retour au sommaire L'Eau douce

Quels sont les moyens concrets de lutter ou de corriger la pollution des eaux douces ?
Club FNH 'Environnement Salengro'

La lutte contre les pollutions des eaux douces à lieu a différents niveaux. Tout dépend si l'on se place au niveau du citoyen, du responsable de collectivité locale, de l'industriel, de l'agriculteur ou encore du législateur, etc. Les critères de pollution sont établis au niveau de l'Etat français, qui est tenu de suivre la législation de l'Union européenne quand elle existe.

Pour l'eau potable, par exemple, le décret du ministère de la Santé du 03/01/89 (qui suit une directive européenne) établit 62 critères à respecter pour différencier l'eau potable de celle qui ne l'est pas. L'eau potable est l'aliment le plus réglementé en France.

Mais si l'eau potable est particulièrement surveillée, il est beaucoup plus complexe d'établir une législation et de la faire appliquer en ce qui concerne les eaux de surface (lacs, rivières, etc), les eaux d'infiltration (dans les sols) et les eaux souterraines (nappes phréatiques). Ces différents milieux subissent plus ou moins fortement l'impact des pluies (souvent polluées) et du rejet des eaux usées en provenance des collectivités locales, des industries et de l'agriculture. Aujourd'hui, en France, les industriels ne peuvent rejeter dans la nature les eaux qui ont servi à un process industriel. Ils sont tenus de les dépolluer dans des unités de traitement installées en sortie d'usine. Mais toutes les usines ne sont pas encore équipées de stations d'épuration des eaux et les pollutions accidentelles existent encore.
Que dire des eaux qui servent à refroidir les réacteurs des centrales nucléaires ? C'est un sujet qui est très polémique, les associations de défense de l'environnement, telle Greenpeace, affirment que ces eaux ne sont pas exemptes de contamination radioactive, tandis que les responsables de centrales certifient le contraire. En tout état de cause, les eaux qui ressortent sont plus chaudes que celles du milieu dans lesquelles elles se déversent ce qui peut avoir un impact sur l'écosystème.

En matière de contrôle des rejets, c'est sans doute l'agriculture qui pose le plus de problèmes. En effet, les eaux d'irrigation et les eaux de pluies, entraînent par lessivage les produits chimiques épandus sur les cultures. Par ce processus, les sols, les rivières et parfois les nappes phréatiques sont contaminés. Cette pollution est plus ou moins grave en fonction de la concentration en polluants.

Aujourd'hui, en France, seulement 45 % des eaux usées des collectivités locales sont traitées avant rejet dans la nature. La loi sur l'eau du 3 janvier 1992 et son décret d'application du 3 juin 1994 (en application de la directive européenne du 21 mai 1991) imposent que ce taux de dépollution monte à 65 % d'ici 2005. Et si aujourd'hui 95 % des agglomérations de plus de 10 000 habitants ont un système d'assainissement des eaux usées, il faudra que d'ici fin 2005 toutes les communes de plus de 2000 habitants en soit équipées.

La lutte contre la pollution passe donc par la législation et son application mais aussi par l'amélioration des techniques : utilisation de produits moins nocifs et en doses plus réduites (en particulier pour l'agriculture), meilleures performances des unités de traitement des eaux, etc.

Chacun à son niveau peu participer à cette préservation du milieu aquatique. Il faut prévenir la pollution, c'est-à-dire éviter d'en susciter une : ne rien rejeter à l'eau ; ne pas faire sa lessive ou la vaisselle dans les torrents, etc. ; diminuer sa consommation quotidienne (pas pour boire, mais pour toutes les activités qui nécessitent de l'eau) car toute eau qui s'écoule d'un robinet repart dans les circuits de traitement, etc. On peut aussi participer à des opérations de nettoyage de rivières, de zones humides, etc. Et enfin, il est important de contribuer à l'information du plus grand nombre sur l'urgence de préserver l'eau, une ressource précieuse et rare nécessaire à la vie.

© Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Dernière mise à jour : le 29 mars 2000