Défendre une agriculture sans pesticides

Le pari de l’excellence de Dominique Hauvette, vigneronne de l’année

Publié le 24 mars 2026

Et si l’arrêt des pesticides était le secret des plus grands vins français ?

C’est ce que nous démontre le parcours de Dominique Hauvette, viticultrice dans les Bouches-du-Rhône, élue vigneronne de l’année en 2020 par le Grand Prix de la Revue des Vins de France.

A l'occasion de la Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides, la Fondation pour la Nature et l'Homme remet sur le devant de la scène ces agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix d'un autre modèle agricole, et qui démontrent que se passer de chimie n’est pas un sacrifice.

Installée depuis plus de 40 ans, Dominique a toujours refusé d’utiliser la chimie, convaincue que si on laisse faire la nature, il y a de fortes chances que cela fonctionne.  Énergique et déterminée, elle prouve aujourd’hui, par la qualité de ses vins, qu’il est temps et nécessaire de changer de modèle. 

Découvrez le portrait de Dominique Hauvette, vigneronne engagée en agriculture biologique, élue meilleure vigneronne en 2020

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De l’obsession des insecticides à la liberté de la biodynamie

Ancienne avocate et professeure de ski, rien ne prédestinait Dominique Hauvette à devenir l’une des figures majeures de la viticulture française.

Pourtant, en 1988, lorsqu’elle découvre les Bouches-du-Rhône, Dominique tombe amoureuse de la région.Reprenant le domaine d’un ancien propriétaire utilisant des produits chimiques à outrance, elle découvre le cercle infernal dans lequel s’est empêtrée la ferme.

« J’ai pris la suite d’un lord anglais qui avait des idées très arrêtées sur le vin, explique-t-elle, il avait l’obsession des parasites et passait son temps à balancer des insecticides. Il avait à peu près essayé tout ce qui existe, mais sans succès ».

A son arrivée, elle décide de changer radicalement sa manière de cultiver ses vignes, et se tourne vers l’agriculture biologique. C’est son côté « soixante-huitarde », qui la pousse à voir les choses autrement. Mais pas seulement : « Mon premier objectif, dès le début, était d'obtenir des raisins de qualité et je ne voyais pas comment ils pourraient l'être avec des résidus chimiques. En novice, j'ai avancé avec une conviction : si on laisse faire la nature, il y a de fortes chances que cela fonctionne. Et puis, cela m’a paru beaucoup plus simple d’essayer de comprendre ce qui se faisait depuis des générations, plutôt que d’essayer d’apprendre toutes les molécules chimiques modernes. »

Des racines jusqu’à 6 mètres de profondeur pour résister à la sècheresse et aux maladies

Découvrant la vie de la vigne et sa façon de se développer, elle expérimente de nouvelles façons de prendre soin de ses plantes. Un exemple éclairant : elle n’arrose son domaine qu’au Printemps, arrêtant définitivement l’arrosage fin juin.

« La vigne n’est pas folle, précise-t-elle, si on lui met de l’eau en surface, elle ne va pas développer ses racines. Ce n’est pas du tout le même travail que le vigneron qui cherche à faire un bon vin, avoir un système racinaire développé et une vigne qui va se défendre toute seule. »

Le résultat impressionne : les racines de ses vignes descendent jusqu’à 5/6 mètres. L'arrêt des intrants de synthèse permet en effet aux plantes d'enfoncer leurs racines plus profondément dans le sol pour mieux résister aux sécheresses et aux maladies. Résultat ? Des plantes plus robustes et un raisin bien meilleur.

La reconnaissance de la Revue des Vins de France

Les choix de Dominique en matière agronomique s’avèrent plus que payants. En 2020, elle est désignée vigneronne de l’année. Une reconnaissance qui lui permet de développer de nouveaux circuits de commercialisation (elle travaille désormais avec des restaurants étoilés partout en France) et de continuer à prendre soin de ses vignes et de la terre.

« Ce prix a été une lumière sur mon travail, se réjouit-elle. On nous a fait croire qu’on avait besoin de toute cette chimie, qu’on ne pouvait pas s’en passer, mais on y arrive. Donc c’est faisable »

Pourquoi son témoignage nous inspire ?

Le parcours de Dominique Hauvette démontre que l'agroécologie n'est pas un retour en arrière, c'est au contraire une agriculture de solutions, ultra-moderne grâce à sa compréhension du vivant. Il nous rappelle que :

  • La protection de la nature ne se fait pas au détriment de la production, mais qu’au contraire, elle en améliore la qualité.
  • L’agroécologie est un modèle économiquement viable.
  • L'épanouissement de l'agriculteur est au cœur du modèle : moins de chimie, c'est plus de fierté et de sens.

Comme Carine Thierry en polyculture-élevage, en Seine-et-Marne, ou Emmanuelle Billard, éleveuse en Bretagne, Dominique Hauvette a choisi l’agroécologie et prouve qu’il est possible de concilier protection de la nature, de la santé et une rémunération digne.

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