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Des paniers de légumes solidaires pour aider les étudiants fauchés

Publié le 29 septembre 2021 , mis à jour le 29 octobre 2021

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Née en janvier 2020, la Fédération étudiante de Bourgogne inter-associative (Febia) est rapidement confrontée à l’urgence sanitaire. En réponse, elle s’engage dans l’aide alimentaire et crée une épicerie solidaire à Dijon, grâce à laquelle 200 étudiants en situation de précarité profitent de produits à prix réduits. Depuis février 2021, Isaline, chargée de mission agriculture durable au sein de la Febia pérennise l’aide via la distribution, en circuit court, de légumes bio et de saison à 5 euros le panier solidaire. Un projet soutenu financièrement par notre programme Génération Climat.

 

La crise sanitaire lève le voile sur la précarité alimentaire des étudiants

C’est un fait indéniable, sur les différents campus dont celui de Dijon, de nombreux étudiants en université ou plus largement en formation post-bac doivent composer avec un reste à vivre quotidien compris entre 1,80 € et 7,50€ : c’est ce que révèlent les travailleurs sociaux du CROUS de Bourgogne qui ont mené des entretiens individuels afin de repérer les étudiants dans le besoin.

Dans ce contexte d’urgence, l’une des missions prioritaires de la Febia fut l’ouverture d’une épicerie solidaire approvisionnant déjà 120 bénéficiaires en deux mois (grâce à un réseau de partenaires comprenant des mairies, des épiceries sociales et solidaires et autres associations comme la Croix Rouge) en denrées alimentaires et produits de première nécessité, à 30% (voire moins), du prix moyen observé sur le marché.

Le but des “paniers de légumes solidaire” : Concilier petits budgets et bien manger sur le long terme

Issue d’un cursus d’ingénieur agronome, Isaline, 23 ans, est pleinement consciente des impacts environnementaux induits par l’alimentation à tous les niveaux : modes de production, choix de circuits de distribution, actes d’achat et modes de consommation. C’est justement pour agir à tous les échelons, en conciliant transition agro écologique et accès pour tous à une alimentation de qualité qu’Isaline a imaginé puis développé ce projet de paniers de légumes solidaires. C’est aussi parce qu’elle-même reconnaît que s’approvisionner en produits frais représente un effort quand on est étudiant sans le sou, non véhiculé, et sans beaucoup de temps à consacrer à l’équilibre de son régime alimentaire, que l’idée de ce projet a germé et mûri.

Crédit : Febia

Retour à la terre pour semer la prise de conscience

Étudiante en Agro, son choix de consommer des légumes frais produits localement est le fruit d’une démarche volontaire. Mais pour les étudiants moins sensibilisés dans d’autres filières, il est normal, faute de mieux, d’aller dans le supermarché voisin acheter les légumes importés et bon marché, sans savoir s’ils ont poussé sous serre, hors sol et traités. Il fallait donc mettre à portée de main une offre régulière, pour s’approvisionner facilement et à bas coût en produits sains respectueux de l’environnement.

Le projet “panier de légumes solidaires” d’Isaline s’est précisé à l’occasion d’un travail saisonnier chez Eric Coupé (la Ferme Le Charmoi), producteur local situé à quelques kilomètres de Dijon, avec lequel elle a décidé de construire un partenariat. Au-delà des méthodes agro écologiques utilisées pour sa production de légumes (même si après l’avoir obtenue il y a quelques années, il a renoncé pour des raisons financières à souscrire à la certification en bio), Éric Coupé s’implique activement dans le projet : il accueille sur son domaine les étudiants pour leur faire découvrir le travail de la terre, les principes de l’agriculture paysanne, l’intérêt des circuits courts et d’une manière générale partager sa philosophie de vie. Il est également intervenu sur le recours au cheval comme méthode de l’agriculture durable, grâce à un travail léger du sol, sur le site d’Agrosup Dijon.

Une AMAP version étudiante

Si le projet de paniers solidaires s’apparente dans l’esprit à celui d’une AMAP version étudiante, il diffère toutefois un peu dans son fonctionnement, puisque la souscription à un abonnement à l’année n’est pas obligatoire pour bénéficier de l’offre. Il suffit aux étudiants intéressés de commander leur panier via une billetterie de la plateforme Helloasso ( une plateforme de paiement pour les associations). Les caisses de légumes, livrées une fois par semaine sur site, sont préparées par des bénévoles des associations adhérentes à la Febia. Cela représente en moyenne 50 paniers de 3 à 4 kilos de légumes d’une valeur 12 euros et vendus 5 euros aux étudiants. Un différentiel pris en charge par les différents partenaires qui apportent un soutien financier au projet (l’université de Bourgogne, le CROUS de Bourgogne-Franche-Comté, la Ville de Dijon, la Région Bourgogne-France-Comté et la FNH via son aide octroyée aux jeunes de Génération Climat). Le Service de Santé Universitaire devrait à son tour porter cette dynamique en délivrant aux étudiants des messages de prévention, de sensibilisation et d’éducation à une alimentation saine pour l’année à venir.

Pour atteindre l’objectif de 100 paniers vendus sur la prochaine période, tout en diversifiant l’offre des légumes (pour inciter à varier le menu et faire découvrir d’autres légumes) Isaline s’est rapprochée d’un second producteur les Prés verts de Quétigny intéressé par la démarche pour faire des paniers certifiés bio par écocert… Une bonne nouvelle et l’occasion d’en faire à la rentrée un coup de com pour toucher d’autres filières que l’Agro qui, par essence, a davantage d’affinités avec le sujet !

Par ailleurs, pour sensibiliser davantage les étudiants bénéficiant des paniers solidaires, de nouvelles actions sont envisagées pour l’année à venir : des visites de terrain afin de mieux comprendre l’intérêt de consommer local, non seulement pour la santé, la préservation des sols et biodiversité mais aussi pour l’économie locale, puisque la vente d’une cinquantaine de paniers hebdomadaires assure au producteur local une part de revenus fixes. Des conseils, des recettes en live sur les réseaux sociaux, des buffets organisés par le CROUS avec des recettes zéro déchets et les produits locaux, la mise en place d’un système de consigne ou la confection de tote-bags pour composer les paniers, sont autant d’actions qu’Isaline souhaite perpétuer ou développer pour l’année universitaire à venir.

Un projet soutenu par notre programme Génération Climat

Génération Climat soutient la jeunesse engagée. Si vous souhaitez mettre en œuvre un projet qui lie climat et solidarité, postulez à l’appel à projets jusqu’au 18 octobre minuit.

Jusqu’à 10 000€ pour financer son projet pour le climat et la solidarité !

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