Témoignages sur les transports
"Pour mieux bouger"

Pour une ville plus sûre et plus saine

de 7 à 11 ans

Un professeur qui fait marcher ses élèves

de 12 à 15 ans

Étudier la circulation urbaine

plus de 16 ans

POUR UNE VILLE PLUS SÛRE ET PLUS SAINE

Une classe a proposé au Parlement des Enfants une loi “pour un accès vert au centre des villes”.

Début 96. « Alertés par la presse, les élèves ont pris conscience des problèmes de pollution liée aux transports urbains et ont choisi ce thème pour leur participation au Parlement des Enfants », indique Catherine Seuvic, institutrice de l’école de Boudonville. De janvier à mai 1996, les enfants y ont consacré une heure hebdomadaire d’éducation civique. Pour l’enseignante, l’objectif était double : d’une part, instruire sur le fonctionnement du Parlement et l’élaboration d’une loi et, d’autre part, pratiquer une citoyenneté responsable et active.

L’indispensable voiture
Pour les enfants de cette zone très urbanisée, l’enjeu était clair : la voiture, c’est dangereux et polluant, mais souvent indispensable ! Alors, ils ont étudié les transports urbains alternatifs, aidés par différents partenaires et élus locaux. Renault leur a présenté une voiture électrique dont ils ont apprécié le côté écologique tout en relevant le danger de son moteur silencieux ; un responsable de la sécurité routière les a informés des risques du vélo en ville.

Priorité à la voiture électrique
« Il est difficile de définir les phénomènes de pollution pour un enfant, mais il est très sensible aux bénéfices que les citadins peuvent retirer des solutions alternatives à la voiture : moins de bruit, des déplacements plus commodes, un espoir de faire du vélo en sécurité... », analyse Catherine Seuvic.
A l’issue d’une phase de conception, les élèves ont rédigé un projet de loi intitulé “pour un accès vert au centre des villes”.
Les cinq articles prévoient des horaires stricts pour la circulation des véhicules polluants, l’aménagement de berges, voies ferrées ou chemins en pistes cyclables, la création d’un réseau cyclable continu, des parkings périphériques avec un système de navettes bon marché, la baisse du prix des voitures électriques, l’installation de bornes de recharge et la gratuité du stationnement pour ces véhicules.

CONTACT

    Catherine Seuvic
    École de Boudonville
    54000 Nancy
    Tél. : 04 42 08 41 00

UN PROFESSEUR QUI FAIT MARCHER SES ÉLÈVES…

Les collégiens de St-Avold redécouvrent une autre forme de mobilité.

Les enfants des campagnes ressemblent de plus en plus aux enfants des villes, ils se déplacent en voiture. « Je crois qu’il faut faire redécouvrir la marche aux jeunes, il faut qu’ils apprennent à y consacrer du temps ». Germain Schuler s’y emploie depuis 1992. Et ça marche !
Pour susciter l’intérêt, ce professeur de sciences naturelles au collège de Longeville de St-Avold a créé un club de randonnée et a d’abord misé sur les marches à thème. Attentifs aux traces d’animaux, aux carrières de sable, aux champignons, les jeunes ont vite apprécié cette nouvelle forme de mobilité qui leur permettait de profiter de la nature en toute liberté. Une vingtaine d’élèves de 11 à 16 ans a répondu à l’appel.
« Ce que les enfants préfèrent ? peut-être les traces de la faune sauvage, les rapaces ou les chauves-souris », raconte le professeur. Rapidement, ce sont la convivialité et les bons moments partagés qui ont pris le dessus sur le côté sportif. « La marche resserre les liens entre tous les participants, parents, professeurs et élèves », conclut le professeur enthousiaste.

50 km à pied, ça use…
En 1993, le club a décidé d’aller plus loin et d’organiser une longue marche pour tous, de 50 km entre St-Avold et Metz. La reconnaissance du trajet a occupé les jeunes toute une année scolaire. Une fois par mois, deux équipes partaient en repérage sur un tronçon de 10 km. Au cours de ces missions, les jeunes se sont découvert une autre utilité : ramasser les déchets. « Si l’endroit était accessible aux voitures, nous trouvions des pneus, des moteurs de voiture ou des réfrigérateurs… autrement, il s’agissait essentiellement de sacs plastiques », précise le professeur. Marqués par leurs découvertes, les jeunes ont décidé de recenser tous ces déchets sur un tableau au collège. Organisée dans le cadre des journées de l’environnement en juin 1995, la longue marche a connu un beau succès, et a reçu le label “1000 défis”. En 1996, le club a organisé une seconde longue marche. Prochain grand rendez-vous : 1998.

CONTACT

    Germain Schuler
    Collège du Castel
    57740 Longeville-les-St-Avold
    Tél. : 03 87 92 59 21.

 

ÉTUDIER LA CIRCULATION URBAINE

Des jeunes anglais, allemands et français ont participé à l’élaboration d’un outil de formation pour les professeurs.

Élaborer un outil éducatif destiné à former les professeurs à l’environnement ? C’est l’ambition d’un projet organisé au niveau européen par le Conseil de l’Europe et relayé en France par l’Ademe et la Mission académique de formation des professeurs. Cette expérience a mobilisé autour du thème des transports une dizaine d’écoles britanniques, allemandes et françaises de 1996 à 1997.

En France, des professeurs de sciences de la vie et de la terre, histoire-géographie et allemand du lycée Paul Claudel de Laon se sont portés candidats. Leurs 90 élèves ont réalisé des enquêtes selon leur niveau scolaire : nuisances sonores et atmosphériques, analyse cartographique (secondes), enfin, impact sur le commerce (terminales STT, BTS). « Laon connaît une circulation difficile entre la ville haute administrative et la ville basse commerçante. Aller à la rencontre des habitants, chercher des solutions alternatives a beaucoup motivé les jeunes », explique Magdalena Revue, professeur d’allemand.

Les élèves d’allemand ont pu compléter leur enquête sur le terrain par un séjour en Allemagne, à Iéna, pour comparer l’impact de la circulation urbaine sur le commerce des deux villes. Aujourd’hui, l’outil pédagogique pour former les formateurs est quasiment fini. Il présente une partie introductive aux systèmes éducatifs et à l’éducation à l’environnement en Europe, et une partie centrale sur les résultats des équipes d’enseignants. L’expérience française a notamment montré que, outre les connaissances en géographie et en sciences naturelles, les élèves avaient acquis avec profit les techniques du sondage et de l’enquête de terrain. Les professeurs du lycée Paul Claudel veulent d’ailleurs poursuivre l’expérience avec les jeunes reporters sur l’environnement de la FEEE.

CONTACT

    Magdalena Revue
    Lycée Paul Claudel - BP 531
    02001 Laon Cedex
    Tél. : 03 23 26 22 60 - Fax : 03 23 26 22 62

Fiche extraite du Dossier Transports


Dernière mise à jour : le 28 avril 2000