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RAGONDINS ET RATS MUSQUÉS À L'ASSAUT DES MARAIS
Une école primaire vendéenne mène son enquête sur les rongeurs qui dégradent les marais de la région.
À Sallertaine en Vendée, les marais composent la plus grande part du paysage. Alors quand certains habitants de ces zones marécageuses, ragondins et rats musqués en tête, détruisent les berges, rongent lécorce des arbres ou dévorent les iris, toute la commune en parle ! « Bien quils vivent à proximité, les habitants de Sallertaine savent peu de choses sur ces rongeurs. Mieux les connaître permettrait pourtant de lutter efficacement contre leur prolifération » déclare Alain Bourasseau, instituteur et directeur de lécole de Sallertaine.
Enquête dans les marais
Une vaste enquête a été organisée avec ses élèves de CM1-CM2. Une première étape a conduit les jeunes enquêteurs dans les marais, à la recherche des traces laissées par les rats musqués et les ragondins. Visite à la bibliothèque et rencontres avec des spécialistes, par le biais notamment de la Fédération des groupements de défense des cultures, ont permis &127;de compléter les données recueillies sur le terrain.
« Nous avons par exemple reconstitué la chaîne dingestion du poison absorbé par les rongeurs mais affectant bien dautres espèces. Nous avons alors réfléchi à dautres solutions pour limiter les populations de rongeurs et préserver les marais » souligne Alain.
Les outils de la connaissance
Toutes les informations rassemblées ont donné lieu à un document informatique gravé sur CD-Rom où lhabitat, les modes de vie des rongeurs et les moyens de lutte contre la prolifération des ragondins et des rats musqués sont passés en revue. Toute la classe a ensuite transmis ces connaissances aux adultes par des expositions et des concours. Ils ont ainsi contribué à diffuser des informations précieuses sur les milieux humides, habitats fragiles et menacés, entre autres, par les rongeurs.
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LE GYPAÈTE BARBU EN LIBERTÉ
Une exposition en Haute-Savoie retrace la vie dans une vallée de montagne pour réhabiliter le gypaète barbu.
Le gypaète barbu est une des quatre espèces de vautour existant en Europe. Mais le dernier individu a été tué en Italie en 1913. Depuis les années 70, un programme international de réintroduction du gypaète a été mis en place associant la France, lAutriche, lItalie et la Suisse. Mais il a fallu attendre 1997 pour que le premier jeune né dun couple relâché naisse en liberté. Aujourdhui, le bilan est positif : quatre-vingt oiseaux ont été relâchés sur les quatre sites, quatre couples se sont formés dans la nature dont trois ont un uf dans leur nid...
Des idées préconçues
Outre les difficultés techniques inhérentes aux caractéristiques biologiques de lanimal (âge de reproduction à 7 ans, instinct sauvage
), un important travail de pédagogie a dû être mis en place, car ce grand vautour a toujours horrifié les habitants de larc alpin. « On le soupçonnait par exemple de se vautrer dans le sang de ses proies, en raison de la couleur rouge de son bas-ventre. En réalité, cest parce quil se baigne dans de la boue rouge (oxyde de fer) », explique Antoine Rouillon, de lAgence pour létude et la gestion de lenvironnement (Apege) chargée de la partie française du programme.
Autre idée préconçue : le vautour enlèverait des petits enfants et des animaux : « cest faux, sa particularité est justement de ne se nourrir que dos quil jette par terre pour les casser avant de les ingérer
»
Des exterminations aux réintroductions
Cest ainsi que lApege a élaboré une exposition au Reposoir, petit village de montagne de Haute-Savoie, qui retrace lhistoire tumultueuse des hommes et des animaux dans la vallée. En une demi-journée, les jeunes apprennent tous les épisodes : déboisement, extermination des bouquetins, des ours, des gypaètes. Il aura fallu une prise de conscience pour réintroduire ensuite ces mêmes animaux. Aujourdhui, « on ne peut plus tuer des gypaètes par ignorance », martèle Antoine. Malheureusement, en 1997, un jeune gypaète né en liberté sest encore fait tuer.
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Programme de réintroduction du gypaète barbu.
Antoine Rouillon
Apege
3 rue des Terrasses - BP 66
74963 Cran-Gevrier cedex
Tél. : 04 50 08 02 22 - fax : 04 50 08 02 23
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DES RÉSERVES DU NORD AU SUD
Des lycéens ont découvert le travail des femmes dun village sénégalais qui entretiennent une réserve naturelle.
Lhistoire commence par un coup de foudre. En 1995, Evelyne Plée, documentaliste au lycée agricole dAbbeville dans le Nord, participe à une Mission-Découverte de la Fondation Nicolas Hulot au Sénégal, dans la réserve naturelle de Popenguine. Elle y rencontre les villageoises qui, avec détermination et bonne humeur, portent sur leurs épaules la gestion de la réserve. Une rencontre fascinante mais trop brève : à peine de retour en France, Evelyne ne songe quà repartir. Le projet mûrit jusquà la rentrée suivante. Avec treize élèves du lycée (Club FNH "Teranga"), elle décide de monter un programme sur les réserves naturelles, dans le but détudier les pratiques de protection de la nature au Nord et au Sud.
La gestion sur le terrain
« Chaque semaine durant deux heures, nous avons réuni des informations sur la gestion et le fonctionnement des réserves. Une intervention du directeur de la réserve naturelle de la Baie de Somme et une journée daction dans le parc ornithologique du Marquenterre ont ensuite familiarisé les jeunes au travail sur le terrain » explique Evelyne. Enfin, le départ pour le Sénégal. Les lycéens français ont travaillé quinze jours auprès des 1200 femmes issues des huit villages voisins de la réserve : armés de machettes, ils entretiennent les pare-feu et plantent des arbres pour ralentir lérosion des sols. « Pour les femmes de Kër Cupaam, protéger leur environnement en luttant contre la surexploitation forestière et lavancée du désert a aussi lobjectif de maintenir les jeunes dans la région » raconte Evelyne. Une volonté sociale et environnementale à laquelle tous adhèrent, y compris les Français.
Entre nature et culture
Des liens damitié se tissent. De retour en France, ces liens ne seront pas brisés : contacts téléphoniques, accueil de jeunes Sénégalaises pour les former au tourisme, échanges culturels multipliés... Et Evelyne Plée de conclure : « Lexpérience montre que la protection de la nature, au Nord comme au Sud, se conçoit dans une perspective culturelle et sociale globale. »
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Evelyne Plée
Lycée agricole lErmitage
21 rue du lieutenant Caron
80100 Abbeville
Tél. : 03 22 24 81 81
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