Agir pour une biodiversité préservée

8 conseils pour bien planter vos arbres cet automne-hiver

Publié le 17 novembre 2025

Planter un arbre ou un arbuste est un geste fort pour la biodiversité. Mais pour s'assurer qu’il grandisse vraiment, et avant de sortir vos outils, mieux vaut observer et comprendre ce qui vous entoure. Le secret d’une plantation réussie commence toujours par la préparation du sol, le choix du bon emplacement et des essences locales. On vous explique quelques règles simples à respecter, avant et pendant la plantation.

1/ Analyser le sol

Avant de planter, commencez par analyser votre sol. Comment ? En faisant le « test du bocal » !  Ce test consiste à mélanger dans un bocal un échantillon de votre sol avec de l’eau et à attendre que les couches se forment (argile, sable, limon) pour estimer leurs proportions dans votre sol. Au bout de quelques heures, vous aurez une idée de la composition de votre sol et pourrez ainsi savoir s’il faut alléger ou enrichir votre sol. Le profil du sol est déterminant dans le choix des essences à planter, car chaque typologie de sol présente des atouts et des points de difficulté. Par exemple,  un sol sableux s’enrichit et favorise le développement racinaire, mais il retient mal l’eau et les nutriments. Un sol argileux retient mieux l’eau et les éléments nutritifs, mais il peut être difficile à travailler et souffrir d’asphyxie racinaire lorsqu’il est saturé d'eau. Un sol limoneux offre souvent un bon équilibre entre fertilité et travail du sol, tout en restant sensible à l’érosion s'il est mal protégé des fortes intempéries... Le paillage régulier et l’enrichissement du sol lors de la plantation sont particulièrement utiles selon le profil identifié. 

🫙 DIY - Le test du bocal

Découvrez cette technique simple pour connaitre la composition principale de votre terre. C'est très simple, vous pouvez même faire le test du bocal avec des enfants !

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2/ Regarder ce qui pousse autour de vous

Les arbres et arbustes spontanés sont vos meilleurs indicateurs : ils se sont adaptés à votre climat, à la nature du sol et à l’exposition. Avec l’accord du propriétaire, vous pouvez parfois prélever des jeunes plants ou rejets ou boutures. Cela garantit des espèces qui poussent localement, résistent aux températures et sont bénéfiques pour la faune locale.

3/ Bien choisir les essences

La Fondation pour la Nature et l’Homme met à disposition un guide des plantes locales par région : un outil précieux pour sélectionner des espèces adaptées à votre région et soutenir au passage la biodiversité. Chêne pédonculé (Quercus robur), Érable champêtre (Acer campestre), Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), Noisetier commun (Corylus avellana) ou Aubépine monogyne (Crataegus monogyna) : chaque région a ses végétaux à valoriser. Un conseil : avant d'acheter ou de planter, regardez-bien le nom latin de l'espèce car sous une même essence peut se cacher d'autres essences, parfois pas locales !

🪴 Un guide pour savoir quoi planter dans sa région !

Ce guide #JagisJePlante vous permettra de sélectionner les arbres, arbustes et herbacées les plus adaptés à votre région. De quoi créer un coin de verdure unique et favorable à la biodiversité.

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4/ Trouver le bon emplacement

Un arbre a besoin d’espace pour grandir et déployer ses racines sans gêner diverses clôtures, murs ou lignes électriques. La législation impose de ne pas planter à moins de 2 mètres de votre clôture pour éviter les désagréments avec vos voisins. Observez également la courbe du soleil, la topographie, les vents dominants et la distance avec votre maison. Anticiper la taille adulte de l'arbre ou de l'arbuste, permet d'éviter les mauvaises surprises et garantir un bon développement de votre arbre, arbuste. En cas de doute, demandez conseil à une association naturaliste près de chez vous sur www.jagispourlanature.org, ça vous évitera des erreurs qui pourraient impacter la biodiversité.

5/ Préparer le sol

Inutile de retourner la terre (ce qui vous prendrait beaucoup de temps, beaucoup d'énergie et viendrait surtout déranger les espèces vivant dans le sol). Le plus simple est de déposer avant votre plantation (2 à 3 mois idéalement) une épaisse couche de paille - d'environ 10 à 15 cm - à l'emplacement des futures plantations. Vous pouvez vous rapprocher d'un agriculteur ou d'une association pour en trouver. Ce paillage fera office de couverture protectrice pour le sol en préservant l’humidité du sol, en favorisant la vie des vers de terre et en ameublissant le sol pour accueillir les futurs racines. Vous pouvez aussi ajouter du compost mûr par-dessus la terre pour nourrir le sol.

6 / Préparer un pralin

Un pralin - en jardinage - est un mélange composé d'1/3 d'eau, 1/3 de votre terre et 1/3 de compost mûr (ou fumier ou bouses de vaches selon ce que vous avez près de chez vous). L'idée est de tremper les racines de vos végétaux dans ce mélange pour les hydrater, les nourrir et leur offrir tous les nutriments nécessaires avant de les mettre en terre. Ce geste simple améliore la reprise des végétaux et limite la sécheresse des racines après la plantation. Découvrez notre vidéo tutoriel #JagisJePlante " Comment faire un bon pralin ? " avec Raphaël Mairesse de l'association les planteurs volontaires (59)

7/ Réussir sa plantation par étapes

Une bonne plantation commence par la première étape : celle de creuser un trou de la bonne profondeur (environ le fer de bêche) et  largeur (2 à 3 fois plus large que la motte que vous allez planter). Puis casser les bords et le fond de votre trou avec la bêche pour favoriser l’enracinement. Couper ensuite au sécateur les racines horizontales (gênantes pour la mise en terre) et veiller à préserver le «chevelu» (racines fines). Tremper vite les racines dans le pralin en s’assurant bien que toutes les racines soient humidifiées. Installer le plant dans le trou en le maintenant bien droit, racines vers le bas et le collet au niveau du sol. Le collet est la zone entre les racines et le tronc. Il est primordial de le placer au bon niveau - soit visible - et de dégager un peu la terre qui se trouve autour pour qu'il ne soit pas enterré (au risque de pourrir). Reboucher délicatement avec la terre et tasser le sol tout autour du plant avec le talon. Terminer par une couche de paillis organique (paille, BRF) d’environ 15 cm d'épaisseur sur 50 cm autour du plant, tout en dégageant de nouveau le collet. Ces gestes simples favorisent l’enracinement et la rétention d’humidité, tout en protégeant les jeunes pousses du dessèchement et des variations climatiques.

8 / "Qu’il pleuve ou qu’il vente, arrose ce que tu plantes !"

Comme le dit ce vieil adage, n’oubliez pas d’arroser abondamment, même en cas de pluie annoncée. Ce premier arrosage est crucial pour chasser les poches d’air et mettre en contact la terre avec les racines. Vous l'aurez compris, planter un arbre, ce n’est pas juste creuser un trou ; c’est donner une chance à un végétal de s’enraciner pour longtemps.

En respectant ces gestes simples, chaque plantation devient une promesse de biodiversité où de nombreuses vies viendront s'y nicher. Alors, plantez maintenant !

#JagisJePlante : planter pour la biodiversité et l’écologie

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