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Comment aider les oiseaux à mieux passer l’hiver ?

Publié le 19 janvier 2022 , mis à jour le 28 janvier 2022

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Si l’on entend moins leur chant mélodieux l’hiver, les oiseaux de proximité n’en désertent pas pour autant nos balcons et nos jardins. Pour les aider à passer la froide saison et continuer de les observer à loisir, pensons à leur aménager un endroit accueillant, sécurisé, avec de la nourriture et un point d’eau. Un coup de pouce salvateur quand on sait que s’alimenter constitue leur principale dépense d’énergie et que leur nourriture naturelle se raréfie à cette période.

Prendre soin des oiseaux... en leur offrant le gîte et le couvert !

Confectionner soi-même nichoir et mangeoire est un excellent moyen d’offrir aux oiseaux un abri où se réfugier en cas d’intempérie lorsqu’ils ne disposent pas d’arbres et de haies bien touffues à proximité, et un bon support pour apporter un complément d’alimentation. Attention à ne pas placer ces installations trop près du sol (gare au chat à l’affût) et à les positionner suffisamment en hauteur, pas à moins de deux mètres de haut. Jamais non plus à découvert (au milieu d’une prairie par exemple où un épervier aurait vite fait de repérer sa proie). D’ailleurs les oiseaux hésiteront beaucoup plus à venir s’alimenter ou se percher s’ils ne disposent pas à proximité d’un endroit où se replier en cas de danger.

Attention également à la proximité des vitres, par effet de miroir et/ou de transparence, les oiseaux s’y assomment régulièrement. On sait que les passereaux payent déjà un très lourd tribut en se cognant dans les baies vitrées des grandes tours urbaines. En revanche, les mangeoires avec ventouses ne posent pas de problème car elles matérialisent la vitre.

Aider les oiseaux à maintenir leur température corporelle en hiver

 Les oiseaux dits généralistes sont insectivores l’été pour nourrir les jeunes et adoptent en automne et en hiver un régime majoritairement constitué de graines. Sachant que les plus petits passereaux doivent maintenir leur température corporelle entre 40 à 44°C (la plus haute des espèces du règne animal) et qu’ils peuvent, lors d’une longue et glaciale nuit perdre 10% de leur poids en moyenne, apporter un complément alimentaire riche en graisses (lipides sous forme d’oléagineux, graines, céréales, lard non salé) leur fournit des calories bien utiles alors qu’ils doivent consacrer les heures de jour à se nourrir pour trouver le combustible permettant de produire de la chaleur.

Les plus petits passereaux doivent maintenir leur température corporelle entre 40 à 44°C et lors d’une longue nuit glaciale, ils peuvent perdre 10% de leur poids en moyenne.

Selon Maxime Zucca, ornithologue et auteur de « La migration des oiseaux – comprendre les voyageurs du ciel » (Editions sud-ouest), nos oiseaux de jardin bénéficient de conditions généralement clémentes sous nos latitudes.
Leur offrir des points de nourrissage supplémentaires, reste tout à fait bénéfique en cas de vague de froid puisque cela réduit d’autant leurs dépenses énergétiques pour chercher de quoi s’alimenter. À propos des boules de graisse à fabriquer soi-même, il conseille certes d’adapter leur composition en fonction des espèces présentes mais aussi d’en confectionner certaines avec quelques variantes (graines, présentation, forme) pour en attirer des espèces moins « opportunistes ». Il souligne par ailleurs l’importance d’un point d’eau à renouveler souvent quand les températures sont négatives.

De petites bombes énergétiques 

D’une manière générale, les graines de tournesol et les cacahuètes, (très riches mais attention sans sel, non grillées et si possibles concassées) sont appréciées par de très nombreux oiseaux parmi lesquels mésanges, fringillidés (regroupant pinsons, chardonnerets, verdiers, linottes, bouvreuils, bruants) sittelles, pics… À placer de préférence dans un distributeur derrière un grillage aux mailles serrées pour que les volatiles aient à les casser un peu avant de les ingérer. Toutes les petites graines type colza, quinoa, chanvre, sorgho, riz, lentilles sont consommées par les fringillidés et les tourterelles et celles encore plus petites de lin et de pavot conviendront bien aussi aux accenteurs, troglodytes mignons et rouge-gorges (ces derniers appréciant aussi les lentilles cuites). Concernant les merles, grives, fauvettes à tête noire, les fruits secs, les pommes, vers de farine secs ou vivants sont bien adaptés.
Pour amalgamer graines, fruits secs et autres oléagineux, le suif est le meilleur gras car il fond moins que le saindoux. Bon à savoir, on fait l’impasse sur le lait (toxique), les pains, biscottes, les aliments transformés et les restes alimentaires, nocifs pour les oiseaux. Il suffit de bien mélanger l’ensemble et d’en faire plusieurs boules à mettre au frais, si besoin au congélateur, pour faciliter leur mise en forme autour d’un bâton ou autre support permettant d’être accroché ou suspendu.

Le nourrissage hivernal favorise les espèces généralistes, il est donc préférable de varier les dispositifs : boule de graines, gâteau de suif, mangeoires plateau avec des graines de tournesol… Les placer dans plusieurs endroits correspondant à des habitats différents permettra d’aider davantage d’oiseaux et augmentera d’autant vos chances - et le plaisir ! - d’observer une plus grande variété d’espèces.

Précautions d’usage !

Le nettoyage régulier des mangeoires et des abreuvoirs (à l'aide d'un mélange d'eau et de vinaigre) est indispensable pour éradiquer les maladies. Fréquentés par plusieurs volatiles, les fientes et moisissures peuvent rapidement devenir des foyers de contamination. C’est d’ailleurs l’une des pistes avancées pour expliquer le déclin des populations de verdiers, espèce dite généraliste que l’on retrouve notamment en milieu urbain ou ailleurs en milieu bâti, décimé en Angleterre par la trichomonose.

Vigilance également avec les graines des plantes invasives (comme par exemple l’ambroisie) qui pourraient envahir vos dessous de mangeoires. Lire l'enquête de l'observatoire des ambroisies.

Déclin des populations d’oiseaux, de quoi parle-t-on ?

Si l’on assiste depuis une vingtaine d’années à une baisse des populations d’oiseaux, toutes espèces confondues, de 20 %, nos oiseaux de jardin ne sont pas les plus impactés contrairement aux espèces agricoles (type tarier des prés, chardonneret élégant, perdrix grise, alouette) qui accusent un effondrement de 33% en moyenne de leurs effectifs depuis 2001, plus encore pour certains comme le pipit farlouse qui accuse 68% de pertes. Les modifications de leur environnement dues aux activités humaines, notamment la destruction de leur habitat par la culture intensive, l’épandage de pesticides et d'herbicides, les mono-cultures et l’artificialisation des sols auxquels s’ajoutent les effets du réchauffement climatique sont les causes principales de ce déclin massif des populations d’oiseaux.

Protéger les oiseaux en préservant leur environnement

Nourrir les oiseaux, c’est aussi prendre conscience de nos interactions avec l'environnement, de comprendre ce qui le rend vivant et qu’il est pour nous une source d’émotions intarissable.
Se "re-sensibiliser" grâce à l’observation de la nature, c’est le message que souhaite transmettre Maxime Zucca en inscrivant le nourrissage dans une approche plus générale de préservation de la biodiversité dans son ensemble et des oiseaux en particulier...

Aménager un habitat favorable aux oiseaux 

Pour contribuer à préserver la biodiversité, il est ainsi primordial de favoriser et d’entretenir des micro-habitats fournissant aux oiseaux de la nourriture tout au long de l’année, de l’eau et plusieurs abris où construire leur nid et se protéger des prédateurs. On évite ainsi de tondre sa pelouse à ras et de surtailler les arbres. 

Planter des haies pour l’hiver !

On laisse ainsi proliférer des coins « sauvages », en plantant des haies, buissons et autres arbustes d’essence variées, offrant différents étages de végétation : chèvrefeuille, sureau noir, sorbier des oiseaux, if (attention très toxique en revanche pour les chevaux), cognassier, bouleau, pourpier, pyracantha ou buisson ardent, houx, aubépine… certains fournissant fruits, baies ou graines aussi en hiver.

Agir dans son jardin ou sur son balcon est certes gratifiant et utile aux oiseaux de proximité, mais aujourd’hui, alors que l'on assiste à l’effondrement de la biodiversité dans son ensemble, on ne peut se contenter d’agir au cas par cas : il est urgent d’agir à grande échelle et de protéger des espaces naturels entiers La disparition des oiseaux est de fait particulièrement symptomatique d’un grand déséquilibre dans l’environnement.

Le rôle clé de l’agriculture 

Indirectes mais primordiales, d’autres formes d’action relèvent de nos comportements. Nos choix de consommation et l’achat de produits bio permettent collectivement d’encourager et, à terme, d’orienter massivement les pratiques agricoles vers des modèles plus respectueux des écosystèmes, déterminants pour la sauvegarde de la biodiversité, et particulièrement des oiseaux dépendants des invertébrés et des graines de toutes sortes de plantes. Une agriculture biologique est aussi une agriculture bénéfique à la santé humaine, pour les consommateurs comme pour les agriculteurs, particulièrement exposés lors de l’épandage des herbicides et pesticides.

Rejoindre une association œuvrant à la protection des oiseaux ou de l’environnement

Pour continuer à nous réjouir du gracieux spectacle de nos passereaux, aidons-les en protégeant leur environnement vital. Faire don de son temps (et/ou d’argent) pour soutenir une action ou une cause est une étape importante. Cette démarche peut également être prolongée par le biais des sciences participatives, consistant à une observation plus approfondie des populations d’oiseaux pour collecter des données exploitables par les scientifiques.

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