Témoignages sur la nature
"Une nature multi-usages"

Petits et grands, tous au jardin !

de 7 à 11 ans

Un petit coin de forêt

de 12 à 15 ans

Recette pour un nouveau compost

plus de 16 ans

PETITS ET GRANDS, TOUS AU JARDIN !

De jeunes écoliers des Hautes-Pyrénées rencontrent les anciens du village autour d’un potager : leçons de jardinage et plus, si affinités.

Arreau est un petit village de mille âmes : certains villageois sont nés ici et y vivent depuis des décennies. D’autres, plus récemment installés, sont d’anciens citadins un peu perdus dans le microcosme rural. Pas facile de concilier tous les habitants. Mais Hélène Sahuc a plus d’une idée dans la tête. Directrice de l’association Airel, elle tente de rassembler autour d’une activité commune les anciens du village, papis et mamies un peu désœuvrés, et les enfants de l’école municipale. Pourquoi pas le jardinage ?

Sur le terrain de l’entente
« Arreau abritait autrefois de jolis jardins, peu à peu laissés à l’abandon. Nous avons proposé aux jeunes et aux moins jeunes de les entretenir ensemble. Et ils ont répondu présents » raconte Hélène. Il y a Renée, la doyenne de 84 ans, monsieur Lopez, fringant retraité, Jojo, le papi bourru mais plein de bonne volonté. Ils apprennent, avec un peu de maladresse et beaucoup de tendresse, l’art de faire pousser des plantes à la vingtaine de petits écoliers turbulents. Soutenues par une poignée d’horticulteurs voisins et l’animatrice de l’association, Rachel Beisson, les deux générations se retrouvent régulièrement dans les jardins.
On discute, on interroge, on tripote la terre, on arrache les mauvaises herbes, on sème les graines et on regarde les fleurs et les légumes pousser. Chaque enfant dispose d’une petite parcelle où il plante ce qu’il veut. Le reste du terrain est cultivé par tous.

Après l’effort, la fête
Tout le village se réunit parfois pour admirer l’avancée des travaux : goûter géant et dégustation des produits de la récolte, fête des épouvantails pour élire le plus beau d’entre eux... « L’idéal serait que chaque habitant du village trouve sa place autour des jardins. Nous aimerions pour cela monter un jeu. Ils sont tous invités à y réfléchir » conclut Hélène Sahuc.

CONTACT

    Hélène Sahuc et Rachel Beisson
    Association Airel
    Quartier Sainte-Luce
    65240 Cadéac
    Tél. : 05 62 98 63 82

UN PETIT COIN DE FORÊT

Échappés de la banlieue parisienne, des collégiens découvrent le milieu forestier et les activités humaines qui s’y déroulent.

À Meaux, en Seine-et-Marne, les tours et les barres poussent plus vite que les arbres. L’environnement est tout gris, et pourtant la forêt n’est pas très loin. Au collège Henri Dunant, classé en zone d’éducation prioritaire, un groupe de professeurs a souhaité élargir un peu l’horizon de leurs élèves de 5e et les plonger dans le vert univers des forêts. « Apprendre aux jeunes à connaître et à aimer la forêt, c’est aussi un moyen de les initier au respect de l’environnement » explique Sylvie Wickers, professeur en Sciences de la Vie et de la Terre.

Un milieu naturel complexe
Les élèves ont travaillé avec des outils pédagogiques réalisés par l’équipe enseignante et par l’Office national des forêts de Fontainebleau. Cette première approche les a familiarisés avec les multiples essences européennes ou tropicales, leur a permis de comprendre les conséquences des pluies acides, de la surexploitation des forêts ou des incendies. « Nous avons surtout insisté sur les rapports qui unissent les hommes aux forêts, ajoute Sylvie : la gestion forestière, l’exploitation du bois, les loisirs, les légendes que l’on se raconte de génération en génération... Les jeunes ont rapidement saisi le rôle joué par les hommes dans la vie des forêts, et le rôle que chacun de nous pouvait tenir. »

Les métiers de la forêt
Certains se sont-ils découvert une vocation ? Fascinés par la taille des arbres et la beauté du bois, ils ont assailli de questions les bûcherons et les ingénieurs agronomes rencontrés au cours de la visite guidée de la forêt de Fontainebleau par un membre de l’ONF. De retour en classe, chaque élève a planté un gland et soigné quotidiennement son jeune chêne. Puis, avec leur professeur d’art plastique, ils ont réalisé des collages et autres montages en assemblant feuilles, fruits ou mousse récoltés en forêt. Enfin, tous ces travaux ont donné lieu à une exposition, petite goutte de forêt dans leur collège urbain.

CONTACT

    Sylvie Wickers
    Collège Wanda Landowska
    95320 Saint-Leu-la-Forêt
    Tél. : 01 34 18 35 70

 

RECETTE POUR UN NOUVEAU COMPOST

Un entrepreneur breton travaille avec de jeunes handicapés pour créer un compost biologique et promouvoir une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Dans les années 80, Pierrick Potocky décide de créer, au sein d’une association, une entreprise pour des jeunes handicapés aptes à travailler. Il se rapproche des centres d’aide par le travail (1200 en France, légalisés par une loi de 1975, aidés par le ministère de la Santé). A la même époque, il cherche un moyen de valoriser les lisiers, en production croissante, les algues vertes qui prolifèrent sur les plages, les déchets verts (résidus de tonte, de tailles) et les copeaux, écorces et sciures des activités forestières. Mais comment associer tous ces éléments ? Il se lance alors dans un pari un peu fou : celui de l’agriculture biologique. « Je voulais démontrer qu’on pouvait faire de la recherche appliquée avec ce monde des handicapés. J’ai bâti les méthodes avec eux, en les associant, raconte-t-il encore. Ma méthode pédagogique ? L’apprentissage. »

Du compost à la filière d’agriculture biologique
Les compagnons, c’est ainsi que sont désignés les jeunes handicapés, imitent les agriculteurs lorsqu’ils plantent des graines, puis manient la bêche, la fauche et, progressivement, apprennent à conduire des tracteurs… D’autres vont ramasser du lisier, des algues. Et en quelques années, le résultat s’impose : le centre crée le premier compost algo-forestier, 100% naturel, issu de lisier, d’algues et de déchets forestiers. Rapidement, toute une filière se met en place sur le site, de la station de compostage qui occupe 20 jeunes, à la station maraîchère biologique où ils sont 20 autres, en passant par la station horticole (20 aussi), l’espace de conditionnement et même une ferme auberge (6 jeunes et un chef cuisinier) pour déguster les produits ! « Le message passe par la matière et cette matière organique leur plaît », souligne Pierre. Et le fruit de leur travail plaira peut-être aussi demain aux consommateurs, puisque le "compost algo-forestier" sera vendu en grande surface au printemps.

CONTACT

    Pierrick Potocky
    Centre d’aide par le travail
    4 Vaulx-Jardin - BP 4
    22130 Corseul
    Tél. : 02 96 82 70 71 - Fax : 02 96 82 74 00

Fiche extraite du Dossier Nature

 
Dernière mise à jour : le 28 avril 2000