#CeQuiNousRapproche, les agriculteurs, la planète & Moi

Du riz traités avec des pesticides interdits en Europe, de la viande de boeuf dopé aux antibiotiques de croissance et nourri au soja OGM... saviez-vous que des aliments produits selon des pratiques en UE arrivent dans nos assiettes en toute légalité ? Avec la campagne #CeQuiNousRapproche la FNH vous propose d'agir pour mettre fin à cette situation néfaste pour les agriculteurs, la planète et notre santé ! Pour ce faire, une solution : signer la pétition pour la mise en place de mesures miroirs dans la réglementation européenne.

Les mesures miroirs c'est quoi ?

Des dispositions dans la législation européenne qui conditionneraient l’accès au marché de l’UE au respect de normes sanitaires et environnementales européennes (usage de pesticides, conditions d'élevage...). La FNH a identifié les mesures miroirs comme un outil essentiel pour accélérer la transition agroécologiue dès 2019 et se mobilise depuis pour les faire appliquer.

Des produits passés au crible pour identifier les différences de pratiques et la distorsion de concurrence

La crise agricole de ce début d’année a permis de mettre un sujet clé sur la table : l’absence de réciprocité des normes. C'est ainsi que l'on retrouve dans nos assiettes des aliments produits selon des pratiques interdites dans l’UE et ce depuis parfois 20 ou 30 ans !

Pour documenter cette situation, la Fondation s’est associée à l’Institut Veblen et a sollicité l’appui technique de plusieurs acteurs agricoles comme Interbev, Unicoque ou le centre français du riz : différents produits ont ainsi été passés au crible, pour identifier les différences de pratiques, mais aussi la distorsion de concurrence dénoncée par les agriculteurs. Les conclusions sont accablantes : 

  • 🐂 L’Europe importe de la viande de bœuf du Brésil et du Canada, où il est possible d’utiliser des antibiotiques promoteurs de croissance, interdits en UE depuis 2006. Par ailleurs, dans ces pays, les animaux sont parfois envoyés dans des parcs d’engraissement (feedlots), où plus de 20 000 bœufs sont entassés et engraissés avant de partir à l’abattoir. Découvrir l'infographie
  • 🍚 Près de la moitié du riz consommé en France et en Europe vient d’Asie (Inde et Pakistan principalement). Les producteurs indiens peuvent en utiliser 3 fois plus, dont près de la moitié sont interdits en Europe (par exemple le Paraquat, associé à la maladie de Parkinson). Découvrir l'infographie
  • 🐑 Nous importons de l'agneau de Nouvelle-Zélande et d'Australie, où il est possible de transporter les animaux pendant 28h sans pause, ni eau et ni nourriture, alors que l’Europe impose des intervalles de repos et d’abreuvement toutes les 9h. Découvrir l'infographie
  • 🌰 Nous retrouvons dans le commerce des pâtes à tartiner contenant des noisettes produites en Turquie, où parmi les 15 pesticides autorisés pour traiter les noisetiers, 4 sont interdits en UE car reconnus hautement cancérogènes et perturbateurs endocriniens. Découvrir l'infographie
  • 🌱 Le soja, majoritairement utilisé pour nourrir le bétail européen, est massivement importé depuis le Brésil et les États-Unis. Dans plus de 90 % des cas, ce soja est OGM. Alors qu’il est interdit en Europe de cultiver cet OGM, il est pourtant autorisé de l’importer. Découvrir l'infographie
  • 🌼 50 % du colza que nous importons en Europe vient du Canada où la majorité du colza est OGM, pourtant interdits en UE, et où les résidus de pesticides sont plus importants. Découvrir l'infographie

Comment agir pour les agriculteurs et la planète ?

Découvrez en détail les conséquences de ces règles du jeu inéquitables et les solutions pour y remédier.

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Une situation intenable pour les agriculteurs et les éleveurs, qui entrave la transition agroécologique

La mise en oeuvre des normes environnementales et sanitaires européennes est une nécessité, mais elle a un coût pour les filières européennes. La non réciprocité des normes entre les productions européennes et les aliments importés des pays tiers, souvent vendus moins chers impacte directement la 

En parallèle, l’UE ferme aujourd’hui les yeux sur les impacts environnementaux associés à ses importations depuis les pays tiers. Une situation ubuesque qui n’encourage pas le déploiement de pratiques plus durables nécessaires pour affronter le péril climatique. Au contraire, elle contribue à niveler les normes par le bas pour gagner en compétitivité !

Ainsi, l’écart entre les normes de production européennes et celles des pays tiers menace la pérennité des transformations amorcées par les agriculteurs européens pour assurer la transition agroécologique. La réciprocité des normes, et notamment la mise en place de mesures miroirs, fait ainsi partie des solutions à promouvoir.

Une injustice au coeur de nos assiettes : Jean-Bernard Lozier, producteur de colza témoigne

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Les mesures miroirs font partie des outils nécessaires pour atteindre les objectifs du Pacte vert européen. Sans équité, la transition agroécologique de l’UE est compromise. Et cela va dans les deux sens : en n’important pas de denrées agricoles traitées avec des pesticides interdits dans l’UE, mais aussi en arrêtant de produire ces pesticides dont l'usage est interdit chez nous, mais que l'on continue de fabriquer pour les exporter vers les pays tiers. 

Thomas Uthayakumar, directeur des programmes de la FNH

Pour dire stop à cette injustice, signez la pétition !

Instaurer des « mesures miroirs » dans tous les textes européens qui régissent les échanges commerciaux est nécessaire et possible ! Nous l'avons déjà fait : en 1996, l'Europe à déjà interdir l’importation du boeuf traité aux hormones, pratique interdite dans son territoire.

Par un effet de réciprocité, nos partenaires commerciaux n'auraient d'autres choix que de respecter les normes imposées par l'Europe, notamment en termes d'usage de pesticides ou de pratiques d'élevage. Le moment n'a jamais été si propose pour réussir : en juin 2024 ont lieu les élections européennes.

Signer la pétition pour des mesures miroirs c'est :

  • Permettre aux agriculteurs européens de produire plus durablement sans subir une concurrence déloyale ;
  • Remettre la politique commerciale européenne en cohérence avec les objectifs environnementaux du Pacte vert européen ;
  • Exiger que les acteurs de la distribution et de l'agroalimentaire s'engagent à contrôler le respect des normes européennes chez leurs fournisseurs des pays tiers. 

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