Communiqué de presse

Crise agricole : de graves reculs environnementaux qui ne résoudront pas le problème

Publié le 01 février 2024 , mis à jour le 05 février 2024

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La FNH déplore un détricotage opportuniste des acquis environnementaux, suite aux annonces de Gabriel Attal ce 1er février. Non seulement les mesures annoncées ne résoudront pas la détresse socio-économique des agriculteurs, mais de plus elles mettront en danger la transition agroécologique, si nécessaire pour notre souveraineté alimentaire et pour l’avenir de l’agriculture.

Si parmi les annonces, certains éléments sont intéressants (et dans l’attente de leur mise en application concrète) :  refus ferme de l’accord de commerce UE-Mercosur, détermination sur l'application de mesures-miroirs, volonté de faire respecter la loi EGAlim, augmentation du budget à l’accompagnement de l’installation-transmission... la FNH déplore de graves reculs :

  • La “mise à l’arrêt” du plan Ecophyto et de nouvelles attaques contre l’ANSES. La nécessité de réduire les pesticides n’est pas une question d’indicateur mais bien d’ambition à changer de modèle et à donner des moyens aux agriculteurs pour y parvenir. En ce sens, le gouvernement se trompe de réponse à apporter. Au motif d’éviter des “sur-transpositions”, qui restent à démontrer, il met en péril notre agriculture face aux bouleversements à venir.

  • La réduction du peu de conditionnalités environnementales existantes pour obtenir des subventions de la PAC, que ce soit sur :

    • Le minimum de surfaces d’intérêt écologique qu’une exploitation doit comporter (alors que les jachères ne représentent en réalité que moins d’1% de la surface agricole utile et sont présentes en majorité dans les grandes cultures).

    • Le non-retournement des prairies alors que celles-ci constituent des puits de carbone et des réserves de biodiversité indispensables aux atteintes de nos objectifs environnementaux.

  • Les discussions en cours pour amoindrir encore l’ambition de la directive sur les émissions industrielles (IED) sur les élevages les plus intensifs de porcs et volailles. Pourtant, face aux importations de viande croissantes, la solution n’est pas l’industrialisation de la production mais l’adoption d’une politique alimentaire ambitieuse pour consommer “moins et mieux de viande”.
  • L’opacité sur la révision des arrêtés au niveau local entre les préfets et les agriculteurs.

La souveraineté alimentaire et transition agroécologique vont de paire. Seul un partage de la valeur équitable au sein des filières agroalimentaires permettra de sortir de la crise en prenant réellement en compte la problématique du revenu des agriculteurs.

Pour cela, nous avons plus que jamais besoin d’une Europe verte, ambitieuse, avec des normes exigeantes et harmonisées ainsi que des moyens pour accompagner les agriculteurs dans cette transition agroécologique.

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