Témoignages sur la nature
"Pour que nature vive"

Ragondins et rats musqués à l'assaut des marais

de 7 à 11 ans

Le gypaète barbu en liberté

de 12 à 15 ans

Des réserves du Nord au Sud

plus de 16 ans

RAGONDINS ET RATS MUSQUÉS À L'ASSAUT DES MARAIS

Une école primaire vendéenne mène son enquête sur les rongeurs qui dégradent les marais de la région.

À Sallertaine en Vendée, les marais composent la plus grande part du paysage. Alors quand certains habitants de ces zones marécageuses, ragondins et rats musqués en tête, détruisent les berges, rongent l’écorce des arbres ou dévorent les iris, toute la commune en parle ! « Bien qu’ils vivent à proximité, les habitants de Sallertaine savent peu de choses sur ces rongeurs. Mieux les connaître permettrait pourtant de lutter efficacement contre leur prolifération » déclare Alain Bourasseau, instituteur et directeur de l’école de Sallertaine.

Enquête dans les marais
Une vaste enquête a été organisée avec ses élèves de CM1-CM2. Une première étape a conduit les jeunes enquêteurs dans les marais, à la recherche des traces laissées par les rats musqués et les ragondins. Visite à la bibliothèque et rencontres avec des spécialistes, par le biais notamment de la Fédération des groupements de défense des cultures, ont permis &127;de compléter les données recueillies sur le terrain.
« Nous avons par exemple reconstitué la chaîne d’ingestion du poison absorbé par les rongeurs mais affectant bien d’autres espèces. Nous avons alors réfléchi à d’autres solutions pour limiter les populations de rongeurs et préserver les marais » souligne Alain.

Les outils de la connaissance
Toutes les informations rassemblées ont donné lieu à un document informatique gravé sur CD-Rom où l’habitat, les modes de vie des rongeurs et les moyens de lutte contre la prolifération des ragondins et des rats musqués sont passés en revue. Toute la classe a ensuite transmis ces connaissances aux adultes par des expositions et des concours. Ils ont ainsi contribué à diffuser des informations précieuses sur les milieux humides, habitats fragiles et menacés, entre autres, par les rongeurs.

CONTACT

    Alain Bourasseau
    École primaire publique
    Place de la Mairie
    85300 Sallertaine
    Tél. : 02 51 93 03 45

LE GYPAÈTE BARBU EN LIBERTÉ

Une exposition en Haute-Savoie retrace la vie dans une vallée de montagne pour réhabiliter le gypaète barbu.

Le gypaète barbu est une des quatre espèces de vautour existant en Europe. Mais le dernier individu a été tué en Italie en 1913. Depuis les années 70, un programme international de réintroduction du gypaète a été mis en place associant la France, l’Autriche, l’Italie et la Suisse. Mais il a fallu attendre 1997 pour que le premier jeune né d’un couple relâché naisse en liberté. Aujourd’hui, le bilan est positif : quatre-vingt oiseaux ont été relâchés sur les quatre sites, quatre couples se sont formés dans la nature dont trois ont un œuf dans leur nid...

Des idées préconçues
Outre les difficultés techniques inhérentes aux caractéristiques biologiques de l’animal (âge de reproduction à 7 ans, instinct sauvage…), un important travail de pédagogie a dû être mis en place, car ce grand vautour a toujours horrifié les habitants de l’arc alpin. « On le soupçonnait par exemple de se vautrer dans le sang de ses proies, en raison de la couleur rouge de son bas-ventre. En réalité, c’est parce qu’il se baigne dans de la boue rouge (oxyde de fer) », explique Antoine Rouillon, de l’Agence pour l’étude et la gestion de l’environnement (Apege) chargée de la partie française du programme.
Autre idée préconçue : le vautour enlèverait des petits enfants et des animaux : « c’est faux, sa particularité est justement de ne se nourrir que d’os qu’il jette par terre pour les casser avant de les ingérer… »

Des exterminations aux réintroductions
C’est ainsi que l’Apege a élaboré une exposition au Reposoir, petit village de montagne de Haute-Savoie, qui retrace l’histoire tumultueuse des hommes et des animaux dans la vallée. En une demi-journée, les jeunes apprennent tous les épisodes : déboisement, extermination des bouquetins, des ours, des gypaètes. Il aura fallu une prise de conscience pour réintroduire ensuite ces mêmes animaux. Aujourdhui, « on ne peut plus tuer des gypaètes par ignorance », martèle Antoine. Malheureusement, en 1997, un jeune gypaète né en liberté s’est encore fait tuer.

CONTACT

    Programme de réintroduction du gypaète barbu.
    Antoine Rouillon
    Apege
    3 rue des Terrasses - BP 66
    74963 Cran-Gevrier cedex
    Tél. : 04 50 08 02 22 - fax : 04 50 08 02 23

 

DES RÉSERVES DU NORD AU SUD

Des lycéens ont découvert le travail des femmes d’un village sénégalais qui entretiennent une réserve naturelle.

L’histoire commence par un coup de foudre. En 1995, Evelyne Plée, documentaliste au lycée agricole d’Abbeville dans le Nord, participe à une Mission-Découverte de la Fondation Nicolas Hulot au Sénégal, dans la réserve naturelle de Popenguine. Elle y rencontre les villageoises qui, avec détermination et bonne humeur, portent sur leurs épaules la gestion de la réserve. Une rencontre fascinante mais trop brève : à peine de retour en France, Evelyne ne songe qu’à repartir. Le projet mûrit jusqu’à la rentrée suivante. Avec treize élèves du lycée (Club FNH "Teranga"), elle décide de monter un programme sur les réserves naturelles, dans le but d’étudier les pratiques de protection de la nature au Nord et au Sud.

La gestion sur le terrain
« Chaque semaine durant deux heures, nous avons réuni des informations sur la gestion et le fonctionnement des réserves. Une intervention du directeur de la réserve naturelle de la Baie de Somme et une journée d’action dans le parc ornithologique du Marquenterre ont ensuite familiarisé les jeunes au travail sur le terrain » explique Evelyne. Enfin, le départ pour le Sénégal. Les lycéens français ont travaillé quinze jours auprès des 1200 femmes issues des huit villages voisins de la réserve : armés de machettes, ils entretiennent les pare-feu et plantent des arbres pour ralentir l’érosion des sols. « Pour les femmes de Kër Cupaam, protéger leur environnement en luttant contre la surexploitation forestière et l’avancée du désert a aussi l’objectif de maintenir les jeunes dans la région » raconte Evelyne. Une volonté sociale et environnementale à laquelle tous adhèrent, y compris les Français.

Entre nature et culture
Des liens d’amitié se tissent. De retour en France, ces liens ne seront pas brisés : contacts téléphoniques, accueil de jeunes Sénégalaises pour les former au tourisme, échanges culturels multipliés... Et Evelyne Plée de conclure : « L’expérience montre que la protection de la nature, au Nord comme au Sud, se conçoit dans une perspective culturelle et sociale globale. »

CONTACT

    Evelyne Plée
    Lycée agricole l’Ermitage
    21 rue du lieutenant Caron
    80100 Abbeville
    Tél. : 03 22 24 81 81

 
Dernière mise à jour : le 28 avril 2000