Les courants marins vont-il changer ?
Source : Jean-Marc Jancovici, membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation. Site perso.
C'est parfaitement possible.
Il y a 10.000 ans environ, il semble bien que le Gulf Stream, courant qui circule dans l'océan Atlantique Nord, ait cessé ou se soit fortement atténué.
Il existe au moins ! deux types de courants marins importants :
Les courants qui vont des profondeurs des océans vers la surface puis replongent vers les profondeurs. Ils sont généralement basés sur des différences de température (l'eau froide est plus dense que l'eau chaude) et de salinité (l'eau salée est plus dense que l'eau douce) entre les différentes couches de l'océan. Les plus profonds portent le nom de courants thermohalins (voir ci-dessous), et ceux qui vont un peu moins en profondeur portent le nom de circulation thermocline. Il est facile de voir que l'on retrouve dans ces deux termes la racine "thermo", qui désigne la chaleur.
Panorama des différents courants se produisant entre la surface et les couches profondes de l'océan, avec les durées de cycle. "Photic Zone" est la zone qui reçoit la lumière. Ces courants servent au transport des sels minéraux et du carbone. Source : GIEC, 1996
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La circulation océanique profonde, comme par exemple le Gulf Stream (c'est celle là que l'on voit dessinée sur les cartes, comme par exemple ci-dessous).
Or ces deux courants sont interconnectés : les courants thermohalins servent de "moteur" à la circulation océanique profonde.
Or ces courants verticaux (on parle aussi de courants convectifs) sont très sensibles à des petites variations de température. Par exemple, le phénomène El Niño commence par un réchauffement modeste (2 ou 3°C) de la température de surface des eaux d'une région du Pacifique, réchauffement qui affecte la circulation thermocline et provoque par enchaînement des perturbations très significatives.
Dans l'avenir, si ces courants verticaux, par suite d'un réchauffement ou d'un refroidissement local, s'arrêtent, ils peuvent entraîner par contrecoup l'arrêt ou la déviation des courants océaniques profonds. Cette hypothèse de ralentissement de la circulation thermohaline est prise très au sérieux par les scientifiques.
Cela aurait comme conséquence, pour les zones bordées par ces courants, des variations de température bien différentes des valeurs moyennes pour la planète. Par exemple, un arrêt du Gulf Stream nous conduirait peut-être à connaître les hivers du Canada...

Un exemple de conséquence de la déviation d'un courant marin
(le Gulf Stream).
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