilisée commun outil et non comme une fin en soi, l'action éducative est enrichie par cet outil qui facilite la recherche documentaire et ne se substitue pas au travail de terrain.
Quelques thèmes nouveaux ont été relevés : l'observation des insectes, l'exploration d'un chemin rural bouché.. par des années d'abandon, élevage de vers à soie.

5 - Une persévérance remarquable
Cette année encore, il a été décidé que les actions entreprises depuis plusieurs années, ne pouvaient être retenues : elles mobilisent de nombreuses compétences et s'enrichissent avec le temps mais elles ont déjà été récompensée lors d'un recensement précédent. Ce qui est valable pour les projets ne l'est pas pour les capitaines d'équipe.
Il en est, en région parisienne, que le Jury a eu plaisir à retrouver pour la cinquième année : chaque année un nouveau thème, chaque année un bon projet, chaque année un bon travail interdisciplinaire en équipe pédagogique... et toujours le même enthousiasme, salué par le Jury.

6 - Biais de recrutement en faveur des clubs scolaires
La part des actions portées par des clubs scolaires s'est encore accrue : il faut certainement y voir un effet de la modification de la méthode d'appel au recensement de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme. Il ne semble pas qu'il soit possible d'en tirer de conclusion significative.

7 - Les faiblesses rédhibitoires
L'impossibilité de dupliquer et la place réelle des jeunes trop réduite ou difficile à évaluer constituent les deux faiblesses principales, cette année encore, mises en avant par le Jury pour écarter quelques projets pressentis pour être lauréats.
Une très belle action éducative concernant la réalisation d'un CD-Rom sur les déchets de l'automobile et la mise en oeuvre dans l'établissement de mesures pour la réduction et la valorisation des déchets, en lycée professionnel, a été écarté malgré des soutiens énergiques au sein du Jury. L'action éducative, menée en univers scolaire très difficile, avait de plus l'intérêt d'être achevée...
Un directeur d'établissement a, pour sa part, présenté un projet - non encore démarré (ce qui est rédhibitoire) - dans le cadre d'une réflexion menée conjointement avec une Réserve naturelle pour élaborer un volet environnement dans le cadre des heures banalisées. Le projet - s'intégrant dans une démarche d'ensemble - est sorti de la pré-sélection malgré ses lacunes...
Le Jury est dur... mais il est souverain !

8 - Des caractéristiques non discriminantes
Avoir déjà été primé en d'autres occasions ou bénéficié d'un label attribué par d'autres instances (projet 1000 Défis, projet déjà aidé par la FNH, lauréat lors de Science en fête...), être ou non un Club Fondation Nicolas Hulot, travailler dans tel département ou dans tel pays, proposer des actions pour telle classe d'âge ou pour tel public... voilà autant de caractéristiques qui ne sont pas discriminantes pour la Fondation au moment de la présélection et pour le Jury au moment de l'attribution des prix. Il n'y a pas de quota par classe d'âge. L'action éducative doit avant tout être de qualité.
Dernier point : présenter un projet d'arboretum n'a rien de novateur sur le fond mais peut retenir l'attention du Jury... deux bons projets sont encore primés cette année.

9 - Les projets mis en œuvre dans des pays du Sud
Le Jury a voulu tout de même souligner que la réalisation d'actions éducatives pour l'environnement a un caractère " révolutionnaire " dans certains pays où elles sont mises en ouvre dans des contextes très difficiles. Le Jury a considéré, par exemple, que le projet présenté par un collège de Madagascar mérite une attention et un soutien particuliers.
Certains membres du Jury ont souhaité que cette action soit distinguée pour ses qualités intrinsèques ; d'autres, considérant qu'elle n'était pas au niveau des actions évaluées par ailleurs, considéraient que cette action devait bénéficier d'une place spécifique, à part, accordée à un projet réalisé dans un pays pauvre. La question n'a pas été tranchée mais le Jury a été unanime pour le distinguer...

10 - Un dernier souhait du Jury
Le Jury aimerait pouvoir suivre certains enfants dans le temps... Nous aussi, mais cela est-il possible ? La Fondation va y réfléchir.

TYPOLOGIE DES ACTIONS RETENUES

Parmi les 11 lauréats 1997-98 :

  • 11 actions ont été menées dans 10 départements, le onzième étant mené à Madagascar ;
  • 9 projets sur 11 concernent les végétaux, la forêt, le jardin ; une AE est consacrée aux déchets, une autre à la gestion d'une ressource halieutique ;
  • les actions éducatives primées s'adressent aux enfants d'écoles maternelles et primaires (5 sur 11), aux jeunes de collèges et de lycées (6 sur 11) ;
  • 10 actions sur 11 ont été menées en milieu scolaire, en club, en classe ou à l'échelle de l'établissement ;
  • l'équipe adulte réunit 4 personnes ou plus dans 9 projets sur 11 ; un projet retenu a été mis en oeuvre par un adulte seul ;
  • 9 fois sur 11, le budget est inférieur à 12 000 F ; une seule fois, il dépasse 30 000 F ;
  • une moitié des actions a été menée au cours d'une année scolaire ; l'autre moitié fonctionne sur deux ou trois années.

LE PALMARÈS 99

Voici la liste complète des 11 actions retenues (classées par ordre croissant de code postal) :

"Arboretum" par l'École maternelle et primaire Eugène Le Roy de Coulounieix-Chamiers (24 - Dordogne),
"Entraide franco-sénégalaise" par le Collège Jacques Courtois de Saint-Hippolyte (25 - Doubs),
"Jardin botanique interactif virtuel" par l'École primaire publique d'Areines (41 - Loir-et-Cher),
"Gestion d'une ressource halieutique" par le Club FNH 'Le Chalut' du Collège de Quéven (56 - Morbihan),
"Le milieu forestier" par la SEGPA du Collège de Thelle de Méru (60 - Oise),
"Découvrir la nature et agir pour sa protection" par le Club FNN 'Naturama' de l'École Jules Ferry de Noyelles-Godault (62 - Pas-de-Calais),
"Chantier nº5 : sport, nature et environnement" par le Grup Excursionista de Cerdanya du Collège mixte de Bourg-Madame (66 - Pyrénées-Orientales),
"Où mènes-tu, petit chemin ?" par l'École publique de Montigny (79 - Deux-Sèvres),
"Vingt mille yeux sous nos pieds" par l'École primaire publique de Sallertaine (85 - Vendée),
"Le tri, on s'y met tous" par le Collège Jean Zay de Morsang-sur-Orge (91 - Essonne),
"Espace vert" par le Collège Mahazengy de Fianarantsoa à Madagascar.

 
Pour tout renseignement complémentaire : Florence de Monclin

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Dernière mise à jour : le 08 octobre 1999