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Sauver les hérissons dans les Vosges !

Publié le 06 avril 2022

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Afin de soulager les divers centres de soins de la faune sauvage de la région Grand Est, Pauline et Manon ont créé « Chez Risson, le hérisson » à Bussang dans les Vosges, pour offrir un nouveau lieu d’accueil aux hérissons blessés ou orphelins.

Deux femmes de terrain au secours du hérisson d’Europe

Pauline, 28 ans, a déjà expérimenté au cours de sa jeune vie un nombre impressionnant de stages et de chantiers nature. Bénévole globe-trotter, elle s’est formée sur tous les fronts : dans un sanctuaire pour éléphants en Thaïlande, dans une clinique australienne pour chauve-souris, dans un élevage pour préserver le Grand Hamster d’Alsace ou à la LPO., Animatrice nature de formation, elle est devenue experte en soins animaliers : une double compétence qui va motiver l’ouverture de ce centre de réhabilitation pour hérissons. En effet, « pourquoi chercher plus loin alors qu’il y a tant à faire ici pour sauver une espèce aussi menacée que nos hérissons d’Europe ?», confie-t-elle.

Une réflexion qu’elle partage avec Manon, garde assermenté des brigades vertes du Haut-Rhin qui toute l’année sur le terrain, constate la nécessité d’agir pour sauver ce sympathique et fort utile petit mammifère, et les 6 autres personnes de cette dynamique équipe.

Le hérisson de nos jardins est menacé

Le hérisson d’Europe déjà fréquemment victime de la route est aussi fortement menacé par l’usage des pesticides. De façon directe via la toxicité des molécules de synthèse mais aussi de manière indirecte puisqu’ils trouvent moins d’insectes pour se nourrir et que les limaces escargots et vers de terre qu’ils ingèrent sont potentiellement vecteurs de parasites internes. À cela s’ajoute l’usage des tondeuses-robot sous les lames desquelles nos petits mammifères nocturnes sont trop souvent broyés quand elles fonctionnent la nuit sur les pelouses des particuliers…

800
C'est le nombre d'hérissons en détresse qui ont malheureusement passé les portes de structures de soins dans la région Grand Est en 2019.

Le hérisson, une espèce animale très vulnérable

On aurait tort de penser que ses piquants protègent bien ce petit mammifère insectivore. Au contraire, comptant sur cette seule défense, efficace contre ses prédateurs naturels, il n’a pas le réflexe de fuite et se met simplement en boule lorsqu’il sent un danger. Loin d’être suffisant face à une voiture, une débroussailleuse, un coupe-fil… bien souvent mortels ou mutilants, à l’origine d’un afflux d’animaux dans les centres en saison.

À titre d’exemple, près de 800 hérissons en détresse ont malheureusement passé les portes de structures de soins dans la région Grand Est en 2019. Une hécatombe pour la biodiversité mais aussi pour nos jardins car n’oublions pas que le hérisson est un auxiliaire particulièrement utile pour réguler les ravageurs.

Un lieu central dédié au hérisson

Le maillage du territoire

Situé au centre du village de Bussang dans les Vosges, avec près de deux hectares de terrain, le centre de réhabilitation « Chez Risson le hérisson » se trouve à un carrefour accessible pour un périmètre se concentrant, sur le département des Vosges, une partie du Haut-Rhin, le Territoire de Belfort et une partie de la Haute-Savoie. Bien desservi par le réseau routier, il sera facile à trouver pour tous les particuliers des départements voisins déposant des animaux en détresse, ce qui permettra d’accueillir davantage de hérissons et de désengorger les centres de soins de faune sauvage, plus généralistes et géographiquement dispersés.

Une prise en charge rapide

Pauline, soigneuse expérimentée, le sait bien : « moins de distance parcourue, c’est moins de stress et donc un taux de survie supérieur. C’est pourquoi l’équipe met aussi en place un système de rapatriement et de clinique vétérinaire relais pour que les hérissons trouvés et recueillis par des personnes sans véhicule ou trop éloignés puissent être rapidement pris en charge.

Animations autour du Hérisson

« Comment peut-on aider à les protéger, comment réagir face à un hérisson blessé, qu’a-t-on le droit de faire, où aller alors que les vétérinaires ne sont pas tous formés à la faune sauvage » autant de questions auxquelles Pauline et Manon tenteront d’apporter des réponses au cours de journées portes ouvertes dans leur centre. Parallèlement, elles mèneront d’autres actions de communication et de sensibilisation comme des animations dans les écoles et les structure périscolaires… Il n’y a pas de meilleur porte-parole que les enfants pour défendre la cause animale auprès des adultes et comme elles l’ont déjà fait en Avril 2021, des campagnes d’affichage dans les jardineries pour alerter sur l’usage des tondeuses robot la nuit.

5 faits étonnants sur le hérisson

Les objectifs du centre de soin et de remise en forme

Pour ses locaux et son installation, le centre a pu compter sur une contribution de ses adhérents, une centaine environ. Dès son ouverture à la saison prochaine, - un peu de répit l’hiver puisque le hérisson hiberne - 5 à 10 personnes sont prêtes à se relayer pour seconder Pauline, qui devra former ceux qui l’aideront à prodiguer les soins aux pensionnaires. À savoir qu’un hérisson orphelin de quelques semaines doit être biberonné « à la pipette » toutes les trois heures, qu’il faut nettoyer les plaies, procéder aux pesées très régulières, changer les litières, désinfecter les cages ou les abris… une durée moyenne s’échelonnant d’1/4 d’heure à 2 heures de soins par jour par pensionnaire. Pauline table ainsi pour la première année sur une possibilité d’accueil d’une cinquantaine de hérissons à la fois, espérant bien sûr augmenter sa capacité au fil du temps et pourquoi pas se diversifier pour soigner d’autres espèces.

Un vétérinaire affilié à la structure

C’est une des conditions requises pour obtenir l’autorisation d’ouverture d’un centre de soins, c’est aussi l’un des postes les plus coûteux… mais indispensable !

Enfin, pour répondre le plus parfaitement aux besoins nutritionnels de ses pensionnaires, Pauline explique enthousiaste comment elle a développé, avec succès, son élevage d’insectes. Dans des tours plastiques à tiroirs placées sous un escalier : vers de farines, blattes, grillons, larves de teignes de ruche – « une plaie pour les apiculteurs » glisse-t-elle au passage-, et autres larves de coléoptères prolifèrent et fournissent aux hérissons convalescents une alimentation de grande qualité.

De l’aménagement d’espace à la nourriture, "Chez Risson le hérisson" est aux petits soins et à l’entendre raconter sa passion pour les animaux, on ne doute pas que l’enthousiasme et le dévouement de Pauline et de son équipe sauveront beaucoup de hérissons. C’est aussi cette belle énergie que nous saluons et soutenons à la Fondation pour la Nature et l’Homme via notre programme « J’agis pour la nature ».

 


Pour en savoir plus, consultez leur site  ou leur page Facebook.

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