Objectif : mieux partager la route avec le vélo en maitrisant les coûts et en limitant l’artificialisation des sols et les clivages avec les automobilistes.
Le défi de la mobilité vélo en milieu rural et périurbain
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Seul 3,5% du réseau suffirait pour connecter les territoires à vélo, dont la moitié ferait l’objet d’une réaffectation (sans aménagement complémentaire).
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Pour un coût entre 12 et 18 milliards d’euros (contre 54 et 108 milliards d’euros pour des pistes cyclables classiques)
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40 fois moins d’artificialisation des sols par rapport à l’aménagement de pistes cyclables classiques
Comprendre les fondamentaux de la méthode FNH
- Pour élaborer sa méthode, la Fondation a d’abord estimé la part du réseau routier français pouvant être réallouée au vélo, ainsi que le potentiel de réaffectation des voiries dans les territoires périurbains et ruraux.
Pour y parvenir, elle s’est appuyée sur les données de l’IGN issues de la BD Topo : les plus fines, complètes et fiables auxquelles il est possible d’accéder. Près de 3 millions de kilomètres de réseau routier ont ainsi pu être modélisés, représentant les portions de voie communicante destinées aux automobilistes, piétons, cycles et aux animaux (route, chemins, sentiers, voies empierrées). Les différents tronçons ont ensuite été analysés afin de construire une typologie des voiries susceptibles de faire l’objet d’une réaffectation.
Les 4 critères de sélection des axes cyclables
Enfin, les tronçons retenus ont été passée au crible de 4 critères pour ne retenir que les axes peu fréquentés, aux vitesses modérées, soit :
- Les tronçons structurants à l’échelle des villes et des bourgs, indispensables pour relier les pôles de vies et d'activités.
- Circulables mais dépourvus d’aménagements cyclables existants et situés hors des zones urbaines.
- Dont la vitesse moyenne est inférieure à 60km/h pour sécuriser les cyclistes.
- A 1 ou 2 chaussées en intégrant les chemins, les routes empierrées et les sentiers.
Cette première phase a permis de retenir 68% du réseau comme mobilisable pour le vélo.
Modélisation sur 3 territoires pilotes
- A partir de ce potentiel, la Fondation a réalisé un travail qualitatif très fin en se basant sur trois territoires pour lesquels elle a modélisé un réseau cyclable efficace. Les polarités structurantes (bourgs, zones d’emplois, gares, équipement) ont été identifiées et reliées entre elles par des itinéraires cyclables continus, toujours en privilégiant systématiquement la réaffectation.
Là encore une série de critères (chemin le plus court, existence de voie parallèle pour se rendre au même endroit sans allongement du temps de parcours de plus de 5 minutes aux automobilistes, choix des voies impactant le moins les riverains…) ont été appliquées sur les cas de la communauté de communes de Puisaye‑Forterre (Bourgogne – Franche ‑ Comté), l’agglomération de Blois Agglopolys (Centre ‑ Val de Loire) et la communauté de communes du Grand Cubzaguais (Nouvelle ‑ Aquitaine). Toutes trois choisies pour leurs caractéristiques variées (nombre d’habitants, superficie, densité de population, proximité d’un Service Express Régional métropolitain.) afin de refléter au mieux la diversité du territoire Français.
En moyenne, il suffirait de mobiliser environ 3,5 % du réseau routier pour donner durablement plus de place au vélo. Les itinéraires se répartiraient comme suit :
- 50 % de tronçons de voirie réaffectables en l’état, ne nécessitant aucun aménagement complémentaire.
- 25 % d’infrastructures déjà existantes, à valoriser ou à connecter au réseau ;
- 25 % d’aménagements plus lourds, comme le revêtement de chemins, la transformation de tronçons de départementale ou la création de zones 30 en centre‑bourg.
Enfin, la création d’un réseau cyclable continu et sécurisé favoriserait un report modal significatif. Pour atteindre l’objectif de 12 % de déplacements à vélo, fixé par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 2), il suffirait que 50 % des actifs dont le trajet domicile-travail est inférieur à 5 km adoptent le vélo. À la clé : une réduction estimée à 1,2 million de tonnes équivalent CO₂ par an, soit l’équivalent des émissions annuelles de plus de 600 000 voitures à essence.
FAQ : Tout savoir sur le réseau cyclable en territoires peu denses
En quoi consiste la méthode de la FNH pour le vélo en zone rurale ? La méthode de la Fondation pour la Nature et l'Homme propose de créer un réseau cyclable structurant non pas en construisant de nouvelles pistes, mais en priorisant la réaffectation de la voirie existante notamment sur les routes peu fréquentées. L'objectif est de relier les pôles de vie efficacement.
Quel est le coût estimé de ce réseau cyclable par rapport aux pistes classiques ? Selon l'étude, cette méthode permettrait de construire le réseau nécessaire pour un coût situé entre 10 et 15 millions par territoire, soit entre 12 et 18 milliards d’euros à l'échelle nationale. À titre de comparaison, la création de pistes cyclables classiques (création de nouvelles voies) coûterait entre 54 et 108 milliards d’euros.
Quel est l'impact environnemental de cette méthode en termes d'artificialisation ? En privilégiant la réaffectation des routes existantes, cette méthode génère 40 fois moins d’artificialisation des sols que l'aménagement de pistes cyclables classiques, préservant ainsi la biodiversité et les terres agricoles.
Quels sont les critères pour qu'une route soit réaffectée au vélo ? Les tronçons sélectionnés doivent être structurants (relier des pôles), situés hors zones urbaines denses, avoir une vitesse moyenne inférieure à 60 km/h pour la sécurité, et être composés d'une ou deux chaussées (incluant chemins et routes empierrées).
Quel impact sur les émissions de CO2 est attendu ? Si 50 % des actifs ayant un trajet domicile-travail de moins de 5 km passent au vélo grâce à ce réseau, cela permettrait une réduction de 1,2 million de tonnes équivalent CO₂ par an, soit les émissions annuelles de plus de 600 000 voitures.
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