Défendre une agriculture sans pesticides

Le témoignage de Carine Thierry éleveuse engagée

Publié le 24 mars 2026

Et si la santé de vos enfants devenait le moteur de votre transition alimentaire ? C’est ce qui a poussé Carine Thierry, agricultrice en Seine-et-Marne (77), à changer le modèle de sa ferme et à se tourner vers l’agriculture biologique. 

A l'occasion de la Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice, mais une quête de sérénité. Entre santé préservée, fierté retrouvée et équilibre économique, découvrez comment cette ancienne architecte paysagiste et son mari ont opéré leur transition vers l’agriculture biologique et pourquoi ils remercient tous les jours leurs brebis, qui ont été de véritables alliées pour réussir.

Portrait de Carine Thierry, éleveuse engagée en agriculture biologique, réalisé par la Fondation pour la Nature et l'Homme

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Les nappes phréatiques polluées, le déclic qui a fait basculer Carine et Simon

Rien ne prédestinait Carine Thierry à devenir une figure de l’agriculture biologique à Nemours (77). Architecte paysagiste pendant dix ans, c’est en 2012 qu’elle rejoint son mari, Simon, sur l’exploitation familiale de 200 hectares en polyculture élevage, au cœur du Parc naturel Régional du Gâtinais.

Mais un événement vient tout basculer : alors qu'elle est enceinte, un arrêté préfectoral interdit la consommation d'eau dans sa commune. En cause ? Des résidus de produits chimiques interdits depuis plus de 50 ans, toujours présents dans les nappes phréatiques. « Quand j’étais enceinte, on a eu un arrêté préfectoral qui rendait l’eau impropre à la consommation pour les femmes enceintes. Ça m’a vraiment marquée », nous confie-t-elle. Pour le couple, le constat est sans appel : pour leur santé et celle de leurs enfants, ils ne peuvent plus continuer ainsi.

Le rôle clé de l’élevage de mouton dans la transition agroécologique de Carine

Passer à l’agriculture biologique peut faire peur. Pourtant, Carine et Simon ont mené leur transition en douceur grâce à la polyculture-élevage. En choisissant d’élever des moutons, ils ont créé un cercle vertueux.

« L’élevage aussi nous a beaucoup aidé à passer à la bio. En élevage, on a besoin de prairie, on a besoin de luzerne, qui sont des cultures qui n’ont pas besoin de pesticides. Merci les brebis, parce que c’est ça qui nous a aussi aidé à faire une transition »  explique Simon. Grâce à ce système, la transition s'est faite en douceur. En supprimant les intrants coûteux (pesticides, engrais de synthèse), ils ont repris le contrôle sur leur métier et leurs revenus, tout en produisant des cultures et de la viande de haute qualité.

Produire mieux, vivre mieux

Aujourd’hui, c’est une certitude inébranlable qui habite Carine et Simon : jamais ils ne feront machine arrière. Carine décrit une satisfaction quotidienne retrouvée : celle de travailler en phase avec les cycles naturels, sans peur pour sa propre santé. « L’agriculture française, elle a plein de visages, et le visage le plus réjouissant, enfin celui qui me séduit le plus en tout cas, c’est celui d’une agriculture sans pesticides et en phase et en communion avec la nature », conclut-elle.

Pourquoi son témoignage nous inspire ?

Le parcours de Carine Thierry démontre que l’agriculture biologique n'est pas un retour en arrière, c'est au contraire une agriculture de solutions, ultra-moderne grâce à sa compréhension du vivant. Elle nous explique que :

  • La santé est le premier moteur du changement : protéger l'eau et les sols, c'est d'abord nous protéger nous-mêmes.
  • L'élevage durable est clé pour se passer de pesticides.
  • L'épanouissement de l'agriculteur est au cœur du modèle : moins de chimie, c'est plus de fierté et de sens.

 Comme, Emmanuelle Billard éleveuse en Bretagne ou Dominique Hauvette et ses vignes dans les Bouches-du-Rhône, Carine a choisi l'agriculture biologique et elle prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une rémunération digne.

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