l'eau en question

IV - L'océanographie pour l'avenir des océans

pucet_bl.gif (104 octets) La rivière Laïta, en Bretagne : l'hydrodynamisme et l'écologie des estuaires sur une petite échelle
pucet_bl.gif (104 octets) Vers une océanographie "opérationnelle" pour mesurer l'impact des activités humaines sur les évolutions climatiques
pucet_bl.gif (104 octets) MATER, le plus grand projet européen consacré à notre mer intérieure, la Méditerranée
pucet_bl.gif (104 octets) Les satellites d'observation : 25 ans au service de l'océanographie

 

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pucet_bl.gif (104 octets) La rivière Laïta, en Bretagne : l'hydrodynamisme et l'écologie des estuaires sur une petite échelle

Un peu plus de 15 kilomètres de long pour quelques dizaines de mètres de large en moyenne : la Laïta est une petite rivière, une ria bretonne qui se jette dans l'océan Atlantique entre Lorient et Concarneau. Sa taille réduite, qui lui vaut l'indifférence des programmes nationaux, est pourtant un terrain idéal pour l'appréhension du milieu estuarien.

Frontière entre les eaux continentales et les eaux marines, l'estuaire de la Laïta sert de passage aux espèces migratrices et de nourricerie pour de nombreux poissons côtiers. Mais il est aussi un lieu de transit aux diverses pollutions qui se déversent le long de la rivière avant d'atteindre, pour une part, l'océan.

Depuis près de vingt-cinq ans, la Station de Biologie Marine de Concarneau étudie ces aspects écologiques de l'estuaire. Le laboratoire d'Océanographie physique du Muséum lui apporte son soutien depuis deux ans. Ensemble, ils élaborent un programme de recherche pluridisciplinaire dont un volet nouveau est la modélisation hydrodynamique de la Laïta (topographie, marégraphie, hydrologie, courantologie). Les données obtenues à partir de modèles numériques traités par le laboratoire d'Océanographie sont comparées avec les observations de terrain de la station de Concarneau.

A terme, ces recherches permettront de surveiller l'évolution écologique de la rivière, et, par exemple, de suivre le cheminement d'un polluant depuis sa zone d'émission jusqu'à l'estuaire, avec ses multiples conséquences sur l'ensemble du milieu.

Ce programme, un des rares sur une si petite échelle en France, est par ailleurs utile aux collectivités locales qui déterminent ainsi leur politique de protection de l'environnement.

Contacts :
Maxence Revault d'Allonnes - Laboratoire d'Océanographie physique du Muséum national d'Histoire naturelle - Tél. : 01 40 79 31 60.
Claude Beaupoil - Station de Biologie Marine de Concarneau du Muséum national d'Histoire naturelle - Tél. : 02 98 97 06 59.

 

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pucet_bl.gif (104 octets) Vers une océanographie "opérationnelle" pour mesurer l'impact des activités humaines sur les évolutions climatiques

Quel est le rôle de l'homme dans l'effet de serre ? Peut-on indéfiniment rejeter du gaz carbonique dans l'atmosphère, sachant qu'une majeure partie sera aussi absorbée par les océans ? Pour répondre à ces questions, une océanographie nouvelle, destinée à mesurer l'impact de l'homme sur les dérèglements du système océans/atmosphère, est en train de s'organiser au niveau mondial. Son rôle ? Assurer une surveillance de l'océan mondial et diffuser en temps réel des informations régulières et continues sur le long terme. Ce serait l'équivalent marin du système météorologique. Elle exige un ensemble de satellites adéquats, des mesures systématiques "in situ", et des modèles numériques pour les simulations et les prévisions. Elle s'appuiera sur des laboratoires océanologiques postés dans le monde entier, chargés de suivre des zones sensibles comme l'Atlantique Nord, par exemple, lieu d'importants échanges de chaleur vers l'atmosphère, d'aborption de CO2, et responsable de fluctuations décennales majeures...

Le système mondial d'observation des océans (Global Ocean Observing System, GOOS), lancé à Rio, est une initiative conjointe de l'Organisation Météorologique Mondiale, du programme des Nations unies pour l'environnement, et du Conseil international des Unions Scientifiques. Son but est de fédérer les mécanismes mondiaux dédiés à l'observation de l'océan. Certains éléments du GOOS sont déjà en place, comme le système d'observation du niveau de la mer, mais il ne sera totalement opérationnel que dans quelques années.

La Commission océanographique intergouvernementale en est le maître d'œuvre. Abritée par l'Unesco et dont le siège est à Paris, créée en 1960 et regroupant 125 pays, elle est le seul organisme spécialisé dans les sciences de la mer au sein des Nations unies.

En France, les grands organismes scientifiques responsables de l'observation marine (Ifremer, Météo France, Cnes, Orstom, etc.) se sont regroupés au sein d'un comité GOOS France chargé de définir les modalités de la participation nationale à cet effort collectif.

Contact :
Colin Summerhayes - Commission Intergouvernementale de l'Unesco (COI) -
Tél. : 01 45 68 40 42.

 

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pucet_bl.gif (104 octets) MATER, le plus grand projet européen consacré à notre mer intérieure, la Méditerranée

La Méditerranée constitue le plus bel exemple d'écosystème menacé, hérité d'une longue histoire géologique et d'un brillant passé culturel. Océan en miniature, laboratoire naturel pour l'étude du fonctionnement de l'environnement marin, elle est particulièrement sensible aux changements naturels de la planète ou induits par l'activité humaine. La Méditerranée est aussi, en terme de productivité biologique et de ressources vivantes exploitables, l'une des mers les plus pauvres au monde alors que de nombreux pays vivent de cette économie.

A partir de 1993, la Commission européenne a fait de la Méditerranée, mer régionale, une de ses priorités ; depuis 1996, elle soutient, dans le cadre de MAST (MArine Science and Technology), le plus grand projet d'océanographie en Méditerranée, MATER (MAss Transfer & Ecosystem Response), avec un budget de 71 millions de francs pour 3 ans (1996-2000).

C'est un véritable pari sur un futur fondé sur l'économie de la connaissance ; c'est un fort encouragement à une approche interdisciplinaire de notre environnement ; c'est une initiative internationale qui prend un écosystème naturel comme élément fédérateur de 11 pays européens représentés par 54 institutions, mais associe également, pour la première fois, des pays du Sud de la Méditerranée (Maroc, Tunisie).

L'année internationale de l'océan est l'occasion de faire le point et de présenter les derniers travaux de recherche et les résultats de 581 jours de campagnes océanographiques sur tout le bassin, mettant en œuvre les moyens les plus modernes de la recherche, depuis les satellites jusqu'aux instruments de mesures profonds.

Quelques éléments qui montrent la diversité des réponses susceptibles d'être apportées tant au niveau de la connaissance générale que pour l'aide aux décisions politiques : augmentation de la température et de la salinité des eaux profondes, modifications de la circulation des eaux dues probablement aux changements naturels du climat et de la circulation atmosphérique, augmentation des sels nutritifs et de certains métaux liée à l'activité humaine, apparition de certains phénomènes dynamiques et biologiques dus au déficit hydrique entraîné par l'aménagement des fleuves et l'usage immodéré des ressources en eau, modifications de la productivité marine...

Par ailleurs, 1998 verra la production et la sortie d'un film de télévision MATER en "prime time", ainsi qu'une série pédagogique sur un modèle de fonctionnement d'un écosystème marin ; de nombreuses conférences seront données, notamment à Lisbonne, pour sensibiliser le public à la prise en compte de notre patrimoine.

Pour le futur, le 5e Plan cadre en préparation va s'orienter vers la recherche et le développement à l'échelle européenne ; la Méditerranée, à la croisée des cultures et des économies, peut représenter, à travers une recherche de haut niveau scientifique et technique, un modèle d'intégration des aspects fondamentaux et socio-économiques liés à la gestion durable de l'environnement, mais aussi d'incitation aux échanges Nord-Sud et Est-Ouest.

Contact :
André Monaco - Centre de formation et de recherche sur l'environnement marin - Université de Perpignan - Tél. : 04 68 66 20 88.

 

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pucet_bl.gif (104 octets) Les satellites d'observation : 25 ans au service de l'océanographie

En l'espace de 25 ans, les satellites, et surtout les équipements de mesure qu'ils transportent, sont devenus les compagnons indispensables des océanographes. Depuis l'espace, ils observent avec une précision extrême la planète océan : vitesse des vents et des courants, variations du niveau de la mer, hauteur des vagues, température de surface...

Le CNES (Centre national d'Études spatiales) participe, pour la France, aux programmes internationaux spatiaux.

Le satellite franco-américain TOPEX/POSEIDON et le satellite européen ERS2, lancés respectivement en 1992 et 1995, en font partie. Ils scrutent en permanence la surface des océans et communiquent aux scientifiques les moindres changements d'état du milieu océanique. En l'an 2000, le nouveau satellite JASON sera lancé afin de poursuivre cette mission d'observation permanente des océans. Il utilisera la plate-forme Proteus et des instruments beaucoup plus légers, mais tout aussi performants. Ces nouveaux satellites sont couramment appelés minisatellites en raison de leur taille et de leur poids (JASON pèsera environ 600 kg contre 2 500 kg pour TOPEX/POSEIDON).

Grâce à ces instruments, à tous les autres déjà en orbite autour de la Terre, à l'utilisation conjointe de mesures in situ et des modèles numériques sophistiqués, une restitution tridimentionnelle et à très haute résolution de l'océan global sera possible en l'an 2003 (projets MERCATOR et GODAE). Régulièrement alimentés par les jeux de mesures disponibles, les modèles fourniront en temps réel une image de l'océan et de son évolution sur plusieurs mois, préfigurant ainsi les futurs systèmes opérationnels d'observation des océans. Une des applications directes de tels systèmes, couplés à des modèles atmosphériques, sera de produire des prévisions climatiques réalistes à l'échelle de la saison.

Contact :
Yves Ménard - CNES - bpi 2002 - Tél. : 05 61 27 48 72.

 

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