retour au sommaire Le réchauffement planétaire dû à l'effet de serre a-t-il des conséquences sur la flore et la faune ? Modifie-t-il les quantités des précipitations ?

Avant de répondre à cette question, il est nécessaire de préciser certains éléments.

L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet à notre planète d’accueillir la vie. Sans lui, la température à la surface terrestre serait de l’ordre de -18°C !!!

Les rayons émis par le soleil arrivent à la surface de la Terre. Une partie est absorbée par la mer, les lacs et les rivières, le sol, la végétation, les animaux, les pierres, etc. ; ce qui chauffe ces différents milieux. Une autre partie est renvoyée vers le ciel.

À son tour, une fois chauffée, la surface de la Terre se refroidit en émettant vers le ciel d’autres rayons (ceux-ci, contrairement à ceux du soleil, ne sont pas visibles par l’œil, et sont appelé infrarouges).
Certains gaz qui composent l’atmosphère absorbent une partie de ces rayons et ce faisant les redirigent vers la surface de la Terre : ils sont appelés "gaz à effet de serre". Ce sont, par ordre d’importance : la vapeur d’eau (H2O) et le gaz carbonique (CO2) puis viennent le méthane, (CH4) et d’autres gaz.

Une image très simplifiée est la suivante. La surface de la Terre qui se refroidit en émettant un rayonnement est comparée à un joueur de tennis qui envoie des balles : certaines des balles envoyées heurtent le filet et reviennent vers lui. D’une façon semblable, une partie des rayonnements qui sont arrêtés (parce qu’ils sont absorbés) par ces gaz reviennent au bout du compte vers la surface de la Terre et la réchauffent. Ces gaz ont donc contribué à réchauffer la surface de la Terre. Il se passe la même chose dans une serre de jardinier : la vitre, transparente, laisse bien passer les rayons du soleil (tout comme l’atmosphère elle aussi, laisse passer les rayons du soleil), mais absorbe une partie des rayons invisibles émis par le sol et les réémet en partie vers le sol, ce qui réchauffe ce dernier.

C’est aussi la même chose qui se passe lorsqu’on se couvre avec un vêtement et que notre corps ressent de la chaleur. Notre peau , tout comme la surface de la Terre, se refroidit en émettant un rayonnement, invisible à l’œil ; or le vêtement absorbe une partie de ce rayonnement et le réémet en partie vers notre corps. Ce dernier le reçoit, l’absorbe et se trouve réchauffé. C’est pourquoi ce phénomène s’appelle " effet de serre " ou, comme aux Etats-Unis, "effet de couverture" (Blanketing effect).

Le réchauffement planétaire dont on parle tant dans les médias n’est pas controversé par la communauté scientifique : il est observé depuis 1900 et les mesures indiquent que la température moyenne globale a augmenté de 0,5 °C depuis cette date. De plus il est nettement plus prononcé dans les deux dernières décennies. Une autre observation est également incontestable : l’augmentation des gaz à effet de serre. On a en effet mesuré depuis le début de l’ère industrielle (1860) une augmentation de certains gaz à effet de serre : le CO2 a augmenté de 30% et le CH4 de 145%. L’augmentation du CO2 est le résultat direct de l’activité humaine liée à la production d’énergie.
Les causes de ce réchauffement, elles, en revanche, sont encore aujourd’hui un sujet de discussion entre les chercheurs.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce réchauffement sur le siècle.

Cette augmentation de température est-elle naturelle ou due à l’augmentation des gaz a effet de serre ? Est-elle la résultante de ces deux causes combinées ? Est-ce un phénomène ponctuel (certains pensent que l’on n’a pas assez de recul dans le temps, qu’il est nécessaire d’avoir des mesures sur des périodes plus longues) ? Etc.
Toutefois, même si les experts n’ont pas encore tranché sur l’origine de ce réchauffement planétaire (naturel ? ou dû à l’homme ?), il semble qu’ils soient de plus en plus nombreux à l’attribuer à la forte augmentation des gaz à effet de serre qui a eu lieu ces dernières décennies.

Il reste aussi à démontrer les effets futurs du réchauffement. Les prévisions sont toutes aussi diverses que les hypothèses exposées plus haut : depuis une augmentation du niveau des mers de quelques centimètres jusqu'à plusieurs mètres, conséquences d'une augmentation de la température globale à la surface de la Terre de 1 à 6°C d'ici 2100.

Quelles pourraient être les conséquences de cet éventuel réchauffement pour les êtres vivants ?

Cela dépendra, bien entendu, de la latitude. Si l'on regarde nos régions tempérées, par exemple, on pourra observer :
une augmentation de la vitesse de croissance des plantes (due à l'augmentation du CO2) ;
une variation du régime des précipitations (plus de pluies d'hiver, moins de pluies d'été) ;
avec des conséquences sur les écosystèmes et sur les espèces qui y vivent (dès aujourd'hui, les experts forestiers se demandent quelles espèces replanter dans les forêts dévastées par la tempête de la fin de l'année 1999, quelles sont celles qui supporteront le réchauffement climatique ?).

En résumé et dans l'état actuel des connaissances scientifiques, il convient d'appliquer le principe de précaution et de tout faire pour limiter les émissions des gaz à effet de serre. C'est l'objet de la "Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques" adoptée à Rio en mai 1992 et aujourd’hui ratifiée par 175 pays. Cette convention est gérée par des conférences intergouvernementales qui ont lieu régulièrement (Kyoto 1997, Buenos Aires 1998, La Haye novembre 2000) afin que les pays se mettent d'accord sur les techniques et les taux de diminution des gaz à effet de serre.

Pour plus de renseignements sur le suivi de la convention, connectez-vous sur son site Internet

© Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Dernière mise à jour : le 31 octobre 2000