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Chirurgiens des arbres |
La chirurgie est utilisée en dernier recours pour "opérer" ou "amputer". Avant, toute une panoplie de moyens est mise en uvre pour soigner les arbres malades de nos villes.
A Paris, il est possible de profiter de l'ombre d'un acacia âgé de plus de trois siècles. Mais si cet arbre tient encore debout, il n'a plus grand chose de naturel : son tronc, devenu creux au fil des années, a tout bonnement été rempli de béton pour éviter qu'il s'écroule. Cette "intervention" est typique de la chirurgie arboricole. Mais cette technique n'est utilisée qu'en dernière extrémité pour assurer la survie d'essences remarquables.
Vitamines, baumes cicatrisants...
Avant d'en arriver à cette extrémité, les équipes d'écologues des villes prescrivent des "vitamines", des "traitements", des baumes "cicatrisants". C'est le métier de Caroline Lohou, qui travaille pour la ville de Paris. Avec son équipe, elle cherche des solutions pour aider les plantes à s'adapter au milieu urbain. " Notre objectif est de tester des remèdes. S'ils fonctionnent, les bûcherons les utilisent et jouent ensuite aux infirmiers sur le terrain. "
Actuellement, elle tente de sauver des arbres attaqués par des acariens phytophages en mettant au point une technique de lutte biologique. "On cherche à trouver d'autres acariens qui mangent les premiers " explique-t-elle. Ses "patients" vivant sur la voie publique, elle ne peut pas utiliser trop de produits chimiques, car ils présentent un caractère dangereux pour les passants.
L'air urbain est trop sec
Paris compte 500 000 arbres au total, dont 90 000 sur les trottoirs. Aujourd'hui, les chirurgiens des arbres ou les bûcherons élagueurs ne cherchent plus à les sauver à tout prix mais ils soignent et tentent de détecter à temps les maladies. Dans un milieu qui n'a rien de naturel, les végétaux, comme les hommes, souffrent de stress. Du coup, un arbre capable de vivre 120 ans à la campagne, dépassera difficilement les 80 ans en ville. La première agression n'est pas, comme on pourrait l'imaginer, la pollution. En milieu urbain, l'arbre souffre avant tout de la sécheresse de l'air et du sol, il manque d'eau et ne bénéficie pas d'un terrain suffisant pour en stocker. De plus la terre étant souvent trop tassée, les racines ont du mal à pénétrer en profondeur. Affaibli, l'arbre ne peut plus se défendre, en sécrétant des substances qui font fuir les insectes par exemple.
Les parasites détectent alors d'instinct la "victime" sans défense...
L'arbre n'est pas un mobilier urbain !
Le deuxième ennemi de l'arbre des villes, c'est le citadin.
Les arbres subissent le flux des détergents toxiques utilisés pour laver les trottoirs, ils endurent les pipis des chiens, chargés en ammoniac, à longueur de journée. Et puis, il y a les pare-chocs des voitures qui cognent, les batteries usagées posées négligemment sur le trottoir, les affichettes plantées dans son tronc à grand renfort de clous... Son quotidien est ainsi ponctué de petites agressions. En bref on a trop souvent tendance à le considérer comme du mobilier urbain. Or un arbre a beau être grand, vieux et en bois, il ne résiste pas à tout. En fait, il s'agit même d'un être vivant très sensible !
Gare aux chancres !
Sous l'écorce, la sève circule dans des vaisseaux, comme le sang dans les veines. En cas de choc, les canaux s'écrasent et plus rien ne circule. Apparaît alors un chancre, porte ouverte pour les champignons qui s'immiscent dans le bois. Quand l'arbre est ainsi attaqué, parfois on peut soigner, mais souvent, il faut l'abattre pour éviter que la forêt urbaine se venge en écrasant quelques passants...
| Glossaire |
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Phytophage : se dit d'un animal qui se nourrit de plantes
Chancre : maladie des rameaux et du tronc des arbres
Essence : espèce d'arbre
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