Témoignages sur la biodiversité
"Enjeu éthique"

Gardiens du patrimoine

de 7 à 11 ans

Sauvegarde de fruitiers tropicaux

de 12 à 15 ans

Pour la réintroduction des cèpes

plus de 16 ans

GARDIENS DU PATRIMOINE

Tel est le rôle socio-culturel exercé à l’égard des enfants comme des adultes par 25 résidents de l’Institut Marc Signac de Saint-Amand de Montmoreau en Charente.

Dans quel cadre se situe votre action ?
Cette structure, créée en 1992, est un Foyer Occupationnel ouvert toute l’année qui accueille en internat des adultes handicapés mentaux.

Quels sont les objectifs de la Ferme des Vallées ?
Afin d’éviter le renfermement sur soi, le foyer a été doté d’une ferme traditionnelle dans l’idée de fournir des tâches simples et variées. Il s’agissait de donner des repères à travers différents cycles : activités quotidiennes, rythmes des saisons, périodes des naissances, etc. Deux domaines ont été adjoints : un conservatoire des races domestiques menacées et une ferme pédagogique.

De quoi se compose le cheptel de la ferme ?
En liaison avec différents instituts techniques et écoles vétérinaires sont élevées à la ferme des races anciennes ou en voie de disparition : vaches maraîchines, juments de trait mulassières, baudets du Poitou, poneys Barthais, porcs bigourdans, chèvres poitevines et celles des Pyrénées, moutons Mérinos précoces et ceux des landes de Bretagne, oies blanches du Poitou, dindons noirs de Gascogne, poules Crêvecœur, Marandaises et celles de Barbezieux. Un vrai patrimoine génétique dont les résidents sont les “gardiens”.

Quel est le rôle de la ferme pédagogique ?
Résidents et équipe éducative accueillent des groupes porteurs de projets de la crêche au troisième âge. Ainsi des contacts s’établissent avec les visiteurs tandis que ces derniers découvrent différents mondes, celui de l’élevage ou de la conservation mais aussi celui des handicapés mentaux. Tous contribuent concrètement à la préservation de la diversité génétique et du patrimoine culturel associé.

Quels savoirs, savoir être et savoir-faire avez-vous développés ?
Au fil du temps, les résidents acquièrent quelques techniques d’élevage et de production à l’ancienne. Toutes ces activités liées à l’accueil du public développent le sens de l’utilité et de la responsabilité tout en favorisant l’ouverture à l’autre.

Quel bilan tirez-vous de cette action ?
Après 4 ans de fonctionnement, les résidants paraissent épanouis et particulièrement sociables. La ferme accueille de nombreux visiteurs (1 000 en 96). La complexité de l’élevage conservatoire oblige les “fermiers” à vivre des échecs et des réussites, mais n’est-ce pas le propre de la vie ?

Partenaires :
Conseil Général de Charente, Association Patronage des Enfants en Charente.

CONTACTS

    • Joseph Desbrosse, Directeur
    • Jean-Jacques Puydoyeux, Chef de service
    • Olivier Rosset, Conservateur
    • Véronique Bougard-Rosset, Responsable de la Ferme Pédagogique
    Institut Marc Signac
    La Ferme des Vallées
    16190 Saint-Amand-de-Montmoreau
    Tél : 05 45 60 28 88 - Fax : 05 45 60 28 82.

SAUVEGARDE DE FRUITIERS TROPICAUX

Une dizaine de jeunes de 12 à 15 ans du Collège Hubert Delisle à Saint-Benoît de la Réunion ont entrepris de reconstituer un verger en faveur de la biodiversité.

Dans quel cadre se situe votre action ?
C’est un Projet d’Action Éducative réalisé en 96 sur le thème de la participation à la sauvegarde du patrimoine végétal local.

Quels sont les objectifs de votre action éducative ?
Il s’agissait de protéger et de régénérer des arbres fruitiers réunionnais et donc, de choisir des espèces adaptées aux conditions locales mais aussi de connaître l’écosystème approprié à leurs cultures. C’est un préalable à la plantation d’arbres fruitiers réputés “difficiles” pour ensuite les réintroduire dans les usages.

Quels sont les temps forts de votre action ?
Ils sont inhérents aux étapes de reconstitution du verger : faire un choix de terrain, élaborer un plan de plantation, confectionner les trous, connaître les besoins des plantes, choisir les engrais de fond, assurer la taille de formation ou encore le tuteurage. Pour l’entretien, les jeunes ont réalisé du compost et envisagé une lutte biologique contre les diverses maladies. La phase communication a reposé sur la fabrication de panneaux descriptifs et sur une exposition de planches photographiques sur les différentes espèces cultivées à la Réunion et leurs utilisations.

Quels savoirs, savoir être et savoir-faire avez-vous développés ?
Des savoirs liés à la plantation des fruitiers, au suivi de leur croissance, à la connaissance des maladies des végétaux et du contrôle sanitaire. Les capacités d’écoute, de raisonnement et d’intégration dans un travail d’équipe constituent les savoir-faire et savoir être privilégiés.

Quel bilan tirez-vous de cette action ?
Les vingt arbres fruitiers en pleine croissance avec peut-être une première récolte dès l’an prochain, constituent la principale fierté des jeunes. Ils ont montré un grand intérêt pour le sujet et les métiers de l’arboriculture et ce n’est pas sans incidence sur leurs orientations scolaires. Ils ont voulu prolonger l’opération par une plantation d’espèces à parfums et à épices. L’action a aussi permis de sensibiliser le public aux espèces endémiques de l’île de la Réunion.

Partenaire :
Institut de Recherche CIRAD-FHLOR, M. Lebellec.

CONTACTS

    Fabrice May et Yvon Guichard, professeurs de SVT
    Collège Hubert Delisle - BP 126
    97470 St-Benoît - Île de la Réunion
    Tél : 0262 50 15 65 - Fax : 0262 50 63 76.

 

POUR LA RÉINTRODUCTION DES CÈPES

12 élèves de BTS du LEGTAF Jean Monnet de Vic-en-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées ont entrepris de valoriser nos forêts en développant la mycoculture.

Après avoir enquêté en forêt, pour savoir où et comment les cèpes de Bordeaux se développent le mieux, les élèves en ont conclu qu’un bois éclairci est plus favorable à leur pousse d’où la nécessité de l’entretenir. “Le défi que les élèves ont lancé, explique Jean Rondet, était la création de nouvelles cépières reposant sur deux axes ; une enquête écologique sur la recherche des conditions qui favorisent spontanément la pousse des cèpes. L’idée étant d’inciter les forestiers à reproduire ces conditions, comme le peuplement d’épicéas par exemple pour le cèpe de Corrèze. Puis, expérimenter au laboratoire du lycée les travaux de l’INRA de Bordeaux, c’est-à-dire faire des plants de chênes ou d’épicéas mycorisés”.

Pour exhorter les sylviculteurs et les communes à mieux gérer leurs forêts, les jeunes ont réalisé un diaporama, “la forêt, des champignons, des hommes” ou “comment passer de la sylviculture à la mycosylviculture” et une exposition composée de vingt panneaux : économie et sociologie de la cueillette des champignons avec dessins, aquarelles, photos et échantillons de mycélium. Pendant les journées de l’environnement, les jeunes ont guidé des classes primaires à travers l’exposition. Un livret, destiné aux établissements scolaires, aux partenaires de l’opération ainsi qu’aux propriétaires privés et aux communes, a d’autre part été conçu pour diffuser l’information. “Les communes sont très intéressées par le développement de la mycosylviculture, raconte Jean Rondet, parce qu’elles y voient un intérêt en terme de production et d’animation touristique avec la création de sentiers de randonnée à thèmes”.

Un projet auquel le LEGTAF a pensé lui aussi. Il compte bientôt se lancer dans l’aménagement d’un sentier mycologique jalonné de panneaux-symboles. Tous pourront ainsi partager le témoignage de Baptiste : “Avant, j’avais le plaisir de cueillir des champignons. Maintenant j’ai le bonheur de savoir que ce champignon est relié aux arbres, au sol et au ciel”.

Partenaires :
Chambre d’Agriculture de Dordogne, Centre Régional de la Propriété Forestière, CPIE Bigorre-Pyrénées, ONF.

CONTACT

    Jean Rondet, professeur d’Agronomie
    LEGTAF Jean Monnet
    11bis, promenade Acacias
    65500 Vic-en-Bigorre
    Tél : 05 62 96 72 12 - Fax : 05 62 96 80 97.

Fiche extraite du Dossier Biodiversité

 
Dernière mise à jour : le 12 mai 2000