Et si l’envie de bien nourrir les autres était une voie pour susciter des vocations agricoles ?
Rien ne prédestinait Hannane Somi à se lancer dans l’agriculture.
Pourtant, après des années à parcourir le monde, ses questionnements sur la place de chacun dans la société et l’envie de bien nourrir les gens la convainquent de se former à l’agriculture. Mais pas n’importe laquelle : l’agriculture biologique, en développant une commercialisation en circuit court pouvant offrir le bonheur d’un légume bien cultivé, fraîchement cueilli, qui développe tous ses arômes et nourrit vraiment.
Nourrir les gens, préserver l’eau, renforcer la fertilité des sols et être au plus proche des consommateurs sur un territoire : les choix de Hannane font sens.
L’agriculture une reconversion pour nourrir les gens
Ayant grandi en Seine-Saint-Denis (93), à Clichy-sous-Bois, Hannane se destinait à tout autre chose que le métier d’agricultrice.
Éloignée de la campagne mais attachée à la nature, elle s’oriente vers des études de philosophie, puis démarre sa carrière dans les métiers de la culture. Peu à peu, ses questionnements autour du bien commun et de l’accès à une alimentation saine la guident vers des rencontres décisives. Au point, un jour, de tenter l’aventure de l’agriculture.
« Je me destinais à tout autre chose », avoue-t-elle. Mais c’est un choix qu’elle ne regrette pas et qui fait sens pour elle. « Parce que nourrir les autres, ce n’est pas rien. », résume-t-elle.
Hasard de la vie, c’est à moins de 5 kilomètres de là où elle a grandi, territoire pourtant très urbanisé, que Hannane débute sa nouvelle vie.
L’agriculture, oui, mais pas n’importe laquelle
Installant depuis 2020, à partir de rien, une petite ferme maraichère et arboricole (3 hectares et un peu plus de 400 pommiers), sur des terres louées à la Région Ile-de-France, Hannane est fière de ses accomplissements.
Si la voie de l’agriculture devient une évidence pour elle, au moment où elle donne naissance à son premier enfant, il en est une autre qui conditionne son installation : l’agriculture biologique et l’agroécologie.
Pour Hannane, il était inenvisageable de se lancer dans ce métier autrement qu’en pratiquant ce modèle agricole vertueux.
« C’était une évidence pour moi lors de ma reconversion professionnelle de faire le choix de l’agriculture biologique, explique-t-elle. Je ne me serais jamais installée si j’avais dû utiliser des produits utilisés en agriculture conventionnelle. »
Un système agricole aux nombreux bénéfices, selon elle « engageant », qui lui apporte une profonde sérénité et la conforte dans sa décision.
« Avoir le bonheur d’offrir des légumes de qualité, et qui sont cultivés en préservant l’eau » n’a pas de prix. Tout comme celui « d’améliorer la qualité et la fertilité des sols. »
Une commercialisation en circuit court pour un revenu digne
Outre le choix de l’agriculture biologique, il est une autre décision au cœur du modèle agroécologique de Hannane : celle des circuits-courts.
Grâce à ce système de distribution de proximité, tirer un revenu digne sur la ferme est de fait plus facile.
« Je vends en circuit court, ce qui me permet de valoriser la marge tout en maintenant des prix attractifs pour les consommateurs », explique-t-elle. « Et la qualité est incomparable ! Du champ à l’assiette, sans transition. »
Mais le choix des circuits-courts ne relève pas uniquement d’une préoccupation financière. Ils sont aussi un moyen pour elle de connecter la ferme avec son territoire, et de créer du lien.
« C’est vraiment le modèle de la ferme, vertueux, qui connecte directement le terroir avec ses consommateurs ».
Pour elle, le soutien actif des consommateurs est la clé. C’est cette stratégie qui lui permet pérenniser son modèle pour, « pouvoir faire grandir la ferme et embaucher ». Elle rêve de pouvoir offrir à ce territoire cette ferme maraîchère en cadeau : il faudrait pour se faire, impliquer les consommateurs et collectivités dans la gestion et la gouvernance de la ferme, et pourquoi pas créer une coopérative. Ce serait, en définitive, rendre aux Communs l’outil de production agricole créé.
Pourquoi son témoignage nous inspire ?
Le parcours de Hannane Somi est atypique, mais il démontre que l'agroécologie peut aussi créer des vocations, et permettre l’installation de nouveaux agriculteurs en France. Son modèle, reposant sur l’agriculture biologique et les circuits courts, nous rappelle que :
- L'épanouissement des agriculteurs doit au cœur du modèle des fermes.
- La juste rémunération des agriculteurs est une condition sine qua non à une transition écologique réussie.
- L’agriculture biologique est une solution à privilégier pour protéger la santé des agriculteurs, première victime des pesticides, et pour préserver la fertilité de nos sols et la qualité de notre eau.
Comme Carine Thierry, Emmanuelle Billard, Leslie Helfer ou Dominique Hauvette, Hannane Somi fait partie de cette génération qui a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une digne rémunération.
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