Actions pédagogiques sur le climat

Les fiches pédagogiques sont conçues pour permettre aux encadrants de groupes d'enfants ou de jeunes de mener une action autour du sujet du dossier.

  • La fiche générale regroupe les grands points à travailler pour se familiariser avec le thème avant de conduire une action avec son groupe. Elle expose des pistes qui permettent à tous de traiter le sujet quels que soient sa formation initiale ou l'âge des jeunes dont il a la responsabilité.
  • Dans les fiches suivantes, des propositions sont détaillées et conseillées pour des tranches d'âge précises (de moins de 7 ans à plus de 16 ans). Pour les 7-11 ans, les 12-15 ans et les plus de 16 ans, des conseils et des liens avec les programmes scolaires sont indiqués en bas de chaque fiche.
Fiche générale moins de 7 ans de 7 à 11 ans de 12 à 15 ans plus de 16 ans


 

Vers un réchauffement planétaire ?

INTRODUCTION

La variabilité naturelle du système climatique a toujours existé. Sa réalité scientifique a pris corps grâce aux relevés historiques, aux cercles de croissance des arbres, des coraux, des sediments et des glaces qui ont permis de reconstituer les températures depuis le XIe siècle.

Au cours du XXe siècle, de nombreux changements ont pu être observés : augmentation de la température moyenne du globe de 0,6°C (+ 0,9°C en France), réduction de la couverture neigeuse, recul des glaciers, augmentation du niveau moyen des océans, blanchiment du corail, augmentation des précipitations dans l’hémisphère Nord. Pour les scientifiques, tous ces phénomènes concourent à démontrer que depuis la révolution industrielle (1850), nous assistons à un réchauffement rapide et brutal du climat qui serait essentiellement dû à une accumulation de carbone dans l’atmosphère, sous forme de gaz carbonique (CO2) ayant pour origine les activités humaines.

Si nous ne limitons pas l’augmentation de l’effet de serre d’origine anthropique et le réchauffement conséquent, ce dernier sera encore plus rapide. Étant donné les perspectives, de nombreux scientifiques, citoyens et hommes politiques réclament une action immédiate.

OBJECTIF

  • Réaliser que la Terre est la seule planète connue où la vie existe et que ses climats conditionnent le développement des êtres vivants.
  • Comprendre le renforcement de l’effet de serre naturel par l’accumulation de gaz piégeant la chaleur.
  • Connaître les indicateurs du changement climatique et les risques que ce changement est susceptible d’entraîner.
  • Prendre conscience de l’accélération du réchauffement de la planète au cours de la dernière décennie par l’étude de ses effets.
  • Établir la relation entre nos modes de vie, de production et de consommation et la production de CO2 et d’autres gaz à effet de serre.
  • Prendre conscience de la nécessité d’agir à toutes les échelles : internationale, nationale et locale tant au stade collectif qu’individuel.

NOTIONS ET MOTS-CLÉS

atmosphère, bilan énergétique, biodiversité,  changement climatique, climat, combustion des énergies fossiles, couche d’ozone stratosphérique, cycle du carbone, déforestation, développement durable, écosystème, effet de serre additionnel ou anthropique , effet de serre naturel, énergies renouvelables, évaporation, gaz à effet de serre (GES) (dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), vapeur d’eau (H2O)…), météorologie, océan, ozone de basse couche ou troposhérique, perturbations anthropiques, perturbations climatiques, pollution atmosphérique, Protocole de Kyôto, puits de carbone, réchauffement climatique global, régime hydrologique, Sommet de la Terre de Rio.

1. Les climats et leur évolution

• Faire distinguer les notions de temps et de climat.

• Observer un planisphère des climats dans le monde : indiquer par quelles données se différencient les climats ; relever la disposition zonale des climats, en rechercher les causes (cosmiques et planétaires) ; rechercher les facteurs géographiques qui introduisent de profondes modifications dans ce dispositif général (côte / intérieur, position des continents par rapport aux grands climats zonaux, vents dominants et courants océaniques, etc.).

• Observer un planisphère des grands milieux biogéographiques, faire remarquer que la géographie des formations végétales est en étroit rapport avec les données climatiques et a des incidences sur les populations animales et le développement des sociétés humaines.

• Rechercher l’évolution des climats au cours de l’histoire géologique (grandes glaciations), les causes (variation de l’inclinaison de l’axe des pôles, de l’activité solaire) ainsi que l’évolution de la faune et de la flore.

• Rechercher, à l’échelle historique, des témoignages d’oscillations climatiques séculaires et leurs conséquences économiques, voire démographiques.

• Rechercher quelle peut être aujourd’hui l’influence de l’action de l’homme sur les climats : relever des indicateurs du changement climatique, recenser des phénomènes attestant des transformations actuelles du climat dues aux activités humaines (augmentation de la température moyenne du globe, augmentation du nombre des cyclones, des inondations, des sécheresses, montée du niveau marin, recul et fonte des glaciers, blanchiment des coraux...). Comparer les durées des évolutions.

• Recenser dans les archives des journaux, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes en Europe qui pourraient témoigner d’un changement climatique (tempêtes de décembre 1999 en France, inondations d’août 2002 en Allemagne, canicule de l’été 2003, sécheresse de 2005, etc.) et analyser leurs conséquences économiques, écologiques et sanitaires.

 

2. Les hommes peuvent-ils perturber les équilibres climatiques de la Terre ?

• Étudier l’effet de serre naturel sans lequel il n’y aurait pas de vie sur Terre : représenter le système climatique comme une machine thermique qui reçoit l’énergie du Soleil et réémet vers l’espace de la chaleur ; appréhender le bilan radiatif de la planète, définir l’équilibre énergétique de l’ensemble Terre/atmosphère (équilibre entre le flux solaire absorbé par la planète et le flux terrestre infra-rouge émis) ; indiquer les transformations que subit l’énergie entre ces deux états ultimes.
Cf. animation de base, animation plus détaillée ou schéma illustratif.

• Relever les longueurs d’onde qui atteignent la surface terrestre, celles qui sont absorbées, celles qui sont réfléchies ; qu’en conclure sur le rôle des couches de l’atmosphère, du couvert végétal et sur celui des pôles ?

• Analyser l’accumulation des gaz piégeant la chaleur de l’atmosphère : observer l’évolution de la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère depuis la révolution industrielle, l’augmentation de la concentration de l’atmosphère en divers gaz (méthane CH4), oxydes d’azote (NOX), etc.), le rejet de particules en suspension (aérosols) accentuant l’effet de serre  naturel.

• Rechercher l’origine des deux principaux responsables du réchauffement actuel : le dioxyde de carbone (combustion des matières organiques qui dégage du CO2 et le déboisement qui diminue les possibilités de capture et de stockage du carbone) et le méthane qui se forme dans les processus anaérobies (décharges, rizières,…) et dans l’estomac des ruminants.

• Appréhender le système complexe dans lequel océan et atmosphère interagissent et dont le moteur est l’énergie solaire. Analyser les échanges thermiques entre l’océan et l’atmosphère qui conditionnent le climat.

• Schématiser le cycle du carbone (sous-sol, atmosphère, végétation, animaux, océan), quantifier le stockage et les échanges. S’interroger où, à moyen terme, devrait être stockés les excédents de carbone et jusqu’à quand résistera le fragile équilibre de la planète.

• Imaginer les conséquences d’un réchauffement climatique global :
> élévation du niveau de la mer : quelles seraient les régions du globe les plus touchées ? Mettre en relation avec la carte des densités de population dans le monde (poser la question des réfugiés écologiques) et la carte des inégalités de richesse (poser le problème des pays du Sud). Cartographier les régions qui, en France, seraient immergées si le niveau des mers augmentait de 50 cm.
> bouleversements écologiques : quelles conséquences sur les paysages, la vie animale et végétale, l’évolution des sols et des ressources en eau ? Est-ce que les écosystèmes auront le temps de s’adapter ? Quelles répercussions sur la répartition des espèces ? Est-ce que les espèces terrestres pourront migrer, évoluer ?
> changements agronomiques : quel effet auraient les variations de températures sur les dates de floraison et de maturité des végétaux ? Quelles régions connaîtraient une baisse de leur production agricole ? Quelles incidences sur l’alimentation des populations locales et des économies nationales ?
> problèmes de santé humaine : émergence possible de maladies tropicales dans les zones tempérées, développement des maladies transmissibles par les parasites du fait d’une modification de leurs aires de reproduction, recrudescence du paludisme avec l’augmentation de la température et des pluies...
> déplacements de populations dus à l’augmentation du niveau des mers par la submersion des parties basses, des atolls. Quels risques pour les pays dont le territoire se trouve en dessous du niveau des mers, comme le Bangladesh, les Pays-Bas, les Maldives et de nombreux petits États insulaires du Pacifique ?
> quelles mesures d’adaptation au changement climatique est-il possible de prévoir ? Est-ce que devant ce problème, pays du Sud et pays du Nord seront à égalité ? Quels sont les pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre ? Quels sont les pays qui accumulent le plus de risques du fait du changement climatique ? Au sein des pays industrialisés, les popoulations seront-elles sur un même pied d’égalité pour faire face à ces risques ?

• Quelles stratégies préventives mettre en œuvre face aux risques probables d’un réchauffement ? Quelle mobilisation à chaque niveau ? Quelles actions tenter face à des phénomènes aux conséquences dramatiques pour la Terre, l’Homme et toutes les espèces vivantes ?

 

3. Agir à tous les niveaux

• Rechercher les étapes de la mobilisation des États à l’échelle planétaire : création du GIEC en 1988 (quel est cet organisme, son rôle ?), Sommet de la Terre de Rio en 1992 et adoption de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (sur quels grands principes repose cette convention ?), Protocole de Kyôto (signé en 1997, ratifié en 2005) (quelle réduction globale ? quelles obligations pour les États ? quels États ne l’ont pas signé ? quelles sont les conséquences de cette absence de ratification ? depuis la ratification de 2005, quelle politique de mise en œuvre est prévue ?).

• Rechercher la mobilisation des États à une échelle régionale, l’Europe : Programme Européen sur le changement climatique en 2000 (PECC). Quelles directives concernant les secteurs émetteurs de GES ? Quelles propositions ?

• Rechercher la mobilisation à l’échelle d’un État, la France : Programme national de lutte contre le changement climatique (PNLCC) en 2000, Plan Climat en 2004, loi sur les orientations de la politique énergétique en 2005. Quels objectifs ? Quelles mesures ? Quelle mise en œuvre ?

• Rechercher et comparer les émissions de CO2 par habitant et par pays. Quels sont les pays prioritairement responsables des émissions de CO2 ? Pourquoi ces disparités ? Mettre en relation avec les États signataires ou non signataires du protocole de Kyôto mettant en œuvre la Convention sur les changements climatiques.

• Rédiger une charte sur les engagements à tenir individuellement pour lutter contre le réchauffement climatique :
> à la maison ;
> dans l’établissement scolaire ;
> dans le cadre des loisirs ;
> des transports ;
> des achats et de la consommation ;
> des mesures fiscales relatives à l’achat d’un véhicule, à l’isolation d’un bâtiment, aux énergies renouvelables, etc.) ;
> dans l’exercice de sa citoyenneté .

La mettre en œuvre et faire le point régulièrement avec franchise !


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