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Dossier
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Chronologie d'une prise de conscience du changement climatique : quelques repères |
- Deux chercheurs découvrent que les CFC* sont responsables de la diminution (ou déplétion) de l'ozone stratosphérique.
*C.F.C. (ChloroFluoroCarbones)
Ce sont des gaz industriels stables contenant du chlore, du fluor et/ou du brome sous les noms commerciaux de fréons et halons. Ils ont été utilisés pour la première fois en 1928 comme liquide réfrigérant pour remplacer l’ammoniac et surtout, en très grande partie dans les années 50, comme gaz propulseur des bombes aérosols.Un gramme de CFC est 4000 fois plus absorbant qu’un gramme de CO2.
Leur utilisation produit des composés chlorés qui sont inoffensifs à basse altitude, mais qui dans la stratosphère libèrent du chlore qui contribue à détruire la couche d'ozone (l’ozone stratosphérique entre 15 et 20 km nous protège des rayons ultraviolets). Cela a conduit à l’interdiction totale des CFC à partir de l'an 2000.
> 46 ans séparent la 1ère utilisation et la preuve de dangerosité et encore 26 ans la preuve de dangerosité et l'interdiction
> au total 72 ans séparent entre la 1ère utilisation des CFC et leur interdiction.
- Conférence mondiale sur le climat à Genève.
C’est la 1ère trace d'inquiétude de la communauté savante. Cette conférence mondiale est organisée à l'initiative du Programme des Nations-Unies pour l'Environnement (PNUE), l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Conseil International des Unions Scientifiques (CIUS).
Cette conférence de 1979 se contente d'en appeler à un renforcement des observations. C'est d'ailleurs là qu'est lancé de Programme Climatologique Mondial (PCM).
Cela fait alors plus de 20 ans que Charles Keeling, du Scripps Institute of Oceanography, observe l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère. Ses travaux aboutiront à une courbe aujourd'hui fameuse : la "courbe de Mauna Loa ", du nom de l'observatoire hawaïen à partir duquel ont eu lieu les mesures.
- Au cours de cette décennie, un certain nombre de conférences intergouvernementales consacrées aux changements climatiques ont eu lieu à la fin des années 1980 et au début des années 1990. S'ajoutant à des éléments de preuves scientifiques de plus en plus nombreux, ces conférences ont contribué à sensibiliser la communauté internationale à la question. Les participants se composaient de responsables gouvernementaux, de scientifiques et de spécialistes de l'environnement. Les réunions ont abordé des questions d'ordre tant scientifique que politique et ont appelé à une action mondiale.
- Conférence de l'ONU (Organisation des Nations Unies) sur les sources d'énergies renouvelables.
- Résolution de la Commission économique de l'Onu : réduire de 30 % les émissions de dioxyde de soufre.
- Parmi les principales manifestations, il faut citer la Conférence mondiale sur le Climat de Villach (octobre 1985).
Elle aboutit au consensus suivant : le résultat de l'accroissement des concentrations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère pourrait avoir comme effet une augmentation de la température moyenne "greater than any man's history" dans la première moitié du siècle prochain. Les experts affirmèrent aussi que..."the understanding of the greenhouse question is sufficiently developed that scientists and policy-makers should begin active collaboration to explore the effectiveness of alternative policies and adjustements". La prise de conscience est bien là, mais elle est encore très faible ; qui a entendu parler de Villach en 1985 ?
- Conférence de l'ONU (Organisation des Nations Unies) sur la protection de la couche d'ozone.
- Conférence de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sur les pluies acides à Paris.
- Incendie de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
- La Commission mondiale sur l'environnement et le développement publie le rapport Brundtland, “Notre avenir à tous”.
Naissance du concept de “sustainable development“ (développement soutenable ou viable) soit “un développement qui réponde aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs” (Rapport Brundtland, 1987)
- Signature par vingt-quatre pays du protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone. Objectif : réduire de 50 % d'ici à 1999 les émissions de CFC.
- Tout autre est le retentissement des travaux de la Commission Mondiale sur l'Environnement et sur le Développement, plus connue sous le nom de "Commission Brundtland". C'est en 1987 que cette commission rend son rapport public qui demande au PNUE et à l'OMM d'entreprendre des actions dans le domaine des changements climatiques.
- Suivant les recommandations du rapport Brundtland, une conférence intitulée explicitement "L'atmosphère en évolution : implications pour la sécurité du globe" a été tenue en juin 1988 à Toronto. A l'issue de cette conférence, les scientifiques affirmèrent que "l'humanité mène non intentionnellement une expérience mondiale incontrôlée dont les conséquences ultimes peuvent être de l'ordre de grandeur d'une guerre nucléaire globale". Ils recommandent de réduire les émissions de CO2 de 20% par rapport à leur niveau de 1988 d'ici l'an 2005. Cette recommandation sera ensuite connue sous le nom des "objectifs de Toronto". C'est aussi en 1988 que les pays membres de l'OMM et du PNUE décident de mettre en place un mécanisme intergouvernemental pour étudier le changement climatique en tant que phénomène socio-politique, et non plus seulement en tant que phénomène climatique.
- A Hambourg, congrès international sur le climat et sur les conséquences des catastrophes climatiques dans les pays en développement.
- En novembre 1988, création du GIEC (Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution des climats).
Le GIEC est composé de quatre groupes de travail : un premier est chargé comprendre les réactions du climat suite de l'accroissement des émissions, un second doit étudier l'impact sur l'environnement, les sociétés et l'économie, un troisième se voit confier la mission de définir des politiques de réduction des émissions et d'adaptation à des changements déjà inéluctables, et enfin un dernier est consacré à l'étude des problèmes spécifiques aux pays en développement.
- Conférence sur la pollution atmosphérique à Noordwijk (Pays-Bas). Objectif : stabilisation des émissions de CO2 d'ici à l'an 2000.
- Déclaration de Vancouver sur la survie au XXIe siècle.
- Protocole de Madrid. Vingt-six pays décident que durant cinquante ans, il n'y aura pas de développement en Antarctique.
- Sommet de la Terre à Rio. Signature de la Convention sur la diversité biologique et adoption de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) signée par 188 Etats.
Cette convention reconnaît 2 principes :
> celui de stabiliser la concentration des GES (gaz à effet de serre) dans l’atmosphère ;
> et celui d’une responsabilité différenciée entre pays industrialisés et pays en développement.
- La Convention sur les changements climatiques de Rio est ratifiée par cinquante pays.
- Convention de Paris sur la désertification.
- Conférence du Conseil de la Terre pour analyser les décisions prises au sommet de Rio.
- Rio + 5 : séance spéciale à l'Onu sur l'environnement.
- Sommet de Kyôto sur les changements climatiques. 158 Etats adoptent le protocole de Kyôto qui :
- prévoit 5% de réduction globale de GES par rapport à 1990 pour 2008-2012 (NB : à la Conférence de Toronto en 1988, les scientifiques avaient recommandé de réduire les émissions de CO2 de 20% par rapport à leur niveau de 1988 d'ici l'an 2005)
- instaure des obligations chiffrées de résultat pour les pays industrialisés ;
- et qui crée pour ces derniers le principe d’échange de tonnes équivalent CO2. (Depuis la ratification de ce protocole par la Russie en 2004, on a atteint le seuil des Etats signataires, ce qui a permis son entrée en vigueur le 16 février 2005 même si quelques pays, et notamment les Etats-Unis, la Chine et l’Australie, refusent encore de le signer).
- 3e rapport du GIEC qui officialise pour la 1ère fois le lien de cause à effet entre l’augmentation des GES et donc le dérèglement climatique et les activités humaines.
- Déclaration du conseiller scientifique Tony Blair, sir David King dans la revue américaine “Science” (9 janvier 2004) : «Le changement climatique est le plus grave problème auquel nous soyons confrontés aujourd’hui avant même la menace du terrorisme.” Ce cri d’alarme ne relève pas de la simple rhétorique. Tony Blair a fait de la lutte contre le réchauffement planétaire l’une des deux priorités de la présidence britannique de l’Union Européenne, l’autre étant le développement de l’Afrique.
- Ratification en octobre par la Russie du protocole de Kyôto permettant d’atteindre le seuil des états signataires pour son entrée en vigueur.
- 16 février : le protocole de Kyôto entre en vigueur et a force de loi pour les 128 pays qui l'ont ratifié.
- 28 février : adoption de la Charte de l’Environnement adossée à la Constitution Française.
Cette Charte énonce entre autres, le principe de précaution.
Art. 5. - Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.
- mars : Déclaration du Conseil de Direction de l’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire.
Cette évaluation est née de la demande faite par le Secrétaire général des Nations Unies en 2000 dans un rapport intitulé “Nous, les peuples : le rôle des Nations Unies au XXIe siècle”. Initiée en 2001, elle a pour objectif d’évaluer les conséquences du changement des écosystèmes sur le bien-être humain ; elle doit également permettre d’établir la base scientifique pour mettre en place les actions nécessaires à l’amélioration de la conservation et de l’utilisation durable de ces systèmes, ainsi que de leur contribution au bien-être humain.
Plus de 1 360 experts du monde entier ont été impliqués dans ce projet.
“La conclusion essentielle de cette évaluation est que les sociétés humaines ont le pouvoir de desserrer les contraintes qu'elles exercent sur les services naturels de la planète, tout en continuant à les utiliser pour obtenir un meilleur niveau de vie pour tous.
Y parvenir réclamera cependant des changements radicaux dans notre manière de traiter la nature à toutes les étapes de la prise de décision, ainsi que de nouvelles façons de coopérer entre gouvernements, entreprises et société civile. Les signaux d'alarme sont là pour qui veut les voir. Le futur est entre nos mains.” Conclusion du Millenium Ecosystem Assessment, mars 2005.
- 8 juillet : réunion du G8 à Gleneagle qui admet la nécessité d'agir contre les gaz a effet de serre.
Dans un communiqué, les grandes puissances se sont dit prêtes à “agir maintenant” sur le climat “afin de commencer a ralentir et, pour autant que la science le justifie, à freiner et à inverser l'augmentation des gaz a effet de serre”.
Dans ce document, les Etats-Unis et leurs partenaires (Allemagne, Canada, France, Japon, Italie, Royaume-Uni, Russie) déclarent que "le changement climatique constitue un défi grave et à long terme qui est susceptible d'affecter tous les points du globe". Après avoir souligné le rôle des énergies fossiles et "d'autres activités humaines" dans "l'accroissement des gaz a effet de serre liés au réchauffement de la surface de la Terre", ils soulignent la nécessité d'agir.
En fait d’action, les huit proposent la mise en place d’un forum informel consacré au changement climatique, à l’énergie propre et au développement durable.
Le communiqué fait en fin de texte une allusion au protocole de Kyôto : "Ceux d'entre nous qui ont ratifié le protocole de Kyôto se félicitent de son entrée en vigueur et œuvreront pour en assurer le succès".
- 24 mai : lancement du Défi pour la Terre par l’ADEME et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. “Faisons vite, chaque geste compte. Vous avez plus de pouvoir que vous ne le pensez.”
> Chronologie élargie à d’autres thèmes que celui du changement climatique.
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