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Cancer du sein et pesticides : ce que dit la science

Publié le 26 octobre 2026

Octobre rose : dépister, oui. Comprendre le lien entre pesticides et cancer du sein, aussi.

En France, le cancer du sein reste le plus fréquent chez les femmes, avec plus de 61 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, et représente la 3e cause de mortalité par cancer dans notre pays. Au cours de sa vie, une femme sur huit y sera confrontée, et plus de 900 000 femmes sont déjà touchées. La France fait même partie des pays où le taux d'incidence est parmi les plus élevés au monde.

Chaque année, Octobre rose revient rappeler l'importance du dépistage : une mobilisation essentielle. En effet, les progrès thérapeutiques, et surtout le dépistage plus précoce, ont permis de faire reculer la mortalité liée à ce cancer. Mais une question reste encore trop souvent mise de côté : pourquoi le nombre de cancers du sein demeure-t-il aussi élevé et en constante progression dans notre pays ?

Parmi les facteurs susceptibles d'influencer le risque de développer cette maladie, l'environnement fait l'objet d'un intérêt croissant de la recherche scientifique. Pollution atmosphérique, alcool, substances chimiques persistantes : nombreuses sont les pistes explorées. Alors, que dit la science aujourd'hui à ce sujet ? Y a-t-il des causes dont nous sommes certains ? Quels moyens avons-nous pour limiter notre exposition ?

Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé le Professeur Xavier Coumoul, biochimiste et toxicologue à l'université Paris Cité et directeur de l'unité de recherche HEALTHFEX de l'Inserm, membre de notre Conseil scientifique.

Existe-t-il un lien entre pesticides et cancer du sein ? À ce jour, la science ne permet pas d'affirmer un lien de cause à effet pour l'ensemble des pesticides. Mais les signaux s'accumulent : certains pesticides perturbent le système hormonal, s'accumulent dans les graisses du sein et peuvent additionner leurs effets. Réduire son exposition relève donc d'une démarche de précaution.

Pourquoi la prévention primaire du cancer du sein reste-t-elle le parent pauvre ?

Depuis plus de trente ans, les campagnes de dépistage ont permis d'améliorer considérablement la prise en charge du cancer du sein.

Pourtant, malgré les progrès médicaux, la détection du cancer du sein n'intervient qu'une fois la maladie déclarée ou déjà débutante.

En parallèle, la prévention dite « primaire », celle qui vise à réduire notre exposition aux facteurs de risque avant l'apparition de la maladie, reste relativement peu évoquée dans le débat public.

Une situation qui s'explique en partie par la nature même des pollutions environnementales :

« On peut expliquer cela à cause de l'invisibilité de la pollution, explique Xavier Coumoul. On ne voit pas les pesticides, les PFAS, les microplastiques... C'est moins marquant médiatiquement pour le grand public qu'une canicule ou une sécheresse. »

Le chercheur évoque également un autre frein : l'incertitude scientifique inhérente à l'étude des expositions environnementales.

« Il y a aussi la fabrique du doute. Et si on veut être honnête, un scientifique doute toujours de ses analyses et de ses conclusions. »

Pour autant, l'absence de certitudes de la communauté scientifique ne signifie pas absence de risques. La complexité des mécanismes étudiés et les interactions entre une substance précise et notre corps nécessitent d'accumuler des preuves solides, souvent sur le long, voire très long terme, pour en tirer des conclusions définitives.

La prévention primaire désigne les actions qui visent à réduire notre exposition aux facteurs de risque avant l'apparition de la maladie. Pour le cancer du sein, elle reste peu évoquée, en partie parce que les pollutions comme les pesticides, les PFAS ou les microplastiques sont invisibles.

Y a-t-il un lien entre pesticides et cancer du sein ? Ce que la science sait aujourd'hui

Si l'impact de l'environnement est aujourd'hui indéniable sur le risque de développer un cancer du sein, il recouvre néanmoins des facteurs très différents.

« Il existe un lien entre l'exposition environnementale et le cancer du sein, mais, nuance Xavier Coumoul, l'environnement recouvre des facteurs très différents, dont les niveaux de preuve ne sont pas équivalents. »

Certains facteurs environnementaux sont désormais clairement identifiés au-delà de la génétique : le rôle des rayonnements ionisants (comme les rayons électromagnétiques) et de l'alcool, par exemple.

Mais, concernant les contaminants chimiques (PFAS, pesticides, etc.), les liens restent sujets à caution, bien que certains résultats devraient renforcer notre vigilance.

« Nous disposons de signaux épidémiologiques et de résultats expérimentaux, mais avec encore des incertitudes sur l'importance du risque pour ces polluants. »

Parmi les signaux et résultats expérimentaux préoccupants auxquels fait référence Xavier Coumoul, une expertise de l'Inserm, datant de 2013 et mise à jour en 2021, qui conclut qu'il n'est pas possible d'établir un lien global entre l'ensemble des pesticides et le cancer du sein, mais dont certains résultats restent inquiétants et devraient nous alerter.

Cette étude a en effet mis en avant une augmentation des risques de maladies neurodégénératives, de fausses couches, de malformations congénitales, de cancers de la prostate et hématopoïétiques, ainsi qu'une augmentation des troubles de la fertilité masculine liés aux pesticides, en particulier les perturbateurs endocriniens.

Aux États-Unis, une autre étude, menée par le professeur Cohn et son équipe en Californie, et publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, a démontré que des femmes américaines ayant été exposées il y a cinquante ans, in utero, par le biais de leur mère, au DDT (le dichloro-diphényl-trichloroéthane), un insecticide très puissant et perturbateur endocrinien avéré, massivement utilisé après la Seconde Guerre mondiale, avaient un risque quadruplé de développer un cancer du sein2. Un effet générationnel donc !

Malgré son interdiction au début des années 1970 dans de nombreux pays à cause de sa grande toxicité, le DDT est toujours détectable à l'état de trace dans le sang et dans les graisses de la plupart des individus du fait de sa longue persistance dans l'environnement (on parle ici de plusieurs décennies), avec des effets sanitaires générationnels3. Il reste même toujours utilisé dans certains pays du Sud pour lutter contre les moustiques vecteurs du paludisme.

Pourquoi les pesticides suscitent-ils autant de préoccupations ?

L'attention portée aux pesticides par les chercheurs s'explique avant tout par leur rôle de perturbateurs endocriniens. Interférant avec le fonctionnement hormonal de l'organisme, ces substances jouent un rôle dans le développement et le fonctionnement de la glande mammaire.

« Certains pesticides sont connus pour perturber la signalisation hormonale ou modifier la prolifération cellulaire. » rappelle Xavier Coumoul.

Si ces perturbations sont aujourd'hui avérées et constituent un élément important, elles ne suffisent pas pour autant à démontrer un effet sanitaire chez l'être humain.

« Les mécanismes renforcent la plausibilité d'un lien. Mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à démontrer un risque chez les femmes exposées dans la vie courante. »

Autre champ qui intéresse également les chercheurs, la capacité de certaines molécules à s'accumuler dans les tissus riches en graisse.

« Une molécule chimique pénètre un individu par trois voies principales : cutanée, respiratoire (en cas d'épandage) et alimentaire (en cas de consommation d'un aliment contaminé), nous explique le toxicologue. Une fois absorbée, elle peut circuler dans le sang et atteindre différents tissus, dont le sein car il est irrigué. Certaines molécules persistantes, notamment des pesticides organochlorés, des dioxines, des PCBs... ont une affinité pour les graisses et peuvent s'accumuler dans les tissus adipeux. D'autres sont éliminées plus rapidement, mais des expositions répétées peuvent entretenir leur présence dans l'organisme : on parle de « semi-persistance ».

Les trois voies d'exposition aux pesticides :

  • par la peau (voie cutanée) ;
  • par la respiration, par exemple lors d'un épandage ;
  • par l'alimentation, en consommant un aliment contaminé.

 

Pour comprendre comment les pesticides se retrouvent dans l'eau, l'air et nos assiettes, lisez notre article pesticides et santé : pourquoi les consommateurs sont exposés. 

Ainsi, le sein, composé en grande partie de tissu adipeux, constitue donc un terrain propice à la concentration de ces molécules.

Dès 2004, une étude d'Ellsworth, publiée dans la revue The Lancet, a démontré que des pesticides avaient été retrouvés dans des tissus adipeux mammaires de 51 femmes à divers stades de maladie du sein, depuis l'hyperplasie canalaire atypique (une maladie non cancéreuse) au cancer invasif. Ces résidus de pesticides ont été retrouvés chez toutes les femmes observées, avec une augmentation de leur concentration selon l'âge et le poids des patientes.

Autre élément inquiétant, les concentrations de pesticides étaient significativement plus élevées dans les seins malades que dans les seins indemnes, sans qu'un lien direct soit établi entre la tumeur et la présence de ces pesticides.

Des périodes de la vie où nous sommes plus vulnérables

Ces résultats ont également montré que toutes les périodes d'exposition ne se valaient pas.

Nous sommes parfois plus vulnérables à l'exposition aux produits chimiques à certaines périodes qu'à d'autres.

Dans un article du Monde, Stéphane Foucart a interviewé Ana Soto, de l'École normale supérieure de Boston, une des premières biologistes à avoir travaillé sur les effets de l'environnement sur le cancer du sein. La biologiste affirme que « plusieurs études, conduites sur des modèles animaux montrent que, plus la glande mammaire est attaquée tôt au cours de son développement, plus les risques de cancer, plus tard dans la vie, sont élevés. »

De nombreux travaux montrent d'ailleurs de manière certaine que certains moments du développement humain constituent des fenêtres de vulnérabilité plus grandes.

« La vie fœtale, la puberté et les périodes de grossesse notamment, sont des périodes plus vulnérables. Ces phases de développement peuvent être particulièrement sensibles aux perturbations hormonales », explique Xavier Coumoul.

Ces périodes charnières correspondent en effet à des transformations majeures du statut hormonal des individus et donc de la glande mammaire.

Pendant la grossesse, la vulnérabilité est même accrue, puisqu'il y a l'exposition de la mère, dont le sein se transforme, et celle du fœtus, dont les organes se développent, précise-t-il.

Une perturbation hormonale à ces moments-clés pourrait donc avoir des conséquences à long terme sur la santé du sein. D'autant que d'autres facteurs aggravants pourraient amplifier le problème.

Qu'est-ce que l'effet cocktail des pesticides ?

Depuis quelques années, un autre motif d'inquiétude s'ajoute aux réflexions scientifiques : l'effet dit « cocktail » des pesticides, à savoir le fait que nous consommions et cumulions plusieurs substances de pesticides en même temps dans notre corps, même à des doses infimes.

Bien que l'effet cocktail des pesticides soit encore peu étudié et présente de nombreuses zones d'ombre, Xavier Coumoul rappelle que cette notion met en lumière un problème jusque-là peu connu ou totalement ignoré : la dose d'un produit chimique ne fait pas forcément le poison.

« La dose doit être considérée mais elle ne suffit pas à décrire le risque environnemental réel. Il faut aussi considérer la durée, la fréquence, le moment de l'exposition et les autres substances présentes, donc l'effet cocktail : plusieurs molécules peuvent contribuer au même effet ; leurs actions peuvent s'additionner (cas le plus fréquemment démontré jusqu'à présent). »

Durée, fréquence, moment d'exposition, cumul de substances : autant de facteurs extrêmement difficiles à mesurer.

Pourtant, les premières études à s'intéresser à ce phénomène ont de quoi inquiéter.

En 2021, les travaux d'une équipe rassemblant des chercheurs de l'INRAE, l'Inserm, le Cnam et l'Université Sorbonne Paris Nord ont mis en lumière de nouveaux éléments concernant l'impact de l'exposition alimentaire aux pesticides dans la survenue de cancer du sein en postménopause.

Leurs travaux montrent qu'une exposition élevée à 4 pesticides (chlorpyriphos, imazalil, malathion et thiabendazole) est associée à une augmentation de risque de cancer du sein chez les femmes en surpoids ou obèses4.

Plus récemment encore, aux USA, une étude a montré que les pesticides n'étaient pas seulement composés de substances actives. D'autres éléments intègrent aussi la composition de ces pesticides, comme des solvants, des conservateurs ou d'autres ingrédients destinés à faciliter leur utilisation et à améliorer leur efficacité. Ces autres composants, appelés composants « inertes » ne sont pas pour autant sans conséquence sur notre santé.

Publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, des chercheurs ont mis en lumière que ces substances inertes auraient également des effets néfastes et restent malheureusement trop souvent écartées des champs de recherche qui se focalisent avant tout sur la substance active. Or leurs résultats montrent que plus de 920 molécules ont provoqué des tumeurs mammaires chez des animaux, ou montré, dans des tests en laboratoire, une capacité à stimuler des mécanismes hormonaux susceptibles de favoriser le cancer du sein.

En reprenant une liste de 920 molécules ayant provoqué des tumeurs mammaires chez l'animal ou montré, dans des tests en laboratoire, une capacité à stimuler des mécanismes hormonaux susceptibles de favoriser le cancer du sein, les chercheurs se sont rendu compte que plus de la moitié de ces molécules se retrouvaient dans la composition des pesticides, la plupart étant des éléments inertes.

Jennifer Kay, un des auteurs de l'étude, explique : « lorsqu'on aborde la question de la sécurité des pesticides, on a tendance à se concentrer sur l'ingrédient actif. Or, l'exposition se fait à la formulation complète, et nos résultats montrent que nombre de ces autres substances chimiques peuvent également présenter un risque. »

L'effet cocktail désigne le fait que plusieurs pesticides soient présents en même temps dans notre organisme, même à des doses infimes. Leurs actions peuvent alors s'additionner : c'est le cas le plus fréquemment démontré à ce jour.

Manger bio réduit-il le risque de cancer du sein ? Ce que montre NutriNet-Santé

Parmi les études de référence sur l'impact de notre alimentation sur notre santé et en particulier le cancer du sein, les travaux issus de la cohorte NutriNet-Santé apportent également un éclairage intéressant.

Lancée en 2009, l'étude NutriNet-Santé fait partie des projets de recherche publique parmi les plus ambitieux au monde, rassemblant près de 180 000 volontaires afin de suivre leurs habitudes alimentaires et mettre en évidence le rôle joué par la nutrition comme facteur de risque ou de protection des maladies les plus répandues en France telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires ou le diabète.

Parmi les travaux menés par l'équipe en charge du suivi de NutriNet-Santé, une étude vise à évaluer spécifiquement la fréquence de la consommation d'aliments biologiques associée avec un risque de développer un cancer, en particulier un cancer du sein.

Les chercheurs ont ainsi constaté qu'une plus grande fréquence de consommation d'aliments biologiques était associée à une réduction du risque global de cancer, dont une réduction significative dans le cas du cancer du sein postménopause. À l'inverse, les femmes en surpoids ou obèses, dont la fréquence d'aliments conventionnels était plus élevée, étaient associées à un risque de cancer plus élevé.

Sur le cancer du sein post-ménopause, l'étude NutriNet-Santé va même plus loin, révélant que remplacer chaque jour 100 grammes de fruits et légumes conventionnels par leurs équivalents bio était lié à une réduction d'environ 10 % du risque de développer un cancer du sein post-ménopausique5.

Néanmoins, là encore, difficile d'en tirer un lien causal définitif, puisque les patientes consommant des produits biologiques avaient très souvent un niveau d'activité physique supérieur aux autres, et semblaient faire plus attention à leur santé de manière générale.

Les auteurs eux-mêmes soulignaient, à la lumière de leurs résultats, qu'il était essentiel de confirmer leurs observations par de nouvelles études sur d'autres populations.

Selon la cohorte NutriNet-Santé, une consommation plus fréquente d'aliments bio est associée à une réduction significative du risque de cancer du sein après la ménopause. Remplacer chaque jour 100 grammes de fruits et légumes conventionnels par des bio serait lié à une baisse d'environ 10 % de ce risque. Ce lien reste à confirmer par d'autres études.

Pour mieux choisir vos produits, découvrez aussi les fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides.

Comment réduire son risque de cancer du sein et son exposition aux pesticides ?

Si l'incertitude reste de mise, malgré de nombreux faisceaux d'indices, celle-ci ne doit pas pour autant conduire à l'inaction.

Sur le plan individuel, certains facteurs de protection sont aujourd'hui clairement établis : pratiquer une activité physique régulière, limiter la consommation d'alcool, maintenir un poids de santé et adopter une alimentation équilibrée contribuent à réduire le risque de cancer du sein.

Consommer des aliments bio participerait également à une réduction significative du risque de développer un cancer du sein, notamment chez les femmes en postménopause.

Concernant les pesticides, réduire son exposition lorsque cela est possible relève d'une démarche de précaution malgré tout essentielle, en attendant que l'état actuel des connaissances s'enrichisse.

« Il y a des signaux mais beaucoup d'incertitudes, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'effet, mais il reste à caractériser. », insiste le Professeur Coumoul.

De manière générale, le biochimiste estime que des pratiques agricoles qui protègent la nature et sont moins dépendantes aux pesticides auront forcément un impact positif sur la santé humaine.

« Il y a une forte conservation des cibles visées par exemple par des pesticides. Les SDHi, fongicides de plus en plus utilisés, ciblent la fonction respiratoire et ont très peu de spécificité. On peut donc s'attendre à des effets sanitaires pas seulement sur les moisissures mais aussi les autres organismes de l'environnement (dont les humains). »

Les gestes de prévention reconnus :

  • pratiquer une activité physique régulière ;
  • limiter sa consommation d'alcool ;
  • maintenir un poids de santé ;
  • adopter une alimentation équilibrée ;

réduire son exposition aux pesticides lorsque c'est possible, par exemple en consommant bio.

Quels leviers pour réduire l'exposition aux pesticides à l'avenir ?

Toujours selon le toxicologue, si les pouvoirs publics voulaient réduire les expositions aux pesticides dans les années à venir, deux mesures pourraient faire la différence à condition d'être activées dès maintenant :

  1. Investir dans des modèles agricoles moins dépendants des pesticides ;
  2. Investir dans la remédiation et la dépollution des sols déjà contaminés.

Ces modèles existent déjà : découvrez comment repenser l'agriculture pour se passer des pesticides. 

Xavier Coumoul insiste également sur la nécessité de mieux informer les citoyens et de renforcer la formation des professionnels de santé sur les questions de santé environnementale afin d'orienter les patients vers de bonnes pratiques individuelles.

Cancer du sein et pesticides : ce qu'il faut retenir

Si aujourd'hui la science ne permet pas d'affirmer de manière catégorique qu'il existe un lien causal et indiscutable entre l'ensemble des pesticides et le cancer du sein, les indices et le nombre de signaux préoccupants s'accumulent, pointant vers la nécessité de renforcer activement la recherche sur le sujet.

L'interaction et le cumul des pesticides dans notre environnement, dit effet cocktail, doit faire l'objet d'une vigilance accrue.

À l'heure où Octobre rose promeut légitimement le dépistage, ces travaux rappellent qu'une autre ambition mérite aussi d'être renforcée : celle de mieux comprendre et de réduire les causes évitables des cancers, et de celui du sein en particulier, afin d'agir avant même que la maladie n'apparaisse. Comme le veut l'adage : mieux vaut prévenir que guérir.

Ce que fait la FNH

Pour éclairer ses positions, la FNH s'appuie sur son Conseil scientifique, une instance indépendante dont fait partie Xavier Coumoul. Avec son programme « Bien manger pour sa santé et la planète », elle accompagne les agriculteurs vers la réduction des pesticides et encourage une alimentation bio, à la cantine comme à la maison.

Protéger la nature, c'est aussi protéger notre santé : vous pouvez soutenir cette action en devenant donateur régulier de la FNH.  

Les pesticides provoquent-ils le cancer du sein ?
À ce jour, la science ne permet pas d'affirmer qu'il existe un lien de cause à effet entre l'ensemble des pesticides et le cancer du sein. En revanche, les signaux s'accumulent : certains pesticides perturbent le système hormonal, et des femmes exposées au DDT (un herbicide très toxique) avant leur naissance présentaient un risque quadruplé de développer ce cancer.
Pourquoi le sein est-il particulièrement exposé aux pesticides ?
Le sein est composé en grande partie de tissu adipeux, c'est-à-dire de graisse. Or certaines molécules persistantes, comme des pesticides organochlorés, des dioxines ou des PCB, ont une affinité pour les graisses et peuvent s'y accumuler. Le sein étant irrigué par le sang, ces substances peuvent l'atteindre après avoir été absorbées par la peau, la respiration ou l'alimentation.
Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?
Un perturbateur endocrinien est une substance qui interfère avec le fonctionnement hormonal de l'organisme. Or les hormones jouent un rôle clé dans le développement et le fonctionnement de la glande mammaire. C'est pourquoi les chercheurs s'intéressent de près aux pesticides qui perturbent la signalisation hormonale, comme le DDT, perturbateur endocrinien avéré.
À quelles périodes de la vie est-on le plus vulnérable ?
La vie fœtale, la puberté et la grossesse sont des périodes de plus grande vulnérabilité, car le statut hormonal et la glande mammaire s'y transforment fortement. Pendant la grossesse, le risque est double : il concerne à la fois la mère, dont le sein se transforme, et le fœtus, dont les organes se développent.

Sources

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