Témoignages sur le bruit
"A l'écoute des bruits"

A l'écoute des bruits et des sons

de 7 à 11 ans

Paysages sensitifs

de 12 à 15 ans

Son, bruit, musique

plus de 16 ans

A L'ÉCOUTE DES BRUITS ET DES SONS

Animation scolaire proposée par la FRAPNA-Rhône à des enfants de maternelle.

Quelles sont les conditions à respecter pour procéder à une animation comme la vôtre ?
La règle du jeu, c’est la succession d’activités courtes dans le temps, très concrètes, le plus ludique possible avec une maîtrise du langage qui doit rester simple.

Comment s’articule votre animation ?
Il s’agit d’une séance d’une demi-journée, organisée en classe et dans la cour avec des enfants de 3 à 6 ans, qui se déroule en plusieurs phases :

  • Les enfants et les adultes se présentent en faisant un bruit.
  • Dans la cour de l’école, les enfants font une écoute, les yeux fermés et lèvent un doigt pour chaque nouveau bruit entendu.
  • Nous introduisons ensuite les bruits des animaux : à chaque présentation d’une silhouette d’un animal domestique, les enfants imitent son cri ; puis on écoute des enregistrements d’ambiances sonores différentes (forêts, étangs ...) en y associant des illustrations (oiseau, cerf, grenouille).
  • Pour la musique et après énumération d’instruments, on présente des appeaux ; les enfants font alors quelques essais.
  • Pour ceux du quotidien, on fait un jeu de reconnaissance de bruits simples ; les enfants tournent le dos à l’animateur et devinent la nature des sons (froissement de papier, une chute d’eau, le tintement d’un verre ...)
  • Les enfants classent tous les bruits évoqués lors de la séance : ceux agréables et ceux qui déplaisent. De là, on expose le rôle de l’oreille, sa fragilité et on recherche comment chacun peut prendre soin de son ouïe. La 1ère application de notre animation consiste à se dire au revoir en douceur c’est-àdire sans traîner sa chaise et sans crier.

Quel a été le temps fort de cette animation ?
La classe accueillant ce jour-là un enfant sourd, chacun a bien compris à quel point cela semblait gênant de ne pas entendre, de ne pas comprendre les messages et à quel point on pouvait se sentir éloigné des autres.

Cette animation est-elle adaptable aux 7/11 ans ?
Tout à fait à condition d’approfondir les pistes d’exploitation et d’introduire des notions comme la connaissance de l’appareil auditif ou de faire référence à d’autres critères de classement des bruits comme l’intensité (forte, faible), la durée (bruit continu, intermittent, exceptionnel) ou le spectre (aigu, grave).

CONTACT

    Frédérique Resche-Rigon et Patricia Armandy
    FRAPNA Rhône
    32 rue Ste-Hélène
    69002 Lyon
    Tél : 04 72 77 19 90 - Fax : 04 72 77 19 93 - Coût : 600 F (hors frais de transport).

PAYSAGES SENSITIFS

À la découverte du canton d’Imphy, défi réalisé sur deux ans par une centaine d’élèves de 4ème.

Quels sont les objectifs de votre action éducative ?
Du fait que notre collège se situe dans une ZEP, nous avions deux objectifs : fédérer un projet autour de la 4ème de soutien et sensibiliser les jeunes à l’appréhension de leur canton par le développement de leurs 5 sens dont l’ouïe.

Quels sont les temps forts de votre action ?
Au printemps 95, tous les jeunes ont participé à une sortie de repérage de leur canton à l’aide d’un questionnaire. Pour chaque groupe de 10, un élève assurait l’animation de cette phase d’observation et recueillait les informations dont les caractéristiques sonores propres à chaque paysage. Par la suite, il y a eu un temps fort par sens. Pour le toucher, les élèves répartis en groupe en fonction de leur centre d’intérêt (VTT, randonnée, canoë-kayak...) ont collecté des objets (graviers, sable, mousse, lichens,...), tandis que le “groupe français” rassemblait le vocabulaire ayant trait à ce sens et que le “groupe dessin” confectionnait des boîtes destinées à cacher les matériaux recueillis. Lors de la 1ère exposition sur le toucher, il s’agissait de plonger la main dans ces boîtes et d’associer le vocabulaire correspondant au ressenti. Grâce à la participation du cuisinier de l’école et d’un restaurateur, le même principe sera adopté pour le goût. Pour l’association image/ bruit, les élèves ont pris des photographies de paysage tout en enregistrant le son inhérent à ce visuel. Par exemple, la Loire, la ville, les hauts fourneaux, un tracteur, un feu rouge, etc.

Lors de l’exposition photo, le jeu consistait à associer le son correspondant à l’image. Toujours sur le bruit et grâce au sonomètre prêté par la DDASS, nous avons fait des relevés qui ont été affichés dans le hall de l’établissement. Pour la vue et pour démontrer que l’image n’est rien sans le son, nous avons le projet de filmer le canton d’Imphy et d’y associer la rédaction d’un commentaire négatif puis positif avec, dans les deux cas, une musique correspondante. Le but est d’arriver à une 3ème version avec un commentaire neutre et des bruits réels, répondant ainsi à une demande du Conseil Général. Pour l’odorat, ce sera plus dur mais en associant un commentaire proustien aux images on devrait arriver à faire ressortir les odeurs du paysage.

Quels savoirs, savoir-être et savoir-faire avez-vous développés ?
Je pense que ce sont surtout l’observation et la restitution organisées qui permettent de lire un paysage comme un texte.

Quel bilan tirez-vous de cette action ?
Pour la partie déjà vécue, c’est l’enthousiasme généralisé. Le principe de la répartition des élèves par groupes d’intérêt a permis à chacun de trouver sa place ne laissant ainsi personne sur la touche.

Partenaires :
CDDP, CAUE, DDASS, Mairie d’Imphy et Conseil Général de la Nièvre.

CONTACT

    Jacques Bourdens, professeur d’Histoire-Géographie et Mme Denis, professeur de Biologie
    Collège Louis Aragon
    Le Chaillou
    58160 Imphy
    Tél : 03 86 68 74 17 - Fax : 03 86 68 74 17.

 

SONS, BRUIT, MUSIQUE

PAE labellisé 1000 défis, réalisé en 93/94 par 31 élèves de seconde.

Quels sont les objectifs de votre action éducative ?
La triple approche scientifique, environnementale et musicale constituait l’ossature du projet. L’objectif essentiel était une sensibilisation à l’univers des sons. Il s’agissait aussi de mettre en place des bases scientifiques pour la compréhension des phénomènes sonores, d’informer les jeunes sur les conséquences des comportements et d’ouvrir le lycée sur le monde du travail. Tous ces objectifs s’inscrivaient dans une perspective d’éducation à “impact durable”.

Quels sont les temps forts de votre action ?
En premier lieu, la préparation de l’exposition. Temps fort par l’énergie que son montage a demandé et par son rôle formateur au niveau des savoirs et des savoir-faire car elle concrétisait le travail de toute l’année. Parmi les autres temps forts, les visites d’entreprises (Peugeot) ou de laboratoires (CNRS), temps d’échanges et d’ouverture ; la préparation d’un mini spectacle avec conception du texte, recherche du message à faire passer, mise en scène, création du fond sonore qui l’accompagnait ; le travail d’équipe impliquant élèves, professeurs, agents, administration, parents, partenaires, etc. Le projet a réuni des acteurs qui ont l’habitude de travailler côte à côte mais rarement ensemble.

Quels savoirs, savoir-être et savoir- faire avez-vous développés ?
Au niveau des savoirs, les élèves ont découvert les conséquences du bruit sur les comportements, l’apprentissage et le sommeil. Il y a eu une véritable prise de conscience de phénomènes implicitement connus. Ce projet leur a permis de réaliser l’omniprésence et la relativité du bruit, de connaître la réglementation, les isolations phoniques existantes et surtout d’appréhender avec un médecin le lien entre le bruit et la surdité et l’isolement social qu’elle engendre.
Outre les savoirs biologiques et physiques développés par ordinateur, sonomètre ou PAO, un inventaire des métiers de l’acoustique a été réalisé à l’issue de multiples contacts (médicaux, techniques et musicaux).
En ce qui concerne les savoir-faire développés, il y a eu la recherche d’information supposant un développement de l’autonomie, la réalisation de synthèse et la transmission du message par l’image et le texte à la base de la communication. Au stade des savoirs-être, le travail d’équipe et de recherche met tout le monde sur un pied d’égalité et j’intervenais alors comme un catalyseur et non plus dans un rapport de hiérarchie.

Quel bilan tirez-vous de cette action ?
Ce type de projet prend énormément de temps et d’énergie mais c’est très satisfaisant car on travaille autrement avec un enrichissement tous azimuts, une ouverture très forte rendue nécessaire pour trouver parrains techniques et financiers, et une relation de confiance et d’estime réciproques avec les élèves où toute inhibition a disparu. Les élèves sont passés d’un état passif à un état d’écoute. Le projet a développé l’esprit d’ouverture, les échanges et a valorisé leur démarche. Enfin et c’est l’essentiel, ils ont acquis une attitude réfléchie et de nouveaux comportements à l’égard des décibels.

CONTACT

    Renée Civoniac, professeur de Biologie
    Lycée Bartholdi
    9 rue du Lycée
    68000 Colmar
    Tél : 03 89 20 83 30 - Fax : 03 89 23 50 52

Fiche extraite du Dossier Bruit

 
Dernière mise à jour : le 28 avril 2000