retour au sommaire L'Eau douce

Les usines de dessalement, une solution pour éviter la guerre de l'eau ?
Des pays pauvres vont manquer d'eau potable dans les années qui viennent. Ce problème risque d'engendrer des guerres. Il faudrait agir, se mobiliser maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Il y a une solution : la construction d'usines de dessalement de l'eau de mer. Il faudrait demander à la France, à des pays voisins et des personnes riches de financer la construction d'usines de dessalement.
E-mail de Roger

L' eau est très abondante sur la planète, puisqu'elle en recouvre environ 71% de la superficie, mais 98% de ce volume a une teneur en sel trop élevée pour pouvoir être consommé en eau potable, être utilisé pour l'irrigation ou même pour la plupart des usages industriels.
Et l'eau douce est inégalement répartie dans le monde, puisque moins de 10 pays se partagent 60% des ressources en eau naturelle (Brésil, Russie, Chine, Canada...).
Les pénuries d'eau se profilent en effet, en particulier au Proche-Orient, où 9 des 14 pays de cette région sont confrontés à une situation de manque, ce qui génère des tensions politiques comme entre Israël et les autorités palestiniennes. Pour ces raisons, et face à 'accroissement rapide des besoins en eau douce, le dessalement est une solution techniquement au point. Né dans les années 50, le marché du déssalement a connu son essor dans les pays du Golfe ou les îles Caraïbes par exemple. Les capacités de dessalement installées ont augmenté de 800 000 m3/jour en moyenne par an au cours de ces vingt dernières années. De 18 millions de m3/jour en 1993, la capacité mondiale installée devrait atteindre plus de 25 millions de m3/jour en 2004. L'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes unis, le Koweit, la Libye et le Bahrein totalisent environ les 2/3 des capacités installées. Le marché des pays du Golfe, même s'il s'est ralenti, demeure de loin le plus important. Mais le Sud-Est asiatique manifeste un intérêt grandissant, surtout pour des besoins industriels.
Et la France dans tout cela ? Elle fait déjà partie des majors dans le domaine de la construction des usines, les leaders étant les Américains et les Britanniques. Une des plus grandes entreprises françaises de construction d'usine étant la SIDEM, qui vient d'être rachetée par OTV.
Mais même s'ils ont tendance à baisser, les coûts restent prohibitifs, soit en moyenne 3 à 4 fois plus coûteux en investissement que l'approvisionnement en ressources naturelles. A titre d'exemple, les pays du Golfe ont déjà dépensé plus de 100 milliards de dollars pour la construction et l'entretien d'usines de dessalement. Pour prévenir les conflits, d'autres solutions moins onéreuses doivent être envisagées pour lutter contre le gaspillage, notamment pour l'irrigation, ou recycler les eaux usées.

puc_oran.gif (117 bytes) Pour plus d'informations, vous pouvez vous référer aux articles d'Hydroplus, revue spécialisée.
Tél. : 01 41 49 00 00.

© Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Dernière mise à jour : le 11 octobre 1999