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Source : Jean-Marc Jancovici, membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation. Site perso. La réponse est oui.
L'indice de confiance est donc excellent en ce qui concerne la prévision d'un réchauffement global comme conséquence des émissions dues à l'homme. Le milieu scientifique considère maintenant que si une personne affirme que les émissions d'origine humaine n'ont pas d'ifluence sur l'évolution du climat, c'est à elle de démontrer son point de vue. Une première indication du fait que les modèles sont fiables est donnée par l'exercice suivant : on peut faire partir le modèle non pas d'aujourd'hui, pour savoir ce qui va se passer plus tard, mais de 1860 (le moment où l'on a commencé à disposer de mesures fiables et précises de la température), pour comparer ce que dit le modèle avec ce qui s'est vraiment passé. On constate alors que l'évolution donnée par le modèle ressemble très fortement à ce qui s'est vraiment passé (figure ci-dessous).
Il y a d'autres confirmations par les modèles d'observations climatiques récentes :
Le milieu scientifique est donc certain que la Terre va se réchauffer. Par contre les prévisions locales (est-ce que ce réchauffement sera plus fort en France ou en Allemagne, par exemple) sont très difficiles à établir. En effet, le système climatique est un système très "instable", et une petite variation quelque part peut avoir un effet très important plus tard et plus loin. Hormis quelques indicateurs (la température moyenne, ou les précipitations moyennes) sur quelques grandes zones (un continent par exemple), il ne sera jamais possible de faire des prévisions locales détaillées. Cela fait partie des limites normales de la modélisation climatique, et ne doit pas nous faire penser que les conclusions générales ne sont pas bonnes ou qu'il n'y a pas de danger. Rejeter les modèles à cause de cette imprécision, ce serait un peu comme si l'on considérait que ce n'est pas la peine de donner un temps de transport approximatif pour aller de Paris à Bordeaux en train parce que l'on n'est pas capable de le donner à le seconde près : certaines prévisions sont impossibles à faire de manière exacte, mais n'en restent pas moins fiables de manière générale. Pour approfondir le sujet (pour lecteurs un peu avertis) : l'article de Hervé Le Treut, paru dans La Recherche en 1997 et repris dans La Jaune et La Rouge en mai 2000 , sur le degré de confiance que l'on peut accorder aux modèles. |
© Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Dernière mise à jour : le 31 octobre 2000