Communiqué de presse

Stanislas Rigal, premier lauréat du Prix « Jeune chercheur·se en environnement » de la FNH

Publié le 29 juin 2026

Les 28 membres du Conseil scientifique de la Fondation pour la Nature et l’Homme, sous la présidence de François Gemenne, ont désigné, ce mercredi 24 juin, le tout premier Prix « Jeune chercheur·se en environnement » à l’écologue Stanislas Rigal. Parmi une cinquantaine de candidatures, le jury a distingué un jeune chercheur dont les travaux ont mis un nom sur la première cause du déclin des oiseaux en Europe avec l’intensification de l’agriculture et qui, loin de s’arrêter aux constats et aux « mauvaises nouvelles » met ses recherches au service de solutions concrètes. Une mention spéciale du jury a également été attribué à Oriane Tournayre pour ses travaux d’évaluation de l’impact des activités humaines sur la biodiversité à partir de l’ADN environnemental.

Qui est Stanislas Rigal, lauréat du prix du jeune chercheur en environnement de la FNH  ?

Stanislas Rigal est écologue, actuellement chercheur en post-doctorat au CESAB, le centre d'analyse sur la biodiversité de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, situé à Montpellier. Après une thèse soutenue en 2021 à l'Institut des Sciences de l'Évolution de Montpellier (ISEM) sur l’impact des activités humaines sur la biodiversité à l’échelle des communautés, il a poursuivi ses recherches à l'Université des Sciences Agricole (SLU) à Uppsala en Suède en 2022 puis à l'Université Paris Saclay en 2023. Il a ensuite réalisé un postdoctorat avec l’INRAE à la Maison de la Télédétection à Montpellier .
Stanislas Rigal, lauréat du prix du jeune chercheur en environnement de la FNH

Pourquoi entend-on de moins en moins d'oiseaux en France et en Europe ? Les recherches de Stanislas Rigal

Ses recherches se concentrent sur des enjeux clés totalement interconnectées. Depuis 2021, Stanislas Rigal s’emploie à comprendre les causes de l’effondrement des populations d’oiseaux. Mais aussi à quoi ressemblerait une société qui cesserait de détruire la biodiversité.
  • En 2023, il publie ainsi une étude d’une ampleur inédite basée sur 170 espèces d’oiseaux communs, suivies sur plus de 20 000 sites dans 28 pays européens pendant 37 ans. Jamais une telle masse de données n’avait été mobilisée sur le sujet. Son article publié dans la revue américaine « Proceedings of the National Academy of Sciences » (PNAS), l’une des revues scientifiques les plus prestigieuses au monde, constitue une avancée majeure pour la compréhension de la disparition des oiseaux européens (25% des effectifs en 40 ans).
  • En mobilisant des données sans précédent sur plusieurs centaines d’espèces et de vastes gradients environnementaux, il a démontré de façon rigoureuse que l’intensification des pratiques agricoles, et en premier lieu l’usage des pesticides et des engrais qui y était associé, était la principale cause de l’effondrement des populations d’oiseaux en Europe devant le changement climatique, l’urbanisation ou l’évolution des forêts.

Des recherches orientées solutions : au-delà du constat sur le déclin de la biodiversité

Fidèle à la conviction qu’accumuler les mauvaises nouvelles ne suffit pas, le chercheur consacre l’autre moitié de son travail aux pistes de protection de la biodiversité.
Convaincu que toutes les routes vers le « zéro carbone » ne se valent pas et que la crise du vivant et celle du climat doivent être traitées de façon conjointe, il co-dirige actuellement pour l’ADEME un projet de recherche pour modéliser l’effet sur la biodiversité des différents scénarios socio-énergétiques à l’horizon 2050.

  • Dans ce cadre, il a par exemple analysé l’intégration écologique des tramways en ville. Ce travail lui a permis de fournir des recommandations pour les politiques publiques nationales, afin d’atténuer l’impact négatif potentiel de ce type de projet bas carbone sur la biodiversité, tout en tenant compte de l’avis des riverains.
    Désireux de cerner les marges de manœuvre permettant de combiner la préservation de la biodiversité et le bien-être humain, il a également conçu un indice qui situe les pays sur le chemin d’une société juste et soutenable.

Les 4 critères du Prix Jeune chercheur·se en environnement : pourquoi le jury a choisi Stanislas Rigal

Le Conseil scientifique a retenu une candidature qui répond aux quatre critères du prix :

  • Originalité et qualité scientifique des travaux : les travaux de Stanislas Rigal sont salués comme remarquables par le Conseil scientifique qui souligne : « Des résultats, d’une grande robustesse méthodologique qui ont profondément marqué la communauté scientifique et contribué à renouveler le débat sur les liens entre agriculture, biodiversité et durabilité ».
  • Intérêt environnemental et sociétal : le Conseil valorise « des connaissances directement mobilisables pour orienter les politiques publiques. Ses travaux répondent à plusieurs des défis majeurs auxquels nos sociétés sont confrontées : préservation du vivant, transition agroécologique, santé environnementale et justice sociale ».
  • Capacité à diffuser et rendre accessible la recherche. Elle est jugée exemplaire par le Conseil avec « des résultats relayés en France et à l’international (plus de 180 retombées presse), notamment des articles dans The Conversation, de nombreuses conférences grand public » … Au-delà de la médiation scientifique, le Conseil scientifique souligne « le dialogue constant qu’il entretient avec les décideurs publics et sa participation à l’élaboration de recommandations concrètes pour les politiques de conservation, les stratégies agricoles et les scénarios de transition écologique ».
  • Cohérence avec les missions et valeurs de la FNH : Le Conseil souhaite récompenser « des recherches qui ne se limitent pas au constat des dégradations environnementales mais visent à identifier des trajectoires de transition conciliant préservation de la biodiversité, bien-être humain et soutenabilité économique qui sont en est en parfaite cohérence avec les missions et les valeurs de la Fondation pour la Nature et l’Homme ».

Pour François Gemmene, président du Conseil Scientifique de la FNH : « Il est important de faire émerger dans le débat public de nouvelles voix qui portent la recherche en environnement. C’est l’ambition de ce prix, que Stanislas Rigal incarne parfaitement ».
 
De son côté, Stanislas Rigal se réjouit de ce Prix : « Je suis très heureux et reconnaissant envers le Conseil scientifique de la FNH pour l'attribution de ce prix. Au vu de l'urgence des questions climatiques et de biodiversité, j'espère que ce prix permettra de donner un écho aux travaux conduits par mes collègues et moi-même sur les modalités de transition vers des sociétés justes, désirables et soutenables. »

Le Prix Jeune chercheur·se en environnement de la FNH : un nouveau prix scientifique indépendant.

À l’heure où la science est de plus en plus attaquée, le Conseil scientifique de la Fondation pour la Nature et l’Homme a souhaité lancer un prix inédit qui montre la vigueur de la recherche sur l’environnement, dans toutes les disciplines, rappelle qu’aucune avancée environnementale ne peut s’effectuer sans une base scientifique solide et fasse émerger de nouvelles voix dans le débat public. Lancé en mars 2026, il se distingue des autres récompenses par sa volonté non pas de couronner une carrière, mais de mettre en lumière celles et ceux qui font dès aujourd’hui la recherche de demain.
Le lauréat reçoit une dotation de 5 000 euros et rejoint le Conseil scientifique de la Fondation.

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