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Rencontre avec Zazie : « Parce que le chemin est aussi intéressant que le résultat »

Publié le 12 janvier 2022

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Ni donneuse de leçons, ni militante acharnée, Zazie ne revendique pas un comportement écologique exemplaire. Dans sa vie personnelle et professionnelle, l’artiste agit en son âme et conscience, convaincue que l’écologie, loin d’être une punition, peut être joyeuse, voire ludique au quotidien. Comment vit-elle son engagement ? Quel a été le déclic ? Quels gestes met-elle en œuvre autant dans le domaine personnel que professionnel ?

Qui dit début d’année, dit nouveauté. En 2022, nous vous invitons à découvrir ces hommes et ces femmes que nous avons la chance de côtoyer, avec qui nous travaillons ou que le destin à tout simplement placé sur notre route. Personnalités, scientifiques, intellectuels, anonymes engagés… Toutes et tous se mobilisent à leur échelle pour bâtir un monde plus durable et plus juste. Notre première rencontre : la chanteuse Zazie.

Le déclic de Zazie : le voyage

La conscience écologique de Zazie, inspirée dès l’enfance par un père architecte partageant son enthousiasme pour tous ces nouveaux projets pionniers dans les économies d’énergie, se poursuit vers 16-17 ans avec ses nombreux voyages, « à une époque où prendre l’avion n’était pas encore reconnu comme climaticide, concède-t-elle aujourd’hui, comme quoi tout est affaire de pédagogie » !

Là, Zazie se souvient du traumatisme causé au fil des années par le constat de la rapide dégradation de la nature dans les régions les plus reculées de pays comme l’Inde, où encore en Islande où la modification d’un milieu (déplacement de geysers) s’est opérée en seulement deux ans…

Mais plus que toute autre considération, la naissance de sa fille a remis en perspective de nouvelles priorités, il n’est plus possible de se dire « après moi le déluge, dans cinquante ans je ne serai plus là ! »

« L’écologie est une forme de politesse » en tant que citoyen on se doit d’être poli avec les gens, de la même manière, on se doit d’être respectueux avec le vivant. En cela, l’écologie ne peut pas être un parti politique, elle doit plutôt rassembler les gens, s’inscrire dans un mouvement collectif. Zazie réfute l’idée qu’elle soit l’apanage d’une élite ou attribuée à une classe de bobo. Elle souhaiterait d’ailleurs que l’école réinvestisse son rôle pédagogique dans le domaine en reliant par exemple les cours entre eux pour donner à l’écologie tout son sens : comment par exemple ne pas enseigner l’histoire et les grands événements de l’humanité sans les connecter directement aux cours de science et vie de la terre ?

© Laurent Seroussi

« Parce que le chemin est aussi intéressant que le résultat ». C’est en cela, par le biais de l’éducation que Zazie porte l’espoir de voir progresser l’intérêt pour l’écologie. Des livres comme Sapiens de Yuval Noah Harari, des astrophysiciens comme Hubert Reeves, des réalisateurs comme Cyril Dion, contribuent, en interrogeant notre rapport au monde, à inspirer et alimenter sa réflexion. Sans oublier les experts et les scientifiques qui, grâce aux chiffres et à l’analyse des faits rendent, selon elle, la situation palpable tout en proposant des pistes pour amorcer l’action.

« Prioriser le bon sens », permet à chacun d’entre nous d’activer ses propres leviers. Là où certains feront de l’écologie leur parcours de vie, d’autres évolueront plus progressivement, devant déconstruire des habitudes plus ancrées. Zazie en plaisante, « la mue écologique, ce n’est pas se transformer en robe de bure, essayer c’est aussi très marrant et on a le droit de se tromper ». Elle raconte pour l’anecdote comment, devant l’air dubitatif du traiteur, elle n’a pas osé insister pour refuser le contenant jetable dédié à son bobun préféré et comment le-dit plat s’est finalement retrouvé doublement emballé dans une barquette plastique emboîtée dans la boite Tupperware qu’elle avait apportée à dessein !

Quels gestes dans le quotidien de Zazie ?

« Je ne suis pas parfaite ». Zazie, comme tout un chacun, revendique le droit à l’imperfection : non elle n’est pas vegan, mais elle consomme très raisonnablement et en pleine conscience viande et poisson, particulièrement soucieuse du bien-être animal, des modes de production agricole et de la préservation des équilibres vivants. Portant ses efforts sur le tri, les achats en vrac, le compost et la fabrication maison de produits ménagers et d’hygiène, elle a fait de sa réduction drastique du plastique un automatisme.

Lors de ses tournées, elle met aussi en place tant que faire se peut, des routines de consommation plus responsables. « Je suis gourde », ironise-t-elle, pour faire passer le message à son équipe : plus de bouteilles plastiques, de vaisselle à usage unique mais une nourriture locale et de saison, et sur scène tout le talent de Andi Watson pour optimiser l’éclairage basse énergie avec des leds et des jeux de miroirs sans sacrifier à la magie du spectacle.

Question transport, partant du principe qu’il est difficilement compressible pour les équipes et le matériel, Zazie fait le choix de salles plus réduites pour un public de proximité plutôt que de se produire dans des Zénith générant des transports beaucoup plus nombreux et éloignés des particuliers en région. Encore une réflexion où prévaut le bon sens !

Plus récemment, confinement Covid oblige, Zazie a repensé son logement et reconsidérant l’usage des mètres carrés en fonction de ses occupants, a pris le parti de déménager et de changer par la même occasion de fournisseur d’électricité. Une décision qui lui a fait du bien puisqu’en donnant des meubles, des livres et des équipements utiles sur des sites et à des associations, elle a pu donner une dimension sociale, indissociable selon elle, de son engagement pour l’écologie.

Moins morose aujourd’hui qu’il y a quelques années, Zazie souhaite partager une vision de l’écologie résolument tournée vers l’optimisme. Si elle concède que ça ne va pas assez vite, elle constate tout de même que les choses bougent.

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Une raison d’espérer ?

« L’information circule vite et fort, obligeant certains industriels de secteurs particulièrement polluants à "plier" devant la volonté des consommateurs car adopter des comportements écologiques et aller vers plus d’achats responsables n’est pas le seul fruit d’une idéologie, c’est une démarche vers plus d’économies et d’autonomie. Un signal comme quoi chacun peut individuellement trouver intérêt à faire sa part, et s’inscrire ainsi dans une dynamique plus collective

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