Assurance-vie ou assurance-décès : ne vous trompez pas de contrat

La confusion entre assurance-vie et assurance-décès est l’une des plus fréquentes chez les épargnants. Beaucoup pensent qu’il s’agit de deux contrats similaires servant uniquement à transmettre un capital après un décès. En réalité, leur fonctionnement et leurs objectifs patrimoniaux sont différents. Mal choisir entre ces deux solutions peut avoir des conséquences importantes sur la protection de ses proches ou la constitution d'un capital. Comprendre précisément à quoi sert une assurance vie et en quoi elle se distingue d’un contrat décès est donc essentiel pour éviter les erreurs.

L’assurance-vie : un outil d’épargne et de transmission incontournable

L’assurance-vie est avant tout un produit d’épargne souple, conçu pour accompagner un projet de vie, préparer la retraite ou organiser la transmission de son patrimoine. Son fonctionnement repose sur des versements libres ou programmés, investis sur des supports sécurisés ou dynamiques, avec la possibilité de retirer tout ou partie de l’épargne à tout moment.

Sur le plan successoral, l’assurance-vie bénéficie d’un régime unique. Les capitaux transmis au bénéficiaire ne font en principe pas partie de la succession classique et échappent au barème des droits de succession. Chaque bénéficiaire profite d’un abattement spécifique de 152 500 € (pour les primes versées avant 70 ans), distinct de l’abattement de succession, ce qui réduit fortement les frais. Cette spécificité explique pourquoi l’assurance-vie est souvent privilégiée pour transmettre son héritage de manière optimisée.

La rédaction de la clause bénéficiaire est un point clé. Elle permet de désigner librement une ou plusieurs personnes, mais aussi d’orienter son épargne vers une cause d’intérêt général. Il est ainsi possible de prévoir une assurance vie au profit d’une association ou d’une fondation. Ce mécanisme permet de soutenir durablement un projet solidaire tout en bénéficiant du cadre fiscal avantageux de l’assurance vie.

Autre atout majeur, l’assurance-vie reste attractive même tardivement. L’assurance vie après 70 ans conserve des avantages fiscaux : les primes versées bénéficient d'un abattement global de 30 500 € (partagé entre les bénéficiaires), et surtout, les intérêts et plus-values sont totalement exonérés de droits de succession. Les contrats sont par ailleurs recensés dans le fichier FICOVIE, garantissant leur prise en compte lors du règlement de la succession.

L’assurance-décès : une protection financière ciblée et temporaire

À l’inverse, l’assurance-décès n’est pas un produit d’épargne. Il s’agit d’un contrat de prévoyance dont l’objectif est de verser un capital ou une rente aux bénéficiaires uniquement en cas de décès de l’assuré pendant la durée du contrat. Les cotisations versées sont perdues si le décès n’intervient pas dans cette période (contrat "à fonds perdus").

L’assurance-décès vise principalement à protéger financièrement les proches face à un risque précis, comme le remboursement d’un crédit immobilier ou le maintien du niveau de vie du foyer (rente éducation, capital décès). Contrairement à l’assurance-vie, elle ne permet pas de constituer une épargne disponible.

Sur le plan fiscal, contrairement aux idées reçues, l’assurance-décès bénéficie du même cadre fiscal que l’assurance-vie. Le capital versé aux bénéficiaires est exonéré de droits de succession dans les limites des articles 990 I et 757 B du Code général des impôts. On y retrouve donc l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Son intérêt pour protéger des proches sans alourdir la fiscalité est donc réel.

Enfin, l’assurance-décès offre une grande liberté. Comme pour l'assurance-vie, il est tout à fait possible de désigner une association ou une fondation comme bénéficiaire du capital. Elle permet de garantir le versement d'une somme importante à une cause choisie, même si l'assuré n'a pas eu le temps de constituer une épargne équivalente de son vivant.

Assurance-vie ou assurance-décès : comment faire le bon choix ?

La différence entre assurance vie et assurance décès repose donc avant tout sur l’objectif poursuivi. L’assurance-vie est un outil polyvalent, combinant épargne, disponibilité des fonds et optimisation successorale. Elle s’adresse à ceux qui souhaitent préparer l’avenir et transmettre un capital constitué.

L’assurance-décès, quant à elle, répond à un besoin de prévoyance. Elle est pertinente pour sécuriser une situation familiale ou professionnelle en créant "instantanément" un capital pour ses proches ou une cause solidaire en cas de disparition prématurée.

Dans une logique patrimoniale complète, ces deux contrats ne s'excluent pas : ils se complètent pour couvrir à la fois le besoin de fructification du capital et le besoin de protection immédiate contre les aléas de la vie.

Vos questions sur l'assurance-vie

Peut-on retirer l'argent placé sur une assurance-décès ?

Non, c'est ce qu'on appelle un contrat à "fonds perdus". Contrairement à l'assurance-vie qui permet des rachats à tout moment, l'assurance-décès ne constitue pas une épargne récupérable ; elle ne se déclenche qu'en cas de décès ou d'invalidité.

La fiscalité de l'assurance-décès est-elle moins avantageuse ?

C'est une idée reçue. En réalité, le capital versé via une assurance-décès bénéficie du même cadre fiscal protecteur que l'assurance-vie, avec notamment l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant vos 70 ans.

Pourquoi est-il intéressant d'ouvrir une assurance-vie après 70 ans ?

Même si l'abattement sur le capital tombe à 30 500 €, l'intérêt majeur réside dans l'exonération totale d'impôts sur les intérêts et les plus-values générés par ces primes. C'est un outil de transmission qui reste extrêmement performant pour les héritiers.

Est-il possible de désigner une association comme bénéficiaire ?

Oui, tout à fait. Vous pouvez désigner librement une association ou une fondation reconnue d'utilité publique dans votre clause bénéficiaire. Cela permet de soutenir une cause solidaire tout en bénéficiant de l'absence de droits de succession sur les sommes transmises.

À quoi sert le fichier FICOVIE ?

Ce fichier centralise tous les contrats d'assurance-vie et de capitalisation. Il permet aux notaires, lors d'une succession, de vérifier l'existence de contrats pour s'assurer que les capitaux soient bien versés aux bénéficiaires désignés et ne soient pas oubliés.

L'assurance liée à un prêt immobilier est-elle une assurance-décès ?

Oui, c'est une forme d'assurance-décès temporaire. Elle a pour but spécifique de rembourser le capital restant dû à la banque si l'emprunteur décède, ce qui permet aux héritiers de conserver le bien immobilier sans avoir à assumer la dette.

Peut-on cumuler une assurance-vie et une assurance-décès ?

C’est même souvent recommandé. L'assurance-décès offre une protection immédiate et massive à vos proches dès la signature, tandis que l'assurance-vie permet de bâtir un patrimoine solide et disponible sur le long terme.

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