Témoignages sur les villes
"Ma ville, ça me regarde"

Jeunes élus actifs et pleins d'idées

de 7 à 11 ans

La forêt, espace d'apprentissage

de 12 à 15 ans

50 éco-quartiers à Montréal

plus de 16 ans

JEUNES ÉLUS ACTIFS ET PLEINS D'IDÉES

Deux conseils municipaux d’enfants de Strasbourg ont uni leur force pour créer le Club FNH "Les Écocitoyens".

Schiltigheim, ville de la banlieue Nord de Strasbourg, abrite l’un des plus anciens conseils municipaux d’enfants de France : créé en 1979, il va bientôt fêter son vingtième anniversaire. L’exemple a été suivi quelques années plus tard à Illkirch, au sud de la capitale alsacienne. Ces deux conseils ont uni leurs commissions Environnement en décembre dernier. Une participation aux prochaines journées de l’environnement sera leur première grande action commune. Un Club FNH, les Écocitoyens, a été créé dans la foulée. Il a été d’ailleurs lauréat du concours Coups de Pouce 1998. Ce regroupement doit être le premier maillon d’un réseau qui devrait rassembler l’ensemble des commissions environnement des conseils municipaux d’enfants de la Communauté urbaine de Strasbourg.

L’union fait la force
« Habitants d’une même région, les jeunes élus sont confrontés à des problèmes identiques, notamment en matière d’environnement », explique Sandrine Ratolojanahary, éducatrice environnement et coordinatrice du projet dans le cadre de l’association Éco-Conseil. « Or en étant plus nombreux, leurs souhaits et leurs décisions n’ont que plus d’impact auprès des élus adultes et de la population. »

Un programme chargé
Et des idées d’action, ces jeunes conseillers municipaux n’en manquent pas : ils ont mené une grande campagne de sensibilisation lors des journées de l’environnement, organisé le nettoyage de printemps dans les écoles d’Illkirch, demandé et obtenu l’installation de poubelles dans les quartiers qui en sont dépourvus… A chaque fois, il a fallu déterminer les priorités et le choix n’est pas toujours facile. « Les discussions à l’intérieur du conseil se déroulent de façon très démocratique : chacun dispose d’un temps de parole identique pour convaincre ses camarades », ajoute Sandrine. « Sur chacune des actions, les jeunes élus doivent rendre des comptes à leurs électeurs (les élèves de leurs classes) et aux membres des conseils municipaux adultes pour l’attribution du budget. Un véritable apprentissage de la démocratie », conclut Sandrine Ratolojanahary.

CONTACT

    Sandrine Ratolojanahary
    Éco-Conseil
    7 rue Goethe
    67000 Strasbourg
    Tél. : 03 88 60 16 19

LA FORET, ESPACE D'APPRENTISSAGE

Autrefois à l’abandon, la forêt de Bondy a retrouvé tout son éclat grâce aux Forestiers juniors.

Au cœur de la banlieue Est de Paris se niche la forêt de Bondy où règnent le calme et le silence, les arbres et la terre. Rien à voir avec le terrain encombré d’ordures qui occupait l’espace dix ans auparavant. Car depuis, les Forestiers juniors sont entrés en action. Ils ont entre 7 et 14 ans, sont originaires du Maghreb, d’Afrique noire, d’Asie ou de France, et ils vivent tous dans les quartiers voisins de la forêt. « Le programme Forestiers juniors est né pour rassembler des jeunes de cultures différentes autour d’un même projet : restaurer et gérer eux-mêmes une forêt abandonnée au vandalisme pour qu’elle devienne un lieu qui leur soit propre, un lieu à partager avec tous les habitants du quartier », raconte Jean-François Geffré, responsable du programme sur le bois de Bondy.

Un engagement total
Chacun des Forestiers juniors s’engage, avec sa classe et ses professeurs, pour une durée de quatre ans. Quatre ans durant lesquels, soutenus par l’Éducation nationale, l’Office national des forêts et l’Agence des espaces verts d’Ile-de-France (le propriétaire des lieux), et avec le travail des enseignants et des animateurs, les jeunes apprennent à connaître la forêt, à la respecter, à se l’approprier. En classe, les élèves étudient la forêt sous tous ses aspects, dans toutes les matières. Parallèlement à l’assimilation de connaissances théoriques, ils agissent sur le terrain. Chaque Forestier a en charge une parcelle de forêt, qui lui est attribuée en fonction de son immeuble d’habitation.

Une responsabilité commune
Vingt secteurs de la forêt de Bondy sont entièrement gérés par les jeunes : nettoyage du sous-bois, lutte contre le piétinement, mises en terre des nouveaux plants (plus de 3000 par an !), abattage des arbres… Résultat : la forêt est belle et surtout, à nouveau fréquentée par les familles. De plus, en cinq ans, la violence dans cette zone a baissé de 60%. « En travaillant ensemble, ces jeunes ont appris à respecter un milieu qui leur appartient aujourd’hui, à le faire respecter par tous, et à se respecter entre eux », conclut avec enthousiasme J.-F. Geffré.

CONTACT

    Agence des Espaces Verts
    19 rue Barbet de Jouy
    75007 Paris
    Tél. : 01 53 85 67 57 - Fax : 01 53 85 67 29

 

50 ECO-QUARTIERS À MONTRÉAL

Soutenus par des associations, les habitants sont incités à s’impliquer dans la qualité de leur ville.

Tout commence par une promesse électorale. En 1994, lors de sa campagne pour la mairie de Montréal, Pierre Bourque s’engage à faire de sa ville un "grand jardin", une référence environnementale pour les métropoles du monde. Moins d’un an après son élection, les premiers éco-quartiers sont implantés dans 20 districts électoraux sur les 51 que compte la ville. Les 31 autres ont suivi peu après. Financés par la ville, soutenus par des associations de citoyens, les éco-quartiers ont pour objectif d’inciter les habitants à prendre en charge leur quartier pour en faire un lieu de vie plus agréable.

Mobilisation générale
Animations dans les écoles, ateliers, conférences, concours, expositions, sorties… de multiples manifestations sont organisées dans tous les districts de Montréal pour mobiliser les jeunes et les moins jeunes. « Chaque éco-quartier est tenu par une convention avec la ville d’axer ses actions sur la propreté, le recyclage des déchets, la protection et l’embellissement du patrimoine végétal, et ce, en tenant compte des problématiques spécifiques du district » explique Nathalie Marois, responsable de l’éco-quartier Mile End.

Lutter contre l’insalubrité
A Mile End, par exemple, les préoccupations majeures des résidents sont l’insalubrité des rues et la pénurie d’espaces verts. Depuis sa création en 1996, l’éco-quartier Mile End a donc mobilisé les riverains sur le nettoyage annuel des rues les plus insalubres, le fleurissement des sites de dépôts sauvages d’ordures et la réalisation de fresques murales pour décourager graffitis et tags. Des espaces abandonnés ont aussi été transformés en jardins publics, appelés "jardins recyclés" car la quasi totalité des matériaux utilisés (briques, céramiques, graines, bois…) a été récupérée auprès des commerces. « Les habitants sont sans cesse plus nombreux à participer à ces actions », rapporte Nathalie. « Ils sont aussi plus nombreux à nous contacter pour nous faire part de leurs exaspérations, de leurs idées, de leur volonté d’agir pour favoriser le changement des mentalités et des comportements de leurs concitoyens. » Voilà qui semble bien augurer pour l’avenir des éco-quartiers.

CONTACT

    Nathalie Marois
    Éco-quartier Mile End
    5550 avenue du Parc
    H2V4H1 Montréal
    Québec
    Tél. : (00) 1 514 271 34 37 - Fax : (00) 1 514 277 91 02

 
Dernière mise à jour : le 28 avril 2000