Propositions

Rentrée : Il est urgent de soutenir les cantines face à l'inflation !

Publié le 01 septembre 2022 , mis à jour le 13 septembre 2022

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Avec l’inflation, le coût des denrées alimentaires pour les cantines scolaires augmente de 10%. Dans l’urgence, elles se retrouvent souvent face à deux choix : augmenter le tarif pour les convives, fragilisant les familles les plus vulnérables, ou réduire le coût des repas notamment en réduisant la quantité de produits bio, compromettant la filière déjà touchée par le contexte. Que faire ? Si la loi pouvoir d’achat votée en juillet n’a pas été à la hauteur de l'enjeu, il est encore temps d’agir à l’occasion du projet de loi de finances (PLF) discuté à partir d’octobre ! Voici les propositions que nous allons porter.

De par le nombre de convives et les repas servis (plus de 3 milliards par an), la restauration collective est un levier clé pour l’accès à une alimentation de qualité, la réduction de la précarité alimentaire et le soutien à l’agriculture biologique. C’est pour cette raison que la FNH se mobilise depuis plusieurs années pour accompagner la restauration collective dans le développement d’une alimentation plus durable, ainsi que pour des politiques publiques qui soutiennent le secteur et sa transition agroécologique.

Loi pouvoir d’achat : les cantines délaissées

Malgré la hausse des prix de l’énergie et des prix de l’alimentation qui nuisent autant à la restauration collective qu’aux ménages, seule une mesure votée in extremis, contre l’avis du gouvernement, apporte un soutien financer aux collectivités les plus en difficulté, uniquement pour 2022. Cependant, si les dépenses alimentaires font partie des dépenses éligibles, les collectivités ne sont pas incitées à flécher l’argent reçu pour amortir le choc en restauration collective. Par ailleurs, l’inflation devrait rester importante en 2023, et un accompagnement de moyen-terme est donc indispensable !

50
% des cantines devraient augmenter leurs prix de 5 à 10% selon l’Association des Maires de France, que ce soit en cette rentrée ou au prochain trimestre (janvier 2023) [1]
40
% des besoins énergétiques des enfants par jour sont fournis par la cantine. Pour beaucoup c’est le seul repas équilibré ou sans pesticides de la journée…

Alors même que l’inflation va davantage fragiliser les ménages déjà en précarité et que la restauration collective est déjà très en retard par rapport à l’objectif fixé sur les produits bio (6,6% en 2021, alors que l’objectif est de 20%), ce « plus cher pour moins sain et moins durable » n’est pas entendable !

PLF : trois mesures pour corriger le tir

A l’occasion du Projet de loi de finances discuté ces prochaines semaines, nous appelons les députés à redresser la barre pour les prochains trimestres scolaires, grâce à trois mesures que nous avons élaborées avec le Secours Catholique, la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique et le Réseau Restau’Co :

  • L’allocation d’un budget d’urgence à la restauration collective à hauteur de 20 centimes par repas pour permettre l’achat de produits bio. Cette mesure représente 566 millions d’euros.
  • La rédaction d’un rapport financier par l’État sur l’accessibilité financière des cantines en France et sur les dispositifs qui permettraient son amélioration (tarification sociale, cantines à un euro, automatisation des tarifs sociaux, etc). Ce rapport dresserait les avantages et inconvénients des dispositifs proposés et permettrait que des pistes soient envisagées dans le PLF 2024, afin que l’État apporte un soutien aux collectivités.

  • L’allocation d’une prime à l’investissement de 100 millions d’euros à toute la restauration collective pour l’accompagner dans l’impulsion d’une transition agroécologique de long terme et dans l'atteinte des objectifs fixés par la loi EGAlim. Son financement serait d’une part permis par l’utilisation des montants non consommés dans l’enveloppe précédemment mobilisée de 50 millions d’euros, qui ciblait seulement les cantines scolaires des communes rurales. D’autre part, nous proposons que 50 millions d’euros soient ajoutés, puisque cette fois, tous les restaurants collectifs du secteur public (hôpitaux, prisons, enseignement, crèches…) seraient concernés. Ce soutien financier devra être couplé à une campagne de promotion et de sensibilisation sur le caractère contraignant des objectifs de la loi EGAlim et sur l’intérêt d’avoir recours à ce soutien financier (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). Il est en effet de la responsabilité de l’État de faire savoir aux restaurants collectifs, dont certains sont d’ailleurs dans son périmètre décisionnel, que la loi leur fixe des objectifs et que des financements sont mis à leur disposition pour les y accompagner.

Pourquoi une prime à l'investissement ?

Une enquête réalisée par la FNH et le Réseau Restau’Co démontre qu’avec un investissement et un accompagnement minimum, les restaurants font des économies rapides et structurelles (lorsque ces investissements sont ciblés sur la baisse du gaspillage alimentaire, l’introduction de menus végétariens et le travail de produits bruts et de saison), ce qui leur permet de réinvestir dans les produits durables, de proximité et bons pour la santé sans surcoûts pour les convives.

Enquête : Les besoins d'investissement en restauration collective

A consulter aussi : 

Sources

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