retour au sommaire Comment évoluent actuellement les émissions de gaz à effet de serre ?

Source : Jean-Marc Jancovici, membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation. Site perso.

Ces émissions augmentent, et non seulement elles augmentent, mais elles augmentent de plus en plus vite (non seulement la dérivée est positive mais la dérivée seconde aussi).

    Emissions de CO2 seul dans le monde, en Mt de carbone (1 Gt - gigatonne - vaut 1.000 Mt - mégatonne).

    Annex I désigne l'ensemble des pays signataires du protocole de Kyoto (dont tous les pays développés)

    Annex II tous ceux qui ne le sont pas (essentiellement les pays du tiers monde, dont la Chine, premier consommateur mondial de charbon).

 

Au sein de cet ensemble, les émissions par pays sont très variables (ci-dessous). Les émissions dues au transport aérien international ne sont pas comptabilisées, pas plus que celles des gaz à effet de serre autres que le CO2.

Emissions de CO2 par pays (attention : en mégatonnes - Mt. 1 Gt = 1.000 Mt).

Enfin les émissions par habitant sont également très variables, puisque même au sein des pays du G7 elles varient d'un facteur 3 entre les pays les plus "vertueux" et ceux qui le sont moins.

Les "grands affreux" de ce point de vue sont incontestablement les Américains : non seulement ce sont les premiers émetteurs mondiaux, mais ils le sont aussi par habitant, et leurs émissions sont en croissance !

Emissions de CO2 par pays (attention : en mégatonnes - Mt. 1 Gt = 1.000 Mt).

On remarque que les pays développés les plus "vertueux", outre la France, sont la Suède et la Suisse, qui produisent aussi - comme la France - leur électricité avec essentiellement du nucléaire et de l'hydraulique.

source : Ministère de l'Industrie - Observatoire de l'Energie

 

Les pays "sous-développés" sont nettement moins émetteurs : en moyenne, l'émission par habitant est de l'ordre de 0,4 tonne de carbone par an (soit un cinquième d'un Français, et 7% de ce que "fait" un américain !

Enfin la répartition par activité des émissions de gaz à effet de serre est très variable d'un pays à l'autre. Pour fixerl es idées, on la donne ci-dessous pour l'ensemble de la planète et pour le CO2 seul.

    Répartition par activité des émissions de CO2 seul dans le monde. On remarque que la première source mondiale est la production d'énergie, c'est à dire essentiellement la production d'électricité. On comprend alors que le combat contre l'effet de serre sera plus facilement gagné si l'on ne refuse pas le recours au nucléaire.

La répartition en France est-elle la même ?

A cause du fait que nous produisons notre électricité essentiellement avec des procédés qui n'émettent pas de CO2 (nucléaire pour 80%, et hydraulique pour 15%) la répartition chez nous n'est pas la même : pour le seul CO2 ce sont les transports qui arrivent en tête (figure ci-dessous), suivis du poste "résidentiel - tertaire", qui correspond à l'utilisation d'énergie dans les maisons et bâtiments (chauffage, eau chaude, cuisine, etc.).

    Répartition par activité des émissions de CO2 seul en France. On remarque que la première source en France est représentée par les transports. Source : CITEPA

Mais si l'on tient compte de tous les gaz à effet de serre pris en compte dans les négociations internationales, et pas seulement du CO2, alors la répartition change : c'est l'agriculture qui arrive en tête ! Cela est notamment dû aux émissions de gaz dits mineurs (CH4, N2O) qui sont respectivement dus à l'élevage bovin et à l'utilisation des engrais (cf. figure ci-dessous).

    Répartition par activité des émissions de tous les gaz à effet de serre en France. On remarque que la première source devient alors l'agriculture. Source : CITEPA
    (*) le transport aérien international n'est pas pris en compte

Le poste relativement important de l'énergie correspond pour une large part aux raffineries de pétrole (le raffinage du pétrole conduit à une auto-consommation de 8% du pétrole raffiné environ). Sur ce point il est aussi intéressant de noter que plus on cherche à avoir un carburant "propre" (exempt de soufre, etc.) et plus cela engendre des émissions de CO2 importantes pour le raffinage.

© Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Dernière mise à jour : le 23 novembre 2000