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Abeilles en danger : alerte pour la biodiversité

Publié le 17 mai 2015 , mis à jour le 18 mai 2022

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La biodiversité, tissu vivant de la planète, joue un rôle essentiel dans la vie des humains. Parmi les dommages de nos activités humaines sur la biodiversité, celui de la perte des populations d’abeilles est l’une des plus symboliques.

Notre planète se distingue par une grande diversité de vie à la fois visible et invisible. De la bactérie à la baleine, de la pâquerette au baobab, du désert à la forêt tropicale… tout est biodiversité.

Elle joue un rôle majeur pour la survie des êtres humains qui en retirent de l’eau potable, des matériaux de construction, des aliments, des médicaments…Or la biodiversité est en danger. Les activités humaines (pollutions liées à la production et à la consommation, étalement urbain, infrastructures de transport…) entraînent des pertes irréversibles de biodiversité allant depuis 50 ans à une vitesse qui n’a jamais été égalée dans l’histoire de notre planète. Paradoxalement, alors que nous devrions préserver la biodiversité pour notre propre survie, nous sommes en train de la détruire.

« Si l’abeille venait à disparaître de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre. » 

Albert Einstein

Les insectes et en particulier les pollinisateurs comme les abeilles domestiques et sauvages sont un maillon indispensable dans la pollinisation nécessaire à la reproduction des plantes qui contribuent directement à notre alimentation. 

80
% des cultures mondiales dépendent directement de l’activité des pollinisateurs. [1]
40
% des espèces de pollinisateurs invertébrés sont en danger, et nombre d'entre elles sont actuellement en voie d'extinction imminente.
30
% des ruches périssent chaque année en France.
153
milliards d’euros est la valeur économique de l’activité pollinisatrice des insectes, essentiellement des abeilles, soit 9,5 % de valeur de la production alimentaire mondiale. [2]

Leur disparition, en grande partie due à l’utilisation massive des pesticides pour notre agriculture, met la biodiversité et notre avenir en danger. Dans certaines régions de France et d'Europe, les trois quarts des populations d’abeilles sont décimés. Et ce déclin s’accentuera encore dans les décennies à venir si nous ne nous mobilisons pas.

Un chiffre alarmant
La France est le 7e consommateur mondial de pesticides, en moyenne 68 000 tonnes par an (de 2018 à 2020) sont ainsi utilisées par l’agriculture pour produire notre alimentation.

Pourquoi est-il si difficile de sortir des pesticides?

1:50

Comment agir pour les abeilles à son niveau ?

Choisir des produits issus de l'agriculture biologique c'est soutenir un modèle agricole qui ne contribue pas au déclin des pollinisateurs.

Par ailleurs, sur votre balcon, jardin ou coin de rue, vous pouvez plantez ce que l'on appelle des plantes mellifères, des plantes qui produisent de bonnes quantités de nectar et de pollen de qualité pour subvenir aux besoins alimentaires des pollinisateurs.

Cultiver des plantes mellifères pour contribuer à la sauvegarde des pollinisateurs

La Fondation agit auprès de nos décideurs 

Pour faire avancer les politiques publiques en faveur de la préservation de la biodiversité, la Fondation pour la Nature et l'Homme mène de nombreuses actions :

  • Suivi et propositions pour que la déclinaison française de PAC préserve véritablement la biodiversité et les agriculteurs : la Politique Agricole Commune, aujourd’hui déclinée par États membres en Plans Stratégiques Nationaux (PSN), est la mère de toutes les politiques agricoles car il s'agit du premier poste de dépense de l'UE et elle oriente notre agriculture pour les 5, voire les 7 ans à venir. La proposition actuelle de la France concernant son PSN est défaillante vis-à-vis des enjeux écologiques et sociaux d’aujourd’hui et de demain selon la Commission européenne. La FNH se mobilise pour la France soit à la hauteur des ambitions et soutienne véritablement une agriculture qui rémunère les agriculteurs et protège le vivant.
Pour préserver la biodiversité, misons sur l'agriculture biologique !
  • Étude pour comprendre les enjeux et les solutions à un accompagnement réellement efficace des agriculteurs pour sortir des pesticides : l'usage des pesticides a augmenté +14,9 % entre 2009 et 2019 en France. Pour comprendre les raisons d’un tel échec, le Think tank de la FNH s’est intéressé aux financements publics et privés au cours des 10 dernières années. La conclusion est sans appel : Seul 1 % de ces financements a des effets avérés sur la réduction de l’utilisation de pesticides. Pourquoi ? Comment y remédier ? La FNH défend de nombreuses propositions :
10 ans pour rallier biodiversité, agriculture et économie

La Fondation pour la Nature et l’Homme demande également :

  • La mise en place une planification interministérielle de sortie de la dépendance aux pesticides qui mettrait en cohérence l’ensemble des politiques publiques et des financements aux acteurs agricoles et de l’alimentation (Ecophyto, France 2030, Plan Stratégique National de la PAC, etc.).
  • Le maintien et la déclinaison des ambitions de la stratégie européenne de la Ferme à la Fourchette (F2F), dans un contexte de guerre en Ukraine où les tentations de détricotage sont grandes. Pourtant, elles mettent en péril la capacité à nous nourrir demain et nous éloignent d’un système agricole résilient aux futurs chocs écologiques et économiques.
  • De repenser une fiscalité encadrée et incitative afin d’inciter à la réduction des pesticides (malus) et d’accompagner la transformation des systèmes agricoles et alimentaires (bonus).

Sources

[1], [2] - INRAE

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Pour approfondir le sujet

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